22/12/2017

Difficile dialogue entre les deux Catalogne

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Chaque Catalogne a son vainqueur. Les partis indépendantistes sont majoritaires en sièges et les formations unionistes (opposées à la séparation d’avec l’Espagne) le sont en nombre de voix. A l’évidence, la Catalogne n’est pas encore sortie de l’auberge espagnole. Et les discussions menées pour former le nouveau gouvernement régional s’annoncent épineuses. Même si «La Santa Espina» est chère au cœur des indépendantistes (vidéo ci-dessous). 

La pondération des votes qui accorde un poids plus grand aux régions rurales afin qu’elles ne soient pas submergées par la métropole barcelonaise explique ce résultat.

 Il reflète surtout une réalité avec laquelle les indépendantistes et les unionistes devront composer : ni les uns ni les autres peuvent prétendre représenter tous les Catalans. D’autant plus que la forte participation – 82% des votants – donne à cette élection une légitimité indiscutable. Deux camps de force presqu’égale sont donc placés face à face[1] (47,6% pour les trois formations indépendantistes, 52% pour les unionistes emmenés par le nouveau parti de centre-droit Ciudadanos).

C’est le moment de faire preuve d’intelligence politique. Jusqu’à maintenant, elle ne semblait guère présente. Mais ce vote massif et cette division nette au sein de l’électorat peuvent avoir pour effet de dégonfler les arrogances réciproques. Il n’est pas interdit de l’espérer.

D’autant plus que cette élection apporte une excellente nouvelle: la claque magistrale flanquée au premier ministre espagnol Mariano Rajoy. Son Parti populaire a perdu huit sièges au parlement catalan et ne compte plus que trois élus, soit 4,24% des voix. Or, c’est lui qui a recouru à ces élections régionales. Dès lors, sa cuisante défaite aura forcément des conséquences sur le plan national. Rajoy ayant géré la crise catalane de façon catastrophique, plus vite Madrid l’éjectera mieux l’Espagne et la Catalogne se porteront.

Le Parti populaire était une sorte d’avatar du franquisme avec juste une couche de vernis démocratique pour la décoration.  Ciudadanos, formation libérale de la droite modérée – qui n’est pas l’héritier du franquisme ­– a vocation à le remplacer.

Cela dit, même sans Rajoy, le plus dur reste à faire pour les élus Catalans. Les séparatistes seraient malvenus d’exiger l’indépendance rapide avec 52% d’électeurs qui, en élisant Cuidadanos, ont voté contre elle. Toutefois, les unionistes seraient tout aussi malvenus de croire que l’indépendance ne deviendra jamais le souhait majoritaire des Catalans. Après tout, la cause séparatiste est en progression depuis plusieurs années.

S’ils parviennent à former le gouvernement régional, les indépendantistes, au lieu de réclamer un nouveau référendum qu’ils risquent de perdre et de voir ainsi leur élan brisé, seraient mieux avisés de négocier avec Madrid un statut accordant à la Catalogne une autonomie encore plus complète, notamment sur le plan budgétaire.

Avec le temps, soit ce statut conviendra à la majorité des Catalans, et alors les indépendantistes pourront se targuer d’avoir provoqué cette avancée. Soit, la Catalogne ne s’en satisfera pas et son exécutif disposera alors de l’expérience de gouvernement nécessaire pour rompre sans heurt les derniers liens avec l’Espagne.

La balle est dans leur camp. Attention aux autogoals.

Jean-Noël Cuénod

[1] En sièges au parlement catalan, les indépendantistes disposent de la majorité absolue. 70 sur 135.

16:51 Publié dans Politique internationale | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : catalogne, espagne, elections, indépendance | |  Facebook | | |

Commentaires

Donner une autonomie plus grande, c'est comme donner une laisse plus longue à un chien, en fait ça ne change rien.
L'autonomie où elle a été décidée, n'a jamais été viable sur le long terme.

Seule la voie du fédéralisme est envisageable.

Écrit par : motus | 22/12/2017

le dialogue est rendu difficile à cause d'un individu inféodé à la royauté et ses croyances zinzins et un séparatiste qui n'a pas compris comment accéder au pouvoir.

On ne peut faire une omelette sans casser des œufs. Il n'est pas nécessaire d'être intelligent pour atteindre un objectif, cela dit, l'intelligence sert dans bien des cas. Rien à voir avec les diplômes.

Écrit par : Pierre NOËL | 22/12/2017

C'est un pu ridicule, le gouvernement espagnol a accepté la loi électorale et a refusé le réréfendum, il a perdu, les indépendantistes son majoritaires selon la loi, c'est comme Trump. Le gouvernement central ne peut même pas se prévaloir d'une majorité théorique puisqu'il a rejeté l'idée de référendum, il a perdu, il est nul, les séparatistes ont confirmé leur victoire.

Écrit par : Rémi Mogenet | 22/12/2017

Seul petit problème, les Espagnols qui résident en Catalogne ont pu voter, alors que ce sont des étrangers.

Écrit par : Daniel | 23/12/2017

Et ils résident tous à Barcelone! Le résultat est clair, pourquoi tourner autour du pot en renvoyant à l'infini dos à dos les uns et les autres, comme si on était le seul sage de l'univers? Il y a bien quand même des gens plus dans leur droit que d'autres.

Écrit par : Rémi Mogenet | 23/12/2017

L'idée que les seuls Catalans de souche devraient avoir le droit de vote pose bien des problèmes, mais il semblerait que cela permettrait d'avoir un résultat vraiment pur, exempt de scories !
Un bon votant catalan serait-il forcément indépendantiste ?

Comment définir le degré de légitimité d'un votant ? Il me semble que ce travail n'a pas encore été fait par les Indépendantistes.
Un parent pur catalan suffit-il ou un parent venu d'ailleurs disqualifie-t-il déjà sa progéniture ? Faut-il attester de connaissances linguistiques et passer un test d'intégration ?
Si on est né à Barcelone de parents originaires d'autres provinces espagnoles, est-on non-Catalan ? (Lors des attentats de Barcelone, les victimes étaient répertoriés selon des catégories, dont "catalan" et "espagnol". Une victime d'âge mûr, arrivé enfant à Barcelone, a été considéré comme "espagnol", parce que né en Andalousie.)
Un Catalan pouvant attester de parents et de grand-parents de souche, mais résidant aux Iles Canaries ou en Andalousie aurait-il le droit de vote ?

Comme la Catalogne a fait partie de l'Espagne depuis très longtemps et qu'elle a fonctionné avec la constitution actuelle depuis 40 ans, il est difficile d'épouser une logique de distinction des bons et des mauvais Catalans, des vrais et des faux.

En Suisse, on vote à son lieu de domicile légal. C'est une norme qui a quelque chose de très clair et qui n'entre pas dans des considérations qui pourraient faire craindre des idées du type "pureté ethnique" ....

Écrit par : Calendula | 23/12/2017

"Un Catalan pouvant attester de parents et de grand-parents de souche"

Pourquoi ne pas remonter même aux trisaïeux...Plus simplement, on pourrait, Calendula, revenir aux lois dites de Nuremberg datant de 1935 et votées comme un seul homme par le Reichstag de l'époque… Rien qu’à remplacer dans le texte le terme Allemand par Catalan et celui de Juif par non-Catalan. Un copier-coller à l’échelle de la province et le tour est joué. Sur le passeport des non-Catalans, on pourrait même apposer un tampon NC.

Evidemment, cela peut conduire à des dérives regrettables, raviver de méchants souvenirs, la pureté ethnique a mauvaise presse, on l’a vu plus récemment encore lors de la Guerre en ex-Yougoslavie. Ainsi,« Et la Terre sera pure » pour reprendre le titre d'un ouvrage de Sylvain Reiner, oeuvre d’écrivain sur l’histoire des années 33-45, éminemment recommandable.

Pour les lourdauds qui hantent certains blogs de la plateforme, je précise qu'il s'agit là d'une démonstration par l’absurde, qu’ils n’aillent pas crier à l’ignominie… Il en va de même avec votre commentaire d’ailleurs, comme l'indique votre conclusion des derniers paragraphes.

Écrit par : Gislebert | 23/12/2017

"la pureté ethnique a mauvaise presse"
Pas partout. Il est un endroit sur la planète où les "étrangers" sont systématiquement harcelés, tracassés, délogés, chassés quand ils ne sont tout simplement pas tués. Année après année, et tout le monde trouve cela normal, puisque la situation ne change pas. Et que la presse ne s'en offusque pas. Du moins la presse officielle. Puisque dans cette partie du monde, les "étrangers" sont les méchants.

"En Suisse, on vote à son lieu de domicile légal"
On vote où on a déposé ses papiers. Vous seriez étonnée du nombre de Valaisans qui vivent à Genève et ont conservé leurs papiers en Valais.
Tout citoyen est d'abord citoyen de son canton. Et en Suisse les étranges n'ont pas le droit de vote.

J'allais oublier de remarquer et de constater que les blogs de cette plateforme sont fréquentés par des ignorants de l'histoire récente:
https://stratpol.com/pays-baltes-discrimination-institutionn/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Non-citoyens_de_Lettonie
Voyons: 1991-1940=51ans; enfoncés les 40 ans de l'Espagne.

Écrit par : Daniel | 24/12/2017

Lorsque l'on souhaite sortir de l'Espagne comme de l'Union, Brexit, il est regrettable que nos dirigeants, quitte à remettre en question leur manière de gouverner, ne pensent qu'à s'en prendre aux "partants"!

Une femme de radio disait qu'il ne faut pas s'opposer à ceux qui nous dirigent car ils nous correspondent.

Qui oserait prétendre que nous autres ne nous remettons pas en question?

Allons, donc!

Écrit par : Myriam | 24/12/2017

Daniel@

Effectivement, j’ignorais que les Valaisans à Genève étaient, pour reprendre vos termes, harcelés, tracassés, délogés… Raison pour laquelle ils n’y déposent pas leurs papelards. Ignare crasse que je suis. Merci de me l’apprendre.

Mais peut-être que je confusionne tout...

Écrit par : Gislebert | 24/12/2017

@ Daniel,
Jusqu'à nouvel avis, les Catalans sont espagnols et les Espagnols habitant en province de Catalogne ne sont pas des étrangers.
Autrefois, on aurait déjà pris les armes dans une situation analogue. Pour le moment, la guerre civile a lieu dans l'arène politique, entre amis et dans les familles qui se déchirent autour de la question du statut souhaité pour l'actuelle province.
Il me semble irresponsable de vouloir polariser le débat davantage.
Le gouvernement central est responsable de l'évolution catastrophique d'une situation qui couvait depuis longtemps.
Je ne prétends nullement être experte de la culture politique de l'Espagne, mais je constate quand-même que des gouvernements précédents ont su calmer la situation au Pays Basque. Le gouvernement actuel préconise une posture rigide. Voilà le résultat.

Qui saurait dire, qui avait le droit de voter pour la création du canton du Jura et ensuite, pour l'appartenance de certaines localités, comme Moutier ?
Je n'ignore pas qu'il existe un choix de déposer ses papiers ( = domicile légal). Il faut juste aller au bout de la logique : à ce moment-là, on ne participe pas aux décisions locales et on probablement dans l'idée de rentrer au pays, à terme.
Je ne sais pas si cette formule existe en Espagne.

Le parallèle avec les Pays Baltes est effectivement intéressant, parce qu'il y a aussi une situation d'une immigration assez récente et importante de non-baltes, à l'époque de l'URSS. C'est pourtant une Histoire d'une nature différente, puisque la géopolitique a énormément évolué depuis 1917. Les frontières ont changé d'une façon décisive, alors que ce n'est pas le cas en Espagne, où c'est la fin du régime franquiste qui a marqué une rupture, à l'interne.

@ Gislebert,

Je pensais effectivement à ces guerres en Europe qui ont eu pour cause ou conséquence la séparation en ethnies. On ne peut que constater que ce désir de regroupement par identification à un groupe homogène est encore très présent.
Ce qui se cache peut-être là-dessous, c'est la peur de ne plus être maître chez soi, de ne plus faire partie de la majorité.
Quand une minorité identifiée comme telle est vraiment minoritaire, tous comprennent les règles de l'équilibre. Dans un cas idéal, la majorité protège la minorité et tous se satisfont de cette situation, en y voyant des avantages suffisants.
Ainsi, on nous dit qu'en Afrique du Nord, les différentes populations ont vécu paisiblement ensemble jusqu'au début des années 1960, ou que l'immense Empire Ottoman a également permis une coexistence pacifique de "nations" très diverses.
Et désormais, il y a la question de la prospérité. Aussitôt que l'on pense pouvoir s'en sortir mieux seul et homogène, qu'intégré dans un plus grand ensemble hétérogène, il peut y avoir la tentation de l'Alleingang.
Et tout cela est incroyablement émotionnel. Le nationalisme a une composante passionnelle, par définition.
Les politiciens qui attisent les passions soit en voulant ignorer des aspirations, soit en rajoutant de l'huile sur le feu prennent de grosses responsabilités.
A mes yeux, la question fondamentale pour la Catalogne serait : qu'apporterait de plus une indépendance ? Que manque-t-il actuellement aux Catalans pour être vraiment bien, pour avoir la certitude d'être chez eux ?
Est-ce que ce manque pourrait être comblé à l'intérieur de L'Espagne ? Comment ont-ils fait au Pays Basque ?
Si j'ai bien compris, les Indépendantistes aimeraient rester dans l'UE - ce qui pourrait sembler bizarre pour des Suisses. Il ne s'agirait donc pas d'une indépendance totale.

Écrit par : Calendula | 24/12/2017

@Calendula

Merci et bravo pour votre commentaire, Madame (Calendula, ae n.f. conjecto ?).

Clair, argumenté, bien écrit (c’est assez rare chez les intervenants pour être souligné), vous sériez bien les questionnements qui se posent à l’observateur sans parti pris et vous prenez soin de ne pas nous infliger des solutions yakas pour dénouer cet imbroglio.

La détente au Pays Basque, que vous mentionnez en exemple, est survenue après des décennies de lutte armée, un peu aussi en raison de la disparition des protagonistes (morts, repentis ou en taule) et la lassitude de la population d'origine basque, sympathisante au départ...

Vous faites bien de relever l’inaptitude au dialogue du gouvernement actuel, droit dans ses bottes et intransigeant. En fait, les responsables des deux côtés n’ont pas dans leur patrimoine génétique les codons pour cela.

Écrit par : Gislebert | 24/12/2017

"Jusqu'à nouvel avis, les Catalans sont espagnols et les Espagnols habitant en province de Catalogne ne sont pas des étrangers."
Les Catalans qui ont voté pour l'indépendance ne se considèrent pas comme Espagnols. Tout comme les Corses qui ont voté récemment pur les indépendantistes ne se considèrent pas comme Français. Et le statut des Espagnols résidant en Catalogne serait réglé par la constitution d'une Catalogne indépendante.
Vous semblez ignorer l'histoire des pays baltes.

"Il faut juste aller au bout de la logique : à ce moment-là, on ne participe pas aux décisions locales et on probablement dans l'idée de rentrer au pays, à terme."
Vous semblez ignorer la raison principale de garder ses papiers dans le canton du Valais.

Écrit par : Daniel | 24/12/2017

@ Daniel,

Non seulement suis-je ignorante de l'histoire précise de la Lettonie, de l'Estonie et de la Lituanie (qui ne sont pas un tout homogène, malgré l'appellation "Pays baltes" qu'on peut leur donner, en les mettant ainsi dans un même sac), mais de plus, je suis un peu bouchée.
En effet, je ne comprends pas en quoi mon ignorance de l'histoire de chacun ces trois pays m'empêche de m'exprimer ici au sujet de la Catalogne.
Il me serait donc utile d'essayer de me cultiver en lisant votre explication au sujet du lien Lithuanie-Lettonie-Estonie ( y aurait-il encore d'autres pays à mettre dans cet ensemble ?) et de la Catalogne-Espagne. Peut-être que d'autres lecteurs s'y intéresseraient également.
( je sens qu'on ne saura pas la vraie raison de l'histoire des papiers non-déposés par les Valaisans ... mais ils se pourrait qu'il y ait plusieurs raisons.)
En écrivant ici, je n'ai aucune prétention particulière. Contrairement à vous, je n'ai aucune qualification et suis dans l'incapacité d'évaluer les connaissances des autres commentateurs sur la base d'un commentaire ou deux.
Il se pourrait bien sûr que vous ayez changé de pseudo au fil du temps et que nous nous fréquentions depuis plus longtemps. Et que nos différences de point de vue soient établies de longue date.
J'ai juste un point de vue, pas de certitude de détenir la vérité unique.

Écrit par : Calendula | 25/12/2017

@Gislebert,

Merci pour votre feed-back positif - c'est si rare. ;-)))

Vous évoquez le conflit armé du Pays Basque, les attentats de l'ETA.
C'est à ce genre de choses que je pensais en écrivant qu'autrefois, on aurait déjà pris les armes dans une situation comme celle qui règne en Catalogne.
Il me semble que les dirigeants indépendantistes insistent beaucoup sur la non-violence de leur mouvement et c'est tout en leur honneur.
La guerre civile armée rappelle des souvenirs trop douloureux et probablement encore davantage en Espagne que dans la plupart des pays occidentaux.
De facto, les familles catalanes sont déchirées par l'enjeu indépendantiste, mais il n'y a pas eu de morts, seulement des prisonniers et des blessés. Faudra-t-il passer par la violence physique ?

Patrimoine génétique ? Je dirais culture politique.
Dans des cas de mouvements nationalistes, il faut être capable de danser sur des œufs et de nommer les choses très précisément.
Veut-on davantage d'autonomie ( c'est ce que disent les indépendantistes corses, qui veulent se démarquer des Catalans) ou une vraie indépendance ?
Le concept d'auto-détermination des peuples existe, aussi appelée "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes".
N'étant pas politologue ni historienne, je ne me sens pas du tout à la hauteur pour faire l'historique complet de ce concept, ni de décider, quand est-ce que l'on se trouve dans un cadre légitime ou pas.
Je ne peux que comparer avec ce que je connais. Ainsi, lorsque le dossier du canton du Jura avait suffisamment avancé ( et après des attentats), les citoyens de tous les cantons préexistants ont pu voter pour savoir, si on acceptait la création de ce nouveau canton. La procédure existait, parce que la constitution de ce pays est bien faite, mais surtout fait pour être confédérale. C'est cela qui fait, en partie,la "culture politique" et le "patrimoine génétique" suisse: l'acceptation d'un processus lent, d'un débat qui n'est pas unilatéral.
Il me semble impossible de comparer deux pays, comme s'ils étaient comparables en tout, comme si on pouvait plaquer une longue histoire et évolution sur l'histoire séculaire d'un autre.

Un épisode très peu connu, datant d'une centaine d'années et se passant dans la mer Baltique, peut avoir un certain intérêt, si on est motivé pour distinguer autonomie et indépendance et pour considérer chaque histoire comme un cas particulier :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_des_îles_Åland

Les solutions possibles sont tributaires de la situation géopolitique générale et donc du contexte, l'intérêt que les pays proches peuvent avoir dans le mouvement indépendantiste en question, de la clairvoyance de tous les dirigeants impliqués, des outils mis à disposition (ONU, UE, Organisation de l'Unité Africaine ou à l'époque de la crise des Åland: la SDN).

Il me semble que si l'on veut déclarer l'indépendance, il faut avoir préparé le terrain pour s'assurer d'avoir des alliés fiables et une procédure la moins contestable possible. Une ligne claire et une cause forte.
On peut toujours être le plus petit, le plus minoritaire de quelqu'un et le fractionnement maximal en de petits pays pourrait représenter la solution pour échapper à ce sentiment d'être en danger d'assimilation. La séparation est parfois la bonne réponse, mais pas à chaque fois.

Écrit par : Calendula | 25/12/2017

A moins d'un retour vers des temps plus anciens, qu'on les regrette ou non, l'avenir me semble de plus en plus favorable d'un point de vue économique (et donc géopolitiques) à des grands ensembles, nations (parfois empires) ou ensembles de nations qui partagent des intérêts semblables ainsi que la puissance militaire pour imposer éventuellement leurs points de vue.
Quel serait, de ce point de vue, le poids d'une Europe encore plus morcelée qu'elle l'est déjà en petit Etats qui favorisent leurs cultures et identités particulières au dépend des intérêts de leurs populations en termes de bien-être matériel? Pour affirmer leur indépendance face à l'Espagne les Catalans enseignent de plus en plus, en dehors d'une langue que personne n'aura envie d'apprendre, même si elle est aussi estimable que le basque ou des centaines de langues qui ont disparu ces derniers siècles (et qui continuent à disparaître à raison de dizaines par année), la langue universelle du commerce qu'est l'anglais.
Cela arrangera sûrement le marché chinois et d'autres qui prendront avec empressement la place laissée par les "anciennes puissances coloniales" honnies de l'Europe.

Écrit par : Mère-Grand | 25/12/2017

Si la Catalogne n'est pas encore "sortie de l'auberge espagnole" est-ce parce qu'en auberge espagnole on ne trouve que ce que l'on y apporte?

Trouverait-on dans une éventuelle boîte à outils de quoi "dégonfler les arrogances réciproques"

avec une cause présentée non "séparatiste" mais "autonomiste" (idée connue pour être chère au ressenti du Dalaï lama)?
L'orgueil comme l'arrogance régulièrement arrosés ou entretenus qui gonflent... à force de gonfler ne risquent-ils pas de nous (pas seulement concernés les autres) de nous boucher la vue, donc, en nous aveuglant tout en nous faisant avancer de travers soit en "biaisant" trompant ainsi ceux qui trouvent encore les moyens, ressources ou mesures de survie d'accorder leur confiance à quiconque comme à qui que ce soit?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 29/12/2017

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