06/09/2017

MAUDIRE ET MOTS DIRE

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Un poème qui vient de sortir. Prenez-le, si tel est votre désir.

 Prendre les mots par la main

Par les pieds par les oreilles

Par tous les bouts qui dépassent

Oui même là et là

Les dresser pour les placer

Dans la clairière du temps

Rangs serrés garde-à-vous fixe

Pas un mot plus haut que l’autre

Qu’ils fassent silence complet

Qu’ils soient maudits sans mot dire

 

Ils ont commis tant de crimes

Ourdi tant de trahisons

Précipité tant de chutes

Annoncé tant de défaites

Désignant sage le fou

Laissant le sage sans voix

Glorifiant le poltron

Humiliant l’homme-droit

Adorant tous les reflets

Haïssant tous les soleils

 

Les mots sont tous enduits

De mélasse et de mensonges

Pour capturer notre esprit

Et nous le rendre poisseux

Que nul n’échappe à leur glu

A leur sirop de fiel

Amertume doucereuse

Confuse confiserie

De l’or ils font de la boue

Alchimistes à l’envers

 

D’eux plus rien à tirer

Nul besoin de jugement

Abattons-les sur-le-champ

Non c’est mieux noyons-les

Dans la rivière d’acides

Qu’aucun d’entre eux n’en réchappe

Le feu qu’ils ont étouffé

Ne peut plus les consumer

Alors que le feu liquide

Les ronge jusqu’à la moelle

Jean-Noël Cuénod

17:42 Publié dans Poésie L'Or du temps | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : poésie, poème, mots, mort | |  Facebook | | |

Commentaires

La communication non violente nous apprend à élargir notre vocabulaire afin de finir par oser dire le non-dit.

Le besoin.

Dès l'enfance un enfant sage... comme une image... ne sera pas curieux
ne dérangera pas
ne fera pas trop de bruit

Dira merci quand il n'en pense pas un mot
embrassera qui ne lui dit rien

sur demande
fera un joli dessin
pour la dame...

Faire plaisir à maman, à papa

Ne pas regarder trop longuement par la fenêtre à l'école

Trouvera de force une idée pour un travail qui ne lui dira pas forcément grand-chose

juste, pour qu'on lui fiche la paix

bref! peu à peu de perdant de vue, avec ou de lui-même se déconnectant

jusqu'au jour ou tel ou tel pépin, tuile ou autre coup dur
seront pour lui "maux pour le dire"!

Écrit par : Myriam Belakowsky | 06/09/2017

Terrible ce poème Jean-Noël... Il accuse les mots du mauvais usage qu'on en fait. Certes de tout temps les mots furent souvent des armes parfois mortelles, mais les mots utilisés avec justesse et parcimonie peuvent dénoncer l'injustice, juger un monstre, chanter la beauté et parler d'amour... et même parfois assener des "vérités" universelles.

Faut-il juger le marteau pour le mauvais usage qui en fait l'apprenti forgeron ?

Ce beau et noir poème évoque un problème fondamentalement grave, un problème de notre société du superficiel, de l'approximatif, du réactif impulsif, du "partage" sans conscience de tout et n'importe quoi pouvant ressembler à une "information". Cette société qui a aboli la quête de la vérité, le temps passé à vérifier, s'informer en cherchant des sources fiables et les recoupant, à faire appel à la mémoire, collective et/individuelle, et à la réflexion pour pouvoir nourrir une pensée féconde.

Amitiés

l'Os de l'ours

Écrit par : Os | 08/09/2017

Partage est un mot commode.

En paroisses, par exemple, bienvenu ce mot ne concernant en rien les réalités économiques des uns, nantis, ou des autres, minables.

Il s'agissait, pieusement, de partager approches et réflexions sur des versets bibliques... tel notre pauvre ami Job. En dix ans de présence, jamais entendu évoquer l'aspect tribun du Christ accusant les gens du Temple d'oppressions concernant les malheureux.

Pas plus qu'au PS! non les vrais malheurs d'autrui.
Elections avant, pendant, après (problème juste à propos d'un trottoir ou d'un escalier casse-gueule "moderne" sans parler de la construction d'un Centre bouchant la vue sur lac et montagnes ainsi qu'autres modernes constructions faisant d'un charmant village une cité-dortoir.

Silence des Eglises... de mise.

En paroisse, toujours, une ou deux personnes participantes allant également en ce sens charité du Christ, pour le dire brièvement, furent regardées de travers exactement comme si elles avaient émis un rot en public.

Mais je ne dirai pas que dans les Courriers de lecteurs allant en ce même sens de l'autre moins bien "né" soit atout pour la suite... particulièrement à partir de 2010... lettres désormais refusées à la publication, il en allait ou fut autrement.

Marché sans éthique, désormais, l'emporte.

Écrit par : Myriam Belakowsky | 08/09/2017

Sinistrose quand tu nous tiens!

Bonne chance Jean-Noël Cuénod!

Écrit par : Patoucha | 13/09/2017

Il faut parfois non ignorer mais affronter la réalité.
Sans "sinistrose".
Exemple stupide si on veut mais s'il y a un robinet ouvert qui coule sans arrêt sans qu'on y prenne garde ou veuille en tenir compte, voire quoi faire... il y aura inondation.

Réchauffement climatique.
Chômage.
Terrorisme.

Ces vieux qui nous coûtent si cher

D'accord! mais la montagne est belle
aux Cassandre ou Pythie tournons le dos.

Maltraitance de l'enfance.

En lecture en ce moment la situation d'une petite fille violée à laquelle on imposait également des fellations.

Autre futilité" telle langue paternelle dans l'oreille de la petite fille.

Un jour, toute petite, elle s'oublie dans sa culotte.
Que fit l'adorable papa par ailleurs violeur?
Il lui fit manger ce qui se trouvait dans la petite culotte.

Et la mère?
Parfaitement au courant tout en "fermant les yeux".

Faut-il ne rien vouloir savoir en se contentant de ne pas se mêler des affaires d'autrui ou se mobiliser?

Le Dr Arthur Janov a traité des centaines de situations d'adultes autrefois "petits" enfants victimes de maltraitance concernant viols, fellations imposées, pénétrations anales le petit, ou la petite maintenu/e immobile par une main du père sur son dos... Jeunes comme moins jeunes enfants astreints au silence par la menace terrorisés des années durant.

Avec, les plus jeunes, refoulement jusqu'au plus profond de l'inconscient.
Conséquences?

"Que voulez-vous que cela nous fasse"!?

Écrit par : Myriam Belakowski | 14/09/2017

Ou êtes-vous Jean-Noël Cuenod, en enfer ? Z'attendez votre tour pour passer devant le tribunal des flagrants délires de Osiris ou d'un zôtre ?

Revenez sur terre, il fait bon vivre ensemble vous aurez droit à quatre femmes esclaves. Ressuscitez comme jésus, prenez douze pélerins de préférence du proche Orient avec barbichette et babouches, juifs, si possible Ebionites éventuellement des Athées instruits et inscrivez sur un livre blanc, (dont le titre serai "Bible nouvelle") vos prophéties. Le monde à besoin de changer de prophètes les zôôtres ne sont plus d'actualité, ils sont morts pour de bon et les dieux sont tombés sur la tête d'un puits de pétrole, alors........

Écrit par : Pierre NOËL | 18/09/2017

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