02/09/2017

Un statut pour le Premier Chien de France !

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Nemo, Labrador d'Etat.

Nul en France n’ignore le nom du chien adopté par Emmanuel Macron, Nemo, ni son destin tourmenté de labrador croisé griffon abandonné à Tulle. A Tulle, ville du prédécesseur ! Tout un programme ! Nemo s’inscrit donc dans la longue liste des chiens présidentiels. Mais voilà qu’une lacune béante s’ouvre sous ses pattes : le Premier Chien de France n’a pas de statut.

Vous allez m’accuser de sombrer dans le mauvais goût le plus indigne en faisant ainsi allusion au statut de Première Dame de France qui a retenu l’attention des médias bien plus que les ordonnances sur la loi Travail. Certes. Mais êtes-vous conscients du rôle éminent tenu par la gente canine dans l’Histoire ?

 Les « chiens blancs du Roy » étaient bichonnés par Henri II – qui s’occupait personnellement de leur nourriture – François 1er, Henri IV et Louis XIV. Charles IX allait même jusqu’à partager ses repas, son bain et sa couche avec sa chienne Courte (on ne sait ce que la Reine Elisabeth d’Autriche en pensait). L’auteur des Animaux Célèbres (Editions Arléa), Michel Pastoureau, nous apprend que Courte était revêtue « d’un vêtement de velours vert qu’un valet lui enfilait au moment du coucher. »

La monarchie présidentielle ne pouvait faire moins. Passons sur Bébé, le canard que Jules Grévy chérissait en lui donnant chaque jour à manger dans les jardins de l’Elysée. Les canards, surtout enchaînés, portent la guigne aux présidents. Charles de Gaulle, malgré son affection pour Rasemotte – le gorgi offert ­par l’inévitable Reine d’Angleterre – et pour son matou Grigri, n’avait pas gardé à l’Elysée ces deux dignes représentants du règne animal; ils devaient rester dans la propriété privée, à La Boisserie, Colombey-les-deux-Eglises. Il faut ajouter aussitôt que de Gaulle et tante Yvonne préféraient nettement le charme barrésien de leur propriété chaumontaise aux ombres pécheresses du Palais de la Pompadour.

A partir de Georges Pompidou, l’Elysée a connu le règne du labrador obligatoire. Etonnante prescience du deuxième président de la Ve République, le spécimen initial de la dynastie labradorienne a été baptisé Jupiter, ce qui doit sonner comme du Mozart aux oreilles macroniennes. L’Histoire retiendra que Jupiter était un mâle couleur chocolat.

Son successeur Valéry Giscard d’Estaing aimait à se faire photographier aux côtés de Jugurtha et Samba. François Hollande n’avait d’yeux que pour Philae.

Mais c’est Baltique, chantée par Renaud, qui restera gravée dans les mémoires. Chienne inséparable de François Mitterrand. Inséparable jusque dans le deuil. Les caméras avaient diffusé le regard désespéré de Baltique suivant le cercueil de son maître. Grand bouffeur de curés (entre autres), l’ancien ministre du Budget Michel Charasse, s’était porté volontaire pour consoler la chienne devant le porche de l’Eglise de Jarnac pendant que se déroulait la messe de sépulture (photo).   

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Figure sympathique, de caractère affable, tout en gardant un certain mordant pour les méchantes gens, le labrador est aussi connu pour son flair incomparable, qualité indispensable si l’on veut réussir en politique. Pour susciter l’attention attendrie des lecteurs de Paris-Match, il n’y a pas mieux que le labrador. Et Macron, qui n’en manque pas, de flair, ne saurait y déroger. Avec juste un brin de symbolique pour le différencier. Nemo n’est pas un labrador de pure race ; il est croisé avec un griffon. C’est la touche roturière et républicaine. Et il n’a pas été offert par un roi ou un chef d’Etat mais recueilli dans un refuge de la SPA. Ça, c’est de la story, comme l’on dit en macranglais !

Cela dit, en Macronie, la roture atteint très vite ses limites. Il faut entourer l’entourage de statuts (et de statues). Comme à Versailles. Dès lors, chacun s’étonne qu’un collège de juristes n’ait pas encore rédigé pour Nemo, le statut de Premier Chien de France. Voilà qui ferait enfin transparence sur un domaine privilégié de la fonction présidentielle. Sur quel budget sont prélevées les fournitures de croquettes, de boulettes, d’os à mâcher, de jouets, de gamelles et de coussins ? Quelle chambre de l’Elysée est-elle attribuée au Premier Chien ? Qui a été nommé préposé au ramassage de ses crottes ? Qui lave ses gamelles ? Bénéficie-t-il de gardes du corps sous forme de bergers allemands ? Nous voulons tout savoir !

Nemo nous appartient tous un peu. C’est un Labrador d’Etat. Présence rassurante et fraiche qui déambule dans cette sphère politique où l’on se regarde en chiens, certes, mais de faïence. Présence humaine dans un monde de chiens.

Jean-Noël Cuénod

VIDÉO


14:51 Publié dans Politique française | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : vidéo, chien, macron, elysée, nemo | |  Facebook | | |

Commentaires

Comme vous avez raison! Ah, si Macron avait un canari, il serait bien plus difficile de l`accuser de dilapider les fonds publics pour nourrir son animal familier mais, comme le hasard fait bien les choses, il a choisi d`avoir un chien. Remarquez, les croquettes pour chats ne sont pas données non-plus or Marine Le Pen aime les chats (moi aussi)... Nous sommes donc bien d`accord, la prochaine fois les Francais devront se choisir un Président qui déteste les animaux. Aurez-vous le cran de publier mon commentaire?

Écrit par : Jean Jarogh | 03/09/2017

Du cran vous avez, avec mon estime pour cela.

Écrit par : Jean Jarogh | 03/09/2017

Au point où il en est pourquoi Monsieur Macron n'utiliserait pas les fonds publics pour faire de son labrador "d'Etat" un original Premier ministre chien capable de se préoccuper de la situation de l'armée au bord d'un burn out général (sans parler de la situation de la Justice en France, du sort réservé aux magistrats aux dossiers en surnombre ainsi que de leurs locaux selon lesquels indignes)?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 03/09/2017

Un chien dans un jeu de quilles? Vous n'y pensez pas, Myriam!

Écrit par : Mario Jelmini | 03/09/2017

Ce chien garde son crayon sous le ventre ce qui va plaire à grand-mère, épouse Macron. Saura-t-elle s'en occuper aussi bien que (celui) du maître, telle est la grande question en ce 21 ème siècle.

Écrit par : Pierre NOËL | 04/09/2017

Superbe texte merci M. Cuénod.
Oui nous sommes en plein dans le plan com, la politique spectacle où l'image est plus importante que le contenu.
Voir Macron descendre les marches suivi de son chien, voir le chien déambuler dans l'Elysée et s'immiscer dans une rencontre officielle cela montre une fois de plus que nous sommes désormais dans un show géré en permanence et qui va durer encore plus de 4 ans 1/2.
Le plus drôle c'est de voir, à la fin de la vidéo, que Macron n'arrive même pas à faire obéir son chien ("assis, assis"). Il lui est manifestemement plus facile de jouer les gros bras et de "démissonner" le chef d'état major des armées que de faire asseoir son propre chien !
Mais heureusement pour Macron, le ridicule ne tue pas...

Écrit par : A. Piller | 04/09/2017

Un chien original Premier ministre... aujourd'hui, sans oublier le "collaborateur" de Sarkozy, que veut dire "Matignon"?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 04/09/2017

Il est magnifique! J'avais le même!

"..pour consoler la chienne devant le porche de l’Eglise de Jarnac pendant que se déroulait la messe de sépulture (photo). "

Je fonds....:(

"mais recueilli dans un refuge de la SPA."

Un chien de moins à la SPA!

" Dès lors, chacun s’étonne qu’un collège de juristes n’ait pas encore rédigé pour Nemo, le statut de Premier Chien de France."

Bof!

Écrit par : Patoucha | 06/09/2017

@ Patoucha

Si l'on féminisait "Premier Chien de France", on lirait "Première Chienne de France"!

Tant d'hommes n'en pensent-ils pas de même en leurs débats "entre hommes" concernant les femmes?

Sadomasochisme, scatologie "bien de Paris", comme révélé par un magazine, Marianne d'il y a quelques temps, ou fétichisme de pointe... banalisation s'en suivant... y seraient-ils pour quelque chose?

Malades, Patoucha, les personnes qui prennent le risque d'évoquer non en catimini mais publiquement ces réalités?

Écrit par : Myriam Belakowsky | 07/09/2017

@ Myriam Belakowsky
Vous venez nous parler sur ce blog de scatophilie. Fort bien. Cela appelle de ma part quelques remarques que l'auteur du blog voudra bien m'autoriser à formuler.

La scatophile, comme toutes choses sur cette terre, est une création de Dieu.

En Ézéchiel 4:12, Dieu ordonne au prophète: “Tu mangeras des gâteaux d'orge que tu feras cuire devant tout le monde à l’aide d’excréments humains” (« http://www.levangile.com/Bible-Annotee-Ezechiel-4.htm » précise: “il s'agit d'une galette qui doit cuire sur la cendre et être en contact avec elle”). Délicieux, à ce qu'il paraît.

Bien avant cela, quand l’Éternel envoya le roi d’Assyrie ravager Juda (cf. II Rois 18:25 et Ésaïe 36:10 in fine), les Judéens furent avertis qu’ils allaient en être réduits “à manger leurs excréments et à boire leur urine” (II Rois 18:27 in fine et Ésaïe 36:12 in fine).

Par ailleurs, qui ne se souvient de l’avertissement adressé par l’Éternel à ses prêtres: “Je vous jetterai des excréments au visage, les excréments des victimes que vous sacrifiez” (Malachie 2:3). Aux dires de la psychanalyse (du grec psukhê = l’âme, et de anal = relatif à l’anus), c’est lorsque son âme a élu domicile entre ses fesses qu’un individu tient le genre de propos ou adopte le genre de de comportements qui viennent d’être rapportés. Les profanes disent volontiers d’un tel individu qu’il “sème la merde” ou qu’il “fout la merde” . Les plus mécréants - Dieu ait leur âme - vont jusqu’à prétendre que “Dieu,c’est de la merde”, faisant ainsi de tout “bouffe-Seigneur” un scatophile confirmé.

S'adressant à ceux qui mettent peu de zèle à le célébrer et à le glorifier, le Dieu de l’Ancien Testament n’y va pas par quatre chemins: “Si vous ne prenez pas à coeur de donner gloire à mon nom, (...) j’enverrai contre vous la malédiction (...). Je détruirai vos semences et répandrai du fumier sur vos visages” (Malachie 2:2-3;d’autres traduisent: “Je détruirai votre postérité et vous jetterai des excréments à la figure”. Belle mentalité... À noter que pour lancer ce message fécal à la face de l’humanité, Dieu s’est donné la peine de choisir un prophète au nom prédestiné; il est difficile de ne pas reconnaître là un signe).

À rapprocher de Nahum 3:6 : “Je jetterai sur toi des immondices” (là encore, c’est "l’Éternel des armées” qui tient ce langage de charretier).

La Bible, référence universelle.

Écrit par : Mario Jelmini | 07/09/2017

Mario Jelmini

A chacun ses goûts.

J'attire votre attention sur le fait que vous traitez les gens de mouches à "merde"

ou appelez un auteur de blog par son prénom suivi de: "de mes fesses"!

la "merde", aux toilettes comme en pleine nature, passant entre les fesses humaines comme animales

mais il y a des endroits pour ce passage d'excréments qui n'est pas celui des blogs, site non prévu à cet usage fût-ce par déjection épistolaire, virtuelle ou symbolique


quant au dieu que vous nous présentez...!?

En revanche, le lieu anal, le second (oral, anal, génital) selon Freud peut nous reporter à notre enfance aux temps dits de l'apprentissage de la propreté ainsi que des rituelles mises sur le pot des touts petits auxquels, qu'ils aient besoin d'aller aux toilettes, ou non, on demande de se dépêcher, de faire plaisir à maman, qui est pressée, qui n'a pas que ça à faire*! allons... d'"être gentil"!

Olé. olé.

Françoise Dolto en ses approches des besoins des petits enfants nous apprenait que jadis, avant le temps des planchers, on mettait aux petits de longues robes sans sous-vêtements du bas et qu'on les suspendaient à un crocher au mur.
Ils pouvaient ainsi faire leurs besoins quand ils en avaient envie et, rythme, quand il en était temps e qui leur permettait d'être "propres" très tôt.

Cette idée de se suspendre pour faire ses besoins étant encore inconsciemment profondément ancrée ou enfouie en certains d'entre nous.

Écrit par : Myriam Belakowsky | 07/09/2017

@Mario Jelmini

"“à manger leurs excréments et à boire leur urine”"

LES SURVIVANTS DU MIRACLE DES ANDES

LE RETOUR PARMI NOUS

Les 16 rescapes decident de faire une conference de presse, pour devoiler la verité sur la raison por laquelle ils ont survécu. C'est Pancho Delgado qui s'adresse a la presse:
- «… le jour est arrivé où nous n’avions plus rien à manger, et nous nous sommes dit que si le Christ, pendant la Cène, avait offert son corps et son sang à ses apôtres, il nous montrait le chemin en nous indiquant que nous devions faire de même : prendre son corps et son sang, incarné dans nos amis morts dans l’accident… Et voilà, ça a été une communion intime pour chacun de nous… C’est ce qui nous a aidé à survivre… »
A la fin de cette phrase les 16 rescapes ont aplaudi, et levé les bras au ciel.
Mais certains les condamnent sans appel et beaucoup sont horrifiés, mais l'immense majorité les approuve. Le pape en personne, Paul VI, intervient dans le debat pour dire que l'église catholique leur donne raison; ils n'ont pas commis de péché.

http://www.voyage-au-chili.com/chili_survivants_andes.php

José Salvador Alvarenga - Seul au monde
L'histoire de José Salvador Alvarenga est passionnante, notamment parce qu'on ne sait pas très bien si le pêcheur salvadorien a dit la vérité, en tout cas certaines personnes en doutent. Il faut dire que cet homme perdu en mer suite à une panne de moteur affirme avoir survécu 13 mois en mangeant des oiseaux, du poissons et en buvant son urine et du sang de tortue. Il fut retrouvé plus d'un an après, à 12 500 km de son point de départ. Il affirme que son jeune collègue n'aurait pas supporté ce régime et serait mort dès les premiers mois de leur calvaire. D'après le détecteur de mensonge, Alvarenga dit vrai, tout comme les analyses des vents et courants qui auraient pu l'amener aux îles Marshall.

http://www.topito.com/top-histoires-rescapes-folles-survivants-montagne-mer

Écrit par : Patoucha | 07/09/2017

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