10/05/2017

Macron-Mélenchon, entrepreneurs en démolition

Macron,Melenchon,Valls,legislative2017

Au-delà du fossé idéologique qui les sépare, par-delà leurs divergences de style, Macron-Mélenchon poursuivent la même stratégie et sont en train d’atteindre leur objectif commun : débarrasser le paysage politique français des immeubles lépreux qui l’encombraient.

Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon se sont d’abord attaqués au Palais décrépit de la gauche, le Parti socialiste. Le nouveau président français a toujours tenu son plan de démolition bien à jour. Il a quitté le gouvernement juste au moment où il le fallait, ni trop tôt (il n’avait pas encore amassé de soutiens, ni d’expériences de haut niveau), ni trop tard, (pour ne pas porter l’ensemble du bilan Hollande). Il a lancé son mouvement En Marche et annoncé sa candidature, pile à l’heure. Pendant ce temps, son rival social-libéral Manuel Valls restait englué à Matignon et dans ce PS qui le rejette. Aujourd’hui, l’ancien premier ministre subit revers sur humiliation; il en est réduit à quémander un bol de soupe à la table du président élu qui, cruel, lui en jette le contenu, bouillant, à ses pieds. A la queue comme tout le monde, si tu veux être MON député ! Et encore, pas sûr que je t’accepte, t’as pas le profil, coco.

Macron, un si gentil tueur

Macron est un sympathique tueur politique aux yeux d’azur candide.

La façon dont il traite Valls n’a rien d’une quelconque vengeance pour lui faire payer ses remontrances publiques lorsque le président tout neuf était ministre de l’Economie. Emmanuel Macron n’a pas ce genre de passion. Il tue par méthode et non par colère.

Il fait plutôt d’Emmanuel Valls un exemple pour les socialistes qui sont tentés de le rejoindre : si vous voulez une investiture aux législatives, ce ne sera pas la rose au poing que vous viendrez, mais avec une corde au cou, signe que vous acceptez de concourir sous mes propres couleurs. Il ne s’agit pas de redonner un second souffle au PS moribond mais bien de l’achever pour faire place nette.

Sur l’aile gauche du Palais socialiste, Jean-Luc Mélenchon a fait la même besogne dans ce style à la fois tonitruant, populaire et cultivé qui est le sien. En développant un programme très axé sur l’écologie et la défense des revendications socialistes classiques, il a vidé de sa substance le pâle accord entre le candidat officiel du PS Benoît Hamon et le reliquat des écologistes. Comme ses qualités de débatteurs, de tribuns et d’organisateurs de campagne sont sans comparaison avec celles du modeste Hamon, Mélenchon est devenu le leader de la gauche – et plus seulement de la gauche de la gauche – en réduisant le parti du gouvernement à 6%, à peine plus que Debout La France. Aujourd’hui, Hamon doit à son tour quémander un bol de soupe en annonçant la création en juillet, «d’un mouvement pour reconstruire une gauche inventive, qui dépassera les étiquettes politiques». Un mouvement destiné, sans doute, à faire alliance avec la France Insoumise de Mélenchon. Mais il n’y aura qu’un patron, on devine sans peine lequel. Aspiré sur sa droite par Macron et sur sa gauche par Mélenchon, voilà le Palais Rose réduit en gravats.

Macron,Melenchon,Valls,legislative2017Mélenchon, après le PS, le PC

Mais La Méluche n’a pas terminé son boulot. Il y a encore la cabane du jardinier, occupée par les restes du Parti Communiste français. En refusant de s’allier avec lui, la France Insoumise, oblige le PCF à n’avoir pour alliés que des socialistes déambulant, hagards, sur leurs ruines. Dès lors, le pire est à craindre, à savoir des pertes spectaculaires en sièges avec, pour conséquence, la fermeture du robinet à finances publiques. Donc, exeunt PS et PC, place à la France Insoumise, pôle de la gauche avec lequel tous ceux qui se réclament de ce camp devront composer,

Emmanuel Macron en a bientôt fini avec l’aile droite du Palais Rose. Reste à démolir la Bastille du parti Les Républicains qui, bien qu’affaibli, résiste mieux que le PS. Cela dit, les modérés LR piaffent de rejoindre la future majorité présidentielle. Mais sur leur route, François Baroin, directeur de la campagne des LR, a dressé un obstacle de taille, représenté par les investitures aux législatives, en menaçant d’exclusion celles et ceux qui seraient prêts à rejoindre la nouvelle majorité présidentielle. Pas de parti, pas d’aide logistique et certitude d’avoir un concurrent LR dans les pattes. Ça fait réfléchir.

Néanmoins, si Machiavel-Macron désigne pour premier ministre une personnalité du centre-droit, voire même issu des rangs LR, alors cet obstacle va sans doute voler en éclats. C’est bien ce qu’a annoncé mercredi Gilles Boyer, ancien directeur de campagne d’Alain Juppé et candidat : « Si Emmanuel Macron désigne lundi un Premier Ministre qui appartient aux Républicains ou appartient à la famille de la droite et du centre, nous ne pouvons pas ne pas en tenir compte ».

La truite de Macron

Si Emmanuel Macron ne parvient pas à débaucher une personnalité de la droite modérée ou du centre, il risque fort de ne pas pouvoir disposer d’une majorité. Or, même pour gouverner par ordonnances comme il l’envisage, il est nécessaire d’obtenir l’aval du parlement. Il porterait cet échec comme un boulet jusqu’à la fin de son quinquennat et ne serait alors qu’un président faible, à la merci de majorités changeantes.

En revanche, s’il réussit à prendre dans ses filets une belle truite de la droite, les autres poissons LR vont suivre Macron par bancs entiers. Il en sera alors fait de l’unité du parti LR. Il n’en restera que la tendance hyperconservatrice dont le chef de file est Laurent Wauquiez avec Sens Commun pour cavalerie catho-tradi. Comme ce courant n’est séparé du Front national que par l’épaisseur d’une hostie, il ne sera nullement malaisé pour le FN de lui ménager une passerelle. C’est d’ailleurs ce que vise Marine Le Pen lorsqu’elle veut transformer son parti en changeant son nom.

Dès lors, le nouveau paysage politique français serait composé d’une force centrale, d’un pôle de gauche radicale et d’un pôle de droite radicale. A moins que le chaos s’installe, en cas de mauvais choix initial du premier ministre. Dans tous les cas de figure, l’ancien ordre politique disparaît dans la fosse commune de l’Histoire.

 Et les écolos, dans tout ça ? C’est ce qui a de bien avec les écolos français, ils n’ont besoin de personne pour se démolir. Ils se biodégradent tout seuls.

Jean-Noël Cuénod

17:58 Publié dans Politique française | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : macron, melenchon, valls, legislative2017 | |  Facebook | | |

Commentaires

En réalité tout se joue entre friqués de la France d'en haut.

Plus personne pour la France d'en bas-

Le tout à l'Union "parrainée" par la mondialisation.

Si l'on comparait cette planète à un monstre camp de concentration sanglant, faim, misère et mort... les détenus des camps de concentration de la Seconde guerre mondiale surnommés "muslims" qui acceptaient une telle "fatalité" n'en réchappèrent pas

contrairement, selon Bruno Bettelheim, à ceux qui observaient tout en se taisant

démarche non-violente, certes, mais la non-violence, comme précisé par le Dalaï lama n'est en aucun cas démission.


Wait and see.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 10/05/2017

pauvre valls aucune dignité!

Écrit par : dominique degoumois | 11/05/2017

Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon se sont attaqués au Palais de la gauche, le PS.

Manuel Valls, lui, a donné le coup de grâce au PS en annonçant sa mort, celle du PS, non la sienne... au moment même où il allait sonner à la porte d'Emmanuel Macron qui l'a, par intermédiaire, invité à suivre le protocole habituel.

Un bon point pour Emmanuel Macron, un.


Mesdames et Messieurs, si vous avez trop d'appétit, un coupe-faim: prenez des nouvelles de la politique au quotidien.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 11/05/2017

Le problème du Marquis de Vals est qu il est tout d abord un traître. Puis, il se prend pour El ingenioso hidalgo don Quijote de la Mancha c à d un redresseur d erreurs! Don Vals pense pouvoir réussir à redresser les erreurs des autres, soit, mais pas les siennes. De surcroît, il est un boulet!

Comme Hollande est déjà bien mort, ne serait elle pas la même chose pour Don Vals?

Écrit par : Charles 05 | 11/05/2017

Il fallait oser ce sujet par ailleurs bien vu. Le grand bidouillage a commencé Macron qui se targuait d'être monsieur propre de la politique a mentit. La profession de foi des élus c'est pour les croyants mais aussi les non croyants.

Les français sont contents il a 39 balais c'est l'euphorie, le messie est arrivé.

Sauf que grand-mère aura son mot à dire, normal elle est professeur, et, comme les énarques elle sait tout, voit tout mais n'entend que la voix de son maître: les banquiers"

"" Brigitte, "toujours présente et encore davantage, sans laquelle je ne serais pas moi""
Emmanuel Macron, le 23 avril 2017

L'amour c'est fou, l'amour n'est pas aveugle, mais je suis mauvaise langue car, le film "Mourir d'aimer" nous avait fait vibrer en l'an 71 après jésus-christ.

Donc, si Macron n'est pas lui, c'est elle son deuxième cerveau celui relié au sexe ainsi que celui de la pensée hallucinogène.

Mais bon, la grande bidouille a commencé, il y a une écolo prête à sauver la planète, c'est la pomme-ponette: Barbara Pompili-pilipili faudra qu'elle plaise à grand-mère sinon......

Mélanchon entrepreneur de démolition? C'est un anti-capitaliste aimant le capital qu'il confie aux banquiers. Décidément, les banquiers.......

Écrit par : Pierre NOËL | 11/05/2017

Encore moi, mais il faut aller vite.

J'invite à chercher non banque Rotschild,
On sait que M. Macron y travailla.

Goldman Macron

Bilderberg Macron

Une hypothèse: Macron simple agent chargé de s'infiltrer en France: ministre de l'économie, puis Président?

Il change le nom de son parti: désormais La République en marche

ce qui, à l'oreille s'apparente à Les Républicains

Alliance avec F. Bayrou.
Réapparition-résurrection de Borloo lequel, on le sait, n'aimait pas les socialistes.

Marine Le Pen changera le nom de son parti.
IMAGINONS qu'elle adopte le nom du groupe Debout la France (élue son Premier ministre aurait été Dupont-Aignan.

On imagine un instant l'hémicycle à venir


Tout à gauche, Jean-Luc Mélenchon au centre, La République en marche (en réalité, expliqué plus haut, Emmanuel Macron agent d'infiltration, La Mondialisation en marche)

Puis... Debout la France

- En somme, du point de vue médiatique habituel le risible ou ridicule Mékenchon PC

- L'immense fusion Les Républicains ex UMP - La République en marche

- Debout la France

en réalité


- PC

- La Mondialisation en marche

- Debout la France Marine Le Pen-Dupont-Aignan


Parce que fille Le Pen "diablesse" faschiste Marine Le Pen

Ange aux yeux d'azur... candeur incarnée Emmanuel Macron

Ne s'agissant, évidemment, pour l'ensemble que d'une hypothèse et tout nom ne...

Écrit par : Myriam Belakovsky | 12/05/2017

Il fallait oser ce sujet par ailleurs bien vu. Le grand bidouillage a commencé Macron qui se targuait d'être monsieur propre de la politique a mentit. La profession de foi des élus c'est pour les croyants mais aussi les non croyants.

Les français sont contents il a 39 balais c'est l'euphorie, le messie est arrivé.

Sauf que grand-mère aura son mot à dire, normal elle est professeur, et, comme les énarques elle sait tout, voit tout mais n'entend que la voix de son maître: les banquiers"

"" Brigitte, "toujours présente et encore davantage, sans laquelle je ne serais pas moi""
Emmanuel Macron, le 23 avril 2017

L'amour c'est fou, l'amour n'est pas aveugle, mais je suis mauvaise langue car, le film "Mourir d'aimer" nous avait fait vibrer en l'an 71 après jésus-christ.

Donc, si Macron n'est pas lui, c'est elle son deuxième cerveau celui relié au sexe ainsi que celui de la pensée hallucinogène.

Mais bon, la grande bidouille a commencé, il y a une écolo prête à sauver la planète, c'est la pomme-ponette: Barbara Pompili-pilipili faudra qu'elle plaise à grand-mère sinon......

Mélanchon entrepreneur de démolition? C'est un anti-capitaliste aimant le capital qu'il confie aux banquiers. Décidément, les banquiers.......

Écrit par : Pierre NOËL | 12/05/2017

En France on nous rejoue (Astérix "LA ZIZANIE"), avec hollande dans le rôle de " tullius détritus", le type arrive quelque part, il n'a même pas besoin de parler, il passe discrètement, et déjà tout le monde se met sur la tronche! Là hollande a mi tout le monde ko, macron comprit mais là macron ne l'a pas encore bien comprit! Y'en a plus un debout, un vrai carnage! Et hollande qui va réclamer du fric a macron pour son assos "La France s'Engage!" non c'est plutôt "La France Sans Gages!" pauvre petit bouchon!!!

Écrit par : dominique degoumois | 13/05/2017

Hollande ancien directeur du service démolition de la région France, va recevoir 35 000€/mois + secrétariat, véhicule et tout le tintouin.

Il est content:

http://24heuresactu.com/wp-content/uploads/2013/06/hollande_degonfle.png

Macron, nouveau directeur de la filiale France, nommé par une minorité de français veaux et idiots utiles, (pas tous les électeurs) a procédé au recrutement, déguisé pour un temps partiel en responsable du petit personnel.
Ses chéfaillons ont jugé, paraît-il (?) avec lettre de motivation à l'appui qui était bon, qui était mauvais. Il fallait correspondre au profil de:

"l'Internazional Zozialisme démocratik européen-Allemand-Luxembourgeois-Golmann" mais surtout, admirer et approuver la couleur de la veste du costume -du dame Merkel, PDG très sexy, allemande en Allemagne pour les intérêts allemands et autre si besoin est.

Junker, affecté au Luxembourg à la direction "Europe" chef de clan et de tribus financières, étant indisponible, donnera comme d'habitude tous ses conseils et son assistance bienveillante sur ses sites My-TF1/ A2, 3, 4, 5... / BFM/ LCI, etc ou
Macron a ses bureaux, ses chambres avec TV noir et blanc , frigo et champagne pour grand-mère qui ne s'est pas habituée aux couleurs.

Mélanchon, chef du service "démolition" est en attente dans les WC pour un contrat CDD de premier ministre des WC publics.

Son dernier livre: "Vingt ans sur le pot, la vie d'un constipé insoumis" sortira bientôt, -ho -ho."

Dominique degoumois, ce serait plutôt la France: -dégage- Raoust Schnell ! *L*

Écrit par : Pierre NOËL | 14/05/2017

Pierre Noël, c'est affaire de ressenti: grand-mère, avec Macron, ou lui avec elle, pour vous,

Pour moi, grand-mère est la mère Mac Miche de mes lectures enfantines, titre

UN BON PETIT DIABLE comtesse de Ségur


lequel avait précisément forts démêlés avec la... mère Mac Mich


Eprouvant l'éternel "jeune homme" (au plus fort, Marianne: jeune homme "sans passé"!)

allusion médiatique concernant Emmanuel Macron.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 14/05/2017

L'Europe d'aujourd'hui, je la vois donc je fuis!

Écrit par : dominique degoumois | 14/05/2017

Vous avez oubliez la droite identitaire, chaos après le face à face Macron - Marine Le Pen.
Le FN doute entre 2 tendances. Personne n'avait jusqu'ici mit le FN en difficulté.

Concernant le PS, ce sont les frondeurs qui ont "tué" le PS. Après 5 ans, les sociaux démocrates n'en pouvaient plus de rester dans un parti où les extrêmes voulaient faire la loi.

Macron n'a rien eu à faire pour les attirer, les frondeurs faisaient le travail de sape sans rien demander.

Écrit par : motus | 14/05/2017

Aie macron se montre déjà en chef "désarmé"!!!!

Écrit par : dominique degoumois | 15/05/2017

Que peut-on faire "contre" les entrepreneurs en démolition sinon les éviter?

Le "peuple hexagonal des sujets" - pour la Suisse, ex peuple des bergers - aurait mille façons de faire part de sa déception.

S'il démissionne en laissant aller... soit lâcheté soit combat non-violent

- tout en prenant le temps qu'il faut pour noter sur un petit carnet chaque fois que soi même on aura été... un/e entrepreneur en démolition.

En écrivant ces lignes on sait que l'on sera taxé/e de "bien pensant/e
donc... en ces temps particulièrement "philosophiques"! à jeter au panier.

Avant un combat social non violent Gandhi s'isolait toujours un jour ou deux...histoire de remettre en question avant la démarche d'autrui, la sienne propre.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 15/05/2017

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