07/04/2017

Après la Syrie, l’Ukraine ?

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Trump avait promis de désengager les Etats-Unis au Proche-Orient et en Europe. C’est l’inverse qu’il est en train de faire, en frappant la base syrienne de Shayrat. C’est de cette base que Bachar al-Assad a lancé l’attaque aérienne aux gaz sarin contre son propre peuple, dans la petite ville de Khan Cheikhoun. Poutine est placé au pied du mur : protestation diplomatique ou extension de la guerre ?

Sur le plan intérieur, l’opération aérienne du président américain atteint tous ses objectifs. Il relègue son prédécesseur au rang d’acteur pusillanime. Obama avait tracé sa fameuse ligne rouge en menaçant le tyran syrien d’intervenir militairement au cas où il utiliserait des armes chimiques contre son peuple. Ce fut le cas en août 2013 lorsque Bachar al-Assad a déclenché les armes chimiques dans la banlieue de Damas. Or, Barak Obama avait renoncé à riposter, laissant ainsi champ libre au dictateur syrien et à ses mentors russes, iraniens et libanais (du Hezbollah). Trump lui, sans ligne rouge, a sèchement répliqué. Alors qu’il vient d’accumuler une série d’échecs qui menaçait sa propre majorité au Congrès, il contraint les élus républicains à faire bloc derrière lui et même les démocrates à le soutenir, au moins à propos de cette frappe aérienne. C’est son premier succès en tant que président des Etats-Unis.

Sur le plan militaire et diplomatique, cela risque d’être plus compliqué. En employant le gaz sarin contre la population civile, Bachar al-Assad a voulu tester Trump. D’autant plus que le président américain avait multiplié les signes de désengagement en Syrie. Pourquoi un tel test ? Il relève, sans doute, de la politique du pire que le tyran a toujours suivie pour se maintenir au pouvoir. Dans cette optique, il faut intensifier la guerre, quitte à provoquer un affrontement direct entre les divers protagonistes. Tant que la guerre sévit, le régime syrien persiste.

Sur ce point, Bachar a gagné un point : la Russie a suspendu son accord d’octobre 2015 avec les Etats-Unis sur les échanges d’informations entre forces aériennes en opération dans le ciel syrien. Dès lors, faute de cet échange des plans de vol, un avion russe risque d’abattre un appareil américain et vice-versa, avec tous les risques d’escalade foudroyante que cela suppose.

 Il est difficile de concevoir que Poutine – qui soutient le régime syrien à bout de bras – n’était pas au courant de l’attaque au gaz sarin. Dès lors, la Russie a dû se préparer à la riposte américaine. Poutine ayant mis son point d’honneur à rétablir la puissance militaire russe, on le voit mal faire profil bas au premier coup de semonce américain. Outre le renforcement de sa présence militaire en Syrie, Moscou peut aussi viser un autre théâtre d’affrontement avec l’Occident : l’Ukraine. Si Poutine durcit ses opérations dans ce pays, que fera l’imprévisible Trump ? Il est douteux que les généraux américains qui surveillent de très près leur président accepte qu’il abandonne l’Europe en laissant la Russie avancer ses pions en Ukraine.

Le nouveau président américain jugeait « obsolète » l’OTAN. Elle semble plus que jamais d’actualité.

Jean-Noël Cuénod

19:35 Publié dans Politique internationale | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : syrie, ukraine, poutine, trump | |  Facebook | | |

Commentaires

En employant le gaz sarin contre la population civile Bachar al-Assad a voulu tester Trump se savoure...

On teste les humains tels rats ou campagnols. On utilise des humains désormais choses, machins, trucs ou combines en vue de combinaisons au service du pouvoir et de l'argent...

Et qui intervient!?

Écrit par : MB | 07/04/2017

Je t'aime moi non plus mais cesse de jouer dans mon jardin d'enfance, déjà que tu m'as privé de pas mal de jouets dont j'avais furieusement besoin, notre prochaine cours de recréation, un commentateur du Blog la situe plutôt du côté de la Biélorussie, les mêmes jouets , des mômes qui se disputent pour les mêmes raisons que dans la cour d'à côté, bluffons à la Crimée comme à Wall Street.

Écrit par : briand | 07/04/2017

Si les pro-poutine utilisent des gaz en Ukraine, les mêmes gaz que ceux utilisés en Syrie, bien sûr que Trump risque bien d'envoyer des missiles sur les troupes fascistes colonisatrices et pas seulement des missiles, juste histoire de montrer aux agresseurs que leurs armes datent de l'époque Brejnev.

Écrit par : Vadim | 07/04/2017

"En employant le gaz sarin contre la population civile, Bachar al-Assad"
Bravo! Vous avez enquêté, vous savez tout, vous savez que les stocks de gaz sarin n'avaient pas toutes été détruites en 2013-2014, vous avez vu le stock d'armes chimiques du président syrien, vous avez vu les bombes chargées sur les avions, et vous avez pu observer ces mêmes avions lors du bombardement d'un dépôt d'armes tenu pas les terroristes. Vous savez tout et vous nous faites part de votre immense savoir. Vous êtes tellement intelligent que vous savez ce que le président syrien avait dans la tête, vous savez ce qu'il a voulu. Bravo!
Dites-nous maintenant combien vous êtes payé pour écrire cela et par qui? cia? Comme Udo Ulfkotte?
Dans tous les cas les néocons vous félicitent pour votre collaboration.

Écrit par : Charles | 08/04/2017

Charles, s'il signait de ses propres prénom et nom écrirait-il ce que nous lisons ci-dessus?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 09/04/2017

Pourquoi ? Vous auriez les moyens de lui faire perdre son emploi ? Qui tient le couteau par le manche ici, MB ? Burkhalter ne serait pas le caniche des Américains ?

Écrit par : Géo | 10/04/2017

Nous sommes invités à être courtois.

On a décidé d'insulter voire de blasphémer au nom de la liberté d'expression.
Pour quels résultats?

Je n'ai pas à juger de ce qu'écrit Charles mais puis ne pas apprécier son ton.
Et je ne cache pas ce que je pense à propos des pseudonymes.

Mais, hélas, l'auteur/e d'un blog qui exigerait sur son blog la signature du commentateur risquerait d'avoir à fermer boutique, manière de parler, dans les plus brefs délais.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 10/04/2017

Et après les pays .................Baltes!!!!! Mais puisqu'on vous dit que la Russie de putin, ne représente plus de danger pour l'Europe!

Écrit par : dominique degoumois | 11/04/2017

M. J.-N.Cuénod,
Vous dites:""Le nouveau président américain jugeait « obsolète » l’OTAN. Elle semble plus que jamais d’actualité."".
Trump est d une part un "bon" Show-Man face à H. Clinton et d autre part un commerçant "brillant". Il balance des phrases provocatrices et il attend la réaction et en fonction de celle-ci il est capable de marchander, aggraver ou alléger ce qu il venait de dire.

L Otan Obsolète? Pas tant que ça et Trump le sait bien (on que le Congress, la FBI/CIA et les Multi-Nationales lui soufflent cette info même dans les bronches). Tout le monde sait, inclus même l idiot du village que l Otan est le bras armé des USA comme l UE dirigée par des anciens otanesques à la retraite ou pro-otan vigoureux comme Barroso et J.-P. Junker obligé à démissionner de son poste du PM du Luxembourg vu le scandale d état luxembourgeois avec le GLADIO fabriqué pour espionner 17 000 luxembourgeois en collaboration avec le SREL (Service Renseignement du Luxembourg).

In fine, Trump veut que les autres membres de l Otan paient bien plus de participation qu avant afin qu il paie lui moins et que l Otan continue à être le bras armé des USA tout en sachant qu il a à faire avec des politiciens européens dupes, malhonnêtes et idiots. L Europe paiera plus grâce aux contribuables et ses dirigeants s en fichent, comme à l accoutumée tant qu eux, leurs copains et potes continuent à piocher dans le pot de confiture et à se faire offrir quelques 2-3 costumes à 13 000 euros, entre autres...La vraie difficulté avec l’OTAN, c’est que le renseignement américain y est prépondérant voire écrasant...

Écrit par : Charles 05 | 13/04/2017

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