23/12/2016

Que reste-t-il de Noël ?

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Que reste-t-il de Noël ? A première vue, peu de chose. Le père Noël des hypermarchés, de la pub Coca-cola ou de l’opticien Afflelou écrase de son gros cul de velours rouge le petit Jésus dans sa crèche. (Sublime tableau de Georges La Tour Le Nouveau Né peint vers 1648. Musée des Beaux-Arts à Rennes)

Né dans la pauvreté des réfugiés sans papier, ne trouvant asile qu’auprès des plus humbles et besogneux animaux de la ferme, Jésus ne peut pas rivaliser avec la grosse machine consommatrice, les sapins qui clignotent, les clients qui bavotent devant des vitrines débordant de richesses technologiques. Et ce n’est pas d’hier que le petit Jésus a été chassé par les marchands du Temple.

Noël, fête bâtarde. Jésus n’est pas né un 25 décembre, même le pape retraité Benoît XVI vous le confirmera. A propos de sa date de naissance, les historiens et théologiens se crêpent toujours le chignon – ou se râclent la calvitie. Il serait né plutôt au début de l’automne, d’après les plus récentes suppositions.

La fête de Noël a été forgée par l’habile pape Libère qui, vers 354, a décidé que la naissance de Jésus serait commémorée tous les 25 décembre afin de supplanter la fête de la Rome antique, le Sol Invictus, qui se déroulait à ce moment-là. Ces festivités, à l’instar de bien d’autres civilisations, célébraient le solstice d’hiver. Le retour de la lumière, quel meilleur symbole pour célébrer la venue au monde du Réparateur ? Donc, Noël a été créé par un sacré coup de marketing. Dans cette brèche, se sont engouffrées des générations de commerçants. Quant au sapin de Noël, chacun sait qu’il s’agit d’une tradition païenne d’origine germanique dûment détournée par les églises chrétiennes.

Pourtant, malgré les chants de Noël – de moins en moins français et de plus en plus américains – qui ensirotent nos oreilles sitôt franchies les portes des magasins, il reste des lambeaux de magie, comme des bouts de papiers d’emballage éparpillés sous le sapin.

Le retour de la lumière, la faiblesse confiante d’un petit, voilà qui réveille dans les cœurs un rêve caché, un retour à l’émerveillement qui change le monde. Sous cet angle de vision, Noël a développé un mythe d’une force telle qu’il a traversé les mers et les siècles. Ce mythe est celui du dieu qui s’est fait homme pour que l’homme se fasse dieu. Un dieu avec une minuscule, contrairement à ses rutilants concurrents Jupiter ou Zeus, un dieu trahi, méprisé, insulté, trahi, condamné, torturé, laissé seul face à sa mort et sombrant dans les ténèbres. Mais un dieu qui se relève, répare les crimes humains et revient à la vie, baigné dans la lumière.

Que reste-t-il de Noël ? Peu de chose. L’espérance.

Jean-Noël Cuénod

10:24 | Lien permanent | Commentaires (21) | Tags : noël, jésus, marketing, espérance | |  Facebook | | |

Commentaires

Si vous avez de jeunes enfants et que vous leur dites que figures de Saint Nicolas (que l'on fête encore beaucoup en suisse alémanique) celle de Chalande, du Père Noël et de la Sainte Famille, suivant la tradition locale, représentent l'amour et la bonté qui devrait toujours prévaloir dans la famille, qu'en plus de célébrer les fêtes qui leur sont consacrées vous essayez de les appliquer le reste de l'année, alors on peut dire qu'il reste l'essentiel de Noël.
Et pour cela il n'est même nécessaire d'être croyant, ni même chrétien, puisque toutes ces figures et toutes ces fêtes puisent leur origines dans des traditions multiples et parfois historiquement antérieures aux événements qu'on y rapporte généralement. Comme c'était le cas en Grèce et à Rome (pour prendre les exemples les plus proches), ce n'est pas le fait de croire en telle figure divine ou non (dans le cas des civilisations évoquées), qui est important, mais le fait d'accomplir l'action rituelle qui lui est attachée, car c'est elle qui assurait la pérennité de l'Etat (dans le cas de la Grèce et de Rome) et assure la solidité du lien familial dans la conception que j'évoque. Famille que vous pouvez remplacer par le cercle d'amis ou tout autre groupe de proximité dont le lien vaut d'être affirmé et honoré.
Il me semble que cette manière de voir rend inutile, stérile et même contre-productif les combats menés par ceux qui, étant trop attachées à la lettre et à une interprétation étroite des traditions, les combattent avec le désir de libérer les futures générations de l'oppression qu'ils ont pu générer, alors qu'ils ne font que les priver de repères dont la disparition laissera la place à d'autres, tant est grand le besoin notre besoin d'en avoir et de les célébrer rituellement.

Écrit par : Mère-Grand | 23/12/2016

Il en reste ce qu'il y a toujours eu: Une tradition occidentale qui offre l'occasion de se retrouver en famille et de prendre un peu de recule par rapport a une vie de combats quotidiens. Et c'est un athé qui vous le dit.

Maintenant chacun est libre d'en faire ce qu'il veut, vous n'êtes pas obligé d'aller dans des magasins bondés, ni de vous faire des aigreurs d'estomacs avec des jugements autoflagellatoires.

Écrit par : Eastwood | 23/12/2016

Les chants de Noël de nos enfances, veillées, sapins ou bûches d'après seconde guerre mondiale ("Plus jamais ça!") n'annonçaient en rien les pesticides et autres "particules fines" qui empoisonnent désormais terres, airs et eaux.

Ce qu'il reste de Noël... ce qu'il restera des humains demain.

Humains bibliquement placés dans un grand jardin dont ils avaient à prendre soin.

Humains jardiniers d'un paradis petit point au firmament sur la carte du ciel en fait, désormais, humains profanateurs des valeurs et des acquis sociaux pour le plus grand profit des uns au détriment et désespoir des autres.

A part ruine et désolation si nous continuons à ne rien faire en attendant que les autres se réveillent et se bougent que restera-t-il des humains... demain?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 23/12/2016

François de Sales disait encore que le soleil était lié à Jésus-Christ, les anciens croyaient que les âmes étaient liées aux astres et le Christ au soleil, il ne s'agit pas seulement d'habileté.

Écrit par : Rémi Mogenet | 23/12/2016

Que reste-t-il de Noël? Invisible mais toujours présent....

Joyeuses fêtes à tous même si des gamins sont en rade à cause de la bêtise humaine. Il est vrai que le père Noël n'est pas responsable du foutoir des croyances royales.

Écrit par : Pierre NOËL | 23/12/2016

Tout à fait d'accord avec vous

Écrit par : LilianeNanzer | 24/12/2016

@M. J.-N. Cuénod,
Vous dites :Que reste-t-il de Noël, peu de chose, l Espérance.

Espérance, oui! J espère que vous accepteriez la publication de cet excellent lien-vidéo sur Noël au Liban aussi : Une chorale musulmane qui chante Noël dans une église

http://claudeelkhal.blogspot.ch/2016/12/le-liban-cest-ca-aussi-une-chorale.html

Bien à Vous.
Bonnes Fêtes de Noël à ceux qui les célèbrent.

Écrit par : Charles 05 | 24/12/2016

@M. J.-N. Cuénod,
Vous dites :Que reste-t-il de Noël, peu de chose, l Espérance.

Espérance, oui! J espère que vous accepteriez la publication de cet excellent lien-vidéo sur Noël au Liban aussi : Une chorale musulmane qui chante Noël dans une église

http://claudeelkhal.blogspot.ch/2016/12/le-liban-cest-ca-aussi-une-chorale.html

Bien à Vous.
Bonnes Fêtes de Noël à ceux qui les célèbrent.

Écrit par : Charles 05 | 24/12/2016

"Tous unis dans un même élan"; une affiche en milieu protestant.

De loin une sorte de Christ cosmique... en s'approchant un Christ cosmique constitué de centaines et de centaines de personnes de toutes origines.

Sœur Emmanuelle affrontant misères et souffrances disait toujours qu'"il faut faire quelque chose"

(non se contenter de blablater ou juste... "commenter"!)

A propos de Père Noël l'un me dit qu'il ne me reverrait qu'une fois mes ongles plus rongés.

Plus de vingt ans plus tard... un médecin qui déclencha en moi ce que Freud choisit d'appeler psychanalyse, quelques temps auparavant, de son bureau, en face de moi, regarda extrêmement attentivement mes ongles (sans être au courant de ce problème des ongles) ongles désormais impeccables... me regarda, sourit et passa gentiment son bras autour de mes épaules en me raccompagnant, depuis, Pierre NOEL, je ne suis plus sûre que le Père Noël n'existe pas...! juste que le "vrai" pas le commercial Père Noël voyage incognito sans s'annoncer jamais.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 24/12/2016

Je précise, sur le Père Noël, ce médecin, mon commentaire, je n'ai pas vécu que c'est ce médecin qui correspondrait à ce que nous appelons le Père Noël mais soudain comme quelque chose "habitant" ce médecin... comme le Père Noël de mon enfance, de l'Innovation, qui me parla de mes ongles comme "habité" soudain (un peu plus tard en y repensant je me demandai si ce Père Noël de l'Innovation, Lausanne, après-guerre) vu l'ensemble de ses propos y compris religieux n'était pas un futur théologien ou théologien.


Utile pour les parents d'enfants qui se rongent les ongles, une pédiure soignée, parfois, vernis pour les ongles ont éliminé le signe visible du rongement des ongles... en aval.
Restait, par la psychanalyse, à remonter en amont trouver le pourquoi du rongement des ongles soit un sentiment d'angoisse

(non pour parler de moi mais parce qu'utile).

Écrit par : Myriam Belakovsky | 24/12/2016

Non pédicure mais manucure (mais cette faute en fait est significative, pédicure, une personne du passé, manucure une autre: concernant l'une d'elle, traumatisme à revivre et revécu!


On se moque fort des évangiles mais les sept démons qui sortent de Marie-Madeleine, cette sortie, par la psychanalyse, s'appelle abréaction soit revécu d'un traumatisme

de même que les prophètes qui voyaient des signes dans le ciel n'étaient pas en mesure de parler alors d'avions à réaction.
Joyeux Noël!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 24/12/2016

Le paperon blanc a demandé d'avoir une pensée ou je ne sais quoi pour les gamins, venant du vatican méfions nous, ils n'en sont plus à un mensonge près, comme les autres d'ailleurs.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/rhone-alpes/lyon-metropole/grand-lyon/lyon/pedophilie-cardinal-barbarin-reconnait-son-reveil-tardif-1161451.html

J'ai une autre pensée pour cet avion Russe, les chœurs de l'armée rouge et les familles concernées.

https://youtu.be/rffVOKmt8Lk?list=PL4C64956C7045CB9B

Écrit par : Pierre NOËL | 26/12/2016

Mille excuses, j'avais oublié ce lien

https://youtu.be/QBQYvzK9YsI?list=PL4C64956C7045CB9B

Écrit par : Pierre NOËL | 26/12/2016

Ce Nouveau Né, de Georges La Tour est sublime, certes, cependant mère et parente, sans doute, ou femme du voisinage accourue donnent l'impression d'un léger flottement ou attente ou un quelque chose...

Pampers... interviendra.

Alléluia.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 26/12/2016

"Que reste-t-il de Noël ?"

Vous avez perdu la foi Jean-Noël Cuénod?

Il restera toujours les yeux brillants de joie et de bonheur des enfants devant le sapin, ses lumières et ses cadeaux!

Que vous arrive-t-il ces derniers temps?

Écrit par : Patoucha | 26/12/2016

Salut Myriam

Vous vous trompez de blog

http://clairemarie.blog.24heures.ch/

Bises.....

Écrit par : Pierre NOËL | 26/12/2016

Pierre Noël qui dit ""Le paperon blanc a demandé d'avoir une pensée ou je ne sais quoi pour les gamins, venant du vatican méfions nous, ils n'en sont plus à un mensonge près, comme les autres d'ailleurs.""

C est qui "comme les autres", soyez explicite pendant ces jours de Noël qui est de surcroît votre nom de famille en pseudo!

Vous ne rêvez que de cracher du vert gluant sur la caravane de 1.6 milliards de chrétiens avec votre arrogant ir-respect pour le Pape que vous venez de faire même le jour de Noël. Sa Sainteté Le Pape, אפיפיור que vous traitez et sans vergogne, par le "paperon blanc" et que vous avez donné son prénom de François à votre chat ( comme c est ridicule de votre part) d après vos dires dans vos "fins et excellents" ( blague à part!) textes sur ces blog. Pour être fanatiques, vos écrits en sont comme Voltaire a dit l y a 250 ans en parlant des fanatiques religieux comme des terroristes avec un cerveau gangrené et irrécupérable.

Sans autre.
Charles 05.

Écrit par : Charles 05 | 26/12/2016

Pierre NOEL,

Je me trompe de ceci ou de cela
mais je ne suis pas d'accord avec l'appellation de mythe concernant l'histoire de Jésus.
Soit il n'a pas vécu soit si.

Aux travaux et recherches, si.

Il faut connaître les évangiles pour savoir en quoi ils répondent à nos attentes ou problèmes actuels, non parler mythe.

Contempler une œuvre d'art ou composer un récitatif pour UN ORATORIO DE NOEL en plaisantant sur les Pampers... ne change rien à notre société qu'à mon niveau, je ressens immonde.

Je crois que le christianisme doit avancer en tournant une page non par échec, de très bonnes choses ont été réalisées, il ne faut pas tout noircir
mais le présent, "présent" qui ne l'est pas, le néolibéralisme appelle à une mobilisation générale pour lutter contre la perte des valeurs et acquis sociétaux et humains.

Bien à vous tous.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 27/12/2016

Myriam,

Il est évident que le christianisme n'a pas eu que des effets négatifs, même au travers de seigneurs ou notables honnêtes et sincères.

Au delà du concept, c'est le mensonge et les manipulations dans un système patriarcal ou le célibat démontre le degré de haine au nom du plus haut, au dessus du roi s'il le faut afin de garder main-mise sur l'inconscient humain, siège des pensées et des actions.

Ce que vous évoquez sert à l'organisation social maîtrisée par quelques uns pour enrichir la dynastie ou le despote c'est selon.

Sans ces croyances, pas de soldats pour mourir, pas d'esclaves pour travailler gratuitement, peu d'enrichissement bref, le système royal s'effondre de lui-même.

C'est très résumé j'en conviens. Quant au paradis et à l'enfer, c'est la carotte et le bâton. Le tribunal des flagrants délires ou bordel cosmique pour les croyants islamiques, c'est kif kif.

A bientôt, bonne fin d'année......

Écrit par : Pierre NOËL | 27/12/2016

Société immonde: la No 1029 de Marianne à propos de la souffrance animale, plus particulièrement, la tuerie des animaux de boucherie présente un tout petit cochonnet dans les bras de son bon maître avec une toute petite patte confiante sur la manche de l'homme...

Souffrances effarantes des animaux de boucherie de par la cadence forcenée des tueries à la chaîne aux locaux selon lesquels hermétiquement clos afin que nul ne puisse savoir ce qui se passe

abattage rituels "religieux"!

vivisection

Nous ne pourrons jamais dire que nous ne savions pas.

En terminant ces lignes une pensée aux camps de concentration des nazis avec formations musicales afin d'assourdir les cris des suppliciés.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 27/12/2016

Que reste-t-il de Noël?

Vos deux prénoms, Monsieur Cuénod: le premier annonçant le second!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 28/12/2016

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