28/11/2016

Contre Fillon, Marine Le Pen en Jeanne d’Arc prolo

« C'est le pire programme de casse sociale qui ait jamais existé ! » Marine Le Pen donne le ton d’emblée lundi matin au micro d’Europe1. Elle sera la Jeanne d’Arc des prolétaires français contre François Fillon. La gauche, elle, contemple ses nombreux nombrils en éruption.

Le succès de François Fillon à la primaire de la droite est d’une telle ampleur qu’il est devenu, dans son camp, le seul dispensateur des gamelles. Dès lors, ceux qui le trouvaient trop libéral, trop catho, trop conservateur feront désormais bloc derrière lui. Pour mener sa politique, il aura un vaste appareil à sa main et pléthore de courtisans à sa botte.

Et quelle politique ! Car Marine Le Pen touche juste, hélas, lorsqu’elle dénonce une « casse sociale » sans précédent.

Au fil de la Ve République, la droite de gouvernement a toujours fait attention de tempérer un tant soit peu sa politique en faveur des classes possédantes et conservatrices qui l’avaient élue au pouvoir. De Gaulle avait signé en 1967, « la participation des salariés aux fruits de l'expansion des entreprises ». Giscard s’est lancé dans des réformes sociétales qui auraient pu être le fait d’un gouvernement de gauche, telle la loi sur l’avortement. Jacques Chirac a été élu en promettant de réduire la « fracture sociale ». Promesse non tenue, certes, mais l’avoir énoncée traduisait au moins un certain souci de ne pas s’adresser qu’aux nantis. Même Sarkozy n’avait pas osé toucher aux 35 Heures, malgré ses tartarinades ultracapitalistes.

François Fillon, lui, jette les derniers masques effilochés du gaullisme social. Son mentor Philippe Seguin doit se retourner dans sa tombe. En lisant son programme (une légère recherche Google suffit à le trouver ), on y apprend que Fillon avantage systématiquement les ménages aisés[1], supprime l’Impôt sur la fortune[2], augmente la TVA (taux normal) de 20 à 22% afin de compenser la baisse des charges patronales. Or, la TVA est un impôt particulièrement injuste socialement puisque chacun l’assume au même taux.

Mais il y a encore plus pernicieux. Outre la suppression des 35 Heures, Fillon lancera un assaut quasi-thatchérien contre les organisations de salariés en supprimant le monopole syndical au premier tour des élections professionnelles, ce qui aura pour effet de favoriser les candidatures individuelles qui, ainsi, n’auront plus besoin de l’affiliation à un syndicat. Fillon veut donc rendre encore plus faibles les syndicats français qui sont déjà mauvais état. Or, on sait la difficulté que connaît la France à organiser un véritable dialogue social, faute, justement, de syndicats vitaminés. Fillon ne veut avoir en face de lui qu’une organisation, sans tiers inopportun, soit le MEDEF (pour les non-Français, l’organisation patronale) afin de mener une sympathique collaboration entre lui et ceux qui l’auront fait élire.

Devant ce programme d’une agressivité antisociale inouïe, les syndicats semblent anesthésiés. Or, c’est pourtant leur existence qui est en jeu. Quant à la gauche, elle ne parvient pas à sortir la tête de son tout-à-l’égo et son électroencéphalogramme a la platitude des mornes plaines. Face à une offensive antisociale de grande envergure, vers qui les classes populaires vont-elles se tourner à la présidentielle 2017 ? Poser la question, c’est y répondre. Si les partis de gauche continuent leur marche vers le suicide collectif, ils seront éliminés dès le premier tour. Et lors d’un second tour entre François Fillon et Marine Le Pen, il est fort possible que la patronne du Front national reçoive moult suffrages provenant des électeurs de gauche révulsés par le programme Fillon. On aura beau dire que la touche populaire du discours frontiste n’est que de la frime propagandiste, que dans le sud de la France le Front sauce Marion Maréchal-Le Pen développe une politique ultralibérale, ce discours ne passera pas, tant sont fortes les menaces que font peser les propositions Fillon sur les équilibres sociaux.

Jean-Noël Cuénod

 

[1] Relèvement du plafond de l'avantage fiscal tiré du quotient familial, de 1510 euros à… 3.000, soit un cadeau fiscal aux familles nanties de 10 milliards d'euros.

[2] Signalons en passant que même la Suisse connaît un impôt sur la fortune.

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26/11/2016

Fidel Castro, notre miroir aux alouettes

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Elle avait une sale gueule, la Révolution au début des années 1960. Celle des chars soviétiques qui avaient écrasé la Hongrie. Celle des généraux couperosés de l’Armée Rouge qui paradaient au Kremlin. Une Révolution venue du froid et y retournant illico. Soudain, sous les palmiers, une autre Révolution se levait, chaude comme un mambo.

Pour les ados qui souffraient d’acné politique, Fidel Castro et sa barbe buissonnante faisaient un sacré pied-de-nez à une autre sale gueule, celle de l’Oncle Sam, sa suffisance friquée, son libéralisme à géométrie variable, ses violences racistes et son anticommunisme qui prenait les allures liberticides du maccarthysme. Le romantisme révolutionnaire façon latino était né dans un air de guitare, léger comme la robe d’une danseuse cubaine.

Le socialisme allait croître sous les tropiques bien mieux que sous les frimas moscovites. C’était bien parti. Quel succès que celui des jeunes « barbudos » ! Battre l’armée du dictateur Batista largement subventionnée par la puissance américaine et soutenue par les mafias yankies qui avaient transformé Cuba en tripots et vide-couilles de l’Amérique du Nord, bigre, cela tenait du miracle ! D’autant plus qu’au tout début de la Révolution cubaine, l’Union soviétique regardait les révolutionnaires avec méfiance et ne leur apportait aucune aide. Dans les années 1950, Fidel Castro et son mouvement M26 (Movimiento del 26 de Julio) étaient entrés en conflit politique avec le Parti Communiste cubain. Le M26 prônait la lutte armée, alors que le PC s’y opposait afin de ne pas troubler les plans de Moscou qui avait amorcé le « dégel » avec Washington.

S’ouvrait donc l’espoir d’une troisième voie, entre le bolchévisme dans sa phase sénile et le capitalisme dans sa forme militaire (la guerre du Viet-Nam s’approchait). Une voie authentiquement révolutionnaire, joyeuse, créatrice, débarrassée des pesanteurs bureaucratiques. Fidel Castro, c’était notre miroir aux alouettes. Un chouette miroir pour alouettes juvéniles.

Miroir bien vite brisé. Parmi les premières cibles des castristes, une fois parvenus au pouvoir, figuraient les anarchistes. Le mouvement libertaire cubain a tenu un rôle important dans la défense des travailleurs, notamment par le truchement de l’anarchosyndicalisme. Ses militants ont été promptement embastillés par Castro. C’est un signe qui ne trompe pas. Lorsque les communistes autoritaires prennent les commandes, ils persécutent d’emblée les anars.

Dangereux, les anars. Ils donnent à la base des idées de liberté qui font vaciller le sommet. A goulaguiser tout de suite. Bien plus dangereux que les capitalistes. Trotski a fait massacrer les anarchistes à Kronstadt en 1921. Ils voulaient que les Soviets (conseils ouvriers) aient vraiment le pouvoir. Provocation ! « Les Soviets c’est nous, puisque nous sommes du bon côté du fusil » leur ont répliqué les bolchos. Plus tard, les anarchosyndicalistes espagnols, alors majoritaires dans le mouvement ouvrier, ont été pris entre les feux des staliniens et ceux des franquistes. Fidel Castro s’est aussitôt inscrit dans la longue liste des oppresseurs antilibertaires.

En outre, la lamentable équipée américaine de la Baie des Cochons[1] et l’embargo décrété par la Maison-Blanche ont jeté définitivement Castro dans les bras de Khrouchtchev. Cuba est devenu un satellite de plus dans la galaxie moscovite. En août 1968, Fidel Castro a applaudi bruyamment l’invasion soviétique en Tchécoslovaquie, recevant pour prix de sa servilité une aide de Moscou encore plus massive.

Castro vient aujourd’hui de casser sa pipe, ou plutôt son havane, laissant les Cubains partagés entre l’admiration pour celui qui a nargué la première puissance mondiale, apporté l’alphabétisation, développé la santé publique et la haine contre le tyran qui a torturé, tué, emprisonné.

Aujourd’hui, les vieilles alouettes contemplent leur jeunesse dans les éclats éparpillés du miroir brisé.

Jean-Noël Cuénod

 

[1] En avril 1961, avec l’appui des mafias américaines, soucieuses de remettre la main sur leurs casinos et leurs bordels, la CIA a organisé le débarquement de combattants anticastristes sur la côte Sud de Cuba. Les assaillants spéculaient sur un soulèvement populaire qui n’est pas venu. L’aventure s’est terminée par une défaite humiliante des anticastristes et de la centrale américaine d’espionnage.

 

 

 

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25/11/2016

QUI A ETEINT LE FEU?

Aujourd'hui avant ce samedimanche, on change de registre, on change de pied, on change d'octave. Pour changer, dare-dare, d'air et d'ère.

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Qui a éteint le feu ?

 

Cette nuit ses cendres

Donnaient signes de vie

Un souffle aurait suffi

Pour tout réanimer

L’encens de l’épicéa

Résonnait dans le val

On y célébrait même

Des messes murmurantes

Affaires d’habitude

Le cœur n’y était plus

Qu’importe il y avait

Encore ce foyer

Petit soleil nocturne

Vers qui nous tendions

Nos paumes satellites

 

Qui a éteint le feu ?

 

Il n’est plus qu’un squelette

Aux os noirs et humides

Une tache de mort

Sur le ventre du pré

Quelques mains malhabiles

Ont vainement usé

Des boîtes d’allumettes

Jetées sur le sol dur

Le froid s’étend sur nous

Pour défoncer nos corps

Des fantômes de chair

Font des processions

A quel saint se vouer ?

Il n’y a que des hommes

A la moelle gelée

 

Qui a éteint le feu ?

Jean-Noël Cuénod

 

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23/11/2016

Fillon et Juppé, un vrai désert… rural !

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Connaissez-vous Champeaux-la-Chapelle-Pommier ? Non ? Vous avez tort. Avec ses deux Eglises romanes et son Château des Bernardières, cette commune vaut le détour. Elle présente aussi un autre aspect, plus troublant.

Avec ses 148 habitants, elle se situe au centre du Périgord Vert, au Nord du Département de la Dordogne, dans le canton de Brantôme. On y cultive son verger. On y chasse la palombe. On y traque les sangliers qui vous massacrent les cultures, ces sagouins de cochons ! Ses bois touffus de châtaigniers, de chênes, de pins, ses sentiers où les noisetiers égrènent leurs chapelets, ses prés d’un vert tellement lumineux qu’il font pâlir le soleil, cachent un désert qui n’est pas fait de sable mais de vide républicain.

Tranquilles, les Champenois ? Tranquilles car on n’est pas des furieux dans le coin. Tranquilles mais la colère rentrée comme un sanglot qu’on étouffe. Toutefois, elle commence à sortir, cette colère, et à prendre le chemin des urnes. Au premier tour des élections régionales de 2010, la liste du Front national parvenait tout juste à dépasser la barre des 5% à Champeaux-La-Chapelle-Pommier. Lors de la même élection en 2015, le candidat frontiste y est arrivé largement en tête avec 46,27% des voix. Une progression supérieure à 40% en cinq ans !

Or, l’extrême-droite n’a pas de racine sur cette terre périgordine dont les habitants ont été façonnés par le radicalisme anticlérical, le communisme rural et le gaullisme social. Le Parti socialiste avait progressivement capté le vote communiste en déclin. Pendant des années, le Front national ne mordait pas sur cet électorat profondément républicain.

« On cherche médecins, désespérément ! »

Les choses ont commencé à changer à la fin de la première décennie 2000. Pourquoi ? Celui qui ne désigne qu’une cause est certain de se tromper. Mais lorsqu’on partage un pineau avec les habitants du lieu, un motif de plainte revient souvent sur la toile cirée : « Ici, c’est le désert. Il n’y a plus rien. Tenez, à Mareuil (un bourg de plus de 1000 habitants) – ils en sont réduits à planter une banderole pour chercher un médecin ! » (Voir la photo).

 Il y a une trentaine d’années, j’allais le dimanche chercher ma tarte chez le boulanger de Champeaux. Tout le village embaumait le gâteau juste sorti du four. Quant à la poste, elle était à côté, à Rudeau. Puis, la poste a fermé. Et le boulanger s’en est allé à Nontron, la sous-préfecture. Les gendarmes ? On pouvait se rendre à leur poste de Mareuil, il y a encore quelques années. Aujourd’hui, la caserne est bouclée. Ailleurs, des classes ferment et des écoles menacent de disparaître. La justice ? Naguère, Nontron disposait de son Tribunal d’Instance. C’était pratique pour trancher les différends entre propriétaires forestiers ou régler les nombreuses embrouilles de voisinages. Et puis, ça faisait vivre les commerces et les bistrots. Depuis la réforme Dati, le Tribunal est rayé de la carte judiciaire et la salle d’audience n’accueille plus que des concerts. Les dossiers des justiciables de la région s’empilent au Palais de Justice de Périgueux, déjà fort embouteillé.

L’essence du problème

La moindre démarche administrative provoque la perte d’une journée pour accomplir les 40 ou 50 kilomètres qui séparent ces villages de Périgueux, le chef-lieu du Département. Et comme il manque TOUJOURS une pièce ou un document, c’est une journée supplémentaire qui sera fichue. Bonjour la facture de carburant !

Internet ? N’en bénéficient que ceux dont la ligne est « éligible » par un opérateur. Les autres – la majorité – sont bons pour ramer au lieu de surfer.

Bref, le désert rural s’est désormais installé dans le Périgord Vert qui n’est d’ailleurs pas forcément le plus mal loti de la province. Car ce phénomène se vérifie un peu partout dans ces immenses espaces qui s’étendent entre les métropoles régionales surpeuplées. Que disent les candidats à l’élection présidentielle ? Sous Sarkozy, le désert rural n’a cessé de s’accroître. Mais la gauche avec Hollande n’a pas fait mieux. Quant aux deux candidats de la droite, Alain Juppé et François Fillon, on ne peut pas dire qu’ils prêchent dans le désert rural ! Il faut fouiller dans leurs programmes pour trouver bien peu de biscuits. Aucun d’entre eux n’a prévu un chapitre entier sur la ruralité.

Fillon et Juppé peut diserts sur le désert

Chez Fillon, des mesurettes figurent sous la rubrique « collectivités locales », mais qui recouvre aussi les grandes villes. La moins anodine de ses propositions : « Donner aux communes une véritable autonomie fiscale, c’est-à-dire des ressources fiscales propres dont elles puissent faire varier les taux. » Une méthode à l’Helvétique mais qui est formulée en termes tellement vagues qu’elle a la consistance d’une motte de beurre oubliée au soleil.

Chez Juppé, c’est pire. En rubrique « numérique », on déniche une vague promesse d’améliorer la couverture du haut débit sur tout le territoire.

Il ne fait aucun doute que Marine Le Pen, elle, va s’engouffrer dans la brèche laissée béante par les autres dirigeants pour s’adresser à ces ruraux qui sont sortis des radars politiciens.

Au-delà des ennuis quotidiens qu’il suscite, le désert rural sape aussi, peut-être surtout, le moral. L’impression d’être abandonné, délaissé, ignoré, méprisé prend le dessus. Quand on parle des banlieues, les médias évoquent « ces territoires perdus de la République ». Il est d’autres « territoires perdus de la République ». Leurs habitants ne brûlent pas de voitures. Mais ils votent Front national. On peut les désapprouver. Mais on doit les comprendre.

Jean-Noël Cuénod

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21/11/2016

Le bedeau Fillon et ses cathos-trotskistes

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Le triomphe de François Fillon au premier tour de la primaire de droite marque la revanche du mouvement anti-mariage gay. Ce digne représentant de la France des diocèses a misé, mieux que ses adversaires, sur les réseaux du catholicisme qui restent d’importants pourvoyeurs de voix, outre-Jura. Il a reçu l’actif soutien du mouvement Sens Commun, ces cathos-trotskistes qui ont pratiqué l’entrisme au sein du Parti dit « Les Républicains » (LR).

Réaliste, l’ancien premier collaborateur de Sarkozy sait qu’il ne peut pas abolir la loi sur le mariage homosexuel, même si ce n’est pas l’envie qui lui manque. Mais de tous les candidats de la droite – l’extrême-droite comprise, à part le caricatural Poisson –, c’est lui a développé le plus nettement la rhétorique anti-gay. A maintes reprises durant sa campagne, il a promis d’interdire l'adoption plénière aux couples homosexuels.

Parmi les réseaux les plus efficaces, Fillon a pu compter dès septembre sur le soutien du mouvement Sens Commun. Fondé en décembre 2013, il est composé de jeunes gens bien coiffés, bien nés, bien élevés, bien baptisés, bien organisés, bien formés intellectuellement et portant parfois des noms de trombones à coulisse. Une grande partie d’entre eux sont issus des manifs contre le mariage homosexuel. Leur ancien président, Sébastien Pilard, et leur porte-parole, Madeleine Bazin de Jessey — furent les figures les plus en vue des Veilleurs, ces jeunes cathos intégristes qui priaient devant le ministère de la Justice pour qu’une intervention divine vienne interrompre le cours satanique de la Loi Taubira.

Afin de donner un contenu plus terrestre à leur action, ces Taubirophobes ont créé Sens Commun qui ne compterait, selon son site, que 9000 adhérents. Mais au nombre, ils préfèrent la cohérence idéologique. Se développer dans le seul but de grossir le volume des cartes d’adhérents n’a guère de sens pour…Sens Commun. Il s’agit surtout d’assurer à ses partisans une forte ossature politique pour qu’ils soient à même d’investir les postes à responsabilité au sein du parti LR.

Le site de Sens Commun est, à cet égard, fort explicite. Il revendique « 22 élus départementaux et régionaux et plus de 250 élus municipaux ainsi que de très nombreuses personnes œuvrant au sein des Républicains, tant au Conseil National que dans les Comités de circonscription ou encore au sein des délégations de fédération sur l’ensemble du territoire. » Le nouveau président de Sens Commun, Christophe Billan, est d’ailleurs membre du Secrétariat national du parti LR.

Les trotskistes français avaient appliqué la même tactique à l’endroit du Parti socialiste durant les années 1980. L’actuel premier secrétaire du PS, Cambadélis, en est un exemple ainsi que Lionel Jospin et Julien Dray entre autres.

Il est probable que Sens Commun parviendra encore à gravir les échelons du parti de la droite de gouvernement. Il a déjà trouvé son cheval de Troie, en la personne de l’ex-premier ministre : « Nous saluons avec joie la qualification de François Fillon au second tour de la primaire, illustration de sa droiture, cohérence et dignité » a proclamé ce mouvement dans un communiqué.

En abandonnant Sarkozy pour soutenir Fillon, Sens Commun a, semble-t-il, misé sur le bon cheval.

Jean-Noël Cuénod

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18/11/2016

L’Après-Trump (1). La force invincible du mensonge

escamoteur2.jpgL'escamoteur de Jérôme Bosch

Devant le mensonge, la vérité fait nain de jardin. Les faits sont moins têtus que les fantasmes et les contes à voter couché. En matière de bobards, la campagne de Trump a fait fort. Mais elle n’est qu’un épisode dans la longue histoire des impostures politiques.

Durant les derniers jours de la campagne présidentielle américaine, les internautes ont partagé sur les réseaux sociaux plus de fausses informations que de faits relatés par des journalistes professionnels, selon le site Buzzfeed.

Le Washington Post daté de jeudi publie l’interview de Paul Horner, créateur de faux sites d’information. Que dit-il? Que ses sites plus vrais que nature furent tout le temps consultés par des partisans de Donald Trump. Et Paul Horner de constater :« Ils ne vérifient rien, ils partagent tout et croient en n’importe quoi (…) ». Il se reproche aujourd’hui d’avoir contribué à faire élire Trump avec le beuze qu’il a ainsi créé à coups de fausses nouvelles.

Là, Horner se vante. Les causes de ce séisme électoral sont bien plus profondes et trahissent, en premier lieu, ce fossé que nous voyons partout se creuser entre la partie du peuple qui bénéficie de la mondialisation et celle qui la subit. Toutefois, lorsqu’une élection se joue, comme celle-ci, à peu de voix, on ne saurait négliger le rôle des menteurs comme prescripteurs de suffrages.

« Le coup de poignard dans le dos »

Si les réseaux sociaux et internet ont amplifié le mensonge comme argument massue, ils ne l’ont certes pas inventé. Tous les pouvoirs à toutes les époques ont recouru peu ou prou à l’imposture. Ainsi, à la fin de la Première guerre mondiale, la caste militaire prussienne a-t-elle fait porter le poids de la défaite allemande sur les frêles épaules des responsables politiques civils et démocrates. Tout auréolés de leur gloire militaire astiquée par des décennies de lavage de cerveau, les généraux allemands ont dénoncé « le coup de poignard dans le dos » asséné par les démocrates. Puis, assez rapidement, ce rôle de poignardeur a été attribué aux Juifs. On sait l’usage que les nazis ont fait de ce mensonge érigé en vérité suprême.

Triste fait vrai

Pourquoi le mensonge est-il plus séduisant que la vérité ? Le fait véridique, authentifié, contrôlé n’a que peu de saveur. Il n’est jamais blanc ou noir. Ses teintes grisâtres n’attirent personne. Surtout, le fait vrai est décevant : « Alors, ce n’était que ça ? » Il dégonfle les baudruches. Oui, mais voilà, on adore les baudruches. Elles sont colorées et bien rondes, volent de ci de là. Et nous font rêver. Même le cauchemar est préférable. Le cauchemar, c’est un rêve qui a mal tourné. Mais c’est quand même du rêve. Alors que le fait vrai, lui, il ne fait rêver personne. Et puis, il est compliqué, le fait vrai. La vérité n’est jamais simple, carrée. Elle est sinueuse. Tellement sinueuse qu’on ne la voit plus, perdue qu’elle est dans les brumes de notre incompréhension. Alors que le mensonge a le bon goût d’abonder dans notre sens, le fait vrai, lui, nous détrompe (déTrump ?) et nous contredit. Il est de mauvais poil. Pas aimable pour deux cents.

Trump, l’homme du nouveau système

Avec Trump, on ne s’embarrasse pas de cette vérité aussi sexy qu’un aréopage de juristes à lunettes. « Il a gagné parce qu’il était contre le Système », annone-t-on ici ou là. S’il a gagné, c’est que justement, il est entièrement plongé dans le système. Dans le nouveau système. Il ne faut pas oublier que depuis 1996, Donald Trump s’est illustré dans les shows télévisés en redonnant, notamment, des couleurs au concours Miss Univers. Mais c’est avec The Apprentice, émission de télé-réalité, qu’il a donné la pleine mesure de son talent de bonimenteur (voir la vidéo, ci-dessous).

Trump est vraiment l’homme du système qui désormais nous domine : l’infospectacle (infotainment). La politique a démontré son incapacité à maîtriser la violence de la mondialisation sauvage. Autant se réfugier dans les paillettes et trumper son ennui avec un clown, ça passe le temps avant de se fracasser contre le mur.

Jean-Noël Cuénod

ESPACE VIDEO

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16/11/2016

Trump et son piège chinois

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Après l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, une seule certitude : on ne va pas s’ennuyer durant son mandat. Espérons que nous serons à même d’en voir la fin. D’emblée, le président élu nous a fait un numéro de rétropédalage digne d’un Lance Armstrong d’avant les contrôles antidopages.

Le mur gigantesque à la frontière mexicaine et payé par les Mexicains eux-mêmes ? Euh, ben en fin de compte, ce seront des barbelés financés par les Américains. L’assurance-maladie d’Obama écrabouillée ? Non, non on va juste l’amender un brin. Le racisme ? C’est mal. La xénophobie ? C’est pas bien. Le machisme ? Oh, ça dépend, voyez-vous. Si c’est le mariage gay, alors OK. Mais niet pour l’avortement. Les « rednecks » avaient cru élire un mec aux burnes texanes et le voilà qui nous la joue Normand en escarpins. Il y a tromperie sur la marchandise !

Mais question fric, c’est toujours la bouteille à l’encre. Les Etats-Unis qui exigent la transparence la plus totale pour les autres pays ­– la Suisse a payé fort cher pour le savoir – ont un président dont la fortune est masquée par un épais brouillard. Il faut dire qu’il se vante d’être assez génial pour contourner son propre fisc. Cahuzac a trouvé son maître.

Et cet écran de fumée ne sera pas dissipé de si tôt. En effet, pour le temps de sa présidence, Donald Trump a confié son empire de promotion immobilière à ses enfants. C’est la première fois qu’un président américain restera lié à ses affaires durant son mandat. Ronald Reagan, les Bush et Bill Clinton avaient cédé leurs actifs à un tiers indépendant afin d’éviter de confondre leurs intérêts avec ceux de l’Etat qu’ils présidaient. Avec Trump, c’est  un véritable gisement de conflits d’intérêts qui va s’ouvrir. Situation cocasse : le nouveau président possède un hôtel situé sur un terrain appartenant à l’Etat. Il sera donc locataire et propriétaire du même immeuble.

D’autres conflits d’intérêt plus sérieux pointent à l’horizon, notamment avec des établissements russes et saoudiens. Sans oublier la Deutsche Bank. Elle est actuellement poursuivie par la justice américaine qui la menace d’une amende de 14 milliards de dollars. Mais elle est aussi la principale créancière de l’empire Trump. Cela dit, un piège encore plus dangereux guette le président américain en Chine.

Le New York Times révèle le montant astronomique des dettes accumulées par les sociétés du clan Trump : au moins 650 millions de dollars. Parmi les principaux créanciers figurent la Bank of China. Un mastodonte que le magazine Forbes présentait en 2015 comme la quatrième entreprise mondiale. Quel est l’actionnaire largement majoritaire (plus de 69% du capital-actions) de cet établissement ? La Central Huijin Investment. A qui appartient cette dernière ? Au gouvernement chinois. Donc, le gouvernement chinois est le créancier du président des Etats-Unis. Bingo !

Or, durant la campagne électorale, Donald Trump voulait mener la guerre économique à la Chine en la menaçant d’une hausse massive des droits de douane. On peut désormais imaginer ce dialogue entre l’un des fils du président et son père :

– Dis donc p’pa, j’ai reçu un coup de fil de la Bank of China. Là-bas, ils n’ont pas l’air trop contents avec tes droits de douane. Ils me rappellent discrètement qu’on a une petite ardoise chez eux. Je fais quoi?

– Bouge pas, fils, je vais causer avec l’ambassadeur chinois. On va oublier cette malheureuse histoire de taxes.

– Mais tes électeurs, ils vont pas trop gueuler?

– Et puis quoi encore ? Y en qu’un qui a le droit de gueuler ici ! Non mais !

– Ouais, t’as raison. Et pour ton anniversaire, je vais t’offrir un rétrovélo électrique !

 Jean-Noël Cuénod

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10/11/2016

Trump met l’Europe au pied du mur…de la caserne

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Respecter l’élection de Donald Trump est la moindre des choses. Cela dit, tout vote peut être blâmé, désapprouvé, encensé ou glorifié. Cela s’appelle la liberté d’opinion, n’en déplaise aux tenants de la nouvelle pensée unique qui veulent empêcher toute discussion, tout débat pour s’aligner – garde à vous, fixe ! ­– sur l’unique avis de la majorité.

Une majorité d’ailleurs relative, puisqu’en nombre de voix[1], Hillary Clinton compte 200 000 suffrages de plus que Trump. Le système complexe des institutions américaines explique ce phénomène qui avait déjà accablé en 2000 le démocrate Al Gore et permis à George W. Busch de l’emporter pour le plus grand bonheur de l’humanité.[2]

Maintenant que le temps de la sidération est passé, il faut tirer les leçons de la victoire de Trump. Il y en a pléthore. En voici une, parmi les plus vitales pour tous les pays européens

 «Le bonjour aux armes» de l’Europe

Comme l’a fort bien dit, hier au micro de France-Info, l’ancien premier ministre français Dominique de Villepin, la victoire de Trump met l’Europe au pied du mur. Du mur de la caserne. En effet, le nouveau président américain a toujours proclamé au cours de sa campagne que les Européens devaient financer leur défense et cesser de se blottir sous le parapluie militaire des Etats-Unis. Il avait d’ailleurs qualifié l’Alliance Atlantique de structure «obsolète». Certes, Trump n’ayant pas la moindre expérience de gestion politique et proclamant tout et son contraire en fonction de son public, on ignore si ces propos relèvent des paroles verbales ou de la menace concrète. Toutefois, le second terme d’alternative semble probable, dans la mesure où les précédents locataires de la Maison-Blanche tenaient, en mode mineur, le même discours.

Poutine et les missiles de Kaliningrad

Or, les menaces ne manquent pas en Europe. Poutine a installé le mois dernier des missiles Iskander, compatibles avec l’installation de têtes nucléaires, à Kaliningrad. Cette enclave russe, annexée par l’URSS en 1946, se trouvait jadis en Prusse orientale et avait pour nom, Königsberg, patrie des Chevaliers teutoniques et d’Emmanuel Kant. Elle fait frontière directe avec deux Etats membres de l’Union européenne et de l’OTAN, la Pologne et la Lituanie. Comme Poutine rêve de reconquérir les territoires perdus par l’ancienne Union soviétique, les Européens ne sauraient compter sur les seules armes de la diplomatie pour se défendre.

Erdogan bientôt Calife ?

En Turquie, Erdogan transforme chaque jour un peu plus son pays en dictature islamiste, jetant aux poubelles de l’Histoire l’héritage laïque d’Atatürk. Sa démarche semble viser cet objectif, réinstaurer le Califat ottoman sur les ruines prochaines de l’Etat islamique au Moyen-Orient et en profitant de l’affaiblissement du Royaume saoudien qui ne dispose plus de la même masse de pétrodollars que naguère pour assurer son ascendant sur le monde musulman. Une Turquie «ottomanisée» aux portes de leur continent n’est pas la meilleure des nouvelles pour les Européens. Certes, la Turquie reste membre de l’OTAN, mais si les Etats-Unis considèrent l’Alliance Atlantique comme «obsolète», cet obstacle à l’agressivité turque risque d’être levé.  

Il faut ajouter la menace islamoterroriste qui prendra d’autant plus d’ampleur que l’Etat Islamique perd du terrain en Syrie, en Irak et en Libye. Les djihadistes vont donc retourner en France, en Belgique ou ailleurs en Europe, autant de terroristes en puissance qui auront été bien formés aux techniques militaires.

L’Europe de la défense aux calendes grecques ?

Dès lors, une Europe de la défense est plus que jamais d’actualité. L’ennui, c’est que les structures actuelles de l’Union sont tellement fragiles qu’on ne saurait trop compter sur elles pour faire quoique ce soit.  C’est donc une autre Europe qu’il s’agit de bâtir, une Europe reposant plus sur la défense et la diplomatie que sur l’unique socle de l’économie. Par conséquent, les nationalistes des pays européens qui ont applaudi à l’élection de Trump, l’homme du retour aux frontières barbelées, risquent fort de déchanter. Assurer une défense crédible a toujours pesé lourdement dans les budgets nationaux. Mais le perfectionnement technique des armements atteint maintenant un tel degré que les finances nationales ne peuvent plus suivre. La France et la Grande-Bretagne – les deux seuls Etats européens à disposer d’une armée de bon niveau – ont atteint leurs limites. Dès lors, si rien ne se passe, la faiblesse militaire des pays européens risquent d’attirer encore plus qu’aujourd’hui les terroristes djihadistes. Et en ce cas, Poutine serait tenté de «sauver les Européens» en intervenants militairement sur la partie occidentale du continent. Le pire n’est jamais sûr mais il est toujours possible. 

Au grand dam des nationalistes, il faudra donc mettre la question d’une défense européenne en débat. Trump nous y oblige. Le gros obstacle sur cette route : construire une Europe de la défense réclame du temps, une denrée que nous n’avons plus en réserve.

Jean-Noël Cuénod

 

[1] 59.624.426 pour la candidate démocrate contre 59.424.248 pour le républicain.

[2] Les citoyens votent pour un collège de 538 grands électeurs ; ce sont eux qui désignent le président ; chacun des Etats dispose d’un nombre variable de grands électeurs en fonction de celui de ses habitants.

17:29 Publié dans Politique internationale | Lien permanent | Commentaires (21) | Tags : trump, usa, poutine, erdogan, europe | |  Facebook | | |

09/11/2016

Trump président: l’annonce faite à Marine

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Impression ce matin de se réveiller dans un vide-ordure. Pourtant, on la sentait venir cette catastrophe, dans l’ambiance d’égout qui nous plombe. Donald Trump règne désormais sur la première puissance mondiale. Victoire des «petits» contre les «grands», clameront les démagogues. Lui, un «petit», ce milliardaire qui se vante de ne pas payer un cent d’impôt ? Victoire de la «base» contre les «élites» ! Parce que Trump, le médiacrate, le fils à papa, il ne fait pas partie des «élites» ? Mais il est en plein dans les «élites», le Trump ! Il marche dedans et ça lui porte bonheur. Car faire partie des élites désormais, c’est être raciste, prôner la violence, mépriser les femmes, emporter la présidence américaine sans s’être donné la peine d’élaborer un programme. Cette victoire est aussi une réaction violente contre une mondialisation qui échappe à tout le monde, sauf aux hyperriches. Mais espérer que Trump  – qui n'a aucune vision du monde – est capable de contrer ce mouvement, c'est croire que Rantanplan va décrocher le Prix Nobel de Physique.

L’élection de Donald Trump va libérer tous les démons de la société. Tous nos démons intérieurs aussi. Cette élection, c’est aussi l’annonce faite à Marine. L’Elysée est à portée de main du Front national. Le pire n’est plus possible, il est probable. Avec Poutine, Erdogan et maintenant Trump à la Maison Blanche, jamais le monde n’a été aussi imprévisible, jamais le monde n’a été aussi dangereux. Quant aux Etats-Désunis, ils sont désormais divisés en deux moitiés qui se haïssent mutuellement. La seule bonne nouvelle est l’effondrement, une fois de plus, des sondages d’opinion qui servent d’oreillers de paresse aux médias.

 

Cet effondrement moral et intellectuel est aussi aussi le nôtre. Nous avons la Rome et les Césars que nous méritons. Nous avons voulu le règne de la quantité, nous y sommes soumis. Nous avons choisi le matérialisme et la cupidité pour moteur, nous voilà embarqués plein pot vers le précipice. Les dirigeants politiques ne sont que l’expression de nous-mêmes. Si le peuple sécrète pareils tordus, c’est le signe qu’il marche de travers. Nous avons tous la tronche de Trump.

De Manille à Washington, en passant par Budapest, Vienne, Varsovie, Amsterdam, Genève, Zurich, Paris, Marseille, Londres et tant d’autres, la marée de la médiocrité ramène toujours sur nos plages du XXIe siècle, les détritus rejetés par l’Histoire : nationalisme, démagogie, racisme, identité fantasmée, fermeture du cœur et du cerveau. Des murs, des murs, partout des murs. A l’extérieur. A l’intérieur. On appelle «populistes» le ramassis de politicards qui ont, comme l’on dit dans les gazette d’une autre âge, «le vent en poupe» . «Populiste» ? Mais du peuple, ils ne veulent qu’une chose, l’agiter avant de s’en servir! Et de servir les copains, une fois parvenus aux bonnes places.    

La question des «migrants» – mot chafouin qui signifie «réfugiés» – est devenue l’obsession qui occulte toutes les questions vitales pour notre avenir : le réchauffement climatique, l’inégalité toujours plus criante entre les hyperriches et les autres, le tissu social qui devient lambeaux, les déserts ruraux asséchés par le simoun du capitalisme sauvage.

C’est tellement facile de désigner cette masse de femmes, d’hommes et d’enfants qui errent sur la planète en fuyant la faim et le feu, plutôt que de s’attaquer au système financier qui a créé ces situations. On ferme les frontières et c’est au voisin de se démerder. Le voisin fait la même chose avec d’autres voisins et ainsi de suite.  Le problème n’est pas réglé ; il est enfoui sous le tapis d’à-côté. Mais, fatalement, il reviendra. Des terroristes parmi les réfugiés ? Il y en a sans doute quelques uns au milieu de ces foules jetées sur les routes. Mais les terroristes ne s’appellent pas tous Mohamed. Ils ont aussi les cheveux blonds, un nom bien de chez nous, comme ce jeune égorgeur normand.  

Trump, le clan Le Pen, Blocher, Orban et tant d’autres ont éveillé le pire en nous. Nous vivons en ère vulgaire et serons, un jour ou l’autre, nos premières victimes.

Jean-Noël Cuénod

07:55 | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : président, etats-unis | |  Facebook | | |