05/04/2016

#NuitDebout Faire rentrer les rêves dans les urnes

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 «Nos rêves ne rentrent pas dans vos urnes». Inscrite sur une pancarte, place de la République à Paris, cette formule dit bien des choses sur le mouvement «Nuit Debout» qui prend de l’ampleur mais aussi sur la France telle qu’elle est aujourd’hui. Contrairement aux mouvements d’apparence similaire en Espagne ou aux Etats-Unis, les jeunes «indignés» français n’ont pas l’intention de créer un parti ou d’investir une formation existante pour la transformer. Certes, ils évoquent une révolution dont les contours ne peuvent qu’être flous mais sans se référer à des contenus idéologiques précis, à la différence de leurs lointains aînés de Mai-68.

Ce mouvement spontané trahit surtout le désarroi français devant l’inefficacité de son système politique qui n’offre pas la moindre perspective à la jeunesse, quel que soit le parti au pouvoir. Un système qui ne «fabrique» que des nains politiques n’ayant d’autres stratégies que communicantes.

Cette prise de parole spontanée – qui s’est répandue dans tout l’Hexagone avec une stupéfiante rapidité grâce aux réseaux sociaux – suscitera-t-elle l’émergence d’une structure politique d’un type nouveau? La France l’avait déjà espéré après la grande manifestation qui avait suivi les attentats de janvier 2015 contre l’HyperCasher et Charlie-Hebdo. Mais le soufflé était retombé peu après.

Si les rêves ne rentrent pas dans les urnes. Se priver d’urne peut virer au cauchemar. Soit en retournant dans une impuissance décourageante, soit en provoquant un chaos qui ne peut que profiter au Front national. Le temps du débat collectif est essentiel. Mais il faudra le dépasser et donner à ce mouvement un contenu politique qui permettrait d’offrir une alternative crédible à des institutions françaises devenues inaptes à répondre aux défis actuels.

   Jean-Noël Cuénod

 Editorial paru dans le quotidien 24 Heures, mardi 5 avril 2016

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17:46 | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : nuitdebout, france, françois hollande, politique | |  Facebook | | |

Commentaires

"Se priver d’urne peut virer au cauchemar."

Mais quelle naïveté! Face à une classe politique féodale, corrompue, non seulement le cauchemar est déjà là, mais il va continuer. Il n'y a aucune solution. Est-ce si difficile à comprendre? L'accès au pouvoir est accaparé et VERROUILLE.

Écrit par : Johann | 05/04/2016

Un contenu politique, politique du grec: citoyen.

En finir avec un pouvoir issu d'Enarquie: en quoi leurs Excellences excellent-elles?

Citoyens moyens pour se faire élire.

citoyens tirelires, sacs à sous.


Indignés, en effet.

Mais ne serait concernée que la France?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 06/04/2016

Les pioupious partisans du newâge, bobococoécolos, aimant embrasser un arbre pour recevoir son énergie sans penser un instant que c'est aussi débile que vouloir aller au paradis, ils n'ont aucun message, ils s'indignent rien de plus.

"Face à une classe féodale" c'est exactement cela. de mon humble point de vue et en fonction des infos dont je dispose, ils sont guidés ou téléguidés par l'idéologie, le vivre ensemble, le monde des bisounours, les monarchies et la finance islamique.

Il veulent un nouveau monde ah oui, tiens donc, personne n'y a pensé avant eux car le jour ils (nous) travaillaient dans un monde de salariés, travaillant plus de 49 heures semaine et quelque fois le samedi et dimanche. Ils (nous) ont sur-cotisé pour avoir une bonne retraite et un meilleur avenir social avec de l'argent à dépenser librement, enfin c'était la promesse des politiciens de l'époque, nous y avons cru, -normal, la greffe des croyance devait servir à quelque chose ou à quelqu'un allez savoir *L*

Etant un révolté évolutionnaire ayant travaillé entre 50 et 60 heures semaine tout en se formant pour prendre des responsabilités, sans carte ni syndicat, je peux les traiter de pôv'cons.

La France produit des salariés avec un mental de salarié, pov'cons.

Écrit par : Pierre NOËL | 08/04/2016

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