02/04/2016

François Hollande ou la déroute en chantant

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(Photo: François Hollande tentant de s'extirper d'un de ses Himalayas)

Inébranlable. A ses visiteurs – qui sont priés de le répéter aux médias en prenant la mine mystérieuse des favoris du sérail – François Hollande affirme qu’il tient bon, qu’il cache dans la manche de son costume gris taupe des atouts pour se faire réélire en 2017. Peu importent le million de jeunes (et d’anciens jeunes) qui déboulent dans les rues de France, les colossales finesses qui se retournent contre lui, les échecs qui font mal, les initiatives qui font pschiiit et les projets qui font plouf.

Sa fameuse loi travail est détricotée à chaque fois qu’un corps social montre les dents. Si bien que l’on aura un texte typiquement «hollandais» qui, de concessions en corrections, transforme la grrrrande rrrréforme  – roulez tambours !– qui allait rendre l’embauche des chômeurs attractive pour les chefs d’entreprise, en réformette – résonnez pipeaux ! – qui, en voulant ménager chacun mécontente tout le monde.

Billard à trois bandes et à un mauvais trou

Pour la constitutionnalisation de l’état d’urgence, même scénario pourri. François Hollande a voulu jouer au malin en puisant ses projets dans l’arsenal démagogique de l’extrême-droite afin de court-circuiter Nicolas Sarkozy. La déchéance de nationalité pour les terroristes était l’une des mesures mises en avant par le président – on ne rit pas ! – socialiste. Cette vieille lune du Front national ne sert strictement à rien pour lutter contre le djihadisme. Qu’importe, ça fait vibrer les réseaux sociaux et ça empiète sur la droite. Vous ne pouvez pas comprendre. C’est du billard à trois bandes. Mais l’ennui avec Hollande, c’est que la balle tombe souvent dans le mauvais trou.

Il est resté bloqué par ce piège pourtant bien prévisible : soit on ôte la nationalité à tous les terroristes, même à ceux qui n’ont que le passeport français et l’on créé des apatrides, contrairement au droit international ; soit, on ne l’enlève qu’aux terroristes binationaux et l’on suscite une inégalité de traitements entre deux types de Français. On connaît la suite : incapable d’obtenir la majorité des trois cinquièmes des parlementaires pour changer la Constitution, François Hollande a dû renoncer à inscrire l’état d’urgence dans le marbre de la Loi fondamentale. Heureusement d’ailleurs pour la liberté des Français. On frémit à l’usage qu’une Marine Le Pen aurait pu faire d’une telle réforme, offrant plus de pouvoirs à la police et moins à la justice.

Il en est allé de ce projet comme des autres grandes propositions présidentielles : on dessine un Himalaya sur les écrans médiatiques et c’est une taupinière, dans le meilleur des cas, qui surgit sur la terre du réel.

Le capitaine de pédalo coincé au milieu du gué

François Hollande a été élu sur une politique clairement axée à gauche, avec une augmentation d’impôt pour les plus riches qui aurait permis d’aider les petites et moyennes entreprises. Mais il s’est laissé bloquer d’emblée par la chancelière allemande en acceptant le traité européen sur la rigueur budgétaire. Dès lors, sa marge de manœuvre a été réduite à un mince filet. Il aurait dû ouvrir une crise au sein de l’Union en refusant, par le biais de son parlement, de parapher le traité européen. Cela aurait permis au moins de vider un abcès qui continue à infecter l’UE.

Mais Hollande n’est pas un homme de rupture. Il préfère louvoyer. A cet égard, la formule lancée par Jean-Luc Mélenchon, faisant du président un capitaine de pédalo, s’est cruellement vérifiée. En se pliant au diktat de Berlin, le président socialiste n’a pas eu d’autres choix que de mener une politique libérale. Mais alors, il aurait fallu expliquer ce revirement aux Français, notamment à ses électeurs, et définir clairement la nouvelle optique sociale-libérale de son gouvernement. Au lieu de cela, Hollande n’a pas assumé publiquement sa volte-face, distillant ici et là des réformettes plus ou moins libérales et rarement sociales, tout en prétendant mener une politique de gauche.

En suivant la logique du capitalisme, son action ne va pas assez loin dans le sens du libéralisme. Mais dans une optique socialiste, elle trahit tous les objectifs poursuivis par la gauche. A cause de cette politique chafouine, la France se trouve au milieu du gué au moment de la plus forte crue. D’où l’angoisse collective qui parcourt l’Hexagone.

Le désarroi français est d’autant plus grand que personne ne voit d’issue à la situation présente. Il n’y a guère que François Hollande pour croire en ses chances en 2017. Nicolas Sarkozy et son catastrophique quinquennat ne sauraient constituer une alternative. Malgré ses succès électoraux, le Front national ne possède pas un appareil politique compétent et Marine Le Pen a démontré lors de son calamiteux voyage au Canada – où aucune figure politique, même de second plan, n’a accepté de la rencontrer –qu’elle ne dispose d’aucune crédibilité internationale. Sauf dans la Russie poutinienne qui participe au financement de son parti.

Le centre introuvable

Tous les regards convergent donc vers Alain Juppé, l’ancien premier ministre de Jacques Chirac. Ce qui, d’ailleurs, en dit long sur l’absence de renouvellement des élites politiques françaises. Libéral mais soucieux de régulation, partisan d’un centre-droit ouvert à certaines idées sociales-démocrates mais fermé au racisme d’extrême-droite, Juppé paraît en situation de fédérer les électeurs du centre-gauche et du centre-droit qui, numériquement, constituent la grande majorité des Français. Mais cette majorité numérique n’a pas – pas encore ? – trouvé le vecteur politique qui lui permettrait de parvenir enfin au pouvoir. Le mode de scrutin – majoritaire à deux tours – ne le permet pas. Il a créé le bipartisme qui a scindé le centre en deux parties opposées. Avec le tripartisme qui se dessine par le surgissement du Front national, cette situation ne va pas s’améliorer. Au contraire, la présence du FN va radicaliser tant la gauche que la droite classique, au détriment du centre.

Dès lors, la France ne pourra pas se sortir de sa mélasse sans une réforme profonde de ses institutions. Le mode de scrutin actuel favorise les forts en gueule. Il devient indispensable d’avantager, sinon les forts en thème, plutôt les forts en cervelle.

Jean-Noël Cuénod

15:05 | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : françois hollande, france, politique, 2017 | |  Facebook | | |

Commentaires

"Il devient indispensable d’avantager, sinon les forts en thème, plutôt les forts en cervelle."
Totale utopie. En France cela ne se peut. La France est un pays profondément féodal dans sa structure du pouvoir. Partager, arriver à un consensus est exclus dans ce type de régime.
Pour le reste, suffisance, autisme, égoïsme et égocentrisme mènent le bal.

Écrit par : Charles | 02/04/2016

Cela fait des décennies que l'on clame que la France a un urgent besoin de "vraies" réformes. Aucun gouvernement, de gauche ou de droite, ne parvient à les imposer. De là à affirmer que ce beau pays est ingouvernable est un pas qu'on se doit de franchir.

Écrit par : Norbert | 02/04/2016

@Monsieur Cuénod très bon article prouvant le tout petit Monsieur qu'est ce président roi de hollande
Cependant on peut se demander si celui-ci n'attend pas l'Euro foot ou il sait pouvoir briller de toute sa grandeur car il aime attirer les regards
Mais il sait aussi que ces enfants l'attendent comme tous ceux ayant un père qui se prêtent aux flatteries des médias et surtout aux regards féminins car ces deux mondes sont le seul miroir dont il sait pouvoir tirer profit
Et ses enfants peuvent se montrer juges et implacables face à un homme libertin mais pour qui le mot liberté est synonyme de camisole de force pour les autres
Il sait cultiver l'art de la comédie dés lors on peut aussi se demander s'il n'a pas un complexe de grandeur face à un autre homme nommé Churchill surnommé le Lion ou Merkel car tous deux ont un franc parler ce qui n'est pas l'apanage de Monsieur Hollande obligé d'utiliser les réseaux sociaux pour assoir sa grandeur ce qui prouve encore une fois que si le ridicule ne tue pas la confiance elle, a pris un sérieux coup dans l'aile
Très bonne journée pour Vous Monsieur

Écrit par : lovejoie | 03/04/2016

Comment sortir de mélasse, d'engluement?

Jacques Chirac, contrairement à François Hollande par les Français prisé. Incompétent en son pays mais apprécié à l'extérieur de la France.

François Hollande semblable "incompétence" (incompétence ou, avec les autres au sommet, trahison des idéaux sociaux avec démantèlement "résolu" des acquis) en France...!) tel Malborough s'en va-t-en guerre mais les moyens dont il dispose (dénoncé par Marianne) sont-ils assurés?

Le pouvoir tourne le dos au peuple.

Mondialisation l'emportant: avoir aux ayants.

Mini rien (en comparant notre corps en son entier à une rognure d'ongle! aux non-ayants

Peuple français des non-ayants épuisé par les "épuisettes" de l'exécutif.

Quoi, de quelles forces disposer pour se lever et, s'il le fallait, symboliquement parlant, le souhaitant de toutes nos forces! "prendre les armes" mais les armes, lesquelles, précisément? les prendre "pour de bon"...?

Epuisés, écoeurés. Insécurisés, leurrés, dupés par le cynisme ambiant... et tout le reste!?

Fruits ou conséquences sur l'ambiance, le climat en général comme en particulier: familial, parental

jeunes... aînés: la chienlit.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 03/04/2016

La 5e République a vécu. Depuis maintenant deux présidents, MM. Sarkozy et Hollande, une multitude de symptômes ont révélé que ce pays doit se réorganiser de fond en comble. Le système actuel ne le permet toutefois pas. Ce sera par conséquent la rue qui l'y contraindra. Ou alors la France va poursuivre son chemin de république bananière et le pouvoir poursuivre son gouvernement à vue.

Écrit par : Gilles Bourquin | 03/04/2016

Lorsque Hollande fait du "libéralisme" ça donne le même résultat qu'un âne voulant grimper dans un arbre.

La France continue de produire plus de six cent mille salariés chaque année, alors qu'il nous faudrait six cent mille jeunes entraînés et capables de créer une entreprise, afin qu'il reste trois cent mille dans un scénario gagnant pour faire du profit.

C'est ce que je nomme le capitalisme vertueux agissant dans un cadre de lois intelligemment élaborées.

Malheureusement, ce sont des grands diplômés des grandes écoles de la médiocrité et des fonctionnaires qui sont élus par un peuple croyant, se saoulant allègrement avec les beaux parleurs reconnaissables au col blanc et costume en forme de V qui veut dire voyou, et la cravate en forme de i voulant dire idiot.

Dix millions de gens sont dans la misère, avec des problèmes de logement, nourriture, déplacement etc.

La Volkswagen-Merkel a torpillé cette Europe de la haute bourgeoisie, des royautés et des financiers avec un politique d'immigration qui est une bombe à retardement avec l'islam.

Le seul à pouvoir sortir la France de la faillite annoncée c'est Fillon, pas le repris de justice Jupé grand collabo et idiot utile de l'islam.

Nous nous rapprochons du mur dangereusement. Actuellement Hollande participe à une arnaque historique en collaboration avec la BCE: faire en sorte que la monnaie papier rentre dans les banques. Un coup fourré se prépare peut-être au niveau de l'épargne et des comptes courant bancaires.

Soyons attentif. Quant à 2017, le front commun et les abstentionnistes seront les gagnants sauf un réveil du peuple pour sauvegarder nos Libertés.

Écrit par : Pierre NOËL | 03/04/2016

Du sous-Libé. Avec un zeste de populisme en plus.
Le titre de votre blog sonne juste. Aucun chiffre, aucune profondeur historique, pas l'ombre d'un concept.
"Hollande est un con" ne devrait pas être la conclusion (qu'on peut lire tous les jours dans la presse écrite, qui comme chacun sait réussit merveilleusement, elle) mais le début de votre post. Mais pour ça, vous auriez dû bosser, lâcher Le Parisien ou le Télé 7 jours, arrêter d'écouter RTL.
C'est peine perdue, hein?, alors effacez mon commentaire et reprenez la lecture de Gala.

Écrit par : Charbonneaux | 03/04/2016

Las! Monsieur Cuénod
"Forts en cervelle"!

Faudra-t-il parler bouton avec exocytose
dendron et psychon

avant de se demander qui commande à qui

le cerveau à la conscience ou la conscience au cerveau?


Quelques personnes se réunirent pour discuter d'un projet ("il faut avoir des idées"!) à propos d'en escalier.
Fallait-il le remplacer?

Belles pierres, aucun problème.

Oui mais. en regardant de nouveaux bâtiments alentour on constatait que les escaliers extérieurs sont désormais en ce métal qui est comme du fer.
Pourquoi ne pas innover, se moderniser?

On vota.

Depuis, le nouvel escalier en fer... enfer hideux... particulièrement dangereux est condamné.

Idée, parce qu'il faut en avoir, décision par rapport non à l'usage mais à l'extérieur, aux autre. Psychologie: "banalisation" laquelle à la longue signe la fin d'une civilisation. Paul Diel.


Quelques personnes représentant chacune un parti se rassemblent pour voter à propos d'un préavis présentant un projet, en l'occurrence, construction d'un escalier "moderne". Ces personnes:

Superposition de vies, d'événements
Réjouissances, échecs ou souffrances: que nous y pensions ou non nous imprègnent et nous ne sommes pas en mesure au travail comme en d' autres activités de nous en débarrasser.

"Il faut, en l'occurrence, que mon parti que je représente l'emporte.

"Comment lui clouer le bec?
"En section, en préparation de c'te c(...) de machin on avait parlé de quoi déjà?

"L'autre c(...) avec ses effets de voix

Autre c(...): "On le constate autour de nous, il faut faire un effort.
Notre escalier, belles pierres, certes, ne jure-t-il pas avec l'ensemble de notre commune résolument incontournablement désormais qu'on le veuille ou non "moderne"!?

Je prie votre pardon, Jean-Noël Cuénod, mais la mentalité de chaque personne qui entre en politique, son état d'esprit intentions et motivations l'emporteront toujours sur le simple fonctionnement physiologique de son cerveau.

Le problème est qu'une personne désintéressée sans ambition autre que de servir en politique aura très rapidement le sentiment d'y perdre son temps tout en gaspillant son énergie.

Les personnes qui renoncent le disent: elles se sentiront plus utiles (certaines, à l'aise!) "sur le terrain" c'est-à-dire qu'à l'abri des "préavis" sur le terrain elles se rapprocheront d'autrui des autres avec leurs problèmes qui en bien des réalités, circonstances ou situations sont les mêmes pour tous à commencer par relationnels.

En ascenseur, le même, régulièrement,un cadre n'adresse jamais la parole à un salarié.
Un jour, ascenseur en panne.
Prisonniers tous deux.
Pris de malaise, le cadre étouffe... appelle le secours du minus salarié.
Le minus salarié a-t-il envie de porter secours au cadre?

Mais s'il ne le fait... qui perdra son emploi?

Tels sont les impératifs de l'époque.

Rien à voir avec l'article de Jean-Noël Cuénod?

Si puisque... politiciens il ne s'agit de rien d'autre que de se faire réélire, donc, tel le salarié minus de l'ascenseur ne pas perdre sa place, poste ou mandat

toutes proportions gardées.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 04/04/2016

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