28/02/2016

Grâce aux réseaux sociaux, l’UDC perd une bataille mais pas sa guerre

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 Photo: Blocher dans son antre fastueux au-dessus du Lac de Zurich

Il y a quelques mois encore, les sondages prédisaient une large victoire de l’initiative de l’UDC pour le renvoi des criminels étrangers. Et c’est l’inverse qui s’est produit en ce divin dimanche ! Malgré les millions dépensés par son âme damnée, l’extrême droite blochérienne a reçu une claque retentissante. C’est un « non » franc et massif, pour paraphraser de Gaulle, qui est sorti des urnes helvètes.

Que s’est-il passé pour que nous assistions à un tel revirement dans l’opinion ? La mobilisation active sur les réseaux sociaux figure parmi les explications les plus plausibles. Sur Twitter, sur Facebook, sur d’autres plateformes, la présence des opposants à l’initiative blochérienne s’est révélée plus massive que celles de ses partisans. Venant de milieux divers – évangéliques, protestants, catholiques, ONG humanitaires, mouvements de jeunesse, partis traditionnels de la gauche, du centre et de la droite libérale – les «twittos» ont relayé les blogues et les articles détaillant les multiples mensonges forgés par l’UDC pour appuyer sa propagande. Les petits ruisseaux de l’internet font désormais les grandes rivières de l’opinion publique.

Cette salutaire prise de conscience s’est déclenchée au bon moment : ni trop tôt ni trop tard. A cet égard, l’UDC avait commis l’erreur de partir trop vite en campagne, ce qui a donné aux opposants le temps nécessaire pour démonter le mécanisme pervers de l’initiative. Ainsi, sous couleurs de renvoyer les criminels étrangers, les blochériens voulaient en réalité saboter les bases de l’Etat de droit. Pour ce faire, ils ont utilisé la justice comme cheval de Troie en prétendant que les Chambres fédérales protégeaient les criminels étrangers. Mais les opposants à l’initiative ont pu démontrer que la loi actuelle retient déjà les infractions les plus graves pour autoriser l’expulsion automatique. Le texte de l’UDC était pris pour qu’il était réellement : non pas une initiative contre la criminalité mais un projet xénophobe de plus.

La défaite de l’UDC est cuisante. Mais son plan pour s’attaquer aux droits de l’Homme reste d’actualité. L’extrême droite ne cache pas sa volonté de sortir la Suisse de Convention européenne des droits de l’homme. Cette haine du «droitdelhommisme», pour reprendre l’expression de Jean-Marie Le Pen, est partagée par tous les partis de l’extrême droite européenne. Leur argument prétendant que cette convention est une atteinte à la souveraineté populaire pourrait faire sourire, si la chose n’était pas aussi porteuse de catastrophes.

En fait, la Convention protège le peuple contre les abus de l’autorité. Et si Blocher et ses camarades veulent l’attaquer, ce n’est pas pour le bien du peuple mais pour le leur. Il s’agit pour eux de saper tout ce qui s’oppose aux discriminations et à les protéger contre les lois réprimant le racisme. 

L’UDC est bien organisée, grassement financée par Blocher et les siens. Il ne faut pas compter sur de nouvelles erreurs tactiques de sa part. A son tour, elle risque de mobiliser les réseaux sociaux comme l’ont fait ses adversaires. Blocher a perdu une bataille mais pas sa guerre.

 

Jean-Noël Cuénod 

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19/02/2016

Islam et laïcité, l’insoluble solubilité ?

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 Supputer, soupeser, scruter, apprécier, évaluer le degré de solubilité de l’islam dans la laïcité est un exercice qui revient périodiquement sur la scène médiatique. Une sorte de « marronnier » socio-théologique. Répondant à un article de Pierre Kunz, Hani Ramadan, directeur du Centre islamique de Genève, a remis une pleine louche sur cette solubilité qui semble décidément insoluble, dans une « opinion » que Le Temps a fait paraître samedi 27 janvier dernier. Parmi les points forts de la prise de position de M. Ramadan (dont voici l’hypertexte), citons ce passage : « La grande civilisation de l’islam, dans son essence même, n’est doctrinalement pas soluble dans la laïcité. » (photo JNC)

Relevons tout d’abord que d’autres religions que l’islam peuvent éprouver, à divers degrés, des difficultés à faire coïncider leur doctrine, au sens strict de ce terme, avec les lois civiles. Ainsi, concernant le catholicisme romain, l’encyclique de Jean Paul II Evangelium Vitae de 1995 prescrit à son point 74 :

Les chrétiens, de même que tous les hommes de bonne volonté, sont appelés, en vertu d’un grave devoir de conscience, à ne pas apporter leur collaboration formelle aux pratiques qui, bien qu’admises par la législation civile, sont en opposition avec la Loi de Dieu (…) Cette coopération ne peut jamais être justifiée en invoquant le respect de la liberté d'autrui, ni en prenant appui sur le fait que la loi civile la prévoit et la requiert (…)

Cette encyclique visait notamment l’avortement. Elle n’empêche nullement les catholiques de respecter les lois civiles et les principes de la laïcité là où elle figure dans les textes.

 Infidèles reflets

 Le croyant, quelle que soit son appartenance, est induit à placer la Loi de Dieu, créateur des êtres et des choses, avant celle des humains, ses créatures. Pour lui, l’un est forcément au-dessus de l’autre. Toutefois, il se heurte à cette impasse : qu’est-ce que la Loi de Dieu ? Figure-t-elle dans la Bible ? Parole directe de Dieu transcrite telle quelle dans la Torah par Moïse ? Mais entre l’inspiration divine et ce que les humains, même les prophètes, en font, il y a un fossé plus large que la Mer Rouge. La Bible serait plutôt paroles d’humains qui traduisent les inspirations divines qu’ils ont reçues, infidèles reflets d’une vérité qui les dépasse. Le Christ, fils de Dieu, n’a pas écrit les Evangiles, ce sont ses apôtres qui s’en sont chargés. Dès lors, le truchement humain, de par son imperfection originelle, ne saurait transmettre la Loi de Dieu dans sa pureté et en toute sûreté.

Les maximes de la Bible doivent donc être examinées dans le contexte historique où elles sont apparues ; de même, il convient d’en interpréter les multiples symboles afin d’en saisir l’esprit. Elle est l’une des principales sources de la morale dans notre culture ; elle est le support aux méditations et à l’étude ; elle est sujette à interprétations diverses voire opposées ; elle n’est point un code régissant l’existence humaine dans tous ses détails.

Après bien des siècles de guerres et d’affrontements religieux, nos contrées l’ont finalement compris : c’est aux humains de se prendre en main pour vivre ensemble avec le moins de dysharmonie possible et d’élaborer les lois nécessaires à l’instauration de la paix sociale. La laïcité est l’un des moyens d’y parvenir. C’est celui que la République et canton de Genève s’est choisi, le peuple ayant approuvé la Constitution qui consacre la laïcité en son article 3.

 L’islam pose un problème supplémentaire : la source directement divine de son texte sacré, le Coran. Le prophète Mohamed n’est que le scribe qui écrit sous la dictée d’Allah, sans interprétation de sa part. C’est la parole de Dieu, telle quelle. Contrairement à la Bible, on ne saurait incriminer le manque de fiabilité des truchements humains dans cette diffusion de la Loi divine. Mais le croyant se heurte au même obstacle que précédemment. Si le Coran contient un ensemble de normes sociales à observer, il n’est pas pour autant un code qui définirait toutes les modalités changeantes de la vie collective. De plus, il est aussi contradictoire que la Bible, condamnant la violence ici, la justifiant là. Dès lors, la tradition musulmane a collationné les hadiths qui se réfèrent aux explications données par Mohamed ou de ses compagnons pour éclairer tel ou tel aspect de la vie des humains. Il s’en est suivi un vaste corpus de jurisprudences formé par des savants au fil du temps. Des savants certes éminents mais humains et donc faillibles. Dès lors, qu’il s’agisse du Coran, de la Bible ou d’autres textes sacrés, c’est en fin de compte l’être humain qui doit se débrouiller pour établir les règles nécessaires au bon déroulement de la vie collective. Par conséquent, on ne voit pas en quoi les musulmans seraient forcément des « empêchés de la laïcité ».

La laïcité sans ses voiles

Après avoir écrit que l’islam « n’est doctrinalement pas soluble dans la laïcité », Hani Ramadan ajoute : « Autre chose est le débat d’idées, autre chose la nécessité de vivre ensemble, et donc, pour les musulmans, d’évoluer dans un environnement laïc ». Et de citer trois types de laïcité : exclusive, intrusive et inclusive. Soit une « laïcité » – les guillemets s’imposent – qui bannirait la religion de l’espace pour imposer une sorte d’athéisme obligatoire, une « laïcité » qui donnerait à l’Etat « le pouvoir de s’immiscer dans la foi personnelle pour décider, par exemple, que le port du voile ou du niqâb (voile intégral) ne relève pas d’une pratique religieuse en islam » et une « laïcité » inclusive « avec laquelle il est possible de s’entendre. Elle invite intelligemment tous ses citoyens à respecter les lois, mais non pas à les confesser. » Formulation étrange, dans la mesure où il n’a jamais été question de « confesser » des textes législatifs émanant du Grand Conseil et des chambres fédérales !

Relevons tout d’abord, qu’il n’y a pas de laïcité ouverte, fermée, entrouverte, offensive, défensive, inclusive, exclusive, intrusive, de gauche, de droite, du centre, du haut, du bas… Il y a la laïcité, un point c’est tout. Il est toujours suspect de découper en tranches des principes, comme la liberté ou la laïcité, car on risque ainsi d’en affaiblir la portée.

La laïcité est fondée sur deux éléments indissociables, à savoir la séparation des institutions religieuses du pouvoir politique et la liberté de conscience. Elle ne bannit pas les religions de l’espace publique ; elles ont le droit de s’exprimer, à l’instar des partis politiques, des syndicats, des associations diverses. Mais, comme ces partis, ces syndicats et ces associations, les religions doivent respecter l’ordre public dont le garant est l’Etat neutre confessionnellement. La laïcité consacre le droit de chacun d’exprimer sa foi ou son athéisme. A celui qui croit au ciel de respecter celui qui n’y croit pas, et inversement. De même, personne ne peut exciper de sa religion pour se soustraire aux lois démocratiquement établies et faire fi, par exemple, de l’interdiction de discriminer les humains selon leur sexe ou leur origine.

Quid du voile intégral qui, décidemment, fait voguer les polémiques ? Pour l’Etat, la question à poser est celle-ci : cet accoutrement nuit-il à l’ordre public ? S’il en vient à la conclusion que tel n’est pas le cas, il s’abstient ; s’il constate que tel est le cas, il le prohibe, mais comme il le ferait d’un accoutrement dépourvu de toute référence religieuse. L’Etat ne dit pas « porter la burqa est contraire à l’islam », car il sortirait de son rôle, il dit « porter la burqa est un facteur de trouble sur la voie publique ». Il prendrait la même décision si, par exemple, la mode des cagoules à l’effigie d’un parti politique devait se répandre et semer le désordre.

Une « Cité des hommes sans Dieu » ?

Il y a dans le texte de Hani Ramadan, un passage qui n’a l’air de rien mais qui est de nature à nous alerter : « Toute notre vie moderne repose sur le postulat intangible selon lequel la paix sociale revient à organiser la Cité des hommes sans Dieu ». Est-ce le fait du hasard de la construction syntaxique ? On peut comprendre la formule « la Cité des hommes sans Dieu » de deux manières. Soit la Cité des hommes qui l’organisent en excluant l’idée de Dieu ; soit la Cité des athées. »  En s’adressant ainsi aux musulmans, M. Ramadan prend le risque de leur désigner la laïcité comme le monde des sans-Dieu, ce qui est inacceptable pour un adhérent à cette religion. Or, il ne s’agit pas d’organiser « la Cité des hommes sans Dieu » mais de l’organiser sans pouvoir religieux, ce qui n’est pas du tout la même chose.

La laïcité permet à une société de vivre ses différences dans l’harmonie. Mais cela requiert que toutes les parties en présences en acceptent les principes de base sans arrière-pensée, ni sous-entendu.

Jean-Noël Cuénod

 

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11/02/2016

L’écrivaine Huguette Junod : « Plus qu’assez des initiatives de l’UDC ! »

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Une fois n’est pas coutume, Le Plouc cède sa plume pour un tour. A l’excellente écrivaine genevoise Huguette Junod, en l’occurrence. Elle a rédigé pour le courrier des lecteurs de la Tribune de Genève un texte remarquable contre l’initiative de l’UDC dite de mise en œuvre. Il s’agit d’appliquer le renvoi des étrangers en situation d’illégalité. Une fois de plus, l’extrême droite suisse instrumentalise la justice pour s’attaquer à son véritable « mouton noir » (animal qu’elle affectionne dans ses affiches ) : les droits des humains.

Comme Le Plouc en a lui aussi plus qu’assez de pondre des trucs sur les obsessions séniles des blochériens, il remercie Huguette de s’être acquittée de cette tâche, voilà donc son texte. Et pour ceux qui veulent se documenter, voici deux liens :

http://www.humanrights.ch/fr/droits-humains-suisse/interi...

https://www.admin.ch/ch/f/pore/vi/vis433t.html

 J’en ai assez de courir après les initiatives de l’UDC, de plus en plus venimeuses, lancées comme des missiles qui, pour la plupart, attaquent non seulement les étrangers, mais l’Etat de droit. Je ne comprends d’ailleurs pas qu’on autorise une initiative ne respectant pas nos propres lois, ni notre fonctionnement démocratique.

  •  L’UDC a lancé sa 2e initiative de mise en œuvre en 2012, alors que le Parlement était en train de travailler en vue de l’élaboration de la loi de mise en application de la 1e (de 2010, prête fin 2015), qui donnait précisément 5 ans pour cela. L’UDC a donc court-circuité les travaux parlementaires.
  • En fait, la 2e initiative UDC est un durcissement de la 1e, et non sa « mise en œuvre ». Elle met sur le même plan les crimes et les délits. Un père ou une mère de famille, né-e à Genève, y travaillant, y payant des impôts, serait renvoyé-e d’office au 2e « délit » commis en dix ans. Seules les personnes possédant un titre de séjour seraient concernées. Cette 2e initiative n’aurait donc aucun effet sur les délits commis par les délinquants qui traversent les frontières.
  • Elle enlève également leur pouvoir aux juges, le renvoi serait automatique, en contradiction avec le droit suisse et les droits humains. Prétendre qu’un pays peut édicter les lois qu’il veut, sans tenir compte de la Déclaration des droits humains, c’est ouvrir la porte à toutes les dérives, jusqu’à la dictature. La Hongrie, la Pologne et la Croatie, pour ne parler que de l’Europe, montrent de bien mauvais exemples. C’est en effet le dernier étage de la fusée UDC : ne plus reconnaître la validité de la Cour européenne des droits de l’Homme, ce qui réduirait les droits de chaque individu. La Suisse ne pourrait alors plus défendre ses intérêts économiques ni sa politique sécuritaire. Ce serait se tirer une balle dans le pied, comme le peuple suisse l’a fait le 8 février 2014.
  • Pour diffuser sa haine des étrangers, l’UDC dispose de moyens financiers quasiment illimités, grâce aux milliards de Blocher, comme les tous-ménages envoyés récemment. Cette disproportion de moyens déséquilibre le débat démocratique.

 Tout en stigmatisant les étrangers, coupables de tous les maux (cela ne vous rappelle rien ?), l’UDC s’oppose systématiquement à l’aide économique aux pays du Tiers Monde et à la naturalisation facilitée.

 Aux éructations xénophobes des Blocher, Le Pen, Trump et autres, je préfère les propos de Montesquieu : « Si je savais quelque chose utile à ma famille et qui ne le fût pas à ma patrie, je chercherais à l’oublier. Si je savais quelque chose utile à ma patrie, et qui fût préjudiciable à l’Europe, ou bien qui fût utile à l’Europe et préjudiciable au genre humain, je le regarderais comme un crime. »

 Huguette Junod, écrivaine

 Photo : troupeau de blochériens attendant la prochaine initiative xénophobe.

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05/02/2016

La gauche anti-Hollande se met en ordre de bataille

DanyBellevilloise.jpgPour leur première réunion publique, les initiateurs qui ont lancé fin janvier «l’Appel à une primaire des gauches et de l’écologie» ont fait salle comble à La Bellevilloise, dans le populaire XXe arrondissement de Paris. Mercredi soir, plus de 700 personnes se sont massées pour écouter les initiateurs de l’Appel – dont Daniel Cohn-Bendit (photo JNC) et l’économiste Thomas Piketty  – et surtout pour débattre en exprimant leur rejet massif du président François Hollande.

 Alcooliques anonymes et couscous

 C’est d’ailleurs ce qui a marqué cette longue soirée très animée: le fossé qui sépare le gouvernement socialiste d’une grande partie de sa famille politique prend des allures d’océan. Volant un propos que lui avait soufflé l’essayiste Raphaël Glucksmann (fils de feu le philosophe), Cécile Duflot a bien illustré cet état d’esprit: «J’ai l’impression de participer à une réunion des alcooliques anonymes qui se demandent comment ils ont bien pu en arriver à voter pour Hollande en 2012!»

A des journalistes, un proche du président aurait murmuré : «Ce ne sont pas trois pékins autour d’un couscous qui vont organiser une primaire». Certes, mais l’Appel pour la primaire à gauche a récolté en quelques jours 76 200 signatures, ce qui fait beaucoup de pékins! De plus les partisans de l’Appel organisent des meetings et récoltent des fonds dans les grandes villes de province. C’est la gauche anti-Hollande qui s’organise.

Qui est-elle? On ne saurait la confiner à la «gauche de la gauche» de Jean-Luc Mélenchon. D’ailleurs, ce dernier a refusé de participer à ce mouvement. Les partisans de l’Appel comprennent aussi bien d’anciens rocardiens, des libéraux-libertaires comme Daniel Cohn-Bendit que des verts de toutes nuances, des communistes, des gauchistes. Et des militants, apparemment nombreux, du Parti socialiste qui sont parmi les plus virulents à critiquer le duo Hollande-Valls, même parmi des députés du PS, de plus en plus frondeurs. Les militants associatifs ou de simple sympathisants ont aussi donné de la voix dans ce grand déballage, sans ménager les élus, même frondeurs. Pour François Hollande, la reconquête de son socle électoral pour la présidentielle de 2017 relève de l’exploit titanesque. Sauf miracle économique.

 Et les ouvriers ? Des OPNI pour la gauche

 Dans ce contexte, la primaire à gauche semble n’être qu’un prétexte dans la mesure où il paraît difficile d’en organiser une à quinze mois de la présidentielle. Sans le dire ouvertement, la gauche anti-Hollande a intériorisé la défaite socialiste en 2017. Elle cherche donc à lancer un mouvement de réinitialisation idéologique pour mettre sur pied la future opposition.

Etonnant constat dans cette Bellevilloise, haut-lieu de la mémoire ouvrière parisienne, pas une seule fois les mots «syndicat» et «ouvrier» n’ont été prononcés. Devenus des OPNI, (objets politiques non-identifiés), Ils sont sortis des préoccupations de la gauche française, qu’elle soit pour ou contre Hollande. Conséquence directe : le Front national est le premier parti ouvrier de l’Hexagone.

 Jean-Noël Cuénod

 (Article paru vendredi 5 février 2016 dans la Tribune de Genève et 24 Heures repris dans ce blogue à l’intention, notamment, des lecteurs vivant en France)

 

 

 

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