27/01/2016

Christiane Taubira, bien plus qu’une démission…

IMG_2247.JPGDESSIN: ACÉ

 Voilà une nouvelle qui ne fera tomber personne de l’armoire, même normande, tant elle était attendue. Au moins depuis décembre. Christiane Taubira a donc démissionné de son poste de ministre de la Justice. Disons plutôt qu’il s’agit d’un divorce par consentement mutuel avec l’Elysée. Farouchement opposée à la déchéance de la nationalité pour les terroristes, il lui était impossible de défendre ce projet devant le parlement français. C’est d’ailleurs le premier ministre Manuel Valls qui a dû le présenter ce matin même à la Commission des lois de l’Assemblée nationale. Ajoutons en passant que cette commission était présidée par celui qui remplacera Mme Taubira à la Justice: Jean-Jacques Urvoas.

Les réactions des dirigeants politiques à ce départ démontrent à quel point le discours politique en France a sombré dans le ridicule et la caricature. A gauche, c’est à une Madone que l’on destine les coups d’encensoir les plus empanachés de parfums gras. A droite, c’est sur une Gorgone que l’on jette les paquets de boue les plus pestilentiels. Il est vrai que la désormais ancienne ministre ne laisse personne indifférent; s’il est une personnalité contrastée, c’est bien la sienne.

 Madone ou Gorgone ? Ombres et lumières

 Celle qui, comme son titre l’indiquait, a gardé les sceaux de la République française pendant près de quatre ans, a commencé sa carrière politique par militer contre elle en réclamant l’indépendance de sa contrée natale, la Guyane. Au début des années 80, la jeune politicienne, constatant que les Guyanais voulaient massivement rester Français, a renoncé au séparatisme en créant Walwari, un parti local autonomiste, aujourd’hui lié au Parti radical de gauche. Par conséquent, l’idole de l’aile gauche du Parti socialiste… n’est pas socialiste!

Du courage, de la niaque, de l’éloquence, du sens tactique et du panache, Christiane Taubira n’en manque pas. En sont convaincus, tous ceux qui l’ont vue défendre au Palais Bourbon (parfois bourbeux) la loi autorisant le mariage homosexuel au milieu des vociférations que proféraient de grimaçants députés de droite remontés comme des lapins Duracell par le curé de leur circonscription.

Si le verbe est efficace, l’action l’est moins. Et son goût pour l’improvisation baroque  laisse songeur. Un exemple parmi d’autres: en octobre dernier, à la faveur – si l’on ose dire – d’un fait-divers, elle avait annoncé une réforme visant à escorter certains détenus dangereux en congé par des policiers ou des gendarmes. Comme si les agents de la sécurité intérieure étaient sous-employés après les attentats de janvier 2015! Evidemment, plus personne ne parle aujourd’hui de cette «réforme».

En outre, son caractère autoritaire et cassant a usé quatre directeurs de cabinet, soit plus d’un par an. Cela traduit son incapacité à mener une équipe, ce qui est bien gênant pour une responsable politique.

 Urvoas, l’homme de la police ? Pas forcément

 Cela dit, sa démission dépasse de plusieurs coudées son cas personnel. Les médias ne cessent de rabâcher que François Hollande a ainsi perdu sa «caution de gauche». Cette caution, cela fait longtemps que le président français l’a égarée, depuis qu’il a accepté la politique «austéritaire» de Berlin, quelques heures seulement après son investiture à l’Elysée. Toutefois, il est vrai que le départ de Christiane Taubira permet au président de disposer d’un gouvernement entièrement à sa main.

Présenté par les médias comme «l’homme de la police», le nouveau ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas appliquera d’autant plus volontiers la politique antiterroriste de l’exécutif, qu’il en a promu la plupart des textes lorsqu’il présidait, il y a quelques heures encore, la Commission des lois de l’Assemblée nationale. C’est notamment lui qui a conçu en grande partie la législation sur le renseignement dont il fut le rapporteur. Or, dans le contexte de la lutte contre le terrorisme, ces textes offrent aux services de renseignements des pouvoirs d’intrusion dans la vie privée qui leur étaient jusqu’alors interdits et qui paraissent dangereusement invasifs. De plus, Urvoas est un proche du premier ministre Valls dont il soutient la politique musclée.

Sa nomination signerait-elle le règne de la police au sommet de la justice ? Pas forcément. Tout d’abord, Jean-Jacques Urvoas est un juriste et un constitutionnaliste de haut niveau (maître de conférence à l’Université de Bretagne occidentale) ; les magistrats et lui parlent donc la même langue. Ensuite, il s’est montré sceptique quant à la poursuite de l’état d’urgence dont il a publiquement dénoncé l’ «essouflement»  et critiqué son application lorsqu’elle a débordé le strict cadre de l’antiterrorisme. Enfin, lorsqu’un ministre de la Justice entre en exercice, il endosse la culture d’un puissant appareil qui s’est toujours opposé à ce que la police foule de ses bottes d’assaut le pré carré des juges. A ce niveau, la fonction change souvent l’homme.

 L’axe social-libéral

 Revenons au départ de Christiane Taubira qui confirme, une fois de plus, la mort du Parti socialiste français tel qu’il a été ressuscité par François Mitterrand lors du Congrès d’Epinay en 1971. La ligne social-libérale insufflée par François Hollande n’est plus compatible, non seulement avec la «gauche de la gauche», mais aussi avec une partie importante des élus et des adhérents – du moins ce qu’il en reste – du PS. En revanche, elle est conforme à celle défendue par le centre et une grande part de la droite. Il existe un axe, de facto, qui relie Emmanuel Macron et Manuel Valls (même si les deux hommes sont en concurrence) à François Bayrou, Jean-Pierre Raffarin et Alain Juppé.

Pour l’instant, cet axe n’aboutit pas à une coalition, exercice difficile (mais pas forcément impossible) dans les institutions de la Ve République. En cas de victoire d’Alain Juppé à la présidence de la République en 2017, cet axe peut fort bien se muer en un bloc social et libéral, voire une sorte de grand Parti républicain à l’américaine, alliant l’aile droite des socialistes, les centristes et une grande partie de l’ex-UMP.

La gauche, au sens traditionnel du terme, se trouverait alors en état de décomposition avancée, ce qui, paradoxalement, peut constituer une chance pour elle. En effet, la gauche n’a actuellement plus rien à dire. Elle n’a pas eu le courage et l’intelligence de dresser les constats de décès du communisme et de la social-démocratie. Or, sans cette nécessaire et fondamentale remise en question, il ne lui sera pas possible de revenir dans l’arène politique avec les armes idéologiques indispensables à un courant politique pour revendiquer le pouvoir.  

La gauche authentique a donc aujourd’hui un urgent besoin de partir en cure d’opposition.

 Jean-Noël Cuénod

18:06 | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : #france, #politique | |  Facebook | | |

Commentaires

aucun respect pour cette personne, qui a joué du racisme anti-blanc à tire-la-rigot, a passé son temps à s'égosiller en blablas face à médias pour son faire-valoir
au lieu de dépenser son énergie à faire passer des réformes
au lieu d'agir à bosser aux réformes du code civil/pénal, tel qu'elle l'avait promis à Hollande, job pour lequel elle s'est engagé et avait prêté serment

Le monde judiciaire français a du ravaler sa salive
face à cette égo-maniaque, incapable de communiquer, dialoguer, débattre avec les corps concernés avant décision

elle n'a fait qu'agir via les médias aux frais du système judiciaire & des contribuables

que pour servir son compte perso,
et ce qui est pire, par besoin de revanche identitaire:
cette femme a, durant son exercice, fait grand mal à la société française

Écrit par : suisse & genevois déshérité | 27/01/2016

Reine du buzz, rien que du Bling-bling à la Taubira
sur le 1er axe de votre note: Taubira s'est érigée Reine du blabla,

s'est employée à manipuler le racisme anti-blanc
à alimenter le buzz médiatique au service de son égo
a réussi à dévier le regard de ses non-actes - AU LIEU DE FAIRE SON BOULOT:

elle n'a fait que détruire (peines-plancher etc), n'a entamé aucune des réformes promises des codes civil/pénal

& derrière les "stigmates" dont participant à faux racisme anti-blanc laissées par Taubira, la populace,

le monde judiciaire fr et son public n'ont plus qu'à s'atteler à réparer, payer, rénover et payer encore.

Écrit par : suisse & genevois déshérité | 27/01/2016

Merci pour cette analyse. Seule critique : continuons à faire comme si le système actuelle en France pouvait s'apparenter, même très superficiellement, à la démocratie...

Écrit par : Richard Golay | 27/01/2016

Quelle beau texte pour une personne qui avait surtout de la haine pour le petit blanc. Expression très employé de la région de cette personne.
Pour ma part je dis simplement : ENFIN UNE BELLE JOURNEE ET UNE BONNE NOUVELLE.

Écrit par : philippe | 27/01/2016

"La gauche authentique a donc aujourd’hui un urgent besoin de partir en cure d’opposition."
C'est exactement ce que je suggérais à Pascal Hollenweg pour Genève et pour la Suisse.

Écrit par : Pierre Jenni | 27/01/2016

et sonne le glas de la Ve République

sommes-nous témoins d'un contre-coup d'une telle force, qu'il sonne le glas de la Ve République ?

coup final de cette constitution issue de De Gaulle qui ne résiste plus au 21e siècle,

celui de l'aveu présidentiel d'un tel faux-semblant - attendre à ne rien faire,
jusqu'au point de non retour.-

Écrit par : suisse & genevois déshérité | 27/01/2016

Si son habileté n'est pas contestable, sa manière de faire laisse , elle, vraiment des doutes sur sa capacité à exercer des fonctions aussi régaliennes. Au mépris de toute éthique elle fait croire (ou laissé) à des titres universitaires qu'elles n'a jamais eus, elle n'a jamais mené les réformes concrètes que son action aurait dû faire aboutir. Elle est au fond représentative de ce parti, aspirateur à ambitions qui ne promeut que des politiciens de carrière, inconnus au bataillon des 'vrais' travailleurs, connaissant la vraie vie et le monde du travail. (à l'exception de Macron qui est le seul (!) ayant travaillé dans le privé. Avec sa manière de jouer les victimes - on se demande de quoi - et de faire pleurer dans les chaumières elle ne sort pas grandie et peu la regretterons vraiment. Une grande dame ? non, juste une opportuniste de la politique politicienne.

Écrit par : uranus2011 | 28/01/2016

Même si j'étais parfois en désaccord avec ses positions, je ne sais pas quand la France parviendra à retrouver une personnalité politique aussi brillante parce que capable d'une hauteur de vue et d'une vision à long terme exceptionnelles.

Ces deux qualités indispensables en politique qui font justement tellement défaut par les temps qui courent.

Écrit par : Vincent | 28/01/2016

@uranus2011
Plutôt d'accord avec vous: encore bien plus fidèle à sa propre personne qu'à ses convictions. Dans le sillage de Mitterand ... et de la plupart des autres "ténors" de la politique.

Écrit par : Mère-Grand | 28/01/2016

" je ne sais pas quand la France parviendra à retrouver une personnalité politique aussi brillante "

MDR MDRRRRRRR Monsieur TaubiraII

Écrit par : Patoucha | 28/01/2016

"sa démission" Vous dites?

Plutôt démissionnée!

Son remplaçant pas mieux qu'elle:

Jean-Jacques Urvoas, le pro-"palestinien" qui soutenait un terroriste, nommé ministre de la « justice » française !

Le nouveau ministre de la justice Urvoas a une conception de la justice qui passe par l’idéologie, et non par le droit ou la morale.

Vous avez aimé l’injustice de gauche Taubira, vous adorerez celle de Urvoas !

Ce ministre antisioniste donnera des ulcères aux juifs français déjà bien malmenés par la propagande anti-israélienne des médias qui excitent la violence musulmane. Heureusement, là, son petit pouvoir de nuisance provisoire n’ira pas plus loin que les mots et il ne pourra pas faire le moindre mal à Israël.

En France en revanche… les victimes n’ont qu’à bien se tenir si elles ne veulent pas se retrouver sous les verrous.
Savez-vous que votre nouveau ministre a adhéré au groupe parlementaire d’amitié France-Iran ?

Un ministre qui fait ami ami avec le régime qui pratique le plus grand nombre de peines capitales par habitant au monde, par pendaison et décapitation, c’est la conception des Droits de l’homme de la gauche. Et du nouveau ministre.

Sentiment d’acidité ?
Savez-vous que votre nouveau ministre a apporté son soutien à un terroriste ?

Urvoas ne distingue pas le bien du mal. Pour un ministre de la justice, ça fait désordre.

Sur son blog, le ministre ne sait pas faire la distinction entre un innocent et un criminel – ça promet une belle justice, en France !

N’étant pas capable de faire la différence entre une personne innocente capturée par des terroristes, et un terroriste condamné par un tribunal démocratique pour tentative d’assassinat, il écrit :

« Tout comme j’ai signé récemment un appel pour la libération du caporal israélien Gilad Shalit, mais aussi français par son père, détenu par le Hamas, je viens d’écrire à Rama Yade, secrétaire d’Etat chargée des affaires étrangères et des droits de l’homme sur la situation de Salah Hamouri. »

Sans doute qu’il faut un peu d’intelligence pour ne pas se vautrer dans le relativisme moral le plus vil. Urvoas n’a pas ce trait.

La suite:

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean Vercors pour Dreuz.info.

Écrit par : Patoucha | 28/01/2016

".....ceux qui l’ont vue défendre au Palais Bourbon (parfois bourbeux) la loi autorisant le mariage homosexuel au milieu des vociférations que proféraient de grimaçants députés de droite remontés comme des lapins Duracell par le curé de leur circonscription."

Rien que pour cette fin de paragraphe, je vais mettre votre photo dans un cadre, Jean-Noël Cuenod, celui-ci sera accroché à l'entrée de la maison, car c'est exactement cela. "Peut-être que je demanderai aux gens de faire un signe de croix et baisser la tête en passant devant vous"

Les différentes gauches, verts compris, certains du centre et de la droite comme du FN devraient profiter des ces quelques mois pour s'instruire sur l'économie et l'islam. Egalement s’entraîner à avoir une vision de l'avenir il y a des experts en la matière. Avaler des connaissances dans une grande école de la médiocrité comme l'ENA ne rend pas intelligent, sinon ça se saurait.

Pour résoudre les difficultés de notre époque, il est préférable de bien s'informer et s'instruire auprès d'experts incontestés. Il ne suffit pas de raisonner avec ses sensibilités et sa culture perso, ou des dires du "lapincuré duracel" sinon ça tourne aux drames.

On a pu le constater dans les années 1929, en 1933 jusqu'en 1945 ou des collabos on "cru" en Hitler ce faisant, qu'il fallait collaborer avec le nazisme sans même se donner la peine de réfléchir. Ils ont cru que, par la discussion, tout était possible même arrêter le monstre nazi.

Ce nouveau sinistre de la justice est à l'image de ces politiciens, qui, au nom des affaires, des pétrodollars et des avantages en dessous de table, deviennent quelque soit les couleurs et leurs promesses, les obligés des despotes, des monarchies sanguinaires et leurs religieux.

Le passé de Taubira prouve qu'elle n'aimait pas la France ni les Français, elle faisait passer ses idéologies anti-Républicaines et son ego surdimensionné avant le reste.
Avoir une grande gueule posée sur un popotin n'est pas suffisant, encore faut-il que celle-ci crache des idées intelligentes suivies d'actions concrètes pour le bien du peuple. On est loin du compte.

En l’occurrence, seuls les délinquants et les nazislamistes étaient assurés de sortir à peu près pénard d'un tribunal ou de la prison.

Les victimes des attentas en France ont subit directement et indirectement la politique désastreuse menée depuis 1975 tout particulièrement celle des quatre dernier Présidents et leurs gouvernements. Ils ont mené une politique pro arabo-musulmanes, antisémite, anti Israël, seule démocratie du Proche-Orient.

Certains d'entre eux vont se présenter aux présidentielles, on est très mal parti.

Écrit par : Pierre NOËL | 29/01/2016

"les constats de décès du communisme et de la social-démocratie" Cette analyse en dit plus sur son auteur que sur la réalité. La ligne social-démocrate, c'est celle du gouvernement actuel débarrassé de ses gauchistes doctrinaires, Montebourg, Hamon, Taubira...
Mais quand on est aligné sur ces derniers, on parle de social-libéralisme...

Écrit par : Géo | 29/01/2016

@Pierre NOËL

C'est aux Français de prendre leurs responsabilités?!

Écrit par : Patoucha | 30/01/2016

C'est au Françaises et aux Français de s'informer, s'instruire et agir.

Tu as mille fois raison Patoucha!

https://www.facebook.com/Europe-Isra%C3%ABl-page-officielle-243656822344092/?fref=nf

Écrit par : Pierre NOËL | 31/01/2016

C'est au Françaises et aux Français de s'informer, s'instruire et agir.

Tu as mille fois raison Patoucha!

https://www.facebook.com/Europe-Isra%C3%ABl-page-officielle-243656822344092/?fref=nf

Écrit par : Pierre NOËL | 31/01/2016

Pour ne pas faire trop long, les Européens et les Suisses doivent prendre des initiatives et ce, à tous niveaux afin de stopper leurs dirigeants respectifs dans cette politique désastreuse pour TOUT l'Occident.

S'ils ne le font pas, le concept mortifère nous sera imposé au travers de la charia.

Patoucha, ou en es-tu en Suisse *L*

Taubira, a trahi la France qu'elle n'aime pas, comme Merkel vient de trahir l'Europe dont elle se fout complètement.

Les Européens auront l'avenir qu'ils voudront.

Le problème évoqué est mondial.

Écrit par : Pierre NOËL | 31/01/2016

@ Pierre Noël

Je répondais à : "Certains d'entre eux vont se présenter aux présidentielles, on est très mal parti."

"Patoucha, ou en es-tu en Suisse *L*"

De vive voix... :)

"Pour...les Européens et les Suisses doivent prendre des initiatives et ce, à tous niveaux afin de stopper leurs dirigeants respectifs dans cette politique désastreuse pour TOUT l'Occident."

Ils se sont tous rangés dans la même politique... Qui vivra verra!

Écrit par : Patoucha | 05/02/2016

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