31/12/2015

De 2015 à 2016

 

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Un texte en guise d’adieu à cette année 2015, empreinte de douleurs et de colère. En guise de salut à 2016, où perce un point lumineux. Mirage ou réalité? A vous de le décider. Soyez heureux!

(Le poème ci-dessous a déjà été diffusé sur ce blogue le 30 août 2011 sous le titre "Tout revit". Repris aujourd'hui, car il semble bien s'adapter à la situation présente).

 

Que retirer

De ce magma

De sang de larmes

De cris d’angoisses?

 

Cette pépite

Que l’homme oublie?

Ce filon d’or

Qu’il perd de vue?

 

Tout se dérobe

A nos regards

Tout se disperse

A notre appel

 

L’ennemi glisse

Venin gluant

Il nous enjôle

Baiser mortel

 

De nos colères

Il tirera

Son bénéfice

Et son miel

 

A ses enchères

Il cédera

Au plus offrant

Notre révolte

 

A l’abattoir

Nous marcherons

En écoutant

Ses chansonnettes

 

Où sont nos soifs

De libre étreinte?

Où sont nos faims

De pains rompus?

 

Comment porter

Le fer le feu?

Comment percer

Le ventre l’abcès?

 

Dans les entrailles

Des médias

Plonger les mains

En surmontant

La pestilence

 

En transformant

Le haut-le-cœur

En haut le corps

L’amour battant

Apparaîtra

 

Foi éternelle

Que notre doute

Toujours aiguise.

 

Jean-Noël Cuénod

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29/12/2015

Quand la gauche du PS français proposait la déchéance de la nationalité pour… les exilés fiscaux

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L’aile gauche du Parti socialiste français continue à faire pression sur le Manuel Valls et François Hollande (photos) pour qu’ils renoncent à inscrire dans la Constitution la déchéance de la nationalité française pour les double-nationaux reconnus définitivement coupables de terrorisme. La polémique enfle. Voilà le président socialiste accusé à l’intérieur de son propre camp de s’asseoir sur les principes les plus sacrés de la République, de s’inspirer des lois pétainistes et de faire le jeu de l’extrême-droite.

 Le plus marrant est que cette même aile gauche du PS avait proposé la déchéance de nationalité pour les Français qui sont partis à l’étranger et ne s’acquittent d’aucun impôt en France. C’est le député Yann Galut qui avait fait cette proposition – restée sans lendemain – en décembre 2012, peu après le tonitruant asile fiscal en Belgique de l’acteur Depardieu.

Aujourd’hui, ce même député qui voulait ôter le passeport français au exilés fiscaux s’oppose à ses camarades de l’exécutif qui veulent le retirer au terroriste. Il fait, en effet, partie des plus fervents détracteurs du projet Hollande-Valls.

Alors, les exilés fiscaux sont-ils plus dangereux que les terroristes? A un journaliste du Figaro qui lui demandait de s’expliquer sur ses deux positions, le député Gallut répond : La principale et fondamentale différence c'est qu'à l'époque ma proposition s'appliquait à tous les Français, et pas en fonction de leurs origines.

Cette laborieuse explication tombe à plat: compte tenu des textes internationaux, un Français qui n’a qu’un seul passeport ne peut pas être déchu de sa nationalité, car il est interdit de créer des apatrides. Donc, la proposition Gallut, visant les exilés fiscaux, comme celle de l’exécutif, ciblant les terroristes, ne peuvent s’appliquer l’une et l’autre qu’à des double-nationaux. Dès lors, lorsqu’il prétend que son idée se serait appliquée à tous les Français, le député dit n’importe quoi.

 Si on juge que la déchéance de nationalité porte une atteinte fondamentale aux principes qui forment la citoyenneté de la République française, elle doit être rejetée dans tous les cas de figure, exilés fiscaux, terroristes ou autres. Si on l’estime acceptable, elle peut alors être appliquée à l’une ou l’autre catégorie de criminels ou de délinquants. Mais contrairement aux positions d’une grande partie de la gauche socialiste, on ne saurait à la fois exciper des grands principes dans un cas et en faire fi dans un autre.

 Jean-Noël Cuénod

Le Plouc vient de sortir chez Nouvelle Presse Editions son nouveau bouquin 2015 Journal d’une année à tort et à travers

Vous pouvez vous le procurer de plusieurs façons (prix : 22 francs ou 20 euros, port compris) :

 – Le commander directement chez Nouvelle Presse Editions par courriel à l’adresse :

editions@nouvellepresse.org

- ou par lettre : Nouvelle Presse Éditions Case postale 1103 CH-1211 Genève 26

- ou par téléphone de Suisse : 022 800 14 30 ou de l’étranger : 00 41 22 800 14 30

Rappelons que les frais de port sont inclus dans le prix d’achat.

 

Vous pouvez aussi l’acheter chez Payot Libraire ou alors dans l’une des librairies suivantes en Suisse romande :

— Nouvelles Pages, Rue Saint-Joseph 15, 1227 Carouge; site : www.nouvellespages.ch

— Librairie du Boulevard, Rue de Carouge 34, 1205 Genève, site : www.librairieduboulevard.ch

— Rameau d'Or, Boulevard Georges-Favon 17, 1204 Genève ; site : www.rameaudor.ch

— Librairie L'Olivier, Rue de Fribourg 5, 1201 Genève ; site : www.icamge.ch

— Le Parnasse, Rue de la Terrassière 6, 1207 Genève ; site : leparnasse@vtxnet.ch

— Librairie La Fontaine, EPFL, Rolex Learning Center, 1015 Lausanne ; site : www.lelivre.ch

— Librairie L'Etage, Rue du Lac 44, 1400 Yverdon-les-Bains ; site : www.l-etage.ch

— Albert Le Grand, Rue du Temple 1, 1700 Fribourg ; site : www.albert-le-grand.ch

— Page d'encre, Rue des Bâts 4, 2800 Delémont ; site : www.page-d-encre.ch

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27/12/2015

Le Plouc sur France-Info et… chez Payot !

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 En 2015, les correspondants de la presse étrangère en poste à Paris n’ont pas chômé. Pour son émission « Micro Européen », diffusée sur les ondes de France-Info,  Marie-Christine Vallet en a donc invité deux, Anaïs Ginori, de la Repubblica et votre Plouc, Jean-Noël Cuénod (La Cité, Tribune de Genève, 24 Heures). Ils ont donc tiré le bilan de cette « année terrible », samedi 26 décembre.

Anaïs Ginori a publié un livre « Le kiosquier de CHARLIE », aux éditions Equateur ; il narre l’un des épisodes les plus saillants de 2015, l’attentat contre l’hebdomadaire satirique et l’HyperCasher.

Et votre serviteur en a commis un autre, « 2015, Journal d’une année à tort et à travers » aux Editions Nouvelle Presse. Ce bouquin est désormais disponible chez Payot Libraire dès le 29 décembre (voir ci-dessous les nombreuses façons de se procurer l’ouvrage).

Voici donc l’émission « Micro-Européen »

 http://www.franceinfo.fr/player/resource/753113-1686733#

 Vous pouvez vous procurez 2015 JOURNAL D’UNE ANNEE A TORT ET A TRAVERS – Nouvelle Presse Editions – de plusieurs façons (prix : 22 francs ou 20 euros, port compris) :

– Le commander directement chez Nouvelle Presse Editions par courriel à l’adresse :

editions@nouvellepresse.org

- ou par lettre : Nouvelle Presse Éditions Case postale 1103 CH-1211 Genève 26

- ou par téléphone de Suisse : 022 800 14 30 ou de l’étranger : 00 41 22 800 14 30

 Rappelons que les frais de port sont inclus dans le prix d’achat.

 

Vous pouvez aussi l’acheter dans les librairies Payot Libraire ainsi que dans celles-ci :

 — Nouvelles Pages, Rue Saint-Joseph 15, 1227 Carouge; site : www.nouvellespages.ch

Librairie du Boulevard, Rue de Carouge 34, 1205 Genève, site : www.librairieduboulevard.ch

Rameau d'Or, Boulevard Georges-Favon 17, 1204 Genève ; site : www.rameaudor.ch

Librairie L'Olivier, Rue de Fribourg 5, 1201 Genève ; site : www.icamge.ch

Le Parnasse, Rue de la Terrassière 6, 1207 Genève ; site : leparnasse@vtxnet.ch

Librairie La Fontaine, EPFL, Rolex Learning Center, 1015 Lausanne ; site : www.lelivre.ch

Librairie L'Etage, Rue du Lac 44, 1400 Yverdon-les-Bains ; site : www.l-etage.ch

Albert Le Grand, Rue du Temple 1, 1700 Fribourg ; site : www.albert-le-grand.ch

Page d'encre, Rue des Bâts 4, 2800 Delémont ; site : www.page-d-encre.ch

 

 Jean-Noël Cuénod

13:05 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : #2015 #politique #terrorisme #fn | |  Facebook | | |

23/12/2015

Le journal de l'année 2015 vient de sortir!

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2015, JOURNAL D’UNE ANNEE A TORT ET A TRAVERS (Nouvelle Presse Editions)… C’est le titre du dernier bouquin du Plouc qui sort aujourd'hui. Certaines années symbolisent un changement d’époque. 1905, grandes découvertes en physique d’Albert Einstein; 1956, émeute en Hongrie réprimée par l’Empire soviétique et fin des vieux colonialismes franco-britanniques avec le débarquement à Suez; 1968, libération des mœurs; 1991, fin de l’URSS.

2015 marquera la prise de conscience par l’Europe en général et la France en particulier de la guerre que mène l’islamoterrorisme contre les démocraties.

En 2015, il s’est produit d’autres événements, comme la mise au pas de la Grèce par l’Union européenne et ses créanciers, la montée des nationalismes en Suisse, en France, en Scandinavie, dans l’Est européen.

 Voici réunis les textes parus au fil des jours dans des éditoriaux ou des blogues, réécrits à la forme pour s’adapter au style requis par le livre «papier» mais sans en modifier le fond. 

 Vous pouvez vous procurez 2015 JOURNAL D’UNE ANNE A TORT ET A TRAVERS – Nouvelle Presse Editions – de plusieurs façons (prix : 22 francs ou 20 euros, port compris) :

 – Le commander directement chez Nouvelle Presse Editions par courriel à l’adresse :

editions@nouvellepresse.org

 - ou par lettre : Nouvelle Presse Éditions Case postale 1103 CH-1211 Genève 26

 - ou par téléphone de Suisse : 022 800 14 30 ou de l’étranger : 00 41 22 800 14 30

 

Rappelons que les frais de port sont inclus dans le prix d’achat.

 

Vous pouvez aussi l’acheter dans une des librairies suivantes en Suisse romande :

 — Nouvelles Pages, Rue Saint-Joseph 15, 1227 Carouge; site : www.nouvellespages.ch

 — Librairie du Boulevard, Rue de Carouge 34, 1205 Genève, site : www.librairieduboulevard.ch

 — Rameau d'Or, Boulevard Georges-Favon 17, 1204 Genève ; site : www.rameaudor.ch

 — Librairie L'Olivier, Rue de Fribourg 5, 1201 Genève ; site : www.icamge.ch

 — Le Parnasse, Rue de la Terrassière 6, 1207 Genève ; site : leparnasse@vtxnet.ch

 — Librairie La Fontaine, EPFL, Rolex Learning Center, 1015 Lausanne ; site : www.lelivre.ch

 — Librairie L'Etage, Rue du Lac 44, 1400 Yverdon-les-Bains ; site : www.l-etage.ch

 — Albert Le Grand, Rue du Temple 1, 1700 Fribourg ; site : www.albert-le-grand.ch

 — Page d'encre, Rue des Bâts 4, 2800 Delémont ; site : www.page-d-encre.ch

 Joyeux Noël et bonne lecture.

 Jean-Noël Cuénod

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14/12/2015

Les régionales françaises : tous gagnants, tous perdants

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Etranges élections régionales en France où tous les protagonistes ont de quoi sourire et pleurer. Le Front national était au porte du pouvoir régional avant le second tour de dimanche. Une à trois régions lui semblaient prenables. En fin de course, il n’en aura aucune. Les frontistes perdent l’occasion de régner sur des grandes régions de 4 ou 5 millions d’habitants. Cela aurait constitué pour eux – et surtout pour leur patronne Marine Le Pen (Photo Lexpress) – un tremplin de choix pour l’élection présidentielle de 2017.

Caramba, encore raté ! La malédiction du second tour continue à éteindre la flamme FN. Comme en mars dernier, lors des élections départementales, les candidats de l’extrême-droite font un malheur au premier tour ; un malheur tel, que les abstentionnistes de la droite LR et de la gauche se réveillent en sursaut (républicain) au second tour.

Ce second tour a réservé une belle claque au clan Le Pen. Tante Marine caracolait en tête avec quinze points d’avance sur Xavier Bertrand (LR) au premier tour. Une semaine après, c’est elle qui est devancée par le même candidat de la droite républicaine de… quinze points, Bertrand ayant bénéficié d’un report de voix massif de toute la gauche, des communistes aux socialistes en passant par les Verts. Même scénario en Provence-Alpes-Côte d’Azur où la nièce Marion Maréchal-Le Pen a été largement battue par le LR Christian Estrosi qui a, lui aussi, bénéficié de l’appui décisif de la gauche. Or, la candidate frontiste était largement sortie en tête au premier tour.

Plus de six millons et demi de voix pour le FN

Toutefois, le Front national a également de quoi sourire. Dimanche, il a battu de 200 000 voix supplémentaires (6.600.253 suffrages sur l’ensemble du territoire) son record historique obtenu par Marine Le Pen à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle. Il a surtout démontré qu’il était partout implanté et que sa dynamique n’était pas seulement mue par la famille Le Pen.

Enfin, le Front national a changé le paysage politique de la France, désormais divisée en trois forces plus ou moins égales.

Pour le parti LR les raisons de maugréer ne manquent pas. Après son succès aux élections départementales et l’impopularité spectaculaire du gouvernement socialiste, il était parti pour rafler la quasi-totalité des douze régions de l’Hexagone (sans la Corse, ni l’Outre-mer). Or, il en a finalement décroché sept et a dû en céder cinq au Parti socialiste, laissé pour moribond dans les ornières médiatiques. Maigre butin, d’autant plus que trois régions – Nord-Picardie, Alsace-Champagne-Ardennes, Provence-Alpes-Côte d’Azur – n’ont été obtenues par les candidats LR que grâce à l’apport des électeurs de gauche. Nicolas Sarkozy qui s’était battu contre le « Front républicain » avec les socialistes et la gauche a donc été sauvé de la déroute par ce même « Front républicain ».

Sarkozy doit rendre des comptes

Nul doute que ses nombreux rivaux vont lui réclamer des comptes et l’attaquer sur ses dérives extrème-droitières. Alain Juppé, François Fillon, Bruno Le Maire se montreront intraitables à son égard, dans l’optique de la primaire qui désignera l’an prochain le candidat de la droite à la présidentielle de 2017. Un autre rival interne de Sarkozy a pris du galon, Xavier Bertrand qui a terrassé la présidente du FN Marine Le Pen grâce aux voix de gauche. Or, le patron du parti LR ne lui a pas facilité la tâche, c’est le moins que l’on puisse dire, en vilipendant la gauche durant l’entre-deux-tours. Les deux hommes, on le sait, se détestent, Sarkozy ayant traité Bertrand, devant des journalistes, de « petit assureur médiocre et bon à rien ». Après avoir réussi à faire bloc autour de lui, à droite et à gauche, en région Nord-Picardie, le « petit assureur » a pris de l’assurance. Un souci de plus pour l’ex-président de la République qui voit ses rêves de reconquête de l’Elysée bien compromis.

Mais le parti LR peut aussi se targuer d’avoir pris tout de même sept régions, alors qu’il n’en détenait qu’une seule (l’Alsace) jusqu’à maintenant. La plus grande victoire LR a été obtenue en Ile-de-France où Valérie Pécresse a battu le président socialiste de l’Assemblée nationale Claude Bartolone, ce qui n’est pas un mince exploit après 17 ans de pouvoir à gauche. Mais c’est surtout François Fillon, adversaire interne de Sarkozy, qui peut en tirer avantage, Valérie Pécresse étant son alliée.

Quant aux socialistes, ils subissent une défaite de plus. Ils détenaient 21 régions sur 22 selon l’ancien découpage. Désormais, ils n’en comptent plus que cinq sur douze (hors Corse et Outre-Mer) avec les nouvelles grandes régions. Mais voilà, ces cinq régions sauvées sont perçues comme de véritables victoires dans la mesure où personne n’aurait misé sur un tel score, il y a seulement quelques semaines. L’impopularité du gouvernement socialiste semblait un éceuil insurmontable. Et si les enquêtes d’opinion gratifiaient le président François Hollande d’un regain de satisfaction après les attentats du 13 novembre, cette situation ne semblait pas devoir se traduire dans les urnes.

Très fragile bonne séquence pour le PS

Le Parti socialiste a donc sauvé les meubles, sans gloire certes, mais c’est mieux que rien. La tactique de Valls et Hollande visant faire le forcing auprès des électeurs de gauche pour qu’ils votent en faveur des candidats LR contre les frontistes a atteint son but à court terme – le Front national n’a pas de région – et peut-être à long terme, en faisant apparaître François Hollande comme le rempart le plus efficace contre le Front national lors la présidentielle de 2017.

Après les succès de la diplomatie française à COP21, le regain de popularité qui succédé aux attentats et ces élections qui n’ont pas tourné à la catastrophe, la séquence actuelle n’est pas si mauvaise que cela pour le gouvernement socialiste. Il reste à savoir si la courbe du chômage ne va pas réduire en miettes cette timide espérance.

 Jean-Noël Cuénod

01:30 | Lien permanent | Commentaires (36) | Tags : #fn #france #régionale2015 | |  Facebook | | |

12/12/2015

La sculptrice Catherine Bouroche a rejoint ses nuages

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 Comment sculpter un élément aussi dépourvu de densité qu’un nuage ? Catherine Bouroche avait réussi ce tour, non de force, mais de douceur. Cette douceur plus vigoureuse, plus pleine de vie que toutes les apparences de la puissance. Cette grande sculptrice française a rejoint ses nuages. Elle nous a laissé sur la terre, vendredi matin à Paris, sa ville de résidence, alors que la Galerie ART-Aujourd’hui lui consacre actuellement une exposition en compagnie des œuvres de Gianbattista Bresciani, Nadine Cosentino et Jean-Marc Ehanno[1]

 Née en 1942 à Casteljaloux (Lot-et-Garonne), Catherine Bouroche a obtenu en 1965 son diplôme de l’Ecole nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d’art à Paris. Trois ans plus tard, elle s’est installée dans son atelier, rue Pradier dans le XIXe arrondissement parisien. De 1975 à 1977, elle a réalisé des œuvres monumentales pour plusieurs établissements scolaires.

L’année 1992 marque un tournant dans son œuvre. Elle scelle sa rencontre avec le plexiglas qui lui permet d’exprimer son univers onirique peuplé de formes légères, nébuleuses mais denses, éclairé ça et là de touches d’humour.

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Le peintre Philippe Rillon – qui anime la Galerie ART-Aujourd’hui avec Marianne Rillon et Daniel Chassagne – a bien décrit le travail de la sculptrice :

 Catherine Bouroche, tout en délicatesse et légèreté, aime interroger et surprendre nos regards et nos esprits. Jamais ses nuages ne suggèrent des orages ou des drames. Tiens, il pleut...! C'est pas grave! Les nuages traversent la fenêtre, on peut les attraper, les caresser, ils sont lisses, prendre leur empreinte, les mettre en cage, ouvrir la cage, les ausculter, les disséquer, rien de grave! Et le ciel, lui, est limpide et clair comme la plaque de verre ou le miroir qui le signifie. Chez Catherine Bouroche, ciels et nuages sont "idéaux". Ils sont une invitation au voyage.

 Dans son œuvre, rien de répétitif. Chaque nuage a son «être» qui lui est propre. Il vit sa vie de nuage, l’air de rien. Ou plutôt l’air de tout. Puisque tout est air, tout est vide entre les particules de la matière. La vapeur a une solidité que lui envierait la pierre. L’apparence des choses est un faux-semblant. Catherine Bouroche définit les contours du vrai-semblant.

Puissent les nuages lui tenir chaud.

 Jean-Noël Cuénod

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[1] Exposition «Temps calme, beau fixe… » jusqu’au 20 décembre 2015 à la Galerie ART-Aujourd’hui,  8 rue Alfred-Stevens 75009 Paris ; site : http://galerie-art-aujourdhui.com

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09/12/2015

Le Front national et la nostalgie de la famille politique

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Parmi les multiples raisons qui font le succès du Front national, il en est une qui mérite d’être examinée. Elle a trait à la notion de famille politique. Ce n’est pas le caractère nettement népotiste de ce parti – il n’est pas d’exemple dans les pays démocratiques d’un parti aussi colonisé par une seule famille – qui nous intéresse en l’occurrence, mais cet « être ensemble » qui fait d’une formation politique un lieu de convivialité sociale.

 Faire de la politique, ce n’est pas seulement défendre des projets destinés à améliorer le gouvernement des êtres et des choses et à mettre un bulletin dans l’urne.

C’est aussi accomplir ces petites besognes militantes qui vont de la gestion des réseaux sociaux (l’époque du collage des timbres est un peu dépassée), du porte-à-porte dans les immeubles (le pire des accueils y côtoie le plus chaleureux), au collage d’affiches (qui peut tourner en baston). C’est aussi participer aux réunions de section (de cellule à l’époque du communisme triomphant) dans l’arrière-salle des bistrots, à la préparation des meetings (mais qui a oublié de brancher la sono, hein ?)

Cet ensemble d’activités crée un esprit de famille, de famille politique, une chaleur collective, une convivialité qui, en France, a fait la force, jadis, du Parti communiste, mais aussi, contrairement à ce que l’on croit, des partis gaullistes (sous leurs différentes dénominations) et socialiste (sous leur ancien nom, SFIO– Section française de l’Internationale ouvrière).

Le tournant de 1962

En instaurant l’élection du président de la République au suffrage universel en 1962, le général de Gaulle a centré toute la vie politique sur ce moment électoral. En effet, la France est le pays démocratique où le pouvoir est le plus concentré dans les seules mains du chef de l’Etat. Cela fait du président, un Louis XIV électif. Tout découle de cette élection, notamment les législatives. Dès lors, les partis de gouvernement se sont mués en écuries présidentielles. Petit à petit, le projet politique a été remplacé par les stratégies de communication. Une mentalité de type marketing s’est installée, c’est-à-dire que l’écurie présidentielle adapte son projet en fonction de l’air du temps et non pas en vertu des nécessités de l’époque. On cherche à se distinguer médiatiquement par des petites phrases mais le fond de l’action politique est devenu flou et quasi-interchangeable. C’est ainsi que les socialistes François Hollande et Manuel Valls appliquent des mesures semblables à celles que pourraient prendre n’importe quel leader de la droite libérale.

Evacuation du politique. Evacuation des militants

Cette évacuation du politique a pour corollaire celle des militants qui n’ont plus leur place dans ce dispositif désormais réservé aux professionnels de la communication et aux permanents.

Quant à ce nid de militants dévoués et souvent efficaces qu’était le Parti communiste français, il a été emporté dans la chute de l’empire soviétique. Or, ces militants rouges faisaient aussi vivre ces banlieues que l’on dit aujourd’hui déshéritées et qui ne l’étaient pas tant que ça dans les années 1960 et 70. Ces communistes de la base aidaient les gens à remplir leurs formulaires, à se mouvoir dans les méandres de l’administration, les conseillaient pour faire valoir leurs droits. Ils exerçaient aussi un sorte de contrôle social lorsque tel ou tel habitant troublait le quartier: «Dis donc camarade, tu pourrais mettre ta télé moins fort le soir ; tes voisins doivent se lever tôt pour aller bosser».

Aujourd’hui, ces militants communistes ont été remplacés par des dealers ou des intégristes de l’islam qui peuvent d’ailleurs être les deux à la fois.

 Le Front national occupe le terrain

Les héritiers – de plus en plus lointains – du gaullisme et du socialisme démocratique ayant abandonné, et la politique et les militants, le Front national s’est empressé d’occuper le terrain ainsi délaissé. En une année, le FN a doublé le nombre de ses militants passant de 40 000 à 83 000 actuellement. Certes, tous les partis mentent de façon infantile sur ce genre de statistiques et on ne voit pas par quel miracle déontologique les frontistes échapperaient à ce vice commun. Mais il est manifeste que les adhésions progressent fortement au bénéfice de ce parti. Il n’est qu’à voir leurs permanences souvent bien remplies.

En suivant leur congrès et leurs manifestations, il est frappant de constater la convivialité qui y règne. L’esprit «famille politique» s’est éteint à droite et à gauche, le voilà ranimé à la flamme du Front national. Ce parti ne considère pas le militant comme une quantité négligeable et lui donne un rôle à jouer, des missions à accomplir. Faire vibrer la toile des réseaux sociaux est nécessaire mais pas suffisant. Au fur et à mesure que s’étend la virtualité induite par les nouvelles technologies, le besoin de rapports humains et directs s’accroît. Le FN l’a bien compris.

Cela dit, ce militantisme retrouvé est mobilisé en faveur de causes néfastes pour la société, telle l’exclusion, la xénophobie et le racisme qui restent le fond de la mentalité FN comme le démontre la lecture des prises de positions des élus de base sur Twitter et Facebook.

Pour opposer résistance à ce mouvement, il est indispensable que les partis de gauche et de la droite libérale retrouvent le chemin du militantisme et changent leur logiciel d’écurie présidentielle pour le remplacer par celui d’un vrai parti où l’humain n’est pas qu’une fleur de rhétorique mais en constitue la substantifique moelle. Bien du pain sur une longue planche !

 

Jean-Noël Cuénod

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06/12/2015

En France, malgré la vague bleu Marine, tout n’est pas joué

 

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Constat initial du premier tour des élections régionales françaises: l’Hexagone s’installe dans le tripartisme avec un bloc nationaliste à 27-28% représenté par le FN, un bloc libéral (Les Républicains et les centristes de l’UDI), juste un peu en-dessous du Front national, et un bloc social-démocrate (le PS et les radicaux de gauche) à 23-24%. Cette configuration, la Suisse la connaît bien avec l’UDC, les radicaux-libéraux et les démocrates-chrétiens, ainsi que le troisième larron socialiste. On pourrait un jour ou l’autre, la retrouver en Grande-Bretagne si UKIP parvient, malgré la loi électorale britannique, à s’insérer dans le traditionnel duel entre conservateurs et travaillistes.

Elle traduit la nouvelle donne sociologique provoquée par le brutal brassage des cartes de l’économie globalisée. Les électeurs qui travaillent comme patrons ou salariés dans des secteurs essentiellement actifs sur le marché national craignent d’être déclassés par la concurrence sauvage de la mondialisation; tout ce qui vient de l’étranger – accords européens, migrants, réfugiés – est perçu comme une source de danger. Danger pour son travail. Danger pour la sécurité avec les récents attentats. Danger pour ses habitudes de vie. Ce groupe d’électeurs est forcément sensible aux chants des sirènes lepénistes, blochériennes ou europhobes.

Les électeurs qui, au contraire, comme patrons ou salariés s’activent dans des secteurs qui ne craignent pas la concurrence mondialisée, ne peuvent pas se reconnaître dans cet esprit de fermeture. Une fermeture qu’ils estiment périlleuses pour leurs propres intérêts. Ils privilégient donc les partis libéraux comme, en Suisse, le PLR (et le PDC avec, parfois, une teinte sociale) et en France, Les Républicains et l’UDI.

Il y a donc deux droites de force à peu près égale avec pour troisième pôle, les socialistes qui développent à la fois un discours d’ouverture et de protection. Parfois, ce discours est audible. Souvent, il ne l’est pas. Néanmoins, on constate, tant en France qu’en Suisse, que, malgré leur baisse de régime – forte en France, faible en Suisse – les socialistes tiennent le coup dans une période qui leur est très défavorable. Après tout, avec 24%, le PS français est très loin de disparaître du paysage politique. Et si l’on ajoute les 10% des autres partis voisins (Front de Gauche et écologistes), la gauche française atteint 34%, soit plus que le bloc FN et le boc LR-UDI.

 Sarkozy joue très gros

 Revenons en France et à ce premier tour des régionales. Deuxième constat : rien n’est encore joué. Certes, le Front national arrive en tête dans six régions sur treize, ce qui est énorme et dépasse même les plus flatteuses estimations. Toutefois, pour l’emporter au second tour, il n’a aucune réserve de voix. Son électorat s’est fortement mobilisé au premier tour et il ne peut guère compter sur les abstentionnistes pour engranger de nouveaux suffrages. Son seul espoir est le maintien au second tour des socialistes et de la droite LR et centristes arrivés en deuxième et troisième positions. Mais si l’un des deux suivants se désistent ou fusionnent avec l’autre, les chances de victoire du FN seront alors réduites à peu de choses.

Rappelons que les listes qui ont obtenu au moins 10% ont le droit de se maintenir. A 5% au moins, elles peuvent fusionner avec une liste qualifiée pour le second tour.

Les socialistes ont paru très confus dans leurs explications. Il apparaît que si dans certains cas, ils préconisent la fusion avec la liste LR-centristes, voire le désistement, pour s’opposer au FN, dans d’autres, ils semblent enclins à se maintenir.

Nicolas Sarkozy – qui avait sa tête des mauvais jours – a annoncé devant les caméras que les candidats LR ne désisteront pas en faveur d’un socialiste et qu’il n’y aurait aucune fusion de liste. Et déjà, la discorde survient avec son allié Jean-Christophe Lagarde, le patron des centristes de l’UDI qui, lui, demande à ses candidats de se retirer en cas de duel entre le FN et le PS pour faire barrage aux frontistes. La cohabitation entre LR, très marquée à droite par Sarkozy, et les centristes devient de plus en plus malaisée.

Pour l’ancien président de la République ce premier tour a des allures de défaites. Tout d’abord, le parti qu’il dirige n’arrive que deuxième derrière le FN et ses listes ne sont en tête que dans quatre régions sur treize. S’il parvient à renverser la situation au second tour, cette défaite sera oubliée. Mais si ce résultat médiocre se confirme la semaine prochaine, alors le leadership de Sarkozy sera fortement remis en cause à la tête du parti LR où l’ancien locataire de l’Elysée ne manque pas de rivaux. Dès lors, son opération «reconquête» à l’élection présidentielle de 2017 risque fort d’échouer. Cette semaine, Sarkozy joue très gros.

Pour le président François Hollande, si le Front national parvient à conquérir une ou deux régions (sans doute le Nord-Picardie pour Marine Le Pen et Alpes-Provence-Côte d’Azur pour sa nièce Marion Maréchal-Le Pen), Nicolas Sarkozy en sortira très affaibli. D’une part, tout le monde parlera de la victoire historique des frontistes même si le parti LR remporte plus de régions. D’autre part, le succès du clan Le Pen démontrera que la stratégie sarkozyste de placer la droite libérale sur le même terrain que l’extrême droite était vouée à l’échec.

Mais François Hollande jouera-t-il avec la flamme du FN en persuadant les socialistes de se maintenir au second tour au risque de faire élire un (ou plutôt une !) frontiste. Ce cynisme risque de lui coûter fort cher, au sein même de son propre camp.

 Jean-Noël Cuénod

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03/12/2015

L’Etat dans tous ses états d’urgence

 

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Le président François Hollande et son premier ministre Manuel Valls (photo Média-Info-Presse) sont tellement satisfaits de l’état d’urgence qu’ils veulent l’inscrire dans la Constitution française et porter sa durée maximale à six mois (trois mois actuellement).

Valls a établi devant les médias un premier bilan de cette urgence dans tous ses états: «Nous sommes à plus de 2000 perquisitions administratives qui ont été menées depuis la mise en place de l'état d'urgence. Elles ont permis de saisir 320 armes, dont une trentaine d'armes de guerre. Plus de 250 procédures judiciaires ont été initiées suite à ces perquisitions, plus de 210 personnes ont été placées en garde à vue».

 En quoi consiste l’état d’urgence? Les préfets peuvent ordonner le couvre-feu, instituer, selon la loi de 1955 adoptée au début de la guerre d’Algérie, «des zones de protection ou de sécurité où le séjour des personnes est règlementé» et interdire de séjour «toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit l’action des pouvoirs publics».

Le ministre de l’Intérieur a le droit d’assigner à résidence toute personne qu’il estime dangereuse pour l’ordre public ainsi qu’avec les préfets, à fermer les salles de spectacle, débits de boisson et lieux de réunions.

Ledit ministre et ses préfets ont aussi la possibilité d’ordonner des perquisitions de police à domicile – dites administratives car se déroulant sans le contrôle d’un juge –  de jour et de nuit.

Et enfin, une disposition peu évoquée mais particulièrement inquiétante permet au ministre de l’Intérieur et aux préfets de prendre toute mesure pour contrôler la presse et les médias.

 Déjà les premières dérives apparaissent. Une ferme de maraîchers bio dans le Périgord Vert a été perquisitionnée pendant des heures et fouillée dans les moindres recoins. S’attendait-on à y découvrir des ceintures de carottes explosives? Bien entendu, les policiers n’ont rien trouvé et sont repartis comme ils étaient venus. Pourquoi cette perquisition? Ces fermiers qui militent pour l’agriculture écologique n’ont pas le plus petit lien avec le terrorisme. Les policiers ont simplement signalé à ces jeunes paysans qu’ils avaient participé, il y a trois ans, à une manif contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ce qui fait d’eux des suspects, bien sûr.

D’autres militants écologistes ont été assignés à résidence. Une famille de Seine-Saint-Denis a été traumatisée par l’apparition de policiers qui ont débarqué dans son appartement par erreur… Pendant ce temps-là, un vrai islamoterroriste, bien dangereux, bien radicalisé, bien armé, Salah Abdeslam en l’occurrence, court toujours malgré l’état d’urgence.

 Les bavures de ce genre vont s’accumuler, car lorsque les autorités ont la bride sur le cou, elles ont toujours tendance à s’emballer et à faire n’importe quoi. Y compris régler des comptes avec les militants opposés à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes qui sont quand même un tout petit moins dangereux que les barbus sanguinaires.

 La France vivait un moment rare dans son Histoire, à savoir le soutien populaire aux forces de l’ordre. En multipliant les dérives suscitées par l’état d’urgence, ce soutien risque fort de disparaître. Or, policiers et gendarmes en ont plus que jamais besoin pour mener leurs missions.

 Que l’Etat protège les institutions et les citoyens par des mesures exceptionnelles, c’est indispensable. Mais ces mesures, elles doivent le rester, exceptionnelles, au risque de vider la démocratie et l’Etat de droit de leur substance. Or, la démocratie, l’Etat de droit, la liberté individuelle, la liberté de la presse ce sont justement les valeurs que veulent abattre l’Etat islamique et les intégristes musulmans. Veut-on leur faciliter la tâche en les abandonnant ?

Au lieu de graver dans le marbre gaullien de la Constitution une sorte de permanence de l’urgence, il serait plus utile, pour combattre le terrorisme, de donner aux gendarmes et policiers les moyens en personnel et en matériel qu’on leur promet toujours mais qu’on leur octroie rarement.

 Et puis, est-il vraiment utile de rendre constitutionnels autant de pouvoirs de contrainte, au moment où le clan Le Pen et l’extrême droite risquent d’être portés à l’Elysée ?

 

Jean-Noël Cuénod

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