03/10/2015

TEMPS MINERAL

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Lampée d’eau salée goût d’algue au fond de la gorge

Sur le sable un petit crabe court à sa perte

Et subira bientôt la loi du talon

 

Les rouleaux passent et repassent sur ton corps

L’océan est un monstrueux copulateur

Mais sa semence n’engendre que des galets

Qui se réchauffent dans les sables utérins

 

L’oiseau bleu ne se détache plus du ciel

La trace de son vol s’est dissoute dans l’air

Au sol absolue solitude des pierres

Le cœur absent nous vivons un temps minéral

 

Jean-Noël Cuénod

16:21 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : poème, poésie | |  Facebook | | |

Commentaires

Fatigués voire découragés, démarche:

s'asseoir, ou s'étendre.

Se laisser aller à ressentir à quel point on peut être fatigué, découragé, las, consterné puis, détendu (non de manière maniaque à être encore plus crispé à force d'avoir peur de l'être) penser nettement

Je suis fatigué (etc.) maintenant:

je me repose

je me rebranche (d'un arbre sa sève)

je reprends "contact"!

je "renoue"

je revis (je "reprends")!


En écrivant ces mots je "vois" des élevages industriels

Poules, vaches
vient la question suivante:

Les vaches désormais traites sans la chaleur, la force d'une main possiblement par une vache ressentie "amie"! la "présence humaine"... les vaches ne connaissant plus que du métallique et du mécanique, à la longue, les vaches, chassées, exclues à jamais de leurs bons pâturages, les vaches produiront-elles toujours qualitativement parlant le même lait?

Toujours plus, toujours plus vite.

Fortune des distributeurs, désespoir des producteurs.

Reprenons le poème de Monsieur Cuénod:


"L'oiseau bleu ne se détache plus du ciel

La trace de son vol s'est dissoute dans l'air

Au sol absolue solitude des pierres

Le cœur absent nous vivons un temps minéral


HAUTE GASTRONOMIE



Cœurs absents servis sur leur coulis de gains et profits consuméristes:

quel régal!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 05/10/2015

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