24/04/2015

MECANIQUE DE LA GRAND’ PEUR

 

 

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Les chants de la forêt s’éteignent peu à peu

Sous les pas du chat les mousses se font complices

Et les chênes laissent tomber toutes leurs rides

Un monde de crimes muets va se lever

Sur la nuque l’haleine fauve de l’humus

Au ventre s’étripent la crainte le désir

Seul compte l’instant l’avenir n’est qu’un piège

Et le passé n’en finit pas de trépasser

Mue de vipère dissoute par les averses

 

Craque une branche sèche tout est suspendu

Générale mobilisation des sens

Bien exécuté l’acte calme les ombres

Honteuse gratitude envers les assassins

Bref soulagement les échines se détendent

Mais le répit se dissipe brouillard léger

Découvrant la nudité des peurs animales

 

Un pas de fourmi sépare la vie la mort

Respirer est un danger bouger un péril

Surtout ne pas penser ! Surtout ne pas penser !

Les ondes pourraient attirer l’attention

Et si des fauves s’abattaient sur nos épaules ?

Et si du ciel le feu noir brûlait nos âmes ?

Patience l’unique force qui nous reste

 

Le matin surgit entre les os des fayards

Les survivants lèvent la tête se regardent

Et la nuit venue tout recommencera

 

 

Jean-Noël Cuénod

16:43 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

Commentaires

Monsieur Cuénod merci pour ce merveilleux poème qui reflète si bien cette peur sécuritaire proche de la psychose dans laquelle nous vivons et dans laquelle certains rêvent de nous maintenir
Très belle soirée pour Vous Monsieur

Écrit par : lvoejoie | 24/04/2015

Poème vrai.

On peut, sans l'avoir rencontré "voir" un auteur Jean-Noël plutôt grand qui entend et compose peut-être bien en marchant... (... : trois pas)! en fait, déjà six!
Mais il y a juste une chose: "Surtout ne pas penser! Surtout ne pas penser!"?

Mon chat est diabétique. Ce sont des choses qui arrivent. Punkt, terminé.
Lorsqu'il arriva, chat de la campagne je le décidai "de grande famille, soit avec pedigree" (aspect sans doute un peu vaniteux) lui donnai trois prénoms. Au lendemain matin tout son petit corps tressaillant me fit savoir qu'il aimait ma voix.
Du coup ses croquettes furent baptisées "gourmandises et friandises"!

Ses croquettes pour chat diabétique stade avancé? "ROYAL" canin ("de grande famille, soit avec pedigree"?!
Mais je pense qu'il ne faut pas non plus exagérer. c'est alors que j'"entends" la voix de mon compagnon, décédé par maladie qui est également de nos jours dite psychosomatique me dire: "Tu es en train de me rendre très malade!" (parce que je pensai devoir lui dire sur un ton moins sympa qu'en principe une ou deux "petites choses en passant"?!

Chose singulière que les mots. Ami avec un prêtre catho mon père, juif, pensa devenir prêtre comme lui. Juste, un problème, me confia-t-il bien plus tard: il aimait trop les femmes pour ne pas savoir qu'il mènerait double vie. Il renonça donc à la prêtrise mais ce qui est étonnant est qu'en cette époque où le catholicisme parlait encore énormément d'enfer cet ami prêtre s'appelait l'abbé "Dufour": du four/ enfer.

Alors, ne pas penser ou admettre qu'en cette époque de banalisation nous pensons trop "comme" sans oser ne pas penser comme: c'est-à-dire par nous-même: "hors cadre"?!

Alors à quand les "Chants de la forêt, ceux des sources.
Non plus "retenus" ces chants

Aurores aux bains de rosée

Perles d'amour

De rosée, larmes...

Écrit par : Myriam Belakovsky | 25/04/2015

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