07/10/2014

DESTIN

 

 

Dans ce nid de poussière

Que le courant d’air néglige

Des lambeaux de souvenirs

Viennent y pondre leurs œufs

 

Il fait chaud dans la soupente

Larme ou transpiration ?

 

Peu importe c’est de l’eau

Et c’est de l’air qu’il nous faut

 

Ne pas mourir tout de suite

Laisser le chant de la terre

Dérouler tous ses refrains

Nos comptes ne sont pas réglés

 

Et les fumées du matin

Cachent encore des mystères

 

Nous respirons la poussière

Comme l’univers aspire

Ses planètes ses soleils

Pour en faire des trous noirs

 

Au ventre la lumière !

Des astres courent en nous

 

Quitter ce nid aux remugles

Errer dans le soir qui tombe

Sur un quai grouillant de rats

Des grains de nuit rouleraient

Entre les pavés luisants

Des bateaux prêts à partir

Balanceraient leur squelette

En attendant notre assaut

 

Jamais nous ne partirons

Nous avons perdu la clef

Les souvenirs monstrueux

Ont fait des tas de petits

 

Voilà notre air disputé

Voilà notre peau bleuie

 

Il n’y a jamais d’issue

Il n’y a que des murailles

A percer de nos mains nues

Mousses de chair sur la pierre

 

Les sarments de notre corps

Témoigneront de l’effort

 

Une vague d’espérance

Roulera sur nos dos secs

Il n’en restera rien

Qu’un peu de sel à nos âmes

 

Car nous n’avons pas fini

De poursuivre l’invisible

 

Brisant ses murs un à un

 

 

Jean-Noël Cuénod

 

 

 

 

Livres de poésie de l'auteur disponibles dans les librairies Payot ainsi que sur le site www.payot.ch ou auprès de l'éditeur Samizdat (Denise Mützenberg, 8 chemin François-Lehmann - 1218 Grand Saconnex):

 

- Circonstances

 

- Le Goût du Temps (Prix Festival Rilke 2012)

 

Disponibles sur les sites FNAC, Amazon,

 

 - Matriarche (Editions Editinter Paris)

 

- Liens (Editions Editinter Paris)

 

- Amour Dissident (Editions Editinter Paris. Coécrit avec Christine Zwingmann - Médaille du Sénat).

j4 2bis.jpg


10:39 | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : poésie | |  Facebook | | |

Commentaires

Je vous trouve un peu pessimiste, la planète Mercure selon l'occultisme se trouve dans les poumons, on peut en invoquer l'esprit, le dieu, pour respirer mieux, l'imagination est un bon supplétif, il est un pont, il n'y a pas ou plus d'écart monstrueux entre le concept et l'expérience vécue.

Écrit par : Rémi Mogenet | 07/10/2014

Ni chant, ni poésie, c'est le champs du signe qui ne trompe pas. Le champs des morts approche.

Écrit par : Jolo | 07/10/2014

@Nonsieur Cuénod c'est un très beau poème qui s'accorde bien avec le mois des morts
Cependant et je rejoins malgré tout Monsieur Morgenet les endeuillés préfèreront ceci après le temps du deuil qui est variable selon les personnes ,trouver des gens les encourageant et ne leur montrant pas tous les côtés négatifs de la vie .Beaucoup d'ailleurs préférent nettement lire plutôt que pianoter à la Sainte journée à des vivants déjà presque morts ou qui jouent à merveille les rôles de morts ou presque mourants
Les cosmos ,a défaut de contacts humains non spécialisés dans l'eugénisme de la pense et des actes m'ayant toujours passionnée,je m'amuse de voir le jeu des astres qui dès le mois d'Aout s'amusent à compliquer la vie à beaucoup de gens mais encore plus à ceux qui sont mordus d'horoscopes ou de voyants n'ayant pas encore compris qu'ils étaient eux-mêmes les jouets de leur propre imagination tout comme ceux qui s'envoient des textos avec des *je t'aime*

Écrit par : lovsmeralda | 07/10/2014

Nous avons perdu la clef? ou une note de clarinette: un la, note de rassemblement mise au diapason... en cherchant bien?!

Argent but, argent moyen?

Hommes commercialisés, hommes marchandises et chimisisés pour tenir le coup qui se rendent sans broncher se vendre, autrefois présenter, au rendez-vous d'embauche.

Contrats avec Etats ne respectant pas les Droits de l'homme, de la femme, de l'animal de l'environnement.

Scandale.

Fatalité?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 07/10/2014

""Au prix de certains efforts toutefois - nous pouvons très largement échapper à ce « destin », qui n’est en réalité qu’un ensemble d’influences génétiques, familiales, sociales...

C’est vrai que cela repose sur nos épaules. Mais nous ne sommes pas tout à fait seuls : nos proches, nos amis, nos rencontres vont aussi nous aider à nous libérer de ce passé qui voudrait se transformer en destin. Le hasard existe, les inégalités existent, mais pas le destin.""
(Christophe André)

-La poésie peu fleurir dans le vide sidéral et dans l'inexistant puisque c'est le fruit de l'imaginaire....

Écrit par : Pierre NOËL | 08/10/2014

C'est Beau. Sombre, désespérant et Beau..... Comme la vie.
Touché !

Os

Écrit par : Os | 08/10/2014

Les commentaires sont fermés.