28/09/2014

Marine Le Pen fait deux pas de plus vers la notabilité

 

images.jpgLe Sénat est à la France, ce que la Chambre des Lords est à la Grande Bretagne, une chambre parlementaire héritée de l’époque des diligences et des perruques poudrées. Une sorte de survivance du monde d’avant la démocratie.

En effet, le Sénat français n’a rien à voir avec le Sénat américain ou le Conseil des Etats suisse ; ses membres ne sont pas élus par le peuple mais par les grands électeurs, c’est-à-dire les parlementaires, les conseillers régionaux et généraux (départements) ainsi que les délégués des conseils municipaux. Il s’agit donc d’une assemblée de notables, élue par les notables et défendant les notables. C’est un entre-soi institutionnel.

Certes, de prime abord, son poids politique semble plus faible que celui de l’Assemblée nationale, élue au suffrage universel direct. Contrairement aux sénateurs, les députés disposent du pouvoir de renverser le gouvernement. Et en cas désaccord sur un projet de loi, c’est l’Assemblée nationale qui a le dernier mot, à la suite d’une « navette » entre les deux chambres.

Toutefois, on ne saurait négliger l’influence des sénateurs sur la vie politique française. Elle s’exerce de façon moins spectaculaire mais plus profonde, car les racines du Sénat plongent dans le terreau provincial et l’humus des collectivités locales.

 

Les parlementaires français tiennent souvent le rôle officieux d’intermédiaires entre leurs électeurs et l’administration, sorte de monstre protéiforme qui fige le citoyen dans l’angoisse dès qu’il met le doigt dans ses incompréhensibles engrenages. Les permanences des députés ou sénateurs sont pleines de quidams demandant tel passe-droit pour obtenir un permis de construire, tel piston pour que le petit dernier puisse entrer à la Poste. En Grèce, on appellerait cette pratique « clientélisme ». En France, on préfère parler de « présence sur le terrain ». C’est plus digne.

 

Or, à ce jeu-là, les sénateurs se montrent, en règle générale, plus efficaces que les députés. Elus des élus, ils connaissent souvent mieux que les députés les rouages de l’administration et savent à quelle porte frapper. Le sénateur a quelque chose de rassurant. Ce n’est pas lui qui va se pavaner devant les caméras. Il ne crève pas l’écran mais agit en coulisses.

 

Le Sénat se renouvelle par moitié tous les trois ans. Ce dimanche (28 septembre 2014), 179 sièges (sur 348) étaient remis en jeu et 87 000 grands électeurs, convoqués. Sans surprise, la gauche a perdu sa majorité sénatoriale, la droite UMP et le centre UDI l’a retrouvée après trois ans de purgatoire. Cette défaite des socialistes était inéluctable dans la mesure où ils ont perdu un nombre impressionnant d’élus locaux et, donc, de grands électeurs.

 

La seule surprise vient du Front national qui, pour la première fois, entre au Sénat. Les frontistes David Rachline (à droite sur la photo du bas), maire de Fréjus, et Stéphane Ravier (à gauche), maire du VIIe arrondissement de Marseille ont été élus. A gauche comme au centre-droit, la plupart des politiciens minimisent cette entrée de l’extrême-droite dans le Saint des Saints de la notabilité républicaine. Ils ont tort car ce succès marque une étape décisive vers la « dédiabolisation » du FN entreprise par Marine Le Pen.

 

Il s’est donc trouvé maints grands électeurs qui, bien que n’étant pas frontistes, n’ont pas hésité à voter pour l’extrême-droite. Il ne s’agit pas de citoyens peu au fait de la vie politique et qui mettent toute leur colère dans l’urne, mais de notables qui ont pignon sur rue. La porosité idéologique entre le Front national et les autres formations se vérifie une fois de plus. La « lepénisation des esprits » est un fait. Il y a quelques années, il aurait été inconcevable pour un élu local de voter en faveur d’un candidat frontiste. Aujourd’hui, un garde-fou est tombé.

 

Au Sénat, le duo lepéniste ne pourra guère bouleverser les votes. Mais ces deux jeunes élus vont découvrir de l’intérieur tous les rouages de la vie politique française, une connaissance qui manque cruellement aux frontistes. Les deux nouveaux sénateurs vont pouvoir combler cette grave lacune et parfaire la formation des cadres du FN.  Rachline et Ravier seront également en bonne place pour tisser ces réseaux d’influence qui font la force des sénateurs.

 

 Marine Le Pen vient donc de faire deux pas de plus vers la respectabilité et vers… le second tour de l’élection présidentielle en 2017.

 

 

Jean-Noël Cuénod 

 

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25/09/2014

Contre l’Etat islamique, Obama et les autres possèdent-ils le bon logiciel?

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La décapitation en Haute-Kabylie du guide de montagne français Hervé Gourdel par un groupe de tueurs qui a fait allégeance à l’Etat islamique ne peut que provoquer l’horreur. Mais à ce moment d’indignation légitime doit succéder la réflexion. En diffusant leurs scènes barbares sur les réseaux sociaux, les islamoterroristes visent à manipuler les populations occidentales pour que celles-ci influencent les dirigeants qu’ils ont élus. Sur les quelque 30 000 combattants de l’Etat, environ 3 000 viennent de pays occidentaux. Ils connaissent donc parfaitement la manière dont nous réagissons.

 

Les islamoterroristes savent que ces images ne peuvent qu’encourager les Etats-Unis et leurs alliés, comme la France, à leur faire la guerre. La preuve, après l’assassinat d’Hervé Gourdel, la France envisage désormais d’entreprendre des frappes aériennes sur la Syrie; jusqu’à maintenant, elle ne les réservait qu’à l’Irak.

L’Etat islamique cherche donc cet affrontement, car il veut mettre à profit l’avantage qu’il a pris en envahissant rapidement une grande partie de l’Irak et de la Syrie, sans que les puissances occidentales aient pu ou voulu l’en empêcher. De plus, face à l’Occident, il apparaît comme le «glaive contre les Croisés», seul capable de restaurer la fierté arabe.

 

La stratégie du calife Ibrahim est limpide: il veut fédérer sous le contrôle de son Etat islamique tous les sunnites du Moyen-Orient pour s’attaquer à ses anciennes bienfaitrices, les pétromonarchies du Golfe ; il créerait ainsi dans la région une grande entité sunnite qui procéderait d’emblée au «nettoyage confessionnel» en supprimant toutes présence chrétiennes, chiites, yézidis ou autres et en jouissant de la rente pétrolière, ce qui lui permettra de décupler son pouvoir de nuisance contre les «démocraties impies».

 

En face, qu’elle est la stratégie des Occidentaux? Il est difficile d’apporter une réponse tant elle est floue. Sa faiblesse réside dans le «péché originel» de l’Occident en Orient, à savoir le colonialisme. L’Etat syrien comme l’Etat irakien sont des créations artificielles, nées par la volonté des Britanniques et des Français, bricolées sur les ruines de l’Empire ottoman après la Première guerre mondiale. A l’intérieur de ces Etats vivaient des populations fort disparates au point de vue ethnique et religieux ; elles n’avaient donc pas le sentiment d’  «appartenir à une communauté de destin». On n’impose pas plus, de l’extérieur, le sentiment d’appartenance nationale que la démocratie. D’autant plus qu’en islam, politique et religion sont inextricablement liées et que le sentiment religieux l’emporte, en général, sur les aspirations nationales. Celles-ci, d’ailleurs, ont été souvent portées par des Arabes chrétiens, ce qui est tout sauf un hasard.

 

Tant que des dictateurs – très abusivement qualifiés de «laïcs»  en Occident – maintenaient par la force cette cohésion artificielle, tout allait bien pour les Occidentaux, mais aussi pour les Soviétiques qui, pendant la Guerre froide, ont mené une politique semblable à celle de leurs rivaux de l’Ouest. Dès que ces dictatures ont été mises à mal, le sentiment d’appartenance religieuse a repris sa place prééminente au sein des populations concernées.

Mais comme rien n’est simple, chez les Kurdes,  appartenant à un peuple privé d’Etat, c’est au contraire l’aspiration nationale qui a trouvé un nouvel élan à la suite de l’effondrement des dictateurs de naguère.

 

Aujourd’hui, que veulent les Occidentaux? Reconstituer l’Etat irakien? Mais n’est-ce pas tenter de réanimer un cadavre? L’Irak est le seul pays arabe à majorité chiite (51%) mais il abrite une forte minorité sunnite (46%); les chrétiens, encore nombreux il y a quelques lustres, se réduisent comme peau de chagrin. Dans l’actuel conflit entre chiites et sunnites, les uns et les autres choisiront leur camp religieux plutôt que celui d’une union nationale qui, pour eux, ne signifie plus grand-chose. Quant aux Kurdes, ils ne pensent qu’à une chose, créer leur propre Etat.

 

Autre faiblesse des Occidentaux, ils se sont appuyés sur les régimes les plus corrompus pour contrôler le Moyen-Orient. Ainsi, dans les villes sous emprise de l’Etat islamique le prix des denrées alimentaires a-t-il baissé, grâce à la répression de la corruption. Le politologue français Romain Caillet s’en explique dans Le Point:

«En Irak comme en Syrie, l'Etat islamique a mis en place une flopée d'organisations caritatives, telles que le service de protection des consommateurs (qui contrôlent les prix des denrées alimentaires), un organisme de contrôle de la viande hallal, un bureau de relation avec les tribus ou même un bureau de conciliation des citoyens».

 Pour s’imposer auprès des populations qu’il contrôle, l’Etat islamique use à la fois de la terreur et de la bienfaisance. Or, auparavant, ces populations n’avaient guère connu que la terreur sans la bienfaisance. Pour une grande partie d’entre elles, l’Etat islamique est plus qu’un moindre mal.

 

Or, que font les Etats-Unis et les Européens? Contre l’Etat islamique, ils continuent à s’allier aux pétromonarchies, c’est-à-dire à des régimes qui figurent parmi les plus obscurantistes, les plus tyranniques et les plus corrompus de la planète. Des régimes qui sont particulièrement impopulaires au sein des populations du Moyen-Orient.

Comment espérer l’emporter dans ces conditions? Car des frappes aériennes ne suffiront pas à détruire l’Etat islamique. Et que faire si des troupes occidentales – aussitôt assimilées aux Croisés – doivent entreprendre des opérations terrestres dans cette région qui leur est hostile à tous points de vue?

 

Est-on prêt à une telle confrontation? Ni Obama ni aucun autre dirigeant occidental n’apportent de réponse. Dès lors, se pose cette question: les responsables des Etats démocratiques possèdent-ils le bon logiciel pour lutter contre l’Etat islamique?

Avec l’émergence des nouvelles technologies, des réseaux sociaux et de la diffusion immédiate d’images à fort contenu émotif, est apparue une nouvelle espèce de politiciens. Ils savent gérer de façon efficace ces instruments et cherchent à répondre à l’émotion publique de la façon la plus adéquate et la plus rapide.

Mais ces mêmes qualités qui leur ont permis de gagner les élections risquent de se muer en défauts, une fois parvenus au pouvoir. Contrairement à Mitterrand, ils ne savent plus comment donner du temps au temps. Ils réagissent plus qu’ils n’agissent.

 

Cela tombe sous l’évidence, il est impossible de laisser l’Etat islamique continuer sa progression infernale. Mais les démocraties ne peuvent pas se contenter de tomber dans ses pièges médiatiques. A son propos, il convient d’adopter une stratégie claire élaborée sur la base d’une réflexion à long terme et d’une ample vision historique. Les dirigeants occidentaux sauront-ils se désintoxiquer des émotions pour entreprendre cette mission? Le sort de cette guerre en dépend.

 

Jean-Noël Cuénod 

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23/09/2014

Sarkozy, en Revanchator cratopathe

 

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 Il a mis son complet présidentiel, bleu pétrole, rehaussé de l’insigne de sa légion d’honneur, rouge pétant. Persuadé qu’il est de retrouver les glaces de l’Elysée dans trois ans, Nicolas Sarkozy s’est même rasé. Comme avant, les médias lui ont ouvert ces boulevards d’audience qu’ils ne semblent réserver qu’à lui. Avec une nuance toutefois. Dimanche, devant les caméras de France 2, Laurent Delahousse s’est montré un peu plus saignant à l’égard de l’Ex qui veut devenir Néo. Signe que, tout de même, quelque chose a changé et que 2017 ne sera pas la répétition de 2007.

 

Fascinante d’ailleurs, cette intervention télévisée de Sarko Revanchator en ce qu’elle a montré, de façon spectaculaire, l’opposition entre le babil pour gogos et le langage du corps. Lorsque de la bouche de Sarkozy s’extirpent les mots emmielés,  «apaisement», «totale absence de revanche», «rassemblement», «nouvel horizon», «paix sociale», tout son corps crie, «affrontement», «bagarre», «haine de l’adversaire», «vengeance», «pas de quartier», et surtout «moi», «moi», «moi».

Sarkozy s’admire tellement, voue à sa personne un tel culte, qu’il en deviendrait presque touchant, à l’image de ces bambins tout éblouis par la rencontre avec eux-mêmes dans un miroir. Chez lui, «Je» n’est pas un autre. Il faut dire à sa décharge que Sarkozy n’est pas Rimbaud. Ses semelles ne sont pas de vent mais du plomb dont il a fait sa syntaxe.

 

Pourquoi ce retour? Pour sauver la France? Et quoi encore? De 1993 à 2012, avec une parenthèse de sept ans, Sarkozy n’a pas cessé d’occuper le pouvoir comme ministre dans les postes les plus essentiels (Budget, Intérieur, etc.) et à la tête de l’Etat. Et il ne serait pour rien dans la débâcle actuelle? Ce que l’on doit reprocher à l’actuel président Hollande, c’est de s’être montré incapable d’arrêter la chute de la France. Mais enfin, Sarkozy est l’un de ceux qui l’ont poussée dans le précipice!

Lorsque le guide a failli, on le laisse au chalet, on ne va pas lui confier une nouvelle cordée. 

 

Donc reposons la questions : pourquoi cette opération «revanche» ? Afin de pouvoir crier au complot politique contre le numéro 1 de l’opposition lorsque Sarkozy sera mis en examen dans l’un des huit dossiers pénaux où figure son nom? L’hypothèse tient la route, mais la méthode Berlusconi a ses limites, même en Italie. A force de se poser en victimes des vilains juges, Sarkozy prend le risque que les électeurs se demandent si avec autant de fumées, il n’y aurait tout de même pas un foyer quelque part.

 

 L’explication du phénomène Revanchator tient surtout dans le mal qui accable la caste politique française – et Sarkozy plus que d’autres – la cratopathie[1], cette maladie du pouvoir. C’est comme l’héroïne, dès que vous y avez touché, vous êtes perdu. L’ivresse des palais, de la cour qui guette le moindre de vos claquements de doigts et qui, même, les précède, le plaisir sublime de guider la vie des autres et d’être le chef d’orchestre de l’Histoire… On ne guérit pas de tels symptômes. On ne les soulage même pas.

 

Le ridicule dans tout cela est qu’aujourd’hui, la société mondialisée a bouleversé la donne. Le pouvoir politique ne guide plus la vie des autres et les musiciens n’obéissent plus à la baguette du chef d’orchestre. De la puissance des Etats, il ne reste que des palais vides. Sarkozy se rêve en maître d’un monde qui n’existe plus.

 

Antonio Gramsci résumait ainsi, avec huit décennies d’avance, la période que nous traversons :

L'ancien monde se meurt, le nouveau ne parvient pas à voir le jour; dans ce clair-obscur surgissent les monstres.

Il arrive aussi que surgissent des pitres.

 

Jean-Noël Cuénod

 

 

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Alain Juppé se pose en rival principal, à droite, de Nicolas Sarkozy. Il répond aux piques que son «ami» lui a réservées dans le Journal du Dimanche            


Juppé répond aux attaques de Sarkozy par 6MEDIAS

[1] Néologisme forgé en 2006 par Le Plouc, de kratos, pouvoir et pathos, maladie.

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19/09/2014

Qui étaient les enfants juifs inscrits sur la stèle vandalisée?

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 Elevée avenue de la Rose à Marseille, cette stèle évoque la mémoire d’enfants juifs déportés par l’occupant nazi en 1943, avant d’être tous massacrés à Auschwitz. Cette pierre est tout ce qui reste de leur si brève présence sur cette terre. Elle a été monstrueusement graffitée, cet été, au plus fort de la polémique suscitée par la bataille de Gaza. Il ne s’agit pas ici de rallumer des vaines querelles mais de rappeler le nom de ces petits qu’une main immonde a tenté, une nouvelle fois, d’effacer. Et de se souvenir des circonstances qui ont présidé à la création de ce monument.

 

Nous sommes le 1er mai 1943, des hommes de la résistance marseillaise blessent deux SS. En guise de représailles, le lieutenant SS Willie Bauer, chef de la Section IV (chargée entre autres des affaires Juives), ordonne des rafles de Juifs, sans épargner les enfants et même les nourrissons. Ces otages sont répartis en plusieurs centres. Certains, parmi les plus jeunes, sont dirigés vers le château de la Verdière, 40 avenue de la Rose, sis dans les quartiers nord de Marseille. Il a été détruit depuis, remplacé par un supermarché.

 

En ce lieu, note l’historienne Suzette Hazzan (site: www.lemeilleurdemarseille.fr), «les familles se croyant sauvées de la déportation, reprenaient vie et espoir. Sous la direction d’Alice Salomon, secondée par Claude Lehmann, étudiant en médecine, la surveillance médicale était assurée, les mères pouvaient sortir et recevoir des visites.»

 

Cruelle mise en scène des nazis. Dès le 20 octobre 1943, tous les otages, petits et grands, sont déportés à Auschwitz. Le plus jeune, Albert Coronel, n’y échappe pas malgré ses six mois. En tout, quarante-quatre personnes, dont vingt-huit mineurs, sont transportées vers le camp d’extermination, via Drancy, dans les convois 62, 63 et 68. La monitrice Alice Salomon se porte volontaire pour accompagner les enfants. Elle mourra d’asphyxie au cours du voyage. Un seul de ces déportés est revenu vivant d’Auschwitz, Claude Lehmann. Tous les autres ont été gazés, puis réduits en cendres.

 

Cette stèle, sans doute, est-elle aujourd’hui remise en état. Voici les noms des enfants juifs déportés dans ces trois convois.

 

  • Jeanne Aboudy, 20 ans
  • Suzanne Aboudy, 16 ans
  •  Muriel Aboudy, 13 ans
  •  Murielle Arrovas, 11 ans
  •  Rachel Arrovas, 14 ans
  • Josette Arrovas, 9 ans
  • Germaine Arrovas, 7 ans
  • Sabin Arrovas, 4 ans
  • Jacques Attas, 2 ans
  • Clarisse Bentoyan, 17 ans
  • Simone Bentoyan, 12 ans
  • Georges Bentoyan, 8 ans
  • Albert Bentoyan, 11 ans
  • Irène Benittah, 6 ans
  • Georgette Benittah, 3 ans
  • Jeny Blumenfeld, 9 ans
  • Mireille Blumenfeld, 4 ans
  • Henri Blumenfeld, 2 ans
  • Albert Coronel, 6 mois
  • Guy Chicheportiche, 8 ans
  • Renée Chicheportiche, 5 ans
  • Serge Deminden, 4 ans
  • Arlette Grigri, 7 ans
  • Julie Kaddouche, 10 ans
  • Alphonse Kaddouche, 4 ans
  • Joseph Kaddouche, 3 ans
  • Jacques Tordjman, 1 an
  • René Tordjman, 1 an.

 

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13/09/2014

PREMIER CAILLOU

 

 

 

Souviens-toi du premier caillou

Que tu as saisi au creux de la main

Le monde tenait dans cette merveille

 

Tout était possible même la mer

Tout t’appartenait même le soleil

 

La montagne traçait les sentiers

Pour te sauvegarder de ses chaos

 

Libre roi sans sujet sans ennemi

La couronne inscrite sur tes genoux

Royaume d’herbes sèches et de vipères

De noisetiers après la pluie

Et de tronc d’arbre en patte d’éléphant

 

 

Tu étais l’étoile et la molécule

Tu savais tirer le feu de la pierre

Tu lisais l’univers à livre ouvert

Tu parlais la langue d’avant la langue

Avec pour unique alphabet ton coeur

 

Ne connaissant rien tu savais tout

Familier des oiseaux et des morts

 

Tu n’avais pas encore appris les murs

Petit soleil marchant dans la forêt

 

Tu avais disparu et te voilà

J’attendais tendu l’écho de tes pas

Mais tu n’as pas raté le rendez-vous

Ouvre donc ta main et laisse tomber

Ton premier caillou sur le cercueil

 

 

                     **********

 

Livres de poésie de l'auteur disponibles dans les librairies Payot ainsi que sur le site www.payot.ch ou auprès de l'éditeur Samizdat (Denise Mützenberg, 8 chemin François-Lehmann - 1218 Grand Saconnex):

 

- Circonstances

 

- Le Goût du Temps (Prix Festival Rilke 2012)

 

Disponibles sur les sites FNAC, Amazon,

 

 - Matriarche (Editions Editinter Paris)

 

- Liens (Editions Editinter Paris)

 

- Amour Dissident (Editions Editinter Paris. Coécrit avec Christine Zwingmann - Médaille du Sénat).

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11/09/2014

Obama, Al-Assad et l’Etat islamique, vers un gloubiboulga pimenté (les Jeudis du Plouc)

 

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« Notre objectif est clair. Nous affaiblirons et, à terme, détruirons l’Etat islamique ». En prononçant mercredi ces paroles martiales, Barack Obama s’est voulu rassurant. Deux semaines après avoir avoué que les Etats-Unis n’avaient pas de stratégie vis-à-vis des partisans du Calife Ibrahim, voilà le président américain qui nous en sort une, toute fraîche, encore emmaillotée dans son emballage d’origine. Les services américains ont mis huit ans à se rendre compte du danger représenté par cet Etat autoproclamé. Mais en quelques jours la Maison-Blanche a trouvé la parade à l’avancée des « califistes » en Irak et en Syrie. Miracle ou mirage ?

 

Si l’objectif « est clair », pour reprendre l’expression d’Obama, les moyens pour y parvenir ne le sont pas du tout. Le président annonce que l’intervention américaine se limitera aux frappes aériennes qui seront étendues à la Syrie, après avoir été ordonnées en Irak. Mais ce ne sera pas suffisant pour contrer les troupes de l’Etat islamique (EI) qui occupent de vastes territoires en Irak et en Syrie (voir carte). Le « service au sol » sera assuré en Syrie par les rebelles anti-Bachar de tendance laïque et démocrate (Armée syrienne libre), explique la Maison-Blanche. A cet effet, le président Obama va demander au Congrès de débloquer 500 millions de dollars pour équiper et former ces combattants occidentalo-compatibles. Ces derniers, malheureusement, sont mal organisés, divisés et ont démontré leur inefficacité sur le terrain militaire. A telle enseigne, qu’ils ont laissé les troupes djihadistes les plus radicales prendre la tête des opposants au dictateur syrien Bachar Al-Assad, parmi lesquels figurent les combattants qui agissent aujourd’hui au nom de l’Etat islamique.

 

Surtout, l’inévitable question de l’ennemi principal se pose d’emblée. Actuellement, il y a deux guerres en Syrie. L’une menée contre Bachar Al-Assad et l’autre contre l’Etat islamique qui, lui-même, combat les troupes de Bachar! Les Etats-Unis luttent donc à la fois contre le dictateur de Damas et le calife de l’EI. Mais comment mener le feu sur deux fronts à la fois sans courir à l’échec ? Comment porter le fer contre une partie des opposants au régime syrien (les troupes de l’EI) sans faire le jeu d’Al-Assad ? Comment garantir que les armes fournies par les Etats-Unis aux rebelles occidentalo-compatibles ne vont pas, en fin de compte, enrichir l’arsenal du calife, déjà bien pourvu en matériel d’origine américaine amassé en Irak?

 

Ce que ne dit pas Barack Obama, c’est qu’il sera bien obligé de choisir entre la peste « calife » et le choléra « Bachar ». Sans doute, ménagera-t-il Al-Assad, l’Etat islamique faisant courir plus de danger sur la scène mondiale que le régime syrien. Nous souhaitons bien du plaisir au président lorsqu’il devra expliquer que le « monstre de Damas » n’est, au fond, pas si monstrueux que ça ! Sa parole perdra encore un peu plus de son poids.

 

Pendant ce temps, l’allié de Bachar, la Russie, compte les points en Syrie et avance ses pions en Ukraine. L’autre allié de Damas, l’Iran – désormais replacé dans le jeu mondial par son opposition farouche à l’Etat islamique –, espère profiter de cette situation nouvelle en décrochant un accord le statisfaisant sur le dossier nucléaire.

 

Les Etats-Unis en particulier et le monde en général, auront bien de la peine à digérer ce gloubiboulga pimenté.

 

Jean-Noël Cuénod


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07/09/2014

Obama n’a pas de stratégie contre l’Etat islamique : mais que fait la CIA ?

 


 imgres.jpg«We don’t have a strategy yet for fighting ISIS»  – «Nous n’avons pas encore de stratégie pour combattre l’Etat islamique» –  voilà ce que déclarait le 28 août Barack Obama,  responsable, paraît-il, de la première puissance mondiale. Relevons que l’ISIS en question n’est point la déesse égyptienne qui a reconstitué le corps de son mari et frère Osiris démembré par Seth, mais la traduction anglaise de cet Etat islamique qui a démembré la Syrie et l’Irak pour reconstituer le Califat de l’horreur obscurantiste.

 

Ainsi le président américain se lance dans une guerre contre un adversaire dont il ignore à peu près tout, sans avoir la moindre idée de la façon dont il va la mener. 

Voilà qui est aussi rassurant qu’un communiqué de l’OMS sur les avancées du virus Ebola, sauf qu’en ce cas, les scientifiques commencent à mettre au point des médicaments. Alors qu’en Irak-Syrie, Obama et, avec lui, tout l’Occident, patinent sur le houmous.

 

Pourtant, contrairement à ce que la plupart des médias diffusent, l’Etat islamique n’est pas né au début de cet été. Sous le nom d’ «Etat islamique en Irak» (devenu plus tard «Etat islamique en Irak et au Levant»), il a été fondé en 2006 par des sunnites radicaux, en lutte contre le pouvoir chiite irakien, qui revendiquaient déjà le contrôle de six grandes villes dont Bagdad, au moins en partie. 

A la faveur de la guerre civile contre Bachar Al-Assad, cet Etat autoproclamé s’est emparé de nombreux pans de la Syrie, dès avril 2013. L’an passé, l’Etat islamique se trouvait donc à la tête d’un vaste territoire englobant des districts syriens et irakiens. Mais cela n’avait guère soulevé l’émotion diplomatique et médiatique. Ce n’est qu’en juin dernier, lors de la proclamation du Califat par l'émir Abou Bakr al-Baghdadi al-Husseini al-Qurashi (devenu calife Ibrahim) que, tout d’un coup, l’Etat islamique a semé la panique dans les chancelleries et les rédactions.

 

Par conséquent, lorsqu’Obama tombe des nues en découvrant ce phénomène, nous, nous tombons de l’armoire! 

 

Les Etats-Unis entretiennent à grands frais – plus de 75 milliards de dollars en 2012 – une «Communauté du renseignement» (Intelligence Community). Formée de dix-sept agences, employant près de 100 000 personnes, elle comprend notamment la CIA, la DIA (défense), la NSA avec ses longues oreilles qui traquent le moindre courriel au fin fond de la Lozère ou du Kamchatka et qui sait chez quel fournisseur à domicile, Angela Merkel a commandé sa bratwurst. 

 

Rien n’échappe au renseignement yankee. Sauf, l’essentiel.

 

Les agences américaines ont raté successivement, la révolte hongroise de 1956, l’arrivée au pouvoir de Khomeini, le 11-Septembre 2001, entre autres échecs cuisants. Ils ont donc également loupé la montée de l’Etat islamique. 

Soit Obama n’a pas suivi les analyses de ses services, soit ces derniers n’ont rien vu venir. Dans les deux cas, le contribuable américain peut se demander pourquoi verser 75 milliards de dollars par an à des organismes aussi inaptes à comprendre le monde ou à se faire écouter des dirigeants politiques. Autant consacrer ce fabuleux trésor à bâtir des assurances sociales dignes de ce nom.

 

L’un des reproches formulés par les services de renseignements français (nettement plus efficaces avec beaucoup moins de moyens) à l’endroit de ceux des Etats-Unis, est d’avoir privilégié le recours aux technologies de pointe au mépris de la récolte d’informations sur le terrain. De plus, on écoutant tout et n’importe quoi, la NSA embouteille tout le système d’analyses. Et un drone ne donnera jamais de «tuyaux» utiles sur les dissensions au sein de tel ou tel clan islamiste.

 

Toutefois, cette explication reste limitée. En effet, le renseignement américain avait  multiplié les bévues avant l’apparition des nouvelles technologies. Peut-être, faut-il voir dans cette incapacité chronique une conséquence de la culture des Etats-Unis centrée sur elle-même, à l’instar de ces sports collectifs que cette nation est à peu près la seule à pratiquer. 

 

On ne peut pas prétendre gouverner le monde en étant fasciné par son nombril.

 

Jean-Noël Cuénod


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04/09/2014

Avec Valérie Trierweiler et François Hollande, les «sans-dents» nous laissent sans voix! (Les Jeudis du Plouc)

 

 

 

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Elle paraît aux Arènes, la chose que Valérie Trierweiler consacre à son ci-devant compagnon, le président Hollande. Ce qui augure bien, et de la forme et du fond puisqu’il s’agit d’un règlement de mécompte amoureux.

 Tout d’abord, levons-nous et respectons une minute de silence à la mémoire des arbres qui ont été sacrifiés pour fabriquer ce machin imprimé.

 

 

Le seul avantage de cette publication (interdit de prononcer à son propos les mots «livre», «bouquin», «ouvrage», «œuvre»!) est qu’il est possible d’en causer sans le lire. Chaque média publie, en bonnes feuilles de mauvais aloi, un chapitre arraché à l’éditeur – au plein gré de son insu – pour une exclusivité vachement intergalactique. Il suffit donc de balayer son écran d’ordinateur pour placer dans son éprouvette virtuelle quelques gouttes de fiel distillées par la journaliste Trierweiler à propos de son ex.

 

Il y a quelques années, celui-ci déclarait détester les riches. Lors de son discours du Bourget en 2012, c’était la finance que le candidat vouait aux gémonies. Son ex-copine nous apprend aujourd’hui que le président ne peut pas encadrer les pauvres qu’il surnomme les «sans-dents». Voilà qui nous laisse sans voix.  François Hollande aurait-il une dent contre ses électeurs? Mais qui ment comme un arracheur de dents, chaque fois qu’il prend le crachoir?

 

En tout cas, ce truc en papier nous montre dans quelles profondeurs abyssales la société merdiatique entraîne la politique et le journalisme, ces mots nobles devenant vils par cette alchimie à l’envers  qui transforme l’or en plomb.

 

Une journaliste partage le lit du président. Et une fois larguée, la voilà qui balance à des milliers d’exemplaires les «misérables petits tas de secrets» (Malraux scribit) du ci-devant couple. Elle trahit ainsi deux fois sa profession. La première en entrant de plain-pied dans les sphères du pouvoir, sans quitter le journalisme mais sans pouvoir dire quoique ce soit sur l’exercice dudit pouvoir. La seconde, en se servant de son savoir-faire dans le seul but de satisfaire une vengeance personnelle.

Quant au président, il était discrédité par les méandres de sa politique, le voilà devenu ridicule par la divulgation de ses travers. Rien ne semble tenir droit chez lui.

 

Et l’on s’étonne que les politiciens et les journalistes perdent le peu de crédibilité qui leur reste?

 

Jean-Noël Cuénod

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01/09/2014

Université d’été du PS français à La Rochelle (2): L’impossible social-démocratie

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Photo JNC prise devant l'Université d'été de La Rochelle, dimanche 31 août 2014. Une militante distribue des tracts contre la politique du gouvernement Valls-Hollande. 

A l’Université d’été du PS à La Rochelle, lors d’un entretien inopiné, le politologue français Roland Cayrol nous a fait toucher du doigt la principale caractéristique qui sépare le PS des autres partis sociaux-démocrates européens:

«le PS n’est pas – et n’a jamais été – un parti social-démocrate, contrairement à ce que prétend François Hollande. Un parti social-démocrate repose sur une organisation syndicale puissante. Cela n’a jamais été le cas pour le socialisme français».

 

Beaucoup de syndicats mais peu de syndiqués, telle est la situation singulière de la France. A titre de comparaison, la plus importante centrale syndicale de ce pays, la CGT, revendique quelque 690 000 adhérents, alors que l’Union syndicale suisse en compte près de 400 000 pour… huit fois moins d’habitants. En Grande-Bretagne, le parti travailliste a été carrément créé par les syndicats qui voulaient disposer d’un relai politique. En Allemagne, en Autriche, en Suisse, dans les pays scandinaves, une seule centrale syndicale domine avec laquelle chaque parti socialiste ou social-démocrate a tissé des liens tellement étroits qu’on peut les qualifier de consubstantiels.

Les responsables syndicaux deviennent souvent des dirigeants politiques au sein de ces formations. En France, cette situation est rarissime. A telle enseigne que l’élection du syndicaliste de la CFDT Edouard Martin au Parlement européen sur la liste du PS français a été perçue, du côté des syndiqués, comme une trahison. Une réaction qui serait inimaginable en Suisse ou ailleurs.

 

Cette séparation entre gauche politique et syndicalisme remonte, au moins, à 1906, lorsque la CGT a créé sa Charte d’Amiens qui a donné le ton, par la suite, à toutes les autres centrales. Sous l’influence de l’anarcho-syndicalisme, cette Charte visait deux objectifs. D’une part, la défense des revendications immédiates et quotidiennes; d’autre part, la lutte pour une transformation de la société «en  toute indépendance des partis politiques et de l’Etat». Il n’y avait donc pas ce partage des rôles propres aux autres pays précités: aux syndicats les revendications sociales quotidiennes; aux partis de gauche, la transformation de la société. Au contraire, en France, syndicats et partis sont entrés en concurrence pour «changer le monde». Il s’en est suivi une idéologisation des syndicats qui se sont donc fragmentés, chacun défendant sa vision de la société.

 

Ce processus a créé la situation inverse à celle visée par la Charte d’Amiens. Alors qu’elle prônait l’indépendance du syndicat vis-à-vis des partis, cette Charte a abouti à créer des syndicats fortement idéologisés qui se sont soumis à des formations politiques, sans pour autant les influencer de façon notable, du fait de cette soumission. C’est ainsi que la CGT est devenue la courroie de transmission du Parti communiste français et la CFTC, la représentante de la doctrine sociale de l’Eglise catholique, deux entités qui, en matière de propagande et de contrôle, ont démontré toute l’ampleur de leur efficacité.

D’autres syndicats ont tenté de résister à ce processus. Force Ouvrière a quitté la CGT afin de se libérer du parti stalinien. Et la CFDT, issue de la CFTC, s’est émancipée de l’institution romaine. Mais ils n’ont pas réussi à créer une organisation unie et puissante, ni même à fournir au Parti socialiste des dirigeants de haut niveau, à l’exception, notable certes, de Jacques Delors (CFDT) et Pierre Bérégovoy (FO).

 

 

Le PS français s’est formé un autre humus, celui offert par le socialisme municipal. Au fil des succès électoraux, assurés par de bons gestionnaires, le Parti socialiste s’est créé de vastes réseaux sur tout le territoire. Il a attiré à lui les employés locaux, les fonctionnaires, les enseignants et s’est créé une clientèle à défaut de former des militants.

Parallèlement, cette large et implantation a séduit les éléments les plus carriéristes de la société française, ceux qui sont sortis de la fabrique à hauts fonctionnaires, l’Ecole nationale de l’Administration (ENA). Une grande partie d’entre eux ont adhéré au PS parce qu’ils voyaient dans ce parti une possibilité de promission. Ils auraient tout aussi bien pu choisir l’UMP ou une formation centriste de gouvernement. Par conséquent, ils leur a manqué cette «fibre populaire» qui permet à une formation sociale-démocrate de rester connectée au peuple. D’où l’autisme de l’actuel gouvernement.

 

 Autre élément négatif, alors qu’ils étaient environ 60 000 (sur quelque 100 000 adhérents !), les élus socialistes ont diminué de moitié après la déroute des élections municipales de ce printemps. Comme le PS repose en grande partie sur eux, le voilà fort dépourvu quand le tsunami électoral fut venu!

 

Le socialisme municipal semble avoir fait son temps. Et il est impossible de créer une sociale-démocratie sans substrat historique. «La gauche peut mourir», disait Manuel Valls. Pour le bon équilibre démocratique, il faudrait qu’elle renaisse en inventant un nouveau modèle qui pourrait fort bien inspirer les autres partis de la gauche européenne qui n’affichent pas tous une santé rayonnante. 

 

Jean-Noël Cuénod 

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