13/09/2014

PREMIER CAILLOU

 

 

 

Souviens-toi du premier caillou

Que tu as saisi au creux de la main

Le monde tenait dans cette merveille

 

Tout était possible même la mer

Tout t’appartenait même le soleil

 

La montagne traçait les sentiers

Pour te sauvegarder de ses chaos

 

Libre roi sans sujet sans ennemi

La couronne inscrite sur tes genoux

Royaume d’herbes sèches et de vipères

De noisetiers après la pluie

Et de tronc d’arbre en patte d’éléphant

 

 

Tu étais l’étoile et la molécule

Tu savais tirer le feu de la pierre

Tu lisais l’univers à livre ouvert

Tu parlais la langue d’avant la langue

Avec pour unique alphabet ton coeur

 

Ne connaissant rien tu savais tout

Familier des oiseaux et des morts

 

Tu n’avais pas encore appris les murs

Petit soleil marchant dans la forêt

 

Tu avais disparu et te voilà

J’attendais tendu l’écho de tes pas

Mais tu n’as pas raté le rendez-vous

Ouvre donc ta main et laisse tomber

Ton premier caillou sur le cercueil

 

 

                     **********

 

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Commentaires

Merci Monsieur Cuénod pour ce magnifique poème

Écrit par : lovsmeralda | 13/09/2014

Petit soleil marchant dans la forêt... las!
Ton premier caillou sur le cercueil
Mauvaise nouvelle

Mort, laquelle
De profundis

Mort à soi-même
A ce qui n'est pas soi-même

Engeances variées

Caillou
gros caillou, petite pierre

Pierre

Couleur
noire, blanche

Blanche
Jour à marquer d'une pierre blanche
Mort à ce qui n'est pas soi-même

Bonne Nouvelle

Écrit par : Myriam Belakovsky | 13/09/2014

Pierres et cailloux font rêver et tracent des chemins qu'il fait bon suivre avec vous!
Merci pour ce poème émouvant.

Écrit par : Michèle Roullet | 13/09/2014

P.S. Une précision

Pour ceux qui se sont tournés vers l'hindouisme souvent via le bouddhisme,
les naissances et les morts ne sont pas la vie qui est au-delà des éphémères
morts et naissances. La raison de notre vécu présent est un moyen pour en prendre conscience. Prise de conscience, s'il y a, qui petit à petit modifie nos priorités. Pour m'inspirer les lignes ci-dessus il a fallu que le poème de Jean-Noël Cuénod tel ricochet retentisse en profondeur.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 14/09/2014

Les pierres ont une âme, arrêtons de casser des cailloux il y a assez de misère sur terre.

Écrit par : ckoidonc | 15/09/2014

En lisant un poème il arrive que l'on se demande "pourquoi"?!
En l'occurrence ne connaissant pas l'auteur personnellement pourquoi ce premier caillou sur un cercueil en fin d'un tel poème? Il faut fermer les yeux, oui, parfois les malheurs semblent ne devoir arriver qu'aux autres. Une enfant partie s'amuser un bruit d'ambulance un appel téléphonique. Une enfant désormais Belle Au Bois Dormant. Un cercueil avec terre et cailloux jetés sur le bois les fleurs Mais la nuit et s'il pleuvait... et quand il pleuvra? Le petit corps... Quelques jours plus tard

Un mince cahier noir : "Bientôt j'irai recevoir le baiser du soleil"!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 17/09/2014

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