09/07/2014

Les perroquets fous du dialogue social à la française (les Jeudis du Plouc*)

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Le président François Hollande avait eu l’excellente idée de redonner vie au dialogue entre syndicats de salariés et organisations patronales, dialogue qui se trouvait bien malade depuis fort longtemps en France.

Mais du désir à la réalité, le fossé tient plus de l’Atlantique que de la Seymaz[1]. Car la France, c’est le pays, non pas du dialogue, mais du monologue à plusieurs. Chacun cause sans entendre l’autre. L’autre qui, de toute façon, ne cherche pas à vous à écouter puisqu’il bavarde de son côté. Le troisième fait la même chose. Et le quatrième. Et ainsi de suite.

 

Les tables rondes sociales, c’est en fait une assemblée de perroquets sourds mais non pas muets, hélas !

 

Chaque perroquet quitte ensuite son perchoir en gueulant encore plus fort que, décidemment personne ne l’écoute et que puisque c’est comme ça, il s’en va, non sans lâcher une fiente courroucée.

 

Enfin, chaque volatile glapissant se rend dans sa volière où l’attendent ses congénères pour leur brosser le topo de ses exploits de négociateur à la gauloise :

«Putain, les camarades, si vous aviez vu la mandale que je leur ai mis dans les gencives ! Ah, vous auriez dû voir ça! C’était du chaud et du lourd. Mais grâce à moi, on n’a rien lâché. Rien, j’vous dis!»

 

Une petite voix se fait entendre : «Ouai, euh, mais on n’a rien obtenu non plus». Tous ses camarades psittaciadae dardent alors sur l’intrus un œil aussi rond que furibard :

«Toi, le réformiste, tu fermes ta gueule! Compris?»

 

C’est donc ce qui s’est passé lors de la Conférence sociale que vient d’organiser par le président français et son premier ministre Manuel Valls. Le Medef, organisme patronal, a joué le grand air des maîtres chanteurs en affirmant qu’il refuserait de s’asseoir à côté du gouvernement et des syndicats si on ne le caressait pas dans le sens du plumage. Pour lui complaire, Valls a aussitôt annoncé le report d’une mesure en faveur des travailleurs qui subissent les travaux les plus pénibles[2].  Après cela, trois des syndicats les plus importants – FO, CGT et FSU (fonction publique et enseignants) ont claqué la porte, parfois même avant de l’ouvrir (la porte, bien sûr). Sont restés à négocier : la CFDT, la CFTC (les chrétiens), CFE-CGC (les cadres) et UNSA (les autonomes). Mais sans les trois autres syndicats, cette table ronde s’est révélée bancale.

 

Pourquoi la France est-elle l’un des rares pays avancés où le dialogue social relève de la mission impossible ? Comme toujours, les causes sont diverses. Parmi celles-ci, figure en bonne place l’esprit monarchique qui dort dans chaque français mais qui se réveille dès qu’il devient patron :

«Je suis le maître de ma boîte (de mon atelier, de mon entreprise, de mon groupe, de ma multinationale) et si je cède quoique ce soit, les gueux vont prendre ça pour de la faiblesse et n’hésiteront pas à me couper la tête, ou pis, à m’arracher une augmentation. On leur donne un ongle, à ces manants, et ils vous prennent un bras ou pis, une Rolex».

 

De plus, le syndicat des patrons joue sur du velours. Le Medef est, de loin, l’organisation la plus importante, côté employeurs, lors des négociations. En face de lui huit syndicats se disputent la représentation des travailleurs (CGT, CFDT, FO, UNSA, CFE-CGC, Sud, CFTC, FSU). Or, malgré leur nombre pléthorique, ces organisations représentent moins de 8% de l’ensemble des salariés français. Elles sont donc à la fois divisées et peu ou pas représentatives. C’est un peu comme si les juniors suisses allaient défier l’équipe d’Allemagne en Coupe du Monde.

 

Cette situation provoque de la surenchère entre les syndicats et empêche la recherche de solutions de compromis qui débloqueraient la France.

 

Au fond, ni les syndicats ni le patronat ne souhaitent vraiment que le dialogue social réussisse. Le patronat reste au sommet de sa puissance et dicte ses volontés au gouvernement qu’il soit de droite ou de droite, je veux dire de droite ou de gauche. Il ne veut rien céder de son pouvoir monarchique. Et pourquoi le ferait-il face à des syndicats aussi nuls ?

Quant aux syndicats, leurs permanents (salariés par les syndiqués) sont trop heureux de disposer d’autant d’organisations dans lesquelles ils règnent, eux aussi, en petits monarques. La fusion en une seule organisation puissante risquerait de mettre en péril leurs privilèges bureaucratiques.

 

«Français, encore un effort si vous voulez être républicains!» clamait le Marquis de Sade dans sa « Philosophie dans le boudoir». Plus de deux siècles plus tard, l’ouvrage est resté sur le métier.

 

Jean-Noël Cuénod

 

*PS : certes, nous sommes mercredi, mais demain Le Plouc et La Plouquette rejoindront les hauteurs du Lötschental. D’où ce jeudi prématuré.



[1] Pour ceux qui ne sont pas de Piogre-sur-Rhône, la Seymaz figure dans Wikipédia. Jetez-y un œil. Vous ne risquez pas la noyade.

[2] Lexpress.fr : En fonction de leur temps d'exposition à différents facteurs de pénibilité, ces salariés pourront accumuler des points sur un compte personnel qui leur permettra de partir plus tôt à la retraite, de se former ou de travailler à temps partiel. A terme, ce seront ainsi 3 millions de salariés qui seront concernés, selon le gouvernement.

ESPACE VIDEO

Exemple de conférence sociale...


Les perroquets attaquent!!! par MiGhTyToM

 

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Commentaires

Si ni les syndicats ni le patronat ne souhaitent vraiment que le dialogue social réussisse... aux salariés, manu militari, s'il le faut, de reprendre le flambeau en s'adressant directement au patronat sans plus passer par les syndicats! Ce qui est amusant, à propos de perroquets, en pensant à Jacques Chirac, est que les perroquets bavards demandent: "As-tu bien déjeuné Jacquot?"! On sait qu'il a bon appétit.

Ce qu'ä 19h30 on souhaite à chacun.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 09/07/2014

"L'esprit communiste et socialo-communiste (plus ou moins anti juif) a été pendant des décennies la "culture" d'une bonne partie des français. L'influence de l'URSS -communiste était pesante.

De l'autre côté, les pros de la monarchie, la bourgeoisie (tous chrétiens) ont profité du système au travers de ses inféodés de politiciens, mais également de la crédulité des ouailles de gauche et de droite. Lorsque l'on a vécu dans les deux camps, il est possible d'expliquer assez aisément la situation avec "un esprit" éclairé.

Aujourd'hui, nous avons la CGT, FO et une partie de la CFDT toujours sous l'influence de la culture ou plutôt, de la théorie socialo-communiste, devenue entre temps, une croyance sans fondement, comme toutes les croyances d'ailleurs. Ce faisant, ils vont à l'encontre de la bonne évolution des salariés, qu'ils sont censés défendre, tant sur le plan financier que sur le plan de l'évolution dans -leurs -possibles activités au sein ou à l'extérieur de l'entreprise.

Qu'il existe chez des artisans, des commerçants ou des entreprises une mentalité ressemblant à celle que vous dénoncez, c'est indéniable. Un commerçant ou un artisan qui n'évolue pas, est dans ce système de mentalité. Il n'évolue pas, mais il en va de même pour le salarié. Un artisan ou un commerçant dont la typologie est "indépendant" ne souhaite pas aller au delà de son indépendance.

L'avenir appartient aux futurs entrepreneurs de petites et moyennes tailles. En effet, les grands pontes vont fabriquer de l'argent "en voici en voilà" comme aux USA. Contrairement à ce qui c'est produit chez les bouffeurs de de chambre-à-air, autant que celui-ci serve aux jeunes et moins jeunes (francais ou européens) audacieux, ayant des qualités dans le cerveau et au bout des doigts.

Le jour ou la plupart de ces syndicats auront disparus, au profit d'un organisme indépendant politiquement pour la défense et le redéploiement des salariés, la france redeviendra la FRANCE.

L'eurabie deviendra l'Europe, mais ça, c'est une autre histoire.

Écrit par : Pierre NOËL | 10/07/2014

Le marquis de Sade fut une des plus grandes ordures que le monde ait produit.

Bonnes vacances, avec d'autres références.....

Écrit par : Pierre NOËL | 10/07/2014

Regardez ces perroquets, ils ne s'oublient pas, ça va de la Bernadette Chirac a l'idiot du village "Frédéric Nhious" ancien candidat aux présidentielles représentant de la gauchiasserie débile pro islam.

""Une réserve et bien des surprises. L'Association pour une démocratie directe, en partenariat avec Regards citoyens, a réussi à obtenir du ministère de l’Intérieur les nouvelles données de la réserve ministérielle. Sur les 150 millions d'euros de la réserve parlementaire, le ministère de l’Intérieur disposait de 32,9 millions d'euros en 2011 et a pu accorder, sur demande des collectivités locales, 1250 subventions. Mais pour qu'une ville puisse bénéficier de cette aide financière, un ministre doit soutenir le dossier.

> Baroin, Fillon et Copé sur le podium
Ainsi, les trois ministres sur le podium (ceux qui ont bénéficié des sommes les plus importantes de cette réserve) sont les trois cadres principaux de l'UMP. François Baroin, ministre du Budget puis de l'Economie en 2011, a obtenu pour des collectivités ou associations plus de trois millions d'euros. L'ancien Premier ministre a bénéficié, lui, de deux millions d'euros, tandis que Jean-François Copé, député de Seine-et-Marne, a pu reverser un million d'euros. Mais si les données montrent que les ministres favorisent leur terre d'élection, certains noms de politiques créent la surprise.

> Le fils de Claude Guéant 25e sur la liste
La liste des bénéficiaires de cette réserve contient quelques perles étonnantes. François Guéant, le fils de l'ancien ministre de l'Intérieur et conseiller de Nicolas Sarkozy, a ainsi bénéficié de 322 500 euros, qu'il a distribués à des communes de la 4e circonscription du Morbihan, où il échouera à devenir député un an plus tard. Etonnant au regard de la fonction de cet élu, qui n'était alors que simple suppléant.

> Bernadette Chirac bien placée
Même chose pour Bernadette Chirac qui, en tant que simple conseillère générale de Corrèze, a pu bénéficier en 2011 de 16 410 euros de la réserve ministérielle pour subventionner la commune de Chaumeil, située dans son département. En 2012, Bernadette Chirac détenait également le record de subventions pour le Limousin. Elle avait obtenu 200 000 euros de Claude Guéant.

> Frédéric Nihous, l'ancien concurrent de Sarkozy, en bénéficie aussi
Enfin, c'est le représentant du mouvement Chasse, pêche, nature et traditions, Frédéric Nihous, également candidat à l'élection présidentielle de 2007, qui a obtenu 38 700 euros de la réserve pour la commune de Baudreix (Pyrénées-Atlantiques). Coïncidence ou pas, Frédéric Nihous avait finalement soutenu le candidat UMP lors de la présidentielle de 2012.""


Selon: DAVID PERROTIN "Metronews" le 10 juillet 2014

Le nid du FN se construit tout doucettement avec les idiots-utiles.....

Écrit par : Pierre NOËL | 15/07/2014

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