03/07/2014

Sarkozy, le retour : «L’Etat, c’est à moi!» (Les Jeudis du Plouc)

 

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Nicolas Sarkozy est un mis en examen privilégié. Les inculpés ordinaires n’ont pas la chance qu’une grande chaîne de télévision (TF1) et une autre, de radio (Europe1), leur offrent la plus large audience pour exposer leur défense, traîner les juges dans la boue et accuser le gouvernement d’ourdir des complots contre eux. « Justiciable comme les autres », l’ancien président de la République?  Tu parles! Enfin… C’est plutôt lui qui a parlé pendant de longues minutes, mercredi soir.

 

Au moins après ce show post-inculpation, le doute n’est plus permis : Sarkozy n’est qu’un Berlusconi sans empire économique mais avec amis financiers, sans bimba juvénile mais avec femme riche.  Même stratégie, même tactique, même culot, même arrogance, même passion pour le fric et la frime. Berlu avait brigué ses mandats pour échapper à la justice. Sarko suit son exemple.

 

Sa téléplaidoirie pro domo avait pour but de créer un agenda politique pour cacher l’agenda judiciaire. En accusant nommément des ministres, le premier d’entre eux et l’actuel président – avec autant de flou que de véhémence – Nicolas Sarkozy a jeté sa défroque d’ancien président oint de sagesse pour enfiler son bleu de chauffe d’opposant en chef. Il fait ainsi d’un pavé deux coups. D’une part, chaque fois que la justice l’atteindra Sarkozy pourra hurler que la majorité s’attaque au chef de l’opposition. D’autre part, il brûle la politesse à ses rivaux au sein de l’UMP (Alain Juppé, François Fillon, Xavier Bertrand, notamment) qui veulent à tout prix l’écarter de la course présidentielle en 2017.

 

Sarkozy prend donc son propre camp – la droite de gouvernement – en otage afin de tenter d’échapper aux griffes de la justice. Pour ce faire, il n’hésite pas à crier au complot mis en œuvre par les juges et téléguidé par la gauche au pouvoir. Cette thèse ne tient pas une seconde, à moins d’accuser les magistrats de forger de faux indices, ce que l’ex-président se garde bien d’affirmer. Mais cela n’a pas d’importance. Ce qui importe, ce n’est pas le fond mais le bruit, ce ne sont pas les faits mais les gesticulations. Par exemple, Sarkozy et ses séides enfoncent le clou dans la paume de l’une des juges d’instruction qui l’a mis en examen en soulignant son appartenance au Syndicat de la Magistrature, situé très à gauche et qui avait appelé à voter Hollande en 2012. Mais si tous les magistrats qui n’avaient pas voté pour lui devaient se désister, ce serait le désert dans les Palais de Justice français! A ce que compte-là, aucun politicien ne pourrait être jugé.

 

Si Nicolas Sarkozy parle fort, c’est qu’il joue gros. Voici les six dossiers dans lequel figure l’Ex qui veut devenir Néo.

 

1- Trafic d’influence. C’est dans cette procédure que Sarkozy a été mis en examen pour «trafic d’influence», «corruption active» et «recel de secret de l’instruction». Il est accusé d’avoir instrumentalisé un haut magistrat de la Cour de cassation afin de connaître le déroulement de l’instruction sur l’affaire Bettencourt.

2- Affaire Bygmalion. Les proches de l’ex-président de l’UMP Jean-François Copé sont accusés d’avoir fait des fausses factures qui auraient servi à payer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012.

3- Affaire Tapie. En juillet 2008, un arbitrage intervenu lors de la présidence Sarkozy accorde 403 millions d’euros à Bernard Tapie dans son litige avec la structure (étatique) de défaisance du Crédit Lyonnais. Tapie n’a pas manqué de soutenir politiquement Sarkozy. Une instruction pénale est menée sur cet étrange arbitrage.

4- Affaire Karachi. Elle concerne des rétrocommissions consenties, après signatures de contrats d’armement, par l’Arabie Séoudite et le Pakistan au profit supposé de la campagne d’Edouard Balladur en 1995. Nicolas Sarkozy était son directeur de campagne.

5-Affaire Kadhafi. Le fils de feu le dictateur libyen affirme que son père avait financé la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007. Accusation contestée, bien sûr.

6- Sondages de l’Elysée. Sous Sarkozy, la présidence signe des contrats avec la société de Patrick Buisson (conseiller d’extrême-droite de l’alors chef de l’Etat) en juin 2007 pour des études de sondages payées 1,5 million d’euros par an et 10 000 par mois, sans passer par des appels d’offre. La Cour des Comptes a jugé ces contrats irréguliers.

 

Enfin citons pour mémoire la célèbre affaire Bettencourt que nous ne comptons pas dans ce florilège, puisque Nicolas Sarkozy y a bénéficié d’un non-lieu. Toutefois, son ancien trésorier de campagne et ci-devant ministre des Finances Eric Woerth a été mis en examen et renvoyé en jugement devant un Tribunal correctionnel.

 

Au-delà de la démarche sarkozienne instrumentalisant la politique 20080210022912-sarkozy-bonaparte-fullblock.jpgpour se défendre en justice, tout le comportement de l’ancien président révèle qu’il n’a jamais accepté la défaite et qu’il est, non pas le serviteur de l’Etat, mais son propriétaire. «L’Etat, c’est moi!» aurait déclaré Louis XIV. En écho, Nicoléon Sarkonaparte lui répond : «L’Etat, c’est à moi!»

 

 

Jean-Noël Cuénod


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Commentaires

La justice en France, est à l'image de ses politiciens.

http://www.blog.sami-aldeeb.com/2014/07/03/belfort-3-mois-de-prison-avec-sursis-et-7-500-euros-requis-contre-christine-tasin/

Il serait temps que les français s'informent, s'instruisent au nom de la Liberté chèrement acquise par nos ancêtres.

1870 avec ses cardinaux, princes et empereurs..

1914-1918

1939-1945

-L'Algérie, l'Asie etc...

Il fait quoi comme métier ce dieu machin tant prié ayant à son actif des centaines de millions de victimes?

Cela dit, Sarkozy n'a pas tord sur la forme, sur le fond???

Écrit par : Pierre NOËL | 03/07/2014

Laissons donc ces français qui préfèrent laisser leur avenir être géré et décidé par ceux qui les bafouent dans leurs droits démocratiques


car plutôt que de faire face aux dettes qui leur ont permit de vivre tant bien que mal mais que leurs enfants devront payer pour eux,

ces français préfèrent élire l'individu qui les agressent et les spolient,
qui leur ment et les humilie,
qui les empêche de vivre leur vie en les imposant au max,
en les rejetant avec des "casse-toi pauvre con"

tout en leur disant que "l'Etat c'est à moi".

mais ça, c'est dans un état de non droit, dont le président est élu par des masochistes accros à ce non-droit.

Écrit par : pierre à feu | 03/07/2014

Nicolas Sarkozy Ier *, a raison sur un seul élément, l'heure à laquelle la police est venue l'amener devant la Juge.
Tout le reste n'est que de la poudre aux yeux.
Pour un avocat de métier, ancien ministre de l'Intérieur et ancien président de la République, il semble découvrir les méthodes, les qualifiant dignes de celles de la STASI.
De plus, son choix est malheureux.
Il aurait mieux fait de se tenir à carreaux, mais non, il ne peut s'empêcher de se pavaner à la télévision.

* - Sarkozy Ier, parce que des fils il en a ... donc il y a un risque potentiel d'en voir un Sarkozy II, Sarkozy III ... etc.

Je suis persuadé qu'il en a dégoûté plus d'un de la politique et que par sa tactique, il en a convaincu plus d'un d'aller prendre sa carte de membre au Front National.

UMPS tous pourris !

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 04/07/2014

Après avoir diminué la fonction présidentielle, Sarkozy veut maintenant diminuer la justice. Tout le calibre, si l'on ose dire, du personnage. A lire, l'intéressant article publié dans Libération le 3 juillet sur les procureurs "enfin remis en liberté". Il remet l'église au milieu du village, et Sarkozy dans sa fange.

Écrit par : Déblogueur | 04/07/2014

En France, il n'y a pas plus de cinquante ans un salaire à plein temps permettait de vivre bien, pas de façon luxueuse, bien à quatre avec ce seul salaire. Vacances non de luxe mais "ailleurs", en hôtel, quelques jours. Leçons de musique, par exemple, aux deux enfants. Bons repas, convivialité. Théâtre, expositions, concerts (pas tous les jours, bien sûr! "choisis" et livres d'occasions sur les quais, notamment). Il y a une dizaine d'années, avec un salaire ( profession, métier approximatifs) à plein temps pas de quoi se louer un appartement (caves, halls et douches publiques). Sarko: "travaillez plus pour gagner plus"!: ne s'agissait-il pas de masquer, déguiser, occulter la réalité? C'est-à-dire, sous sa forme actuelle, échec de l'UE?

Sans en sortir, de cette UE (comme pour changer l'eau d'un bain) afin de lui donner la possibilité de revoir puis corriger ses fondements et motivations, son assujettissement à la mondialisation... quels dirigeants feraient mieux que les récents et présents Sarkozy ou Hollande?

Des noms, s'il-vous-plaît.

Hollande est brouillon, certes, mais y va-t-il tout uniquement de sa faute?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 04/07/2014

A propos de la dette, nous avions été quelques uns à suggérer que celle-ci soit comptabilisée sur deux à trois générations. Ces zozos ne comprennent rien à la gestion* d'un pays, ils ont la mentalité de comptable sortant sont bilan chaque année, ce qui n'a rien à voir avec la gestion des obligations d'une Nation.

Mettre des chefs d'entreprises, des véritables économistes à la tête de l'état et de l'Europe, il faut y penser après les prochaines révoltes..

"latribune.fr | 15/01/2014, 10:37
Le groupe français a annoncé avoir lancé avec succès une émission obligataire de 4,7 milliards de dollars sur le marché américain, dont une tranche de 700 millions de dollars d'une maturité de 100 ans."

(*) Par contre élaborer des lois répressives pour piéger et faire payer les ouailles, là ils sont forts.

Écrit par : Pierre NOËL | 04/07/2014

Après l'interview télévisé, Sarkozy Ier part en vacances selon toutes les équipes de télé qui l'ont suivi dans sa balade à vélo.

Il nous donne l'impression d'avoir réussi son coup médiatique.
J'ai causé à la télé, je peut donc profiter des vacances.

Voila un moment rêvé pour les magistrats en charge des dossiers d'aller le chercher, une fois de plus.

Comme justiciable, il aurait dû rester à Paris, pour éviter une nouvelle humiliation, à supposer que la Justice n'ai aucun autre but.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 06/07/2014

Servir ou se servir, telle est la question.

Écrit par : Charles | 06/07/2014

Elle concerne des rétrocommissions consenties, après signatures de contrats d’armement

Écrit par : site here | 25/07/2014

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