24/06/2014

Euthanasie: les juges français arrêtent la survie artificielle de Vincent Lambert VERSION ACTUALISEE

La version actualisée est signalée en corps gras dans le texte

 

La plus haute instance administrative française – le Conseil d’Etat – vient de rendre sa décision concernant le maintien ou non en vie artificielle de Vincent Lambert. Elle a ordonné l’arrêt des traitements, un patient tétraplégique qui survit en état végétatif depuis six ans, après avoir été victime d’un accident de la route.

 

Si l’affaire a été prise dans l’engrenage des procédures, c’est que la famille de cet homme de 39 ans est profondément divisée. D’une part, le père et la mère exigent la poursuite de l’alimentation et des actes de survie ; d’autre part, la femme de M. Lambert, soutenue par un neveu du patient et l’un de ses frères, excipe de la volonté de son mari, exprimée avant l’accident, de ne pas être exposé à l’acharnement thérapeutiques. Elle ajoute qu’étant infirmier de profession, il savait d’autant plus de quoi il parlait.

A ce différend familial s’ajoute un aspect idéologique qui complique encore la situation. Les parents de Vincent Lambert sont proches de la Fraternité de Saint-Pie X, l’un des principaux mouvements catholiques intégristes qui proscrit de façon absolue tout recours à l’euthanasie.

 

Le Conseil d’Etat français a donc décidé de laisser Vincent Lambert s’en aller vers l’autre rive. Cette décision sera-t-elle appliquée rapidement? Rien n’est moins sûr, le père et la mère ont saisi – avant même le prononcé du jugement des magistrats administratif ­– la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui siège à Strasbourg. Certes, ce recours n’est pas suspensif automatiquement. Mais Strasbourg peut ordonner de suspendre l’application de la mesure, à titre exceptionnel, et en cas d’urgence vitale. Si la CEDH décide d’activer cette clause (article 39 de la Convention européenne des droits de l’homme), les soignants de Vincent Lambert devront le maintenir en vie artificielle, jusqu’à ce que la Cour de Strasbourg statue définitivement.

C'est d'ailleurs ce que vient de décider la Cour européenne des droits de l'homme, mardi soir. En elle-même, cette mesure n'est pas choquante car elle est provisoire. Si la CEDH n'avait pas ordonné cette suspension, Vincent Lambert n'aurait plus reçu le traitement qui le maintient en survie et serait donc décédé avant que la Cour de Strasbourg ne prenne une décision finale. Il n'empêche que pour ses proches et l'équipe thérapeutique l'épreuve est rude. Vincent Lambert reste encore prisonnier de son corps.

 

Dans cette affaire, il n’y a ni bons ni méchants mais seulement des femmes et des hommes qui souffrent. Ni les parents ni l’épouse ne sauraient être condamnés par on ne sait quel tribunal de l’opinion, prompt à juger en fonction de son ignorance et de ses préjugés.

 

Aucune décision de ce genre n’est satisfaisante. La médecine ayant flouté la frontière entre la vie et la mort, il appartient aux humains de la retracer. Et ils ne sont pas encore taillés pour assumer cette tache proprement sur – humaine. Tentons de l’aborder avec humilité et méfiance envers ses propres opinions. Entre les dérives d’une euthanasie sauvage guidée par des motifs d’économie budgétaire et le maintien absurde d’une âme dans un corps devenu insupportable fardeau, il faudra choisir la Voie du Milieu, comme toujours. Nous tâtonnerons, pauvres humains myopes, nous hésiterons, nous nous tromperons dans un sens puis dans l’autre. Surtout, prenons notre cœur pour guide.

 

Jean-Noël Cuénod

 

ESPACE VIDEO

 

La décision du Conseil d’Etat commentée.



 

 

 

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Commentaires

Hélas! La famille, inhumaine, a fait appel. nouveau jugement, demain.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 24/06/2014

P.S. Je constate, Jean-Noël Cuénod, que je n'ai pas tenu compte de votre opinion tout en contestant la forcément "ignorance" et les "préjugés" d'une opinion prompte à juger". Vincent avait déclaré son sentiment: refus de l'acharnement thérapeutique. Faut-il dire le soulagement exprimé par le corps médical lorsqu'un patient condamné peut donner son propre sentiment: non à l'acharnement thérapeutique (pas d'invention ou d'imagination, ici, j'ai vécu à plusieurs reprises ce que j'affirme). A la longue "possibles" terribles lésions de la peau du patient par contact peau et drap laissant percer la peau jusqu'à l'os: esquarre! Quelle était l'entente de la famille de Vincent avec l'épouse de ce dernier, notamment belle-mère et bru? Peut-on, sans cure psychanalytique, aller chercher jusqu'au plus profond de l'inconscient de chacune des personnes concernées puis de leurs motivations réelles?! D'un point de vue chrétien, il fut enseigné: "Ne craignez pas ceux qui peuvent faire mourir votre corps mais ceux qui sont en mesure de faire périr votre âme (à force de désespoir, de sentiment d'impuissance, de cruauté, de Divinité "sourde", indifférente! L'Apôtre Paul: "C'est maintenant que vous croyez que vous êtes vivants que vous êtes morts et quand vous serez morts que vous serez vivants". Remettre cet homme entre les bras du Divin, avoir cette espérance, n'en pas priver l'autre, le prochain (amour du(...) n'est-ce pas aimer réellement mieux "aimer" que chamailleries diverses?!

Questions d'argent?

La belle-mère de Madame Vincent est-elle une femme heureuse? Monsieur Vincent qui avait dit ce qu'il souhaitait en cas de maladie incurable pourrait-il sans pouvoir le dire avoir changé d'avis? S'il n'a pas changé d'avis et que, conscient, comme tant de grands malades, il constate que l'on a décidé de le laisser s'en aller en paix serait satisfait. En revanche, s'il avait changé d'avis, sachant sans pouvoir le dire que lui donnant la possibilité de s'en aller en paix on pense respecter sa volonté ne serait-il pas touché sachant que les poètes, mais pourquoi les poètes, seulement (les "uns et les autres", toujours)! ne font que semblant de mourir.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 24/06/2014

L’acquittement du docteur Bonnemaison est une avancée pour l'humanité.

L'abrogation de la peine de mort repose essentiellement, sur les croyances -infondées des religions et leurs supporters prêts à tuer pour appliquer leurs idées macabres. On le constate avec les intégristes religieux agissant derrière les parents du jeune Vincent Lambert.

Tout cela pour un mensonge suprême: "il n'y a que dieu et les rois qui sont propriétaires de notre naissance, notre vie, notre mort et nos vieux os."

On peut constater le nombre de morts, d'handicapés, d'orphelins, de blessé psychologiques de destructions à mettre sur les comptes de l'islam et la chrétienté.

Pour redorer le blason, il reste les soeurs et les diaconesses, les curés et les diacres, les princes et les prêtres, les moines et les rois pour s'occuper des pôôôvres et prêcher les mensonges racontés dans les lieux ou on cultive l'ignorance appelés aussi: lieux de cultes.

Dans la science des chrétiens et de l'islam, la souffrance est faite pour expier nos péchés. C'te bonne blague.....

Les parents du jeune Vincent aiment plus leur religion que leur fils c'est un constat.

Des milliards de prières sont faites chaque jours, ça n'a pas changé la face du monde depuis l'avènement des religions et leurs divinités. Les Pharaons en savent quelque chose.

Écrit par : Pierre NOËL | 25/06/2014

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