19/06/2014

Faire confiance aux politiciens ? Et quoi encore? Les Jeudis du Plouc

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Lors d’un dîner entre amis, lancez cette exclamation, histoire de raviver le feu d’une conversation en train de s’éteindre : « Eh bien, moi je fais confiance aux politiciens !» Retour d’ambiance garanti, avec ricanements, moqueries, lazzis, colères, démonstrations d’effarement. En effet, tous les sondages le démontrent, personne n’accorde son crédit à ceux qui nous gouvernent ou aspirent à le faire. Seuls les journalistes attirent autant de méfiance et de défiance. Sans doute, le public les juge-t-il contaminés en raison de leur trop grande proximité – réelle ou fantasmée – avec le pouvoir politique.

 

Même en Allemagne, où Angela Merkel semble échapper à ce phénomène, la confiance de l’électeur envers le gouvernement n’est pas sans borne puisque, par son récent vote au législatif, il a installé les sociaux-démocrates à côté des démocrates-chrétiens au gouvernement, comme si associer l’ancienne opposition à l’exercice du pouvoir allait servir de garde-fou réciproque aux deux plus puissants partis allemands.

 

En Suisse, autre pays à l’économie florissante, la confiance paraît encore plus limitée, le Conseil fédéral recevant régulièrement moult claques à l’issue des votations populaires. Et lorsque ses projets sont approuvés, le gouvernement paraît tellement surpris que ses ministres se partagent entre larmes d’émotion et sourires illuminés par ce miracle.

 

Mais au moins dans ces Etats, sous le brouillard de la méfiance, les citoyens gardent tout de même une lueur de confiance envers la politique en général.

 

C’est en France, la belle dame malade de l’Europe, que ce phénomène atteint son paroxysme. Le stade de la méfiance y est dépassé depuis longtemps pour laisser place à celui de la défiance. Les deux partis de gouvernement, le PS et l’UMP, en sont les plus atteints. Il faut dire que ces deux larrons redoublent d’effort pour mériter les crachats qu’ils essuient. Mais les autres formations n’attirent pas plus la sympathie.

Même le Front national, qui parade avec ses 25% de voix récoltés aux Européennes, n’est guère mieux loti. En tenant compte des abstentions, on constate que seuls 10% des Français en âge de voter ont donné leur suffrage aux frontistes. Une vaguelette Marine, mais point de raz-de-marée. D’ailleurs, la tenancière de l’entreprise familiale Le Pen n’obtient pas des résultats bien probants dans les sondages à la rubrique «lui faites-vous confiance?» Dans un sondage BVA publié dans Le Parisien du 10 mai dernier, 78% des personnes interrogées ont déclaré ne pas lui faire confiance pour gouverner leur pays. Les Français se rendent bien compte qu’avec Marine au gouvernail, le paquebot France coulerait encore plus vite.

 

Interviewé par l’excellente revue CLES, Boris Cyrulnik, relève que «dans une démocratie, mille vérités et façons de vivre se contredisent. La liberté diversifie les normes et le partage du savoir complexifie les visions. C’est (…) stimulant. Mais le prix à payer est l’intranquillité et le doute. Et donc la défiance.»

 

Toutefois, cette défiance, effet secondaire inconfortable de la liberté, n’atteint pas la même intensité détestataire que la défiance exprimée par les Français sous la forme d’une répulsion chronique à l’égard des politiciens. Tout a été dit sur les raisons de ce phénomène (lire aussi notre blogue de la semaine passée «Du Front national au PS et l’UMP : la grande déglingue des partis français») : l’effet caste qui prend une ampleur particulière dans la politique française par rapport à ses voisins (même moule énarchique tous partis confondus, carriérisme, népotisme dont le Front national offre l’exemple le plus indécent), la contradiction criante entre la réduction des marges de manœuvres politiques sur le plan national et la concentration des pouvoirs dans les seules mains présidentielles, l’esprit lèche-escarpins, héritage des courtisans, qui enferme les dirigeants dans une bulle d’irréalité narcissique.

 Cette défiance détestataire est donc compréhensible. Et pour sortir d’épaisseur, la France devra en passer par bien des bouleversements, non seulement institutionnels et économiques, mais surtout moraux et spirituels. Comme pour les grands blessés en voie de convalescence, la rééducation sera nécessaire. Parmi ses réapprentissages, celui de la confiance ne sera pas le moins laborieux. Confiance en son destin, en son être collectif. Confiance envers ses institutions qui, bien sûr, devront être rebâties. La confiance est un moteur qui permet à l’action collective de se développer.

 

Mais il est malaisé de faire confiance. Cela suppose un certain abandon de soi-même à ce qui pourrait n’être qu’une illusion ; cela suppose aussi une prise de risque, celui de se tromper. Mais si la défiance demeure, elle fige tout un pays dans un gel acide qui le ronge. Rien n’avance et rien ne change, tout se bloque et se grippe.

La confiance, c’est accepter l’éventualité d’être déçu pour, peut-être, ne plus l’être. Qui sait? Les Français seront-ils un jour, à l’image de l’expression vaudoise, «déçus en bien» ?

 

Jean-Noël Cuénod 

   

LE PLOUC CAUSE DANS LE POSTE A EUROPE1

 

Le Plouc a récemment participé sur Europe1 à l’émission de Sophie Larmoyer «Carnet du Monde», en compagnie de son confrère néerlandais Stefan de Vries.


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14:21 | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : france, politique, europe1, radio | |  Facebook | | |

Commentaires

Ancien élu ou les paysans étaient majoritaires, le Maire et ses z'amis n'ont pas respecté la profession de foi. Propriétaires de plaines et de forêts, ils ne s'occupaient que de leurs petits intérêts et des travaux à faire sur l'église et le renforcement des chemins de bois -privés et des subventions.

Au bout de deux j'ai jeté l'éponge. Il en fut de même pour mon appartenance à un grand parti ou j'ai séjourné pendant quinze ans. Seuls les lèches bottes avaient raison, surtout s'ils appartenaient à la bourgeoisie, avaient des beaux diplômes des grandes écoles de la médiocrité.

Tout cela pour confirmer que nous sommes en France dans une fausse démocratie ou l'hypocrisie et les mensonges sont le modèle de fonctionnement de la plupart des élus. Normal, il respectent les évangiles. Briller devant les caméras ou obtenir des images pour le bien paraître et aller pointer leur présence à "Bruxelles" ou dans les parlement français pour avoir le chèque ou l'espèce, ce sont leurs principales activités. (une partie pas tous, heureusement)

L'épouvantable crise des cerveaux va faire des victimes en Occident, car les USA de mohamed Hussein Obama, ami des frères musulmans sont également en faillite.

Ce lien très court en dit long sur ce qui se passe, grâce aux industriels et aux politiciens, chercheurs de salariés à bas coût.

Bientôt, ils auront les robots à 12 000 € pièce. Pas de salaires, pas de charges pas de revendications, pas de vagues. Que du bénéfice.

http://lecontrarien.us6.list-manage.com/track/click?u=54fb71744bca4f72b722cf925&id=9f8a6400e3&e=6663824bf2

Charles SANNAT

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes »

Écrit par : Pierre NOËL | 21/06/2014

Pierre Nöel, les politiciens dorment sur leurs deux oreilles et, pendant ce temps.......

http://youtu.be/qrbtmbNZocY

Écrit par : Patoucha | 21/06/2014

Il fallait lire ".....au bout de deux ans de mandat, j'ai jeté l'éponge..."

Toutes mes excuses.

Écrit par : Pierre NOËL | 22/06/2014

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