01/06/2014

Comment – avec dignité – fêter le 200e anniversaire de l’entrée de Genève dans la Confédération

 

 

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Première pensée émue pour les Vieux-Grenadiers qui sont en train de suer dans leur «ourson», le célèbre bonnet à poils. Seconde pensée émue pour les milliers de Genevois qui vont fêter ce 200e anniversaire de l’entrée de Genève dans la Confédération avec tout le faste que requiert cette joyeuse commémoration.

De Piogre-sur-Seine, le Plouc ne peut que suivre virtuellement les réjouissances de Piogre-sur-Rhône. Et se rappeler le 150e anniversaire en 1964, le cortège costumé vers le Port-Noir et son oncle Jean-Etienne qui avait bien de la peine à ne pas faire exploser son uniforme de capitaine des troupes de montagnes et s’essuyait régulièrement le crâne sous son képi.

 

En 1814, les Genevois ont eu le nez creux en demandant à devenir canton suisse. Il s’en est suivi deux siècles de paix, de liberté et de prospérité, malgré les crises économiques. Imaginons notre sort si notre ville était restée chef-lieu du département français du Léman, ce qu’elle fut du 15 avril 1798 au 31 décembre 1813. La Genève française a subi les guerres, la disette, les privations, l’oppression et la haine de l’Empereur Napoléon qui trouvait que cette ville «parlait beaucoup trop anglais». Il n’est donc pas difficile de revivre la joie des Genevois d’alors, lorsqu’ils ont acclamé les troupes suisses mettant pied au Port-Noir.

Saluons la Suisse et les bienfaits qu’elle nous a prodigués durant ces deux siècles. Elle le mérite tellement.

 

Est-ce une raison pour vilipender la France comme le font certains internautes, sans doute Genevois de trop fraîche date pour reconnaître tout ce que nous devons à la France?  Certainement pas.

 

Genève est indissolublement liée à la culture française à laquelle elle participe de plein droit. De Rousseau à Nicolas Bouvier, Genève a donné de grands écrivains à notre langue française. Mais le rayonnement culturel de la France a aussi apporté à leurs œuvres une reconnaissance mondiale.

 C’est à un Français, Jean Calvin, que nous devons la place centrale de notre petite cité dans la diffusion de la Réforme, jusqu’aux lointaines Amérique. Et c’est grâce à tous les réfugiés huguenots que nous avons développé nos industries de pointe.

 

Ceux qui, pour célébrer la Suisse, se croient obligés de cracher sur la France, sont des infirmes du cœur et des empêchés du cerveau.

 

Jean-Noël Cuénod

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