19/05/2014

Malgré l’hystérie antifrontalière, construire le Grand Genève

 

 

Ainsi, une courte majorité de Genevois a rejeté le projet de financement des parkings en France très voisine. Certes, le premier mouvement serait de rire ou pleurer après ce vote émis par des citoyens qui, chaque jour, vitupèrent les bouchons causés par les frontaliers. Eh bien, ils auront désormais encore plus d’embarras routiers ! Ont-ils voulu sauvegarder leur principal sujet de grogne ? Il faut dire que râler est un plaisir amer et délectable comme une amande. Comme tout le monde, même les plus grands génies, il arrive au peuple de commettre des, restons polis, de monumentales stupidités. Il ne sert à rien de s’en lamenter. Le peuple a toujours raison. Et c’est bien ainsi.

 

Toutefois, cette votation présentée par d’aucuns comme la mort du Grand Genève, est susceptible de lui prodiguer une vigueur nouvelle. Car la démocratie directe peut tout, sauf effacer les réalités géographiques. Qu’on s’en afflige ou qu’on s’en loue, Genève continuera à se développer, conformément à son statut international qui est le sien depuis la Réforme. Pour ce faire, il lui faudra des espaces, des accès et de la main d’œuvre que les seules terres vaudoises seraient bien en peine de lui apporter. Or, ces espaces, ces accès, cette main d’œuvre, c’est  son arrière-pays savoyard et gessien qui les lui a toujours fournis et lui fournira encore. A moins de jumeler notre Piogre avec Proxima du Centaure et créer de vastes liaisons intergalactiques (ce qui, d’ailleurs, n’exclurait pas d’éventuels référendums).

 

Il faut donc prendre acte de ce rejet et d’en tirer les leçons. Le Conseil d’Etat a présenté le Grand Genève comme une superstructure technocratique sans âme, sans saveur. Or, le peuple rejette toutes les technostructures. Ce Grand Genève il faut désormais le faire vivre ailleurs que dans les plans conçus par les hauts fonctionnaires. Cela passe par la culture, les échanges, les émotions partagées de part et d’autres d’une frontière mouvante. Pourquoi ne pas soutenir l’aventure du Servette Rugby Club qui s’apprête à participer au championnat de France , entre autres exemples ?

Le Grand Genève, pour qu’il vive, il faut le faire vibrer. A quand un forum de la frontière ? A quand les états-généraux du Genevois ? D’un rejet peut naître un projet.

 

Jean-Noël Cuénod

12:43 | Lien permanent | Commentaires (35) | Tags : frontières, frontaliers, mobilité, transport | |  Facebook | | |

Commentaires

Il y a bien eu déjà une tentative pour que les Croix de Savoie puissent jouer au Stade de Genève... Mais la mafia footbaleuse est restée jusque là cramponnée à son nationalisme étriqué. Il faut les sniuler, ça va y faire!
Gran-marci, Dian-Chalande apouès a bensout!

Écrit par : arpitan | 19/05/2014

"Râler est un plaisir amer et délectable comme une amande."!

Amande,laquelle: amande douce ou... amande amère?

Écrit par : Agathe | 19/05/2014

Il ne faut pas oublier le vote anti bagnoles, au lieu de tout mettre sur le dos de la haine du frouze envahissant.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 19/05/2014

Oui , il faut une vigueur nouvelle et toujours soutenir le combat de Philippe Souaille et écouter ses arguments

Écrit par : Zita Burgy | 19/05/2014

Un forum, des états-généraux, ce n'est pas la culture, cher Jean-Noël, c'est encore des outils de la superstructure hérités des vieilles formes.

Pourquoi aussi ne pas chercher à Genève un sponsor pour l'équipe d'Evian?

Sinon, les émotions partagées restent au fond assez ténues, j'ai fait récemment une conférence devant les Guides de Genève sur l'état d'esprit des Savoyards à l'époque de l'Escalade, et plutôt que de déduire d'une façon prétendument logique cet état d'esprit à partir de chiffres abstraits - le nombre de soldats d'origine savoyarde de part et d'autre, ou les échanges économiques entre ici et là -, j'ai simplement scruté ce que les Savoyards, peu de temps avant l'événement, ont écrit sur Genève et le calvinisme, et aussi ce qu'ils ont écrit sur l'événement depuis. Pour les dix ans antérieurs à 1602 bien sûr il y avait les Controverses de François de Sales, et pour les siècles postérieurs assez peu de chose. Croyez-moi si vous voulez, mais si sur le moment cela a semblé plaire parmi les guides ordinaires, on m'a rapporté plus tard qu'on s'était plaint parmi les autres de ma méthode, et d'ailleurs le soir même une dame qui était parmi les fondatrices de l'association a déclaré avoir à cause de moi perdu ses dernières illusions sur les Savoyards. Il y a donc encore beaucoup de chemin à faire, il sera difficile de réinventer le monde. Peut-être faudrait-il organiser à Genève un colloque sur François de Sales, ou alors Joseph de Maistre, cela permettrait de mieux se connaître.

Écrit par : Rémi Mogenet | 19/05/2014

Depuis plusieurs années, j'ai tenté en vain d'attirer l'attention de M. Antoine Vieillard, nouveau maire de St Julien, sur l'aberration d'obliger les taxis suisse à n'emprunter que la douane de Bardonnex la nuit et 3 autres postes la journée. Alors que les taxis français ne sont soumis à aucune contrainte.
C'est dans ces petites choses qu'on mesure le désamour profond qui nourrit malheureusement la réticence et la xénophobie.
Je vous rejoins donc dans votre constat. On n'arrivera à rien en l'imposant d'en haut.

Écrit par : Pierre Jenni | 19/05/2014

Pierre Jenni, mon opinion est qu'il faudrait démarcher auprès des professeurs de France voisine pour leur montrer l'intérêt à évoquer l'histoire et la littérature de Genève s'ils le souhaitent. Les stages et la formation étant en France entièrement centralisés, il n'y a de place ni pour la culture savoyarde, ni pour la culture genevoise, alors que le long de la frontière il est en fait nécessaire d'aborder les deux, et en tout cas la seconde. J'ai moi-même fait lire à mes élèves des textes de Rousseau sur Bossey, Genève, Chambéry, la Maurienne, cela a beaucoup plu, et puis aussi des textes d'Amiel sur le Salève, qui ont plu également. Il faudrait insister auprès des autorités françaises pour que l'Education nationale s'ouvre à la francophonie de façon concrète, en mettant en avant notamment la littérature des pays voisins, dans les régions frontalières. L'uniformité empêche beaucoup de choses et fait du mal, mais il est anormal qu'Amiel ne soit pas présent dans les programmes de littérature française: ça témoigne d'un nationalisme étroit, au sein de l'institution. Il faut s'en plaindre directement à Paris, c'est en France la règle, les locaux n'y peuvent rien.

Écrit par : Rémi Mogenet | 19/05/2014

C'est parce que la somme est symbolique , environs trois millions qui peuvent être supportés facilement par les collectivités locales de Suisse ou de France que le résultat du vote sur le stationnement provisoire est significatif d'un état d'esprit .
Pour une fois le politiquement peu correct , consiste à dire qu'il s'agit de l'expression d'un sentiment xénophobe, prélude à l'avènement ,comme à peu près dans tous les pays européens ,d'une doctrine identitaire , portée par une lecture réactionnaire d'un nationalisme- régionalisme "Padanie- Bretagne .Petit- Genève" .Dans ma vision pessimiste, cela constitue les prémices d'un totalitarisme en devenir , sorte de fascisme des temps postmodernes qui marquera pour un temps une période de l'histoire, " succédant aux trente glorieuses "parenthèse exceptionnelle" selon Piketty qui a vu la libération pour un temps des gueux .
cependant comme Pollack , j'ai le pessimisme gai, il y a mille façons de sortir de l' inéducable , Longo-Mai-la Coopération intra-muros.
etc

Écrit par : briand | 19/05/2014

""Ce Grand Genève il faut désormais le faire vivre ailleurs que dans les plans conçus par les hauts fonctionnaires. Cela passe par la culture, les échanges, les émotions partagées de part et d’autres d’une frontière mouvante. Pourquoi ne pas soutenir l’aventure du Servette Rugby Club qui s’apprête à participer au championnat de France , entre autres exemples ?

Le Grand Genève, pour qu’il vive, il faut le faire vibrer. A quand un forum de la frontière ? A quand les états-généraux du Genevois ? D’un rejet peut naître un projet.""

-Savoir transformer une contrainte en avantage, Jean-Noël Cuenod vous avez visé juste.

Tout ou presque vient d'en bas encore faut-il que les espaces s'adaptent. Il faut là aussi retourner la pyramide en mettant la base à l'honneur. Faire comprendre cela aux politiciens qui savent tout n'est pas une mince affaire!

Il faut avoir en tête que l'environnement n'est pas pauvre, mais pauvrement regardé.

Écrit par : Pierre NOËL | 19/05/2014

Mais Genève VILLE INTEERNATIONALE n'était-ce pas suffisant? INTERNATIONALE pas mieux que "méga" ceci ou cela? Bouchons, que ceux des frontaliers (pensée raciste)?
Parkings en France ISSUE unique?

Écrit par : Vlasta | 20/05/2014

Monsieur Rémi Mogenet, faut-il voir à réinventer le monde, n'est-ce pas dépassé?

Ou des mondes "habitables" en chercher ailleurs? Notre planète n'est-elle pas condamnée? Dans très très longtemps, on sait, mais comment viendra cette fin du monde, d'un monde entre autres mondes? L'exctinction des races? Ne faudra-t-il pas changer encore de philosophies afin de permettre aux agonisants de mille tortures: humains, animaux, etc., d'en "finir" une fois pour toutes? En lisant le coran on peut "comme" voir les "fidèles" sauvés embarqués sur des hauteurs (vaisseaux spatiaux: Mohammed dit prophète?) se tordant les mains de joie: allégresse à la vision des "infidèles" punis condamnés à d'immortelles atroces souffrances!! par Allah le compatissant, le miséricordieux.

Faut-il réinventer un monde ou dire, décider:

Place à l'imagination, place à l'improvisation, place, ce qui nous "changerait"! à l'originalité.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 20/05/2014

Un beau programme, Myriam, mais il faudrait donner des exemples. Réinventer concrètement le monde, c'est entreprendre quelque chose pour que les collèges et lycées du Grand Genève abordent l'histoire et la littérature de la Savoie et de Genève et du Pays de Vaud, c'est mon avis. Ce serait une vraie révolution, demander aux établissements d'enseignement de la région transfrontalière d'évoquer Calvin, François de Sales, les ducs de Savoie, la république de Genève, Amiel, Rousseau, Joseph de Maistre, etc. Le reste est un peu gesticulatoire, car tout est dans l'éducation.

Écrit par : Rémi Mogenet | 20/05/2014

Rèmi Mogenet, comme me faisait chanter mon papa en prenant l'accent:

"Bligadier, vous avez raison"!

Ne faudrait-il pas laisser mille fois plus de liberté aux profs?
Lesquels selon les élàves choisiraient plutôt telles personnalités, thàmes, qu'autres afin de ne jamais leur couper l'envie d'apprendre. Profs connaissant les centres d'intérêts (CEMEA) de leurs élèves, pas, seulement en surface, les loisirs. Profs excellant à mettre "chacun"! en appétit.

Je suivis une formation d'éducatrice. Tout au départ, pour notre admission, l'attention se portait sur le fait qu'en nous il y avait "feu" (pas de paille!)!

Écrit par : Myriam | 20/05/2014

P.S.Un jour il faudra quitter cette planète condamnée que nous le voulions, croyions ou non. C'est un fait. Qui sera choisi avec chance de survie qui non? Mais si l'on joue au jeu de l'île déserte, que prendrait-on avec soi?
Culture Soins Techniques Mentalités Solidarités?
Jaccard a écrit qu'il pensait que les hommes ne pourront pas s'établir en d'autres mondes, planétes mais s'il se trompait voulons-nous un monde nouveau de l'espace, un monde de "requins" de finance pour requins de finance, d'égoïsme, sans éthique, justice... "préservée justice"! pureté, poésie ou un monde immonde-matière plate?
Immenses débats et travaux passionnants plus que motivants à venir...au courant des siècles (qui "partant à temps"...)!

Écrit par : Myriam | 21/05/2014

On quitte le monde en emportant ses bonnes et ses mauvaises actions, tout le reste disparaissant en fumée, disait François de Sales. Pour une autre planète, à mon avis, c'est pareil, il ne faut pas à cet égard être d'un matérialisme naïf.

Les professeurs doivent certainement avoir plus de liberté, mais les parents aussi, celle de choisir les professeurs qu'ils veulent pour leurs enfants. Or, il est très probable qu'à une école qui centre tout sur l'histoire nationale, les parents seraient nombreux à préférer une école qui se diversifie aussi en direction de la région concrète qu'on habite, et où on doit apprendre à vivre, y compris avec ses voisins, quand on est dans une région frontalière. En tout cas les élèves aiment quand l'histoire et la littérature se joignent aux réalités qu'ils connaissent, et détestent au fond quand elles restent abstraites, évoquent un monde détaché d'eux, et présenté implicitement du coup comme supérieur au leur. Cela déclenche en eux une forme d'irritation sourde, qui s'exprime plus ou moins ouvertement. En réalité, si l'enseignement était réellement libre, l'intérêt d'évoquer - pas systématiquement, mais régulièrement - la culture régionale transfrontalière, en Savoie et à Genève, apparaîtrait d'elle-même.

Écrit par : Rémi Mogenet | 21/05/2014

Rémi Mogenet, on quitte le monde en emportant ses bonnes et ses mauvaises actions, vous l'avez écrit, mais si la réincarnation "est" on risque d'"y" revenir, comme un enfant qui redouble, parce que n'ayant pas assez évolué. On revient ici ou ailleurs, juif ou arabe, homme ou femme quand bien même l'on était homme en une vie on peut en d'autres être femme, humain ou animal de même pour les "races"! D'où la sottise des combats, notammant, musulmans contre les "infidèles" non musulmans, par exemple: chrétien en une vie pourquoi pas athée en une autre... ou musulman "avant"! On ne peut décider "la réincarnation me séduit donc réincarnation il y a ou ne me séduit pas, foutaise que tout cela"! On sait que c'est en ses premiers temps qu'un être a quelques souvenirs, traces ou habitudes d^"avant"! Ainsi une toute petite fille comme "courbant sa haute taille" en passant sous un arbre haut histoire de ne pas se prendre les cheveux dans les branches a conservé une habitude d'"avant"! Une personne en recherche d'emploi allant d'échecs en échecs, l'une de ses camarades déclara "lourd" le karma de l'autre. Il doit être passionnant d'en discuter en classe... et les enfants prodiges musiciens sont ainsi de possibles musiciens en vie/s antérieure/s ayant, on l'admettra, de la suite dans leurs idées et ressentis.

Écrit par : Myriam | 21/05/2014

Quand le tram ralliait tout, de Genève-Centre à Annemasse à Gex à etc.. c'était dans les années 1970, nous étions suisses et avions des droits à Genève.

Entre-temps, les français ont détruit les rails de tram suisses et exigé que la liaison ferroviaire Annemasse-gare/Eaux-vives soit détruite, CEVA (aux mains d'entreprises françaises) oblige.

Enfin le 18 mai 2014, les français ont attendu... non, EXIGE (propos racistes anti-suisses, xénophobie antisuisse répandue de Thonon en passant par Evian à Annecy jusqu'à Lyon),

que les contribuables genevois et la CH leur payent la construction de parkings si mal placés hors circuits donc non utilisables, sauf payages supplémentaires à charge des utilisateurs, sauf temps de parcours et d'attente supplémentaires,

et le tout si les suisses acceptent par votation de financer par impôts un billet TPG allaround "tous parcours inclus" pour l'usage de ces P+R

c'est-y pas génial d'être un salarié-fonctionnaire français de l'une des XXXX agences financées par la CH+ l'UE+ GE+ les contribuables suisses,

tout en étant en charge de gérer tout ça sous la coupole du "Grand Genève"
payé par les suisses/les autres & Cie
et de pouvoir se défouler en tout xénophobisme contre les suisses suite aux résultats des votations?

Écrit par : pierre à feu | 21/05/2014

que les frontaliers favorables au "grand Genève" et votant ce week-end aux européennes sachent que

Hervé Falciani, français ex-employé d'Hsbc Monaco puis expate à HSBC Genève
se targuant d'avoir volé les données clients de son employeur HSBC Genève et poursuivi pour ce délit en Suisse (les lois suisses en vigueur, que cet employé de banque de Monaco puis de Genève connaissait, sont à l'encontre de ses prétentions répliquées sur wikipédia - fraude /évasion fiscale)

est sur vos listes en France frontalière sous liste "nouvelle donne" avec une phrase empruntée à Stéphane Hessel, pour se faire élire député à l'UE.
Ses frais de campagne à charge des contribuables UE, CH inclus.
bien que toujours pas jugé pour ses vols et délits d'employé français voleur de son employeur en Suisse.
eh oui
wikipédia inclus, rien n'arrête le détournement des faits au profit de malfrats.

Écrit par : pierre à feu | 22/05/2014

Mais pourquoi les anti-frontaliers racontent-ils autant de mensonges ? C'est hallucinant à la fin. C'est Genève qui a décidé de supprimer les trams pour ne garder que le 12, la France n'y est pour rien.
L'ancienne CGTE, à capitaux suisses, qui allait jusqu'à Douvaine et Annemasse avant la guerre était en effet en état de faillite chronique et la guerre - donc les allemands - avaient de toute manière coupé les liaisons à la frontière. Dans les années 50-60, la frontière avait été rouverte, mais les lignes fermaient les unes après les autres, remplacées par la voiture alors en pleine expansion et par des bus/trolleybus, jugés alors plus économiques.
La France n'a enlevé les rails, comme Genève, que lorsqu'il n'y a plus eu de tram à passer dessus.
Et la liaison Eaux-Vives Annemasse est remplacée par le CEVA. Pendant qu'on fait des travaux aussi importants sur la voie, on ne peut y faire passer des trains.

Écrit par : frontalier suisse | 22/05/2014

Ces votations ET D'AUTRES, COMME D'AUTRES où habitants venus d'ailleurs "suite aux résultats annoncés se défoulent en tout xénophobisme contres les Suisses"!

J'ai eu l'occasion d'entendre les compliments sur la Suisse et "désir fou de s'y intégrer" de certains chercheurs de conjoints ou de conjointes devant leur valoir "papiers" puis, plus tard, ayant en poche ce que visé donnant un tout autre point de vue sur le même pays et je tiens à dire à quel point la Suisse se laisse abuser par personnes prétendant avoir rencontré leurs conjoint/es en temps de vacances en réalité en Suisse y travaillant clandestinement depuis non mois mais généralement années.

Qu'en dirait Calvin?

Écrit par : Z | 22/05/2014

C'est vrai que les Français sont souvent antisuisses, c'est un problème. Je connais beaucoup de Parisiens qui se déchaînent contre la Suisse, sans doute par jalousie. Mais il n'est pas forcément antisuisse de se demander qui doit payer pour que les Genevois n'aient pas trop de voitures chez eux. Si même la Haute-Savoie était suisse, on pourrait se demander si les parkings doivent être financés d'abord par la ville de Genève, ou par les communes où ces parkings pourraient être implantés. Le problème est peut-être ici simplement la frontière.

Myriam, discuter de réincarnation en classe, cela paraît extrêmement difficile. Au demeurant, parler de dispositions un peu indifférentes sur le plan moral, comme être grand ou petit, musicien ou plasticien, est peut-être un peu vain, en principe quand on en discute on dit des choses du genre: si vous aimez votre prochain, dans une prochaine vie vous serez aimé par les autres, vous serez heureux, si vous le haïssez au contraire vous vivrez dans la souffrance lors d'une prochaine vie. Et si on suit la philosophie orientale authentique, on découvre qu'après avoir été heureux parce qu'aimé à cause d'une précédente vie où on a beaucoup aimé, à la fin on devient un sage qui comprend l'ensemble de l'univers, c'est effectivement la pensée des castes qu'on gravit une à une d'une vie à l'autre: d'abord sujet fidèle et homme bon, on devient ensuite un prince aimé de tous, un homme important et heureux, et finalement un brahmane qui communique avec les dieux, qui a de hautes pensées.

Écrit par : Rémi Mogenet | 22/05/2014

Rémi Mogenet
Oui, mais... Enfanta prodiges qui le seraient de par la réincarnation. Et enfants dits "surdoués"?! En Inde, les vies successives sont représentées par des robes qui indiquent trente vies/trente réincarnations, par exemple. Les enfants dits "surdoués" le sont-ils de par leur intelligence, cognition, environnement ou par le fait qu'ils seraient "au bénéfice" de plus de vies antérieures que leurs camarades: eux, une cinquantine de "robes" (vies antérieures), leurs camarades moins de "robes", vies antérieures. les "plus de robes", plus d'études, les autres moins d'études parce que moins de vies antérieures.
Les profs notent une difficulté relationnelle entre les uns et les autres élèves doués les uns "normalement", les autres "surdoués".
Sachant que les réincarnations successives sont signe d'ECHEC, en l'occurrence, donc, plus de vies antérieures plus d'ECHEC! les enfants "surdoués" doivent-ils "revenir" pour apprendre toujours et encore plus ou doivent-ils revenir parce qu'en leurs vies antérieures conflits relationnels aigus?! En ce cas, quelles démarches, parents et profs, s'imposeraient? Je connais un/e élève surdoué/e refusant une fois pour toutes de donner le moindre coup de main scolaire à un/e camarade sauf si cet élève en difficulté ayant juste besoin d'un "moindre tuyau entre camarades, voisins de table" accepte de PAYER l'autre?! non de par la volonté des parents mais par l'élève surdoué/e lui/elle-même! Une telle mentalité, est-ce gorcément la "rigolala"!

Écrit par : Myriam | 22/05/2014

Rémi

Je souhaite ajouter que, si, de nos jours, les techniques, sciences, recherche ont progressé de façon fulgurante, la presse insiste sur le fait que l'éthique stagne. Si bien qu'en prolongement de mes lignes précédentes la question de savoir si les profs sont également appelés à être des éducateurs la réponse, positive, s'impoose. Qu'est-ce qu'être "éducateur"? Une tante et un oncle "règents" (à l'époque)! à Yvonand me dirent qu'un instituteur d'abord est un éducateur. Ce qui en eux et par eux m'"éduqua" fut d'abord que bien qu'ayant des chagrins, peines, déceptions comme tout le monde Marcelle et jean étaient "radieux! Voués à fond à leur métier elle s'occupait également de théâtre, La Paternelle, à Lausanne et lui adorant la musique dirigeait la chorale au temple d'Yvonand. Radieux, épris l'un de l'autre, père et mère. je fus éduquée par leur joie, leur amour, leur gaité, leurs voix chaleureuses et regard droit.

Écrit par : Myriam | 22/05/2014

C'est la première fois que je vois un souci quant au nombre de vies antérieures. Je ne pense que les facultés cognitives soient forcément cumulatives, c'est une disposition d'une vie, comme la force musculaire, ou la beauté plastique.

Écrit par : Rémi Mogenet | 22/05/2014

Selon la croyance en la réincarnation, en ce cas, le karma comme évidence, le "corps causal" le seul n'étant pas détruit à la mort est concerné par nos vies antérieures.

Nul n'est obligé d'y souscrire. En revanche, le contemporain problème de l'éthique à ras les pâquerettes est un fait, une "vérité d'évidence"!

Grand temps d'en revenir à l'article de jean-Noël Cuénod.

Écrit par : Myriam | 22/05/2014

Les professeurs sont aussi des éducateurs, mais encore faut-il savoir s'y prendre, et mon avis est que si on n'établit pas dans ce qu'on enseigne que l'univers est traversé de forces morales objectives qu'on peut retrouver dans la nature et l'histoire, tout ce qu'on pourra dire restera lettre morte, pure incantation. C'est le danger d'une morale républicaine reposant simplement sur des idées théoriques, des valeurs officielles pouvant apparaître comme arbitraires. Mais on s'éloigne du thème de l'apprentissage de la vie fraternelle d'un côté et de l'autre de la frontière, sauf peut-être justement si on dit que ça ne peut s'apprendre qu'en étudiant l'histoire et la littérature régionales des deux côtés de la frontière.

Écrit par : Rémi Mogenet | 22/05/2014

Encore du racisme anti-Français Remi Mogenet?

Pourquoi écrire et penser "-les français sont anti Suisse..." c'est absolument faux et de mauvaise intention.

Votre culture est trop faible pour penser et écrire: "certains Français... ou encore une partie des Français" ??

Merci de rectifier le tir.

Écrit par : Pierre NOËL | 22/05/2014

Vous avez raison.
Souhaitiez davantage de liberté accordée aux profs.
Leur accorder, non! les pousser en la voie de donner libre cours à leurs passions et ressentis: bouter le feu non remplir des bocaux

a redit il y a quelques temps déjà V. Pécresse.

Mais les Directeurs respectent-ils les profs ou minimisent-ils non seulement leur statut mais l'être humain connaissant qu'ils sont. Irrespect des parents, aussi...

Sans souhaiter parler de moi juste pour rendre service. Perturbée je n'étais pas une élève scolaire. Une rencontre, une fois adulte, changea la donne. Un directeur de collège me dit que ce n'est pas tant qu'un être en influence un autre mais ce qui se passe lorsque ces deux êtres sont ensemble.

Écrit par : M.B. | 23/05/2014

Pierre Noël, mes mots réels étaient: "les Français sont souvent antisuisses", et pas "les Français sont antisuisses". Merci de rectifier. Les Français sont souvent antisuisses, c'est dire qu'il y a une grosse partie des Français qui sont antisuisses. Peut-être que vous la pensez petite. Moi je la pense grosse. Je la pense grosse parce que par exemple on ne trouve pas Amiel parmi les auteurs des programmes officiels d'enseignement de la littérature, ou aux concours de recrutement des enseignants de lettres. Cela dit ici cela renvoie à la conception assez nationaliste des concepteurs de ces programmes. Mais on trouve davantage d'auteurs belges. Les Français be sont pas toujours antisuisses, ils le sont soit parfois, soit souvent, mais je ne pense pas qu'on puisse dire qu'ils le sont rarement.

Écrit par : Rémi Mogenet | 23/05/2014

M.B., pousser depuis l'autorité consacrée à donner libre cours à sa passion, je me demande ce que ça veut dire. Je ne crois pas tellement à la liberté décrétée. L'Etat doit valoriser les enseignants qui ont de la passion, sans regarder à la conformité des conceptions des enseignants à un modèle quelconque. Car une passion brisée au nom de principes constitutionnels supérieurs, pour ainsi dire, s'étiole vite. C'est pourquoi je parle d'accorder plus de liberté: en fait, éviter les méthodes pédagogiques imposées en principe, et même alléger des programmes trop détaillés et uniformes. Sans doute, cela demande pour les enseignants une meilleure formation, notamment sur le plan pédagogique, car user d'une liberté sans pouvoir s'appuyer sur une connaissance précise, c'est partir au hasard dans des directions qui peuvent être bonnes comme mauvaises. Il faut donc exiger des futurs professeurs qu'ils acquièrent une connaissance théorique des philosophies pédagogiques existantes, afin qu'ils fassent un choix en toute connaissance de cause. Les professeurs ne peuvent pas exercer une liberté, si en fait ils ne savent rien de ce qu'on peut concevoir dans leur pratique: ils suivent soit la tradition, soit les injonctions d'Etat. Les pousser à une passion, c'est alors souvent les pousser dans le vide. Au moins peut-on attendre de l'Etat qu'il reconnaisse une passion exercée en toute connaissance de cause par un professeur qui a travaillé individuellement dans la science pédagogique.

Écrit par : Rémi Mogenet | 23/05/2014

Rémi,

21/05/2014 n'avez-vous pas écrit que les professeurs doivent avoir plus de liberté? Je comprends créativité, inventivité, innovation voire "imprévisibilité": profs artiste. Je vous cite "un professeur qui a travaillé individuellement dans la sciencee pédagogique" ...sachant que si nous ne nous intéressons pas à ce qui intéresse les enfants ils ne s'intéresseront pas tous à ce qui nous inspire. En stage avec les CEMEA je fus émerveillée par l'idée donnée d'aller auprés des jeunes non avec un programme préétabli mais en partant à partir de leurs centres d'intérêts pour en arriver par un tel chemin au programme incontournable. Mais les artistes a dit un jour Charles Dutoit, le musicien, sont gens fragiles or, à la lecture de blogs comme celui d'André Duval les "artistes professeurs" contemporains ont de quoi en avoir lourd sur la patate, n'est-il pas vrai?

Vous avez raison de relever mon "donner libre cours à sa passion". J'ai noté en passant à propos de la Marche blanche que personne ne dit les bienfaits d'une attirance amoureuse comme en ont les jeunes parfois pour leurs profs avec réciprocité ou non (mais en ce cas attention portée au jeune afin qu'il ne perde en rien confiance en lui-même, etc.) attirance amoureuse fantastique levain dans la pâte: jeunes ainsi, quand, s'il y a lieu débloqués, heureux: "aux anges"! Professeurs en mesure, en cas de réciprocité, de maîtriser leurs pulsions, évidemment, mais aussi et ainsi portés pas... les ailes de l'amour. Toute la classe au profit d'un tel élan par sublimation.

Écrit par : Myriam | 23/05/2014

Rémi Mogenet, vous jouez sur les mots car -une -partie des français ont été antiSuisses par exemple lors du vote sur les minarets, mais une partie.

Bon, je n'en fais pas un fromage. Pour le reste, dire ou apprendre aux gamins que l'univers est traversé par des forces morales c'est les envoyer droit dans le mur.

Aucune divinité en vue sauf chez les rois.

Écrit par : Pierre NOËL | 23/05/2014

"par exemple lors du vote sur les minarets, mais une partie." Vraiment pas le problème, sauf sur les plateaux de télé. le reproche, c'est que tous les Suisses vivent au crochet de la France en leur volant les impôts des riches...

Écrit par : Géo | 23/05/2014

Prosit !

Écrit par : A la tienne, Roland ! | 23/05/2014

Myriam, quand on est professeur, la difficulté est quand même de ne pas se laisser aller à ses sympathies et à ses antipathies, qui ne renvoient qu'à soi. Il y a bien des élèves dont on tend à être amoureux mais cela implique qu'il y en a aussi vis à vis desquels on tend à avoir malheureusement des sentiments exactement contraires, c'est la réalité de l'être humain, qu'il faut justement parvenir à surmonter. Il ne s'agit pas d'être un artiste au sens de pop star. Il s'agit d'agir selon un sentiment d'amour qui ne soit justement pas passionné et se nourrisse d'une vraie science pédagogique. Il ne s'agit pas de restreindre la liberté des professeurs, mais plutôt de restreindre l'accès au métier d'enseignant à ceux qui ont su acquérir une science pédagogique au préalable. En outre la science rend libre, car elle affranchit justement des affections purement personnelles, qui au fond ne rendent pas service aux élèves, car elles sont égoïstes. Le sentiment d'amour se diffuse dans la volonté d'être au service des élèves, de tous les élèves, ceux qui sourient gentiment et séduisent, mais aussi les autres. Il ne s'agit pas d'être un artiste au sens où on n'écoute que soi, mais au sens où on imprègne sa science pédagogique d'amour.

Pourquoi, Pierre Noël, se focaliser sur les rois? Les républiques parfois aussi se posent comme des instances divines capables de distinguer d'une façon absolue le bien et le mal et donc d'enseigner une morale qui ressortit à un absolu. Malheureusement, cela ne marche pas, car les gens savent très bien qu'il y a toute sorte de républiques, que leur absolu est très relatif. Même lorsqu'un certain nombre de républiques proches réussissent à diaboliser un certain nombre de républiques apparemment différentes, les républiques proches entre elles ont des valeurs assez différentes, et le discours patriotique qui fait croire aux Américains ou aux Français que les valeurs américaines ou françaises sont absolues ne marche que pour les gogos. Tout le problème est donc de savoir d'où l'homme tire sa vie morale. On ne peut même pas dire que cela ne s'enseigne pas, car dans les faits, ce qui est enseigné comme vérité naturelle aux enfants ressort ensuite comme vérité morale. Ce que les enfants apprennent comme étant la norme dans la nature leur apparaît plus tard, lorsqu'ils sont adultes, comme étant une norme éthique. Par exemple: la sélection naturelle, l'esprit de compétition. On ne peut pas empêcher les âmes de chercher des repères dans la nature en général, c'est concrètement ce qu'elles font. Le drame douloureux au fond de la République française ou genevoise c'est que ce qui est enseigné comme étant la norme au sein de la nature contredit souvent des principes traditionnels, hérités notamment de l'humanisme, de l'antiquité. Tant qu'on n'aura pas réussi à concilier les deux mondes, la sphère de l'humanisme et les lois de la nature, les républiques européennes en particulier seront dans une situation de faiblesse, face aux autres qui soit comme les Américains ont au fond soumis leurs valeurs aux lois de la nature telle que la science moderne les établit, soit comme les Orientaux croient encore que les lois de la nature sont en fait conformes aux principes éthiques de leurs sociétés. L'Europe est dans une situation intermédiaire au fond dangereuse pour sa survie.

Écrit par : Rémi Mogenet | 23/05/2014

Les commentaires sont fermés.