15/05/2014

Faut-il prendre le Gripen en grippe? (Les Jeudis du Plouc)

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Les sondages le donnent perdant dimanche prochain, à l’issue de la votation fédérale sur l’achat de 22 avions de chasse au groupe suédois Saab. Faut-il donc prendre le Gripen en grippe? Avouons-le tout cru: Le Plouc ne connaît rien à ces engins ; à peine serait-il capable de distinguer un Gripen d’une aile delta. Fallait-il choisir le Rafale français plutôt que le chasseur suédois? Autant demander à Rataplan de résoudre la suite de Fibonacci.

Toutefois, Le Plouc, comme les autres Suisses, se sent interpellé au niveau du portemonnaie. Car il s’y agrippe, le Gripen, à nos sous! 3,126 milliards de francs, ça ne se trouve pas sous l’aile d’une poule. Bonheur de la démocratie directe, le peuple payeur sera aussi le peuple décideur. Dès lors, ce n’est pas sur le plan technique qu’il convient d’aborder le sujet mais sur celui de l’avenir de notre Défense nationale.

Le Gripen serait donc un élément indispensable pour préserver notre espace aérien. Mais il n’y a pas de défense sans stratégie. Alors qu’elle est notre stratégie ? Quels sont les ennemis potentiels qui feraient du Gripen un atout majeur dans notre arsenal ? On attend toujours la réponse. L’argument principal des avocats suisses de l’avion suédois est de nature tautologique – et pas trop logique : « Il nous faut le Gripen parce qu’il nous faut le Gripen». Devant les résistances d’une grande partie des citoyens, le président de l’UDC Toni Brunner excipe maintenant de la situation en Ukraine pour nous vendre cet appareil magique. Ah bon ? Et que feraient nos Gripen en Ukraine ? Clouer au sol les Sukhoï russes ? Pulvériser la flotte moscovite dans le port de Sébastopol ? Défendre l’espace aérien suisse, des fois qu’un Mig 35 aurait pris Nyon pour Kiev ?

A quoi sert notre flotte aérienne ? Il aurait fallu poser cette question avant d’aborder celle de l’achat d’un appareil en particulier. Et au-delà, c’est notre stratégie globale de défense qu’il faudrait interroger, au lieu de s’en tenir à des arguments d’autorité.

En fait, nous ne savons plus quelle place l’armée doit tenir dans notre pays. Depuis des années, elle subit de régulières coupes budgétaires. D’aucuns, même à droite, se posent la question de son utilité et de sa pérennité. Comme nous ne vivons pas dans le monde enchanté des doudous en peluche, la question de notre défense nationale est on ne peut plus légitime. Mais se contenter, comme nous le faisons, de faire vivoter une armée sans stratégie, sans but, en croyant que les recettes de la Seconde Guerre mondiale sont éternelles et que notre neutralité relève du droit divin, c’est poursuivre une illusion aussi vaine que celle des béatitudes pacifistes.

A quand un vrai grand débat sur notre défense ?

 

Jean-Noël Cuénod

17:46 | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : armée, suisse, forces aériennes | |  Facebook | | |

Commentaires

Une armée sans but sauf celui d'être en mesure de nous défendre en cas d'attaque.

Par qui, pourquoi?

Est-il excessivement pessimiste d'affirmer qu'en ce domaine comme en tant d'autres le mot clé est "opacité"?

Est-il prévu en haut-lieu que, d'une façon ou d'une autre, y compris "biaisée", la Suisse devenant pays membre de l'UE... le Gripen, acheté et payé AVANT l'adhésion, le Gripen dès lors à disposition de l'OTAN ne sera pas "de trop"?!

Écrit par : Z | 15/05/2014

Chronique du sac à pain: de Max Frisch sauf erreur, c' est pour moi l'ouvrage de référence, dés lors que je dois m'efforcer de penser en terme de stratégie militaire.
L'Ennui: constitue l'ennemi mortel du soldat suisse, comme le cholestérol est l'adversaire principal de l'infanterie de l'armée américaine il empêche ses fantassins de "marcher"
S'agissant de ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines , le problème n'est pas très différent, à quel système de défense on s'intègre, en cas de crise majeur impliquant l'engagement de forces ayant la capacité d'infliger des dégâts majeurs dans des zones qualifiées de sanctuaires par.... l'OTAN ?
à quel niveau de danger , on considère devoir agir ,pour sécuriser des espaces qualifiés de sensibles; avec quel niveau d'indépendance de décision dans un système de défense intégré

Pas de vision. pas de stratégie: un manichéisme digne des scènes d'Anker "un toit -une maison-une ferme et...une femme.
On achète pour entretenir , pour poutzer ,

Écrit par : briand | 15/05/2014

Admirateur du rafale et et toute sa technologie, j'avais indiqué qu'il était le seul adapté à la Suisse. Avec un ou deux Rafales la Suisse garanti sa sécurité et ses capacités de réaction face à une invasion de drones et autres zings du même genre, plus qu'avec les sept autres coucous de foire.

Combien de temps faut-il au rafale pour traverser la Suisse de long en large?

Militairement avec ses équipements, c'est le meilleur,iu sauf pour les racistes anti-français et les non initiés.

A défaut du Rafale, prenez les gardes Suisses du vatican pour défendre le pays ça coûte moins cher mais aussi efficace que les 7 Gripens.

Écrit par : Pierre NOËL | 16/05/2014

Gripen, Rafale ou Messerschmidt, tant que les avions de la flotte aérienne suisse n'auront le droit de voler qu'entre 8h et 17h et que la Confédération devra faire appel à ses voisins, comme il y a quelques semaines avec l'avion d'Ethiopian Airlines, restera une question purement rhétorique!

Écrit par : Cara | 17/05/2014

Félicitation à la majorité des Suisses d'avoir eu plus de bon sens que leurs politiciens.

Les réflexions sérieuses peuvent commencer.

Écrit par : Pierre NOËL | 19/05/2014

Sérieusement, nous sommes tous des "ploucs", car nous ne connaissons pas la stratégie à employer en cas d'attaque. Qu'elle attaque ? Qu'elle défense ?
Quant à nous intégrer dans l'OTAN, autant abandonner notre neutralité et se demander si notre armée a encore une raison d'être. Pour ma part, un homme fort et bien entrainé risque moins qu'un faible désarmé. Il en est ainsi avec notre beau pays.
Par ailleurs, j'ai posté un commentaire sur mon blog "entre nous"
L'etoiledeneige ... et maintenant place aux drones performants !

Écrit par : Bruno Mathis | 19/05/2014

Sérieusement, nous sommes tous des "ploucs", car nous ne connaissons pas la stratégie à employer en cas d'attaque. Qu'elle attaque ? Qu'elle défense ?
Quant à nous intégrer dans l'OTAN, autant abandonner notre neutralité et se demander si notre armée a encore une raison d'être. Pour ma part, un homme fort et bien entrainé risque moins qu'un faible désarmé. Il en est ainsi avec notre beau pays.
Par ailleurs, j'ai posté un commentaire sur mon blog "entre nous"
L'etoiledeneige ... et maintenant place aux drones performants !

Écrit par : Bruno Mathis | 19/05/2014

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