29/03/2014

A CORPS PERDU

A CORPS PERDU

  

Sur les rues désertes je dessine ton corps

Les épais nuages ne charrient que du vide

Et dans le ciel vaine attente de l’éclair

Le silence étrangle même les rossignols

 

Refuge plein de bruits au fond du bistrot

Buée sur les vitres les songes se dissipent

Le café glisse lentement son ombre amère

Au creux du ventre serpent fraternel et chaud

 Devant la carafe d’eau tristesse plaisante

Sur ses flancs roulent des larmes multicolores

Sur le formica la crasse trace ses plans

Les épaisses vapeurs de bière s’incrustent

Comme l’encens qui colle au mur des cathédrales

A la pendule le temps ne bat plus ses cartes

Tous les vieux joueurs ont quitté la partie

Et tous les néons sont rendus à leur néant

 

La porte s’ouvre le silence sort ses griffes

Le ciel distille ses menaces de plomb

Mais je suis hors d’atteinte ma chair est sauve

Je sais maintenant que ton corps est éternel

 

Jean-Noël Cuénod

 

Photo Adrian Radu

 

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Livres de poésie de l'auteur disponibles dans les librairies Payot ou auprès de l'éditeur Samizdat (Denise Mützenberg, 8 chemin François-Lehmann - 1218 Grand Saconnex):

 

- Circonstances

 

- Le Goût du Temps (Prix Festival Rilke 2012)

 

Disponibles sur les sites FNAC, Amazon,

 

 - Matriarche (Editions Editinter Paris)

 

- Liens (Editions Editinter Paris)

 

- Amour Dissident (Editions Editinter Paris. Coécrit avec Christine Zwingmann - Médaille du Sénat).

 

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Commentaires

On dirait du Eluard, tout est noir, l'inexistence de Dieu a été révélée, heureusement il reste le plaisir charnel.

Écrit par : Rémi Mogenet | 29/03/2014

Chacun ressent! Le poète pourrait aussi être un mystique croyant qui célèbre la victoire de la lumière sur les ténébres le "corps" (le "cep et les sarments", l'Eglise, celle du "Christ"! est éternelle... Sa "chair" hors d'atteinte... En un autre poème, du même auteur, de mémoire, sous les feuilles (un ressenti: feuilles théologiennes, dogmatiques)! le, ou un "corps de lumière"! Corps de lumière sous feuilles mortes...

C'est parfois à partir ou par l'"ami"/e que le croyant pénétre en Dieu ou a le sentiment que Dieu pénétrant en lui ("communion") l'un et l'autre, l'autre et l'un ne faisant plus qu'un...

Ne dit-on pas que Dieu est amour?!

Écrit par : Solange | 29/03/2014

S'il est amour, les nuages charrient des esprits qui prennent soin des hommes. Naturellement le poète est toujours un croyant, et lorsque l'inexistence des esprits des nuées a été révélée à la conscience, il croit en son plaisir propre. Eluard a bien parlé de cette façon de filles qu'il rencontrait dans les rues.

Écrit par : Rémi Mogenet | 29/03/2014

TDG: Blogosphère, et son courrier du Corps perdu, celui du , musulman-mendiant -inapte , improbables spectres hantant les fantasmes des poubelles de com.com. girls façon Mireille Valette ou de Déchet Liberté peintre en lettres du côté de Pully, tout cela sous le regard bien veillant de Mabut-Se qui je le sais m'a à l'œil.
La poésie est un sport de combat.
signé ,Briand: Bête à Bourdieu.

Écrit par : briand | 29/03/2014

@Briand : "La poésie est un sport de combat":

Qui décide de ce qu'est la poésie, de ce qu'elle devrait être ou dire ou à quoi elle doit servir ou/et pour qui, au "profit" de qui?!

"Imposerez-vous" aux poètes?

Auriez-vous, Briand, l'intention d'en revenir non plus à leurs excellences de Berne, nous aurons, de façon "biaisée" (une conseillère fédérale, dixit) prochainement leurs Excellences de Bruxelles... non! mais auriez-vous l'embition d'être un futur "bailli" de la poésie?


En ce cas, du ciel, obtenons un nouveau Davel!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 30/03/2014

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