27/03/2014

Devant des journalistes étrangers, Jean-François Copé multiplie les vacheries sur ses «compagnons» de parti (Les Jeudis du Plouc)

 

 

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«Monsieur Jean-François Copé organise cet après-midi une petite réunion pour quelques journalistes étrangers. Etes-vous libre ?» Au téléphone, une voix flûtée tire Le Plouc de sa torpeur parisienne. Qu’est-ce que le président de l’UMP peut bien leur annoncer, à ces scribouillards allogènes? Ils n’apporteront aucune voix à ses candidats pour le second tour, dimanche, des élections municipales françaises. Certes, les ressortissants de l’Union européenne ont le droit de voter à cette consultation. Mais il est douteux que les Anglais du Périgord attendent la BBC pour choisir le maire de Saint-Sulpice-de-Mareuil ou de Rudeau-Ladosse.

 

Au siège parisien de l’UMP, rue de Vaugirard, – un immeuble tout en verre qui sent encore le neuf, de style clinique et qui a coûté 40 millions d’euros – huit journalistes ont donc bavardé avec le grand patron du parti de la droite française. Il s’agit pour lui de recadrer la presse étrangère qui s’est fait enfumer par les vilains médias français en présentant le Front national comme le principal vainqueur du premier tour des municipales.

 

En d’autres termes, les vrais gagnants, c’est nous à l’UMP. Ou plutôt, c’est moi, grâce à ma ligne, celle du «ni-ni». Ni accord avec le FN, ni Front républicain avec les socialistes, même pour barrer la route aux lepénistes. «La digue de l’UMP n’a pas cédé face au Front national. Nous n’avons conclu aucune alliance avec les frontistes. La seule fusion d’une liste de droite avec le Front national  s’est conclue à Villeneuve-Saint-Georges. J’ai aussitôt viré les 3 ou 4 conseillers municipaux UMP qui se sont prêtés à ce jeu».

 

Voilà pour le principal «élément de langage» à faire avaler aux journaleux. Mais Jean-François Copé a aussi réservé une série de vacheries contre ses rivaux au sein de son propre parti : François Fillon, Alain Juppé et même Nicolas Sarkozy, l’homme le plus écouté de France. Se serait-il laissé aller en causant avec des journalistes étrangers? Ou veut-il ringardiser, sur le plan international, ceux qui lui feront de l’ombre en 2017 pour succéder à un François Hollande qu’il voit battu d’avance?

 

Copé rappelle illico que cette tactique du «ni-ni» , c’est lui ­– et personne d’autres ­– qui l’a mise au point à l’occasion des élections cantonales de 2011: «Juppé et Fillon voulaient partir avec la gauche contre le FN. Nos électeurs étaient fous de rage» et d’ajouter aussitôt : «Il est vrai que depuis, Fillon s’est montré plus ambigu en disant qu’entre un socialiste et un frontiste, il choisirait le moins sectaire. Mais moi, j’ai établi une ligne claire, cohérente». 

 

Le président de l’UMP se voit donc en président de la République. Il ne le dit pas aussi ouvertement mais dans une conversation censée ne concerner que les municipales, il se met à décliner un programme tout ce qui a de plus présidentiel:

«Suppression des 35 heures, retraite à 65 ans, réforme fiscale, immigration choisie, réforme de l’école, baisse des dépenses publiques… Un président peut amorcer ce programme dans les six premiers mois de son mandat, par ordonnances». Mais alors il se voit déjà à l’Elysée! Et lorsque Le Plouc lui en fait la remarque, Copé se marre : «N’allez surtout pas dire ça! » Il ajoute dans la foulée : «J’ai une grosse difficulté par rapport à mes aînés (sous-entendu, des vieux impropres à la consommation électorale). C’est que moi, je suis en pleine bataille au quotidien à la tête de l’UMP. Je participe à une course de haies, les municipales, les européennes, les sénatoriales. Alors qu’eux peuvent se placer pour la présidentielle».

Et son impopularité? Copé continue à flinguer les copains : «Lorsqu’un homme politique se tait dans les médias, il atteint des sommets de popularité, à l’exemple d’Alain Juppé. Cela fait au moins un an qu’il n’a plus participé à une grande émission de télé. Remarquez que François Fillon, lui aussi, se tait mais cela ne le rend pas plus populaire pour autant!»

Même Sarkozy n’est pas épargné, lui qui reste le préféré des électeurs de droite : «J’attends qu’il parle et on verra. Vous savez, cela se passe toujours ainsi lorsqu’un homme politique est en retrait. Dès qu’il parle, sa popularité baisse. Si Sarkozy déclare qu’il va supprimer les 35 heures, on lui demandera pourquoi il ne l’a pas fait durant son quinquennat. Et sa cote baissera de 5%. S’il annonce que les 35 heures seront maintenues, les électeurs de droite seront déçus et  sa cote baissera aussi».

 

A l’UMP, on s’aime vraiment beaucoup. Dans la défaite comme dans la victoire.

 

Jean-Noël Cuénod

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Commentaires

A quoi bon le "ni-ni" (emprunté au "neti neti!" de l'Hindouisme)? de Copé?

Ses vacheries variées (sortent aujourd'hui de "nouvelles très mauvaises nouvelles" concernant le chômage)!

Bon, efficace et compétent moyen de lutte contre le FN?

Annoncé, par Copé, toujours (ce présent article)) de ses projets, pour n'en donner qu'un, la "baisse des dépenses publiques"! Pour les salariés modestes: évidente, encourageante bonne perspective?! Baisse des dépenses publiques ou "économies"! sur le dos et/ou par le moyen de qui: quelles sont les personnes concernées? Comme on comprend la lassitude des Français qui n'"y croient plus"! pour les uns, n'"en peuvent plus", pour les autres. Colère à venir ou France profonde bien trop "anémiée"?

Écrit par : Agathe | 27/03/2014

Mais Monsieur Cuenod, ne savez-vous pas qu'en politique la 1ère chose que l'on enseigne est de discréditer ses concurrents ?
Toutes les "affaires" qui soudain apparaissent comme par enchantement. Dans le clan socialiste, celui de l'UMP, les écoutes sauvages, tous les vieux cadavres que l'on réveille au bon moment.

La 2ème chose est de préserver à tout prix le poste que l'on a conquis. Soit disant pour assurer la continuité des actions menées. Mais sans le dire, pour assurer sa propre continuité. Même au détriment des promesses que l'on fit lors de son élection.

Et la 3ème est de promettre tout ce qui plait au peuple. Même si l'on sait que ce sera irréalisable, car une fois élu, qui se souviendra des promesses ? Et pour ceux qui s'en souviendront on aura toujours de bonnes excuses.

C'est pourquoi dans la "démocratie royale totalitaire" qu'est la France, le peuple n'a qu'un moyen pour se faire entendre par ses princes : MANIFESTER.
A tel point d'ailleurs que ç'en est devenu une habitude. Grèves, manifestations, on n'arrête plus le peuple !

Jusqu'au jour où ce sera la révolution.

Écrit par : Lambert | 27/03/2014

@Lambert

Alors au pouvoir, des Grèves, pratiquement seule "arme" à disposition des salariés, Monsieur Sarkozy s'en est également occupé. Désormais, a-t-il dit, "lorsqu'il y aura Grève, on ne s'en rendra même plus compte"!

Compliments à Jean-Noël Cuénod. Confronté à une telle banalité des propos des - hommes, en l'occurrence, au pouvoir - comment s'y prend-t-il, cet excellent journaliste, pour non seulement ne pas écrire de façon lassante ce qui l'est mais quel est ce talent, ce don sien, pour écrire de façon vivante ce qui, du fait, des gens engagés en politique est "mortel" ce que, Lambert, vous décrivez à merveille. Merci à tous deux.

Écrit par : Solange | 27/03/2014

Il prend une gueule d 'enfer.....ce COPE.......il nous fatigue

Écrit par : dany Lemaitre | 27/03/2014

La gauche s'est fait piéger là ou la droite nous a roulé dans la farine. La France n'est pas une "démocratie royale totalitaire" mais une république catholique ou une minorité gouverne une majorité. La haute pétée catholique (HPC) et la haute pétée protestante (HPP) s'échangent le pouvoir au travers de deux blocs -droite et -gauche. Le centre sert de roue de secours avide des postes très bien rémunérés. Ensuite, il y a les extrêmes jouant les rôles de bouffons, les uns inféodés au communistes et autres "istes" les autres plus ou moins fascistes et intégristes tendance néonazis.

Ce n'est pas avec ces gens là que la France ou l'Europe retrouvera le chemin de la prospérité, du bien être et du bonheur.

Pour le reste, on assiste à la même stratégie ayant eu lieu en d'autres temps entre Chirac et Sarkozy: faire croire qu'ils ne sont pas d'accord pour assurer l'élection du plus jeune, agressif jouant avec les sentiments et les croyances des gens. Ensuite, il suffit de trouver des slogans adaptés comme par exemple "la France qui se lève tôt" ou encore "travailler plus pour gagner plus"

Mais comme indiqué dans un autre commentaire, ils sont tous drogués aux énergies fossiles et au reste. Le problème de la France et de l'Europe est ailleurs. Copé et sa bande, Sarkozy et sa bande, Fillon et sa bande sont du même moule que Hollande et sa bande. Ils sont tous issus des grandes écoles de la médiocrité.

Les écolos fonctionnent comme des étudiants, incapables de comprendre les enjeux économiques, géopolitique et sociaux, ils ne savent pas planter une échalote à l'endroit et pourtant, ils se prennent pour des intellos à queue de cheval. Ils n'ont rien dans le froc, et peu dans la caberluche....

Voici un lien qui en dit long sur notre avenir:

http://lecontrarien.us6.list-manage.com/track/click?u=54fb71744bca4f72b722cf925&id=c078d00662&e=6663824bf2

Écrit par : Pierre NOËL | 27/03/2014

(Le centre sert de roue de secours aux politiciens avides des postes bien rémunérés.....)

Mille excuses!

Écrit par : Pierre NOËL | 28/03/2014

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