09/03/2014

FRUIT

           Quel fruit dans les mains des humains

  Vert ou moisi ? Volé ou donné ?

       Fruit défendu par qui ? Pour quoi ?

 

         Sous l’écorce, pomme de discorde ?

Chaque question est un pépin

       Planté dans l’épaisseur de la terre

           Où nos morts remplissent leur office

         D’anges pourris et transformateurs

     Laissez leur âme mûrir le germe

Car il n’est pas encor revenu

Le temps du soleil et du ciel

 

   De ce fruit tombé en disgrâce

 Naîtra la forêt des questions

                   Entre ses troncs l’homme doit s’y perdre

 

Jean-Noël Cuénod

 

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Photo Brigitte Brissard, Bellac (Limousin)

 

Livres de poésie de l'auteur disponibles dans les librairies Payot ou auprès de l'éditeur Samizdat (Denise Mützenberg, 8 chemin François-Lehmann - 1218 Grand Saconnex):

 

- Circonstances

 

- Le Goût du Temps (Prix Festival Rilke 2012)

 

Disponibles sur les sites FNAC, Amazon,

 

 - Matriarche (Editions Editinter Paris)

 

- Liens (Editions Editinter Paris)

 

- Amour Dissident (Editions Editinter Paris. Coécrit avec Christine Zwingmann - Médaille du Sénat).



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Commentaires

N'est-il véritablement pas encore revenu Le temps du soleil et du ciel?

De votre poème, Monsieur Jean-Noël Cuénod, en le mettant au singulier, "transformateur" nous transporte un peu comme en fauteuils roulants tant peut être lassante la vie... Mais pour les adeptes du yoga ce mot désigne Shiva, le "transformateur" et de Shiva sa dimension féminine, sa Shakti qui "détruit l'erreur" en nous permettant d'y voir plus clair:

Ciel se dégageant, Soleil réapparaissant?

Suffirait-il de bien vouloir ouvrir les yeux? Une personne qui initia pas mal de monde au yoga d'"union spontanée avec le Divin" disait que, selon elle, les adeptes du yoga, avant tout, sont des "chercheurs de vérité"!

Écrit par : Solange | 09/03/2014

Bruit: j'ai cela de commun avec Camus que j'ai très tôt arrêté le football à cause de la tuberculose, ma grand-mère et non ma mère était illettrée, cela me différencie d'Albert , mais j'ai épousé une pianiste et nous avons eu des jumeaux comme l'Autre.
Heureusement ,j'ai assez vite préféré les Alfa-Roméo aux Facel Vega, bien que je découvre subrepticement que la famille de mon épouse a vécu à deux pas dans la bonne commune d'Echallens des Jaccottets .
Plaies .pléiades me voilà condamné à lire .
Lecteur maudit.

Écrit par : briand | 09/03/2014

Briand, pourquoi vous déclarez-vous "condamné" à lire?

Pour, malheureux briand, briller dans les salons? ou "parce qu'il faut l'avoir fait" !(sinon de quoi aurait-on l'"air"?)!

Si cela ne vous dit rien, pourquoi vous "forcer"?

Qui se "force", se "fausse", non?

Vous n'êtes plus un enfant, j'imagine, mais, autrefois, on empoignait un moutard par le nez qu'on faisait semblant de lui tordre en lui montrant ensuite entre deux doigts ce que l'on avait ainsi trouvé: ici un autocondamné... par snobisme?! Automalédiction (comme je le disais, il y a longtemps: "snobisme"? encore faut-il en avoir les moyens (Pléiade)!
Jureriez-vous qu'à lire... Jaccottet est moins bon en édition "normale" qu'en Pléiade? Comment? "Pléiade... c'est quand-même "autre chose"?! Bon! on ne fait pas boire à qui...

Ce poème, FRUIT, de Jean-Noël Cuénod, qui parvient jusqu'à nous par... TOILE ORDINAIRE ... nous porte-t-il moins à savourer, réfléchir? voire commenter... mûrir (FRUIT)!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 10/03/2014

madame Blakokovsky.
je me suis inspiré d'une anecdote parue dans le roman de David Lodge,Nouvelles du Paradis "je crois" un homme se décide enfin à parler à un SDF qui dort devant so immeuble, et découvre que se dernier est un érudit Le SDF lui dit que pour rester au chaud il passe ses journées dans les bibliothèques , mais qu'on l'oblige à lire sans quoi.....Le voilà donc condamné à lire.
J'ai raconté cette petite hisoire à Ph. Jaccottet à Grignan il y a quelques années , Lui, il s'est marré.
cela se passait sur la terrasse de l'auberge du village pas dans un salon.

Écrit par : briand | 11/03/2014

Aimable lettré briand:

TOUJOURS SYMPATHIQUE DE CITER SES SOURCES!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 11/03/2014

P.S.


Fruit "volé", "donné"?


Si fruit bibliquement défendu: fruit "tendu"!


A portée de main

Écrit par : Myriam Belakosky | 12/03/2014

A cet auteur, l'auteur d'un tel poéme je voudrais dire que pour nous autres éventuellement en deuil son poème est cruel: nos morts "anges pourris" et transformateurs? La fin: de "ce fruit tombé en disgrâce naîtra la forêt des questions"... De ce poème,FRUIT, on ne dira pas qu'il est tombé en disgrâce, mais, à l'auteur on avouera que c'est plutôt un goût amer dans la bouche qu'il nous laisse que des questions qu'il nous pose MAIS c'est un point de vue, un ressenti, un seul, j'espère...

Écrit par : Z | 14/03/2014

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