22/02/2014

Le bêtisier identitaire de l’UDC s’enrichit

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Il s’est encore enrichi d’une perle (en verroterie), le bêtisier identitaire de l’UDC. Après la sentence péremptoire de Blocher jugeant que les citadins et les Romands avaient «une conscience nationale plus faible», son congénère Mörgeli en a remis une couche bien épaisse. Les Helvètes pur sucre poussent en Suisse centrale et nulle part ailleurs (1 en appel de note sa citation complète à une question posée par Swissinfo).

Si Mörgeli parle de la Suisse de 1291, il est difficile de le contredire. S’il évoque la Suisse actuelle, son affirmation est grotesque. Tout d’abord, si notre pays en était encore réduit aux trois cantons primitifs, où en serait-il actuellement ? Ce sont les grands centres urbains – romands et alémaniques – qui ont fait, font et feront la Suisse. L’Helvétie de Blochergeli n’existe plus depuis des siècles.

Ensuite, la Suisse moderne est née de la guerre du Sonderbund en 1847. Or, son principal protagoniste, le général Dufour, était – ô stupeur ! – Genevois. Et qui plus est, formé à l’Ecole Polytechnique de Paris. C’est grâce à sa modération, à sa grande intelligence politique et stratégique que Guillaume-Henri Dufour a évité un bain de sang, tout en réduisant les catholiques conservateurs à accepter les nouvelles normes démocratiques.

L’accoucheur de la Suisse moderne parlait français, voyez-vous, Herr Mörglecher, et n’a pas eu besoin de descendre des alpes uranaises pour accomplir son devoir historique, mais de celles, nettement moins élevées, de sa maison de Contamines (alors sur le territoire des Eaux-Vives).

Et puis, Herr Blöcherli, saviez-vous que le drapeau que vous arborez à propos de tout et surtout n’importe quoi, a été dessiné dans sa forme actuelle par ce même Dufour en 1817 ?

 Il est ridicule de borner l’identité suisse aux trois cantons primitifs. Ce qui forme son essence, c’est tout au contraire la pluralité des cultures, des religions et des langues.

Il paraît que Mörgeli est historien. Pour paraphraser Clemenceau disons que les historiens UDC sont à l’Histoire, ce que la musique militaire est à la musique.

 

Jean-Noël Cuénod

 

(1) Swissinfo.ch: Comment jugez-vous les déclarations de Christoph Blocher pour qui les Romands et les citadins ont «une conscience nationale plus faible»?

C.M.: Je ne comprends pas toute l’agitation faite là autour. Le conseiller fédéral Guiseppe Motta avait jadis déclaré: «C’est la Suisse allemande qui a fondé la Suisse. L’une des qualités les plus remarquable de la Suisse allemande est son calme réfléchi, son besoin de peser le pour et le contre pour toutes les questions». Bien évidemment, les grandes villes, avec leurs majorités rouge-verte et leurs naturalisations massives, ont une compréhension plus limitée de la liberté et de l’indépendance. En revanche, les cantons de la Suisse centrale prennent en compte les 723 ans d’histoire de la Confédération.

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Commentaires

OK Blocher et Mörgeli se sont trompé, mais en s'en fou c'est le 50,3% des suisses qui ont voté qui nous intéresse. Vous leur dites quoi à eux, qu'ils sont ignorants ? C'est à l'école publique qu'il faut enseigner l'histoire suisse pas dans les blogs.

Écrit par : norbertmaendly | 22/02/2014

L'identité suisse n'est-elle pas d'accepter une décision prise par une majorité du peuple et des cantons? Une majorité c'est dès 50,0001 %.

Écrit par : Charles | 22/02/2014

@ Norbert Maendly & Charles: accepter le verdict des urnes, malgré l'infime petitesse de la majorité du 9 février, ne signifie pas que l'on doive subir et accepter les logorrhées verbales du dinosaure de Schaffouse et de ses séides.

Assez de ce chauvinisme débile qui fait de nos voisins des ennemis et de vos compatriotes des demeurés depuis le 10 février.

Et puis, zut, je n'accepte pas le résultat de ce scrutin. Et alors? Suis-je pour cela un mauvais suisse? Certainement pas plus que vous.

Écrit par : Déblogueur | 22/02/2014

En reprenant Clémenceau, je vous trouve bien cruel avec la musique militaire...

Écrit par : Andrew Ferguson | 22/02/2014

L'art. de J.-N. Cuénod n'a pas que du positif. Plusieurs de ses réflexions sont partisanes, alors que ce n'est que dans l'unité que la Suisse avancera sainement. Quand à sa comparaison musicale, il devrait étudier un peu la musique ou, s'il l'a étudiée, in n'y a strictement rien compris !

Écrit par : Albert Mamin | 23/02/2014

@ "Charles": Accepter la décision de la majorité, c'est assez banal...; ce qui est Suisse, c'est de respecter et de prendre en compte la minorité. Dommage que les parangons de la "Suisse de toujours" (?) ne soient pas plus Suisses!

Écrit par : Jacques de Haller | 23/02/2014

Le 50,3% des Suisses qui ont voté intéresse au plus haut point norbertmaendly. Soit! mais j'en connais d'autres qui voudraient connaître le point de vue, l'avis de ceux qui n'ont pas votés, de celles et ceux qui se sont abstenus?! Participation nettement plus élevée que d'habitude, certes, mais en aucun cas participation citoyenne à 100&100!

Écrit par : Dekoriacis Alix | 23/02/2014

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