14/01/2014

François Hollande, apôtre du social-libéralisme à la recherche de nouveaux appuis.

Le président François Hollande a confirmé mardi, lors de la troisième conférence de presse de son quinquennat, le coup de barre à droite esquissé lors de ses vœux. Ce mouvement est la suite inéluctable du vice fondamental de sa présidence, à savoir l’acceptation du pacte budgétaire européen. Lors de sa campagne électorale, le candidat Hollande avait promis de le renégocier avant sa ratification par la France. Mais durant les premières semaines qui ont suivi son élection, le nouveau président n’a pas osé sauter le pas et s’est contenté d’ajustements cosmétiques. Ce pacte a donc permis à l’Allemagne de sortir son épingle du jeu en plombant ses partenaires et néanmoins concurrents. La logique de l’austérité a roulé – et roule encore ­– sur la France comme sur les autres.

 

François Hollande assume aujourd’hui les conséquences de cette faute initiale. Ceux qui se plaignent que le président français ne désigne pas de cap et qu’il se contente de naviguer dans le flou ont tort. Le cap est clairement défini : il est social-libéral, sans équivoque. Le président socialiste offre même au patronat une fleur que même la droite n’avait jamais osé lui cueillir : la fin des cotisations familiales qui ponctionnent les entreprises et les indépendants.

Pour développer cette politique ­– qui a pour cœur le « pacte de responsabilité » (les entreprises auront moins de charges et devront embaucher plus) – Hollande a besoin d’appuis sur les plans social et politique.

 

Sur le plan social, le courant semble bien passer entre le nouveau « patron des patrons » du Medef Pierre Gattaz et le président de la République. Côté salariés, le syndicat CFDT ­– mieux implantés que la CGT et FO dans le secteur privé et, surtout, plus déterminé que ces deux centrales à négocier ­– reste l’allié le plus sûr du gouvernement pour appuyer sa politique de concertation.

Sur le plan politique, François Hollande ne peut pas faire assumer son social-libéralisme par le seul Parti socialiste ; il doit chercher d’autres appuis pour le légitimer auprès d’un cercle plus large d’électeurs. En outre, le président éprouvera de la peine à convaincre son aile gauche de le suivre sur ce chemin. Mais quelques ministères judicieusement attribués transformeront les Che Guevara d’aujourd’hui en Tony Blair de demain. Les Verts ne comptent pas. Avec la gauche de la gauche, les ponts sont définitivement rompus. Il ne reste donc que le centre-droit, soit l’UDI, pour lui servir d’allié potentiel.

 

D’ailleurs, le leader des centristes, Jean-Louis Borloo a déclaré d’emblée qu’il soutiendrait le « pacte de responsabilité », « s’il est concret », ajoute-t-il. Dès lors, après les élections municipales et européennes du printemps prochain, pourquoi ne pas conclure une alliance gouvernementale entre l’UDI et le Parti socialiste ? La France aurait un exécutif de coalition comme cette Allemagne qu’elle a pris pour modèle.

 

Mais pour ce faire, les centristes doivent mettre de l’ordre dans leurs diverses maisons. La jonction entre l’UDI de Borloo et le Modem de Bayrou ne s’est pas encore réalisée. Dès lors, Hollande doit certainement brûler quelques cierges pour que la mayonnaise centriste finisse par prendre.

 

Jean-Noël Cuénod


ESPACE VIDEO

Les points forts de la conférence de presse présidentielle 

21:06 | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : françois hollande, vidéo, conférence de presse, politique, france | |  Facebook | | |

Commentaires

Merci pour cette analyse que je partage entièrement. Virage à droite toute.

C'est Guy Bedos qui déjà faisait savoir que quand la "gauche" était au pouvoir on se la faisait mettre plus profonde, car on n'était pas sur ses gardes. Rebelote.

Avec un président plus à droite que Chirac en matière de politique étrangère...

Les français s'en débarrasseront en 2017, mais au profit de qui? Jamais le vide politique n'a été si grand.

Écrit par : Johann | 14/01/2014

Sa stratégie de François Hollande est bonne; après la queue, il s'est séparé de son aile gauche. Faites la même chose à un coq, vous verrez la difficulté pour voler au secours du harem...

Le centre est composé de roues de carrosses, elles ne manqueront pas le moment venu, de vouloir des "places" assises entre deux chaises, c'est un comportement bien connu des centristes. Un coup à droite, un coup à gauche.

Écrit par : ramdam | 14/01/2014

Johann, à propos de vide (politique):
Qui dit vide dit aussi "vacuité". Pour les bouddhistes, "vacuité", promesse de tous les possibles. Imaginons, un instant, comme au sortir d'un chapeau de magicien les Borloo/Bayrou, alliée Ségolène Royal. De l'autre, Marine Le Pen et les siens.

Puis, un débat TV (2017, toujours) entre Ségolène Royal/Marine Le Pen. Sondages résultats: qui, de Ségolène, ou de Marine, l'emporterait"?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 15/01/2014

Le vide permet à d'autres organisations de faire émerger des leaders. Cette contrainte cache bien des avantages. La majorité des gens se posent des questions essentielles et en débattent ailleurs que dans les organisations gauchistes, d'extrême droite ou religieuses. Le débat pour notre avenir à commencé, autant que le débat sur l'islamisation de la France et de l'Europe.

Par contre, lorsque Hollande raconte que seules les entreprises embauchent, c'est une vue courte de la réalité. Beaucoup d'associations loi 1901 ne recevant aucune aide de l'état embauchent et ont des salariés. Les Arts et la Culture font des prouesses en la matière etc.

La réforme de l'enseignement est nulle, car c'est la médiocrité qui domine pour mettre les jeunes au même niveau que la moyenne des plus faibles. L'éducation nationale n'est pas une éducation entrepreneuriale. Elle fabrique plus de 90 % de salariés. La France manque d'entrepreneurs et de gens très qualifiés, formés par des pros et non par des gens n'ayant jamais rien entrepris dans leur vie, disposant d'une garantie des salaires et des carrières. On a toujours des cheminots pouvant partir en retraite très jeunes avec beaucoup d'avantages familiaux, notamment dans les transports publiques etc etc.

Lorsque le Président, handicapé de l'ENA, nous raconte que le peuple ne paiera pas une éventuelle faillite des banques il ment ou alors il est incompétent! La garantie des banques n'est que de 3% pour une fausse garantie. Nos comptes bancaires sont en danger dans trois banques comme à Chypre. Nos politiciens ont mutualisé les dettes.

"" Soit le bilan d’une banque ayant au hasard 1 000 milliards d’euros d’actifs (peu ou prou comme la Société Générale par exemple), eh bien cette banque, pour être considérée comme solide, doit avoir 3 % de fonds propres… soit 30 milliards d’euros dans ses caisses… Ceux qui veulent en savoir plus à ce sujet iront lire l’article des Échos en annexe ou encore la note (illisible soit dit en passant) de l’agence Standard & Poor’s consacrés à ce sujet.""

.../...

"1 000 milliards contre 30 milliards !! Achetez vite de l’or, vous allez vous faire couillonner par les banquiers et en plus les soldes !! Il me semble d’ailleurs que c’est exactement ce chiffre qui avait été avancé par un autre blogueur, le Professeur Chevalier, et qui lui a valu il y a quelques semaines une condamnation à 8 000 euros d’amende par l’AMF, ce qui est une somme énorme pour nous (les blogueurs) et d’ailleurs sans aucun procès mais juste à l’issue d’une réunion d’une commission de sanctions."

"Le Contrarien Matin" "http://www.lecontrarien.com/"

-Aux dernières nouvelles il va aller à Rome faire allégeance au pape des rois-dieux; il faut craindre le pire. Que François 1er lui lave les pieds et les embrassent.....

Écrit par : Pierre NOËL | 15/01/2014

Pierre NOEL:

Ën repartant à partir de ma question Ségo/Marine, sondages, qui l'emporterait, nouvelle question, Présidentiellesa 2017, 20 heures, cette fois Vals/Marine, qui voyons-nous apparaître sur les écrans? Répondriez-vous: VALS?

En ce cas, votre point de vue, sur l'avenir, avec Vals président, votre verdict?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 15/01/2014

S'il m'est possible de comprendre le sentiment de Pierre NOEl à propos de l'annuel lavement des pieds en fin de son commentaire (nouveauté: lavement accompgné de... baisers aux pieds des détenus... jusqu'alors il s'agissait des cardinaux!) je n'apprécie pas l'allusion gratuite au "pape des rois-dieux"!
Si l'on voulait respecter l'esprit évangélique inspirant l'épisode de Jésus lavant les pieds de ses disciples, Pierre, tout particulièrement parce que commençant par refuser... un chant connu depuis longtemps remplacerait bien la cérémonie en question:
"Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres dans ma maison mais dis seulement une parole et mon âme sera guérie."!
Maison, c'est-à-dire "moi-même",intérieurement. Avec possibles bonnes répercussions physiques.

Écrit par : Alix | 15/01/2014

]@ Myriam Belakovski, je ne peux endosser le costume des escrocs de l'horoscope, des diseuses de bonnes aventures ou des tireurs de cartes, j'en suis désolé. Actuellement je m'éclate sur l'économie géopolitique, ça me prend beaucoup de temps afin d'être bien informé là aussi.

@ Alix, vous avez entièrement raison car l'invention du jésus truc c'était bien la solution des rois et leurs prêtres pour s'accaparer de nos plus profondes pensées, conscientes et inconscientes. J'ai évoqué ce sujet, mille fois sur les blogs, suite à mes études sur le pourquoi de nos croyances, je ne vais pas recommencer. Aux uns et aux autres de s'instruire de la véritable histoire de nos ancêtres et des civilisations.

Nous n'avons pas besoin de ces systèmes "religieux" pour être bien, pour penser et agir. Les philosopheux inféodés aux croyances, sont les valets du roi et sa racaille dont tous les prélats entre autres. Pas vous bien sûr, car vous avez avalé ce qu'ils vous ont dit en toute sincérité, comme Myriam, du moins je le pense. Nous n'avons plus les mêmes références pour l'histoire humaines, que voulez-vous, c'est ainsi soit-il.....

Écrit par : Pierre NOËL | 17/01/2014

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