03/01/2014

Les Jeudis du Plouc:des Bonnets Rouges dans le rétroviseur

 

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Le Plouc a-t-il été assommé par le coup de barre à droite de François Hollande lors de ses voeux? En tout cas, voilà les Jeudis qui paraissent un vendredi. C'est du joli!

Pour cette occasion, le Plouc a jeté un dernier coup d'oeil dans le rétroviseur pour contempler l'une des scènes les plus curieuses de l'année 2013 en France: les manifs des Bonnets Rouges. Menées d'abord contre l'écotaxe - avec succès -, leurs démonstrations ne savent plus où donner de la détestation anti-gouvernementale ou, plutôt, anti-parisienne. Ces détestataires réunissent des gens de toutes provenances sociales et politiques: les régionalistes, les militants de droite, de gauche, du centre, les patrons, petits, moyens, gros, les industriels de l'agriculture, les petits paysans, les commerçants de tous calibres, les gauchistes du NPA et les poujadistes de tous poils.

Du grand rassemblement  de Carhaix en Bretagne, le Plouc en a tiré ce poème-reportage.

BONNETS ROUGES

 

Flammes humaines au bout du chemin

Feu froid des colères

Sous le ciel aux couleurs de fumée

Les prés lumineux

Effacent les traces de la nuit

Un vieux chant rampe dans les sous-bois

Vipère sonore

Langue de rocaille aux éclairs bifides

A la peau d’ardoise

Antique venin du peuple oublié

 

Que faire des révoltes avortées ?

Des cris sans écho ?

Des braises couvant sous la cendre humide ?

De la boue féconde 

Ou de la paille jetée au torrent ?


Jean-Noël Cuénod 

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Commentaires

Il faut défendre le fédéralisme européen et une construction entre la France et l'Allemagne qui soit en gros ce que la Suisse avec les Romands et les Alémaniques est en petit, voilà à mon avis ce qu'il faut faire de ce "cri". Car avec un tel système, la Bretagne sera comme un canton suisse, ou au moins une région allemande, et tout le monde sera content.

Écrit par : Rémi Mogenet | 03/01/2014

La révolte des Bonnets rouges a commencé en 1675 à cause de taxes décidées par Colbert à la demande de Louis XIV : taxes sur la vaisselle en étain, papier timbré, vente de tabac, etc... les paysans écrasés financièrement se révoltèrent, on peut donc parfaitement comprendre la révolte actuelle des Bretons.

En parallèle à cette époque, il y a eu l'exode des Huguenots qui partirent s'établir dans les pays voisins plus accueillants, entre autre la Suisse et l'Allemagne (ma famille paternelle).

Écrit par : Lise | 04/01/2014

A votre question, Jean-Noël Cuénod, "Que faire des révoltes avortées? Des cris sans écho?": Non: de ces cris s'en faire l'écho! De ces cris, de "leurs" cris! Lorsque j'arrivai en votre pays, Jean-Noël, à propos de politique, j'entendis une femme dire à son mari, à propos de politique: "S'it-plaît, Charles, tais-toi!"! et, "Charles", confus, comme pris en faute, baissa la tête... Puis s'ensuivirent des "motus et bouches/s cousue/s" et "les murs ont des oreilles"! Groupes à "à gauche toute"? tous "fichés"!
En ouvrant les yeux, que réalise-t-on? Le travail est-il assuré pour tous? De moins en moins, non seulement pour les raisons évidentes connues mais aussi parce que son travail est retiré à l'homme par la machine que l'on fait se substituer à lui, l'homme, lequel, sans fortune, ne peut survivre sans emploi. Tous au social? Quid du social une fois les caisses vides (arrivées aussi, de futurs très nombreux réfugiés climatiques et conséquences... On ne saurait le taire, on ne saurait "se" taire! il faut une autre politique de l'emploi de l'homme menacé, entre autres, par la machine.

Écrit par : Dekoriacis | 05/01/2014

Je suis écrivain au bonnet rouge. Je vous incite à méditer sur la phrase d'Alain : "Penser c'est dire non". Et à écouter le motet de Vivaldi : "Dans la folie d'une colère très juste".
Oui à la révolte : nous refusons simplement de nous comporter comme des moutons de Panurge. Même si cela peut paraître simpliste, la simplicité a toujours été proche de la vérité, ainsi que moquée. C'est là que réside sa grande noblesse.
Justement, ce qui est formidable, c'est que nous réunissons des personnes de tous bords (le mouvement est apolitique). Loin du cliché "indépendantiste" , nous pensons que notre démocratie sombre dans une forme de dictature élégante, dont la Bretagne (et pas seulement la Bretagne) en est le cristallisoir. Pour plus de renseignements, veuillez consulter La charte des Bonnets Rouges, mais attention, en effet, le mouvement a été repris par un mouvement d'extrême droite et certains poujadistes, ce que nous ne sommes nullement.
Mais de grâce, cherchez donc à comprendre ! Et réfléchissez...

Écrit par : LEMOIGNE | 07/01/2014

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