18/12/2013

Offensive du gouvernement de François Hollande contre Médiapart et la presse numérique libre

Les gouvernements n’aiment pas la presse numérique. Utilisant des canaux virtuels difficilement contrôlables,  les sites d’information se révèlent moins vulnérables aux pressions étatiques et capitalistes, en raison de la modicité de leurs coûts comparés à ceux de la presse traditionnelle.

 

La présidence du président «pourtant-socialiste» François Hollande ne fait pas exception. Le journal numérique Médiapart et tous ses autres confrères français subissent actuellement une offensive menée par le gouvernement français. 

 

En résumé, le ministère des finances a décidé d’appliquer à la presse en ligne un taux de TVA de 19,6 %, alors que la presse imprimée bénéficie d’un taux de 2,1 %.  La kafkaïenne citadelle de Bercy mène cette offensive avec une brutalité étonnante venant d’un pays démocratique, comme en témoigne Edwy Plenel (1) :

 

«Médiapart a reçu, ce mardi 17 décembre, par huissier un avis de contrôle fiscal portant explicitement sur la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) appliquée à notre recette unique, les abonnements de nos lecteurs. Avalisé, selon nos informations, au plus haut sommet de l’administration du ministère des finances, ce contrôle est déclenché en urgence sur ordre de la hiérarchie des inspecteurs concernés, avec un premier rendez-vous fixé vendredi 20 décembre, au plus près des fêtes de fin d’année».

 

Le gouvernement voudrait-il ainsi compenser les frais plus lourds que doit consentir la presse traditionnelle ? L’argument ne tient pas. En 2010, l’Etat français a accordé plus d’un milliard (1.055.900.000€) d’euros en aides directes et indirectes aux journaux «papier». De même, les livres numériques sont taxés en France au même prix (5,5%) que les bouquins imprimés.

Relevons que les aides françaises à la presse ont été créées en 1942 par le chef du gouvernement collaborationniste Pierre Laval, fusillé à la Libération. Nul doute que ce ne sont pas de vertueuses intentions démocratiques qui sont la source de ces subventions.

 

Malgré les dénégations chafouines de la ministre de la Culture Filippetti, l’assaut contre Médiapart et ses confrères relève de la mise au pas. Le journal numérique est détesté par les deux grands partis de gouvernement pour avoir révélé leurs turpitudes politico-financières, illustrées par les affaires Woerth-Bettencourt et Cahuzac. A droite comme à gauche, chacun en a pris pour son rhume et pour son grade. D’ailleurs, le ministre socialiste Cahuzac n’a-t-il pas été ouvertement soutenu par de nombreux députés de l’UMP lorsque l’existence de son compte helvéto-singapourien a été révélée par Médiapart ?

 

Comment répondre à cette offensive et défendre la liberté d’informer ? S’indigner ne suffit pas. S’abonner aux sites d’informations de votre choix, voilà qui est plus efficace.

Jean-Noël Cuénod

(1) l'article intégral d'Edwy Plenel: http://www.mediapart.fr/journal/france/171213/l-etat-s-attaque-la-presse-en-ligne?page_article=2

 

 

 

 

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Commentaires

Vous êtes dur, Jean-Noël: "Relevons que les aides françaises à la presse ont été créées en 1942 par le chef du gouvernement collaborationniste Pierre Laval, fusillé à la Libération. Nul doute que ce ne sont pas de vertueuses intentions démocratiques qui sont la source de ces subventions." Mais juste, sans doute.

Écrit par : Rémi Mogenet | 18/12/2013

Il suffit de lire "le monde" sous sa forme actuelle. Ce journal soi-disant de référence a tout fait pour provoquer une intervention française en Syrie. La "vérité" en français. Sur certains sujets de plus en plus nombreux il faut aller s'informer ailleurs si on veut échapper à de la propagande et être en mesure de réfléchir sur le monde actuel.

Écrit par : Johann | 18/12/2013

En principe, le taux de la TVA est de 19.6 %. Certes, il existe de nombreuses dispositions dérogatoires. Cependant, Mediapart ne saurait invoquer l'exception presse prévue à l'article 289 septies CGI dès lors qu'il est clair que cette disposition ne saurait s'appliquer aux abonnements donnant droit à un seul accès numérique.

Edwig Pleinel le sait très bien. Il ne s'est pas trompé. Il a sciemment violé la loi édictée par le parlement. Cet homme est un vulgaire fraudeur fiscal. Il a divisé les impôts de son entreprise par dix au nom de son sens propre de la justice. C'est tout.

Le fait que la modification du taux d'imposition se justifie n'y saurait rien changer. Il appartient non pas au contribuable mais à la représentation nationale de fixer l'impôt

Ce qui est scandaleux est que l'administration française ait laissé perdurer une telle situation des années durant.

Quant à la prétendue brutalité, laissez moi rire. Un huissier plutôt qu'une lettre recommandée avec accusé de réception !

Écrit par : CEDH | 19/12/2013

Jean-Noël Cuénod,parce que vous soutenez l'ordurier Médiapart par qui le scandale arrive?

"Edwig Pleinel... Il a sciemment violé la loi édictée par le parlement. Cet homme est un vulgaire fraudeur fiscal. Il a divisé les impôts de son entreprise par dix au nom de son sens propre de la justice. C'est tout."

Et c'est justement bien dit!

Écrit par : Patoucha | 19/12/2013

Le centre est composé de roues de carrosses, elles ne manqueront pas le moment venu, de vouloir des "places" assises entre deux chaises, c'est un comportement bien connu des centristes. Un coup à droite, un coup à gauche.

Écrit par : HomePage | 17/01/2014

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