27/10/2013

François Hollande affronte la révolte fiscale

 

Le président français pèche par là où il avait promis, le fisc. Durant sa campagne électorale de l’an passé, François Hollande avait annoncé une grande réforme des impôts et taxes en France, afin de rendre la fiscalité de ce pays plus juste et plus lisible. Ce domaine appartenant à sa spécialité, chacun était en droit d’espérer que, pour une fois, le passage de la parole aux actes ne relevait pas du mirage.

 

Or, aux usines à gaz qui existaient avant son arrivée à l’Elysée, le président socialiste en a bricolé bien d’autres, tout aussi tortueuses, et a renoncé à lancer le grand chantier de cette réforme indispensable. Au désordre précédent, François Hollande s’est contenté d’ajouter sa pagaille en prenant 84 mesures de prélèvements en un an.

 

Au lieu de tracer les grandes lignes de la future imposition des Français et de leur expliquer pédagogiquement les raisons de l’effort fiscal, le président a préféré finasser, manœuvrer, louvoyer, faire de la tactique plutôt que de la stratégie et prendre ses concitoyens pour des enfants auxquels il convient de taire les vérités les plus désagréables.

 

En instaurant une taxe ici, une autre là, une troisième dans ce domaine, une quatrième ailleurs et une cinquième n’importe où, sans que les Français puissent appréhender le tableau général, ce président pointilliste leur a brossé une croûte fumeuse, brumeuse et brouillonne. Impossible d’y reconnaître le paysage de l’Hexagone de ces prochaines années.

 

Ce faisant, Hollande et son gouvernement ont aggravé le sentiment d’angoisse qui se répand en France. A la peur du chômage, à la perte du pouvoir d’achat, à la dégradation des services publics, surtout en banlieue et dans les campagnes, s’est ajoutée l’exaspération fiscale avec cette question que maintes familles françaises se posent: quelle nouvelle taxe nous tombera-t-elle sur la tête?

 

Jean-Noël Cuénod

 

 

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26/10/2013

POLLEN

 

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Eternel matin

           L’esprit est un corps

 

 Un corps libéré

 De sa puissance

Et de ses rictus

 

Un corps délié

             Aux formes sans forme

 Sans lieu ni jour

 

 Un grain de pollen

 Porté par le souffle

        Pour d’autres semences

 

                                          Joie d’être éclaté

                                         En feu d’artifice

                                      Se décomposer

                                      Se recomposer

 

 

Devenir toujours

Toujours devenir

 

     Rien n’arrête la mort

     La mort n’arrête rien

 

Jean-Noël Cuénod

 

Livres de poésie de l'auteur disponibles dans les librairies Payot ou auprès de l'éditeur Samizdat (Denise Mützenberg, 8 chemin François-Lehmann - 1218 Grand Saconnex):

- Circonstances

- Le Goût du Temps (Prix Festival Rilke 2012)

Disponibles sur les sites FNAC, Amazon,

 - Matriarche (Editions Editinter Paris)

- Liens (Editions Editinter Paris)

- Amour Dissident (Editions Editinter Paris. Coécrit avec Christine Zwingmann - Médaille du Sénat).

 

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23/10/2013

La grande errance de la gauche française

 

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En France, la gauche se demande où elle habite. François Hollande ne navigue même plus à vue. Il erre à la recherche d’un introuvable gouvernail. Le Parti socialiste ne sait plus à quel ministre se vouer, puisque les membres du gouvernement passent plus de temps à se taper à coups de rame plutôt que de souquer dans la galère. Ce n’est même plus le Titanic où, au moins, l’orchestre continuait à jouer sans fausse note pendant le naufrage.

 

Pourquoi ce sinistre de la senestre? Comme toujours les causes sont diverses. L’une d’entre elles réside dans le caractère hors-sol des partis qui la composent. Le PS est surtout formé d’élus et de fonctionnaires. Les autres formations n’ont pas ou plus d’assises au sein de la classe ouvrière. Or, celle-ci ne s’est pas évaporée. Il ne faudrait pas prendre son évolution, dictée par celle des technologies, pour une disparition.

 

Le principal parti ouvrier français s’appelle aujourd’hui Front national. Faute de trouver appui dans les formations censées les représenter, les travailleurs ont choisi celle qui offre l’apparence d’un changement radical. Apparence, car s’il parvenait un jour aux affaires, le FN de Marine Le Pen serait bien en peine d’appliquer son programme nationaliste dans un monde où les véritables décisions ne se prennent plus dans le cadre étroit des Etats-nations.

 

En renonçant à rester le porte-parole d’une classe ouvrière qu’il supposait à tort reléguée dans le passé, le PS a voulu devenir celui des minorités de toutes natures, croyant ainsi suivre l’exemple des démocrates américains. Croyance erronée, car le président démocrate Obama n’a, lui, jamais délaissé la classe ouvrière dont il s’est fait l’ardent défenseur lors de la crise de l’industrie automobile en 2009.

 

Les minorités – sexuelles, culturelles… - ne constituent pas un ensemble cohérent mais forment une coalition instable d’intérêts qui peuvent se contredire à tout moment. Elles ne sauraient devenir l’épine dorsale d’un parti, à l’instar d’une classe sociale.

 

Certes, le droit des minorités doit aussi être défendu, mais en lien avec «l’épine dorsale» et non pas malgré elle ou contre elle. Pour l’avoir ignoré, le PS et François Hollande en paient le prix fort et participent de façon notable à la progression du Front national.

 

Pour la gauche, il n’y aura pas de reconquête de la classe ouvrière sans retisser des liens avec les syndicats. Certes, en France, ils sont faibles et divisés. Mais ils ont le mérite d’exister et de plonger leurs racines dans la réalité quotidienne. Le jour où les élites des syndicats auront remplacé les énarques à la tête du PS, celui-ci et la France se porteront mieux.

 

Jean-Noël Cuénod

 

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Et maintenant, prenons un bon bol d'intelligence avec Régis Debray, sur le même sujet.


Régis Debray analyse la crise de la gauche par prince_de_conde

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20/10/2013

L'affaire Léonarda illustre l'angoissante fragilité de la présidence Hollande

L’expulsion d’une famille - qui, manifestement, n’avait aucun droit à rester en France - est parvenue à ébranler le gouvernement de notre voisin qui révèle à cette occasion une inquiétante fragilité.

 

-        Déclaration publique du président ;

-        interruption du très important déplacement aux Antilles du ministre de l’Intérieur Manuel Valls ;

-        panique des socialistes au pouvoir devant les manifs des lycéens ;

-        attaques de membres du gouvernement contre leur collègue Valls,

-         lutte entre ce dernier et le premier ministre Ayrault…

 

Voilà ce que le cas d’une adolescente de 15 ans - Léonarda - a provoqué en quelques jours.

 

Alors qu’il s’est toujours refusé d’intervenir «à chaud», contrairement à son prédécesseur Nicolas Sarkozy, le président François Hollande a dû se fendre ce week-end d’une déclaration publique à propos de l’expulsion au Kosovo de la collégienne Léonarda et de sa famille. Déclaration des plus étranges, puisque le chef de l’Etat propose à cette adolescente de 15 ans de revenir en France mais… sans les siens! Il envoie ainsi ce message emberlificoté : la loi d’être appliquée mais bon, pas tout à fait.

 

Hollande faisait ainsi suite au rapport d’enquête administrative diligenté pour jeter la lumière sur les circonstances de l’interpellation de Léonarda le 8 octobre lors d’une course d’école dans le Doubs. Ledit rapport relève qu’aucune faute n’a été commise par les autorités mais regrette le «manque de discernement» qui a présidé à la décision de faire arrêter le car qui transportait Léonarda et ses camarades de collège. Dans le Journal du Dimanche d’hier, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls annonce qu’il fera rédiger une circulaire renforçant la préservation de l’environnement scolaire lors d’expulsions du territoire.

 

Cela dit, Valls reste ferme: pas de retour en France de toute la famille de Léonarda.

Le ministre de l’Intérieur est d’ailleurs l’unique figure socialiste à tirer son épingle de ce jeu de dupes. Sa popularité - déjà bien établie - se renforce encore. Selon un sondage BVA paru samedi dans Le Parisien, 74% des personnes interrogées - et 57% d’électeurs de gauche - soutiennent la position de Manuel Valls.

 

 Ce soutien est d’autant plus résolu que les révélations sur le père de Léonarda donnent de ce dernier l’image d’un homme plus pressé de mentir pour recevoir les aides sociales de la France que de s’y intégrer par son travail.

A l’issue des élections municipales de 2014, les jours du premier ministre Ayrault seront comptés. Pour le remplacer, Manuel Valls part hyperfavori.

 

Le gouvernement français doit d’autant plus se ressaisir qu’une récente note - publiée par le site du Nouvel Observateur - synthétisant les rapports des préfets sur l’état de leurs départements, met en exergue «la colère» qui anime les Français, à tous les niveaux et dans toutes les régions. A l’angoisse née du chômage persistant, s’est ajoutée l’exaspération due à la hausse de la fiscalité. La synthèse des notes des préfets craint même une «désobéissance fiscale». Cahuzac fera-t-il des émules dans les classes moyennes françaises ?

 

Jean-Noël Cuénod

 

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18/10/2013

Léonarda et immigration : l’émotion au pouvoir

 

L’émotion soulevée par l’expulsion de France vers le Kosovo de Léonarda (15 ans) et de sa famille illustre l’attitude irrationnelle des Européens de l’Ouest vis-à-vis de l’immigration. Pourquoi cette reconduite à la frontière a-t-elle suscité un tel déchaînement médiatique? Parce que la collégienne, en pleine course d’école, a dû rejoindre sa famille sur requête de la police pour que l’ordre d’expulsion soit exécuté. Les policiers étaient pressés car l’avion affrété pour l’occasion était sur le point de partir.

 

 

 

S’ils avaient attendu la fin de la course d’école et le retour de la collégienne auprès de ses parents pour organiser un autre départ, Léonarda et les siens auraient été expulsés sans bruit. Les médias ne lui auraient même pas consacré un entrefilet. Des expulsions de ce genre, il s’en produit tous les jours en France, Suisse, Allemagne, sans que cela provoque le moindre émoi.

 

 

 

La course d’école d’une collégienne interrompue par la police a brusquement donné un visage humain à la politique d’immigration devenue restrictive dans les pays de l’Europe occidentale. Or, cette politique est voulue par une majorité - et souvent une très large majorité - des populations de nos Etats. Lorsque l’étranger est une sorte d’entité anonyme, il devient l’objet de tous les fantasmes xénophobes, ce qui se traduit dans les lois votées par des parlementaires soucieux de se faire réélire.

 

 Mais lorsque, soudain, l’étranger devient un être humain avec son histoire, ses angoisses, ses projets, ses espoirs et ses désespérances, tout change. L’intrus que l’on voulait chasser, devient un proche qu’il faut protéger.

 

 

 

L’émotion, à chaque fois, est au pouvoir. Lorsqu’il s’agit d’adopter des lois anti-immigration et lorsqu’on proteste contre leur application à un cas personnalisé. Il est temps de ramener enfin la raison sur le devant de la scène politique pour chasser fantasmes xénophobes et sensibleries superficielles.

 

 

 

Jean-Noël Cuénod

 

 

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Léonarda : Les lycéens se mobilisent contre l... par GrandLilleTv

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16/10/2013

Ma grand-mère savoyarde et le MCG

 

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Il faut du temps pour se remettre du dégoût et de la colère. Le titre en gros caractères du journal MCG Le Citoyen – «L’épidémie de frontaliers n’est de loin pas éradiquée» – suivi par la propagande électorale gluante de haine de cette formation extrémiste ont sali ma mémoire. Ou plutôt celle de ma grand-mère savoyarde qui, aujourd’hui, habite un autre monde, au-delà de toutes les frontières trop humaines. Elle aussi était frontalière, fille d’une famille de frontaliers qui faisaient des allers et retours entre Viry et Carouge, avant de se fixer il y a un siècle rue Ancienne, puis à Plainpalais.

 

C’est ma «granny» – on l’appelait ainsi en prononçant le mot à la française – qui m’a initié à l’Histoire de Genève, a illustré la vaillance des Genevois devant les troupes ducales, m’a fait grimper sur les canons de la Treille, m’a conduit à mon premier cortège de l’Escalade.

 

Si j’aime cette République et canton d’une affection qu’aucune élection n’altérera, c’est à une Savoyarde que je le dois. Car si «granny» adulait Genève, elle n’avait pas pour autant renié sa Savoie d’origine et encore moins la partie de notre famille restée de l’autre côté de la frontière. Elle était «Grand Genevoise» avant la lettre.

 

Ce n’est pas rendre hommage à «granny» que de descendre au même niveau de basse invective que celui des extrémistes. Cela dit, il appartient sans doute à un vieux Genevois de remettre certaines pendules cantonales à l’heure frontalière.

Le destin de Genève et celui de sa région savoyarde-gessienne ont toujours été indissolublement liés. Il ne peut en aller autrement. La géographie et l’Histoire sont plus têtues que le MCG.

 

Un exemple parmi tant d’autres: l’Escalade. Alors que les troupes du duc de Savoie étaient surtout composées de Napolitains, de Piémontais et d’Espagnols, onze des dix-huit Genevois morts au combat étaient originaires de régions aujourd’hui françaises, à savoir cinq Savoyards, trois Franc-Comtois, deux Gessiens, un Bellegardien et un Champenois.

 

Durant l’entre-deux-guerres, de nombreux Genevois travaillaient en Haute-Savoie, surtout dans les usines de la vallée de l’Arve. La crise horlogère en Suisse et la saignée qu’avait subie la France en 14-18 expliquaient ce flux frontalier Genève-France. Aujourd’hui, ledit flux est inversé. Mais demain ou après-demain qu’en sera-t-il? Reverrons-nous des travailleurs genevois traverser la frontière pour être embauchés à Annemasse ou Annecy? Il ne faut insulter personne, et surtout pas l’avenir!

 

Comme toujours, «granny» a raison. Par-delà les tempêtes dans un verre d’eau de l’Arve, le pays genevois restera ce qu’il a toujours été, un trait d’union.

 

Jean-Noël Cuénod

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13/10/2013

Le Front national gagne à Brignoles et le "front républicain" est bien malade

 

 Laurent Lopez (48 ans) est désormais conseiller général du Var. Ce candidat du Front national l’a largement emporté, hier soir, au second tour de cette élection cantonale partielle à Brignoles. Il a battu de plus de mille voix, sur une dizaine de milliers, la prétendante de l’UMP Catherine Delzers.

 

La victoire de Lopez est d’autant plus étonnante que sa rivale était soutenue par toutes les autres formations, à savoir les socialistes, les communistes, les verts ainsi que par un ancien frontiste recalé par son parti et qui a été battu au premier tour, comme les deux candidats de la gauche, le communiste Laurent Carratala et la verte Magda Igyarto-Arnoult.

 

Sur pression de leurs états-majors à Paris, les instances socialiste, communiste et verte de Brignoles ont, non sans réticences, appelé à voter en faveur de la candidate de l’UMP, conformément au principe du «front républicain» défendu par le PS. Il consiste à faire barrage systématiquement au Front national, quitte à contribuer à élire le représentant de la droite classique.

 

Ce «front républicain» n’a donc pas fonctionné à Brignoles. Il faut dire que l’UMP fait actuellement tout pour le saborder. Certains de ses dirigeants renvoient dos à dos socialistes et frontistes, tel François Fillon qui multiplie les déclarations ambiguës à propos du FN. Dès lors, le Parti socialiste éprouve de plus en plus de peine à convaincre ses électeurs à voter pour des candidats UMP; maints sympathisants socialistes se rendent bien compte que ce «front républicain» ne fonctionne qu’à sens unique.

 Pourquoi se déplacer aux urnes pour élire un adversaire dont le discours se distingue de moins en moins du Front national et qui voue aux gémonies le PS?

 

A Brignoles, Mme Delzers a payé le prix fort des déclarations émises par son compagnon de parti François Fillon.

 

En outre, le principe du «front républicain» a pour grave inconvénient qu’il conforte la propagande de la patronne du FN, Marine Le Pen, qui, avec sa formule «UMPS» fourre dans le même sac d’opprobre l’UMP et le PS.

 

 Dans cette optique, le soutien de la gauche a peut-être même nuit à la candidate UMP. Une partie de l’électorat traditionnel de la droite aurait alors voté pour le frontiste, par rejet de la gauche, sans que l’électorat de gauche ne se mobilise pour autant en faveur de Mme Delzers. Ce «front républicain» ne va-t-il pas mourir au fil des consultations électorales?

 

La tentation est grande de ne voir dans cette élection d’un frontiste qu’un épisode anecdotique. Certes, il ne s’agit que d’une élection cantonale partielle dans un petit territoire et non d’un scrutin national. Certes, l’abstention est importante - 55,74% - même si elle a diminué de 12% par rapport au premier tour.

Il n’empêche que cette victoire – associée au récent sondage IFOP qui place le Front national en tête des élections européennes – démontre que la montée du parti de Marine Le Pen est, pour le moment, irrésistible.

 

Jean-Noël Cuénod

 

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Invitée du Grand Jury : Marine Le Pen salue la... par rtl-fr

 

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09/10/2013

Marine Le Pen interdit que l’on appelle un chat, un chat

 

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Pour Marine Le Pen, un chat n’est pas un chat. C’est un félin, un félidé, un felis silvestris, un felis felis. Mais pas un chat. Et le premier qui prétend le contraire sera traduit devant les tribunaux.

 

Nous vivons des temps étonnants. Le candidat UDC au Conseil d’Etat Yves Nidegger propose de créer une enclave suisse au Maroc pour y envoyer les vieux Genevois désargentés. Marine Le Pen interdit aux journalistes d’indiquer que son parti d’extrême droite est d’extrême droite. Ces énormités n’empêchent nullement l’UDC en Suisse et le Front national en France de prospérer électoralement. Et ce sont ces partis, extrémistes quoiqu’ils en disent, qui taxent les autres d’irréalisme!

 

De la part de Marine Le Pen, le seul fait de vouloir traîner en justice les journalistes plaçant son mouvement à l’extrême droite, signe son extrémisme. Il en serait de même si Mélenchon et son Front de Gauche annonçaient des poursuites contre ceux qui les rangeraient à l’extrême gauche. Les extrémistes, d’où qu’ils viennent, ne supportent pas que l’on donne d’eux une autre image que celle diffusée par leur propagande… C’est même à cela qu’on les reconnaît.

 

En prônant le référendum pour la peine de mort, le repli de son pays à l’intérieur de ses frontières, en faisant des immigrés les boucs-émissaires de la crise économique, le Front national se place sur une ligne politique qui a toujours été celle de l’extrême droite, de tout temps et en tous lieux.

 

En revanche, il serait tout à fait erroné de prétendre que Marine Le Pen ou Blocher sont fascistes. Contrairement aux mouvements fascistes ou nazis, le Front national et l’UDC acceptent pleinement le jeu démocratique et n’organisent pas de milices destinées à prendre le pouvoir par la force.

 

L’extrême droite ne se résume pas qu’au fascisme. Elle est formée de plusieurs courants distincts les uns des autres: royaliste (en France, bien sûr), intégriste chrétien, conservateur radical, républicain nationaliste entre autres. Certains d’entre eux se réclament du racisme mais d’autres ne sauraient y être associés. Ces composantes diverses ont pour dénominateur commun le «nationalisme intégral», formule chère à Charles Maurras, le penseur royaliste qui fut l’intellectuel majeur de ces droites extrêmes au début du XXe siècle.

 

De même, l’extrême gauche ne doit pas être réduite au seul communisme autoritaire. L’anarchisme, le stalinisme, le trotskisme sont séparés par des gouffres et non par de subtiles nuances.

 

Dire que Blocher ou Marine Le Pen appartiennent à l’extrême droite ne revient pas à les traiter de fascistes. Et qualifier Mélenchon de leader d’extrême gauche ne signifie pas qu’on lui colle l’étiquette de chef stalinien. Mme Le Pen fustige le «politiquement correct» des «bobos de gauche». Voilà qu’elle veut désormais imposer la novlangue du Front national.

 

 

Jean-Noël Cuénod

 

 

 

 

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Excellente analyse du rédenchef de L’Express, Christophe Barbier

 

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04/10/2013

François Hollande en enfer ; Marine Le Pen au paradis

 

 

 

hollandepluie.jpgFrançois Hollande vient de battre un triste record: il est désormais le président de la Ve République le plus impopulaire après dix-sept mois de pouvoir. Vendredi, le baromètre mensuel TNS Sofres indique que seuls 23% des Français lui font confiance. Au pire moment de son quinquennat, Nicolas Sarkozy n’était jamais tombé aussi bas.

 

Que le président soit impopulaire, ce n’est pas nouveau. Ce qui l’est plus en revanche, c’est l’étendue des dégâts que cette impopularité provoque sur son socle électoral, soit les 28,6% de suffrages qu’il a remportés lors du premier tour de la présidentielle de 2012. En effet, François Hollande subit ses plus lourdes pertes dans son propre électorat. Il perd ainsi 11 % de confiance en un mois auprès des socialistes. Même chute au sein des classes moyennes qui l’ont conduit à l’Elysée.

 

Le président socialiste ne capte de la confiance que dans une seule couche sociale, la «catégorie aisée» où il gagne 6% entre septembre et octobre. Un comble! Pourquoi une telle performance chez ces riches que Hollande affirmait «ne pas aimer»?

 

Risquons cette hypothèse. Le «ras-le-bol fiscal» des Français, constaté par le ministre des Finances Pierre Moscovici, accable plus les classes moyennes que les catégories supérieures qui, soit se sentent moins touchées compte tenu de leur surface financière, soit ont déjà pris leurs précautions sous forme d’«optimisation fiscale», les deux parties de cette alternative étant cumulables.

 

Cette impopularité chronique qui contamine le propre électorat manuel-valls-portrait-serre_4011545.jpgdu président Hollande entame la légitimité de ce dernier. Il se trouvera de plus en plus mal placé pour imposer sa loi à un gouvernement qui apparaît divisé et, surtout, au ministre de l’Intérieur Manuel Valls qui est le seul socialiste à faire preuve de popularité. Il est même le politicien français qui a la meilleure cote d’avenir. 43% des personnes interrogées lors du Baromètre TNS Sofres souhaitent lui voir jouer un rôle important.

 

 La polémique sur les Roms lui a donc pleinement profité, preuve que pour récolter des points de popularité, il faut aborder - sans forcément y adhérer - les thèmes du Front national. Les récents faits-divers spectaculaires ont profité aux deux figures politiques qui les ont traités médiatiquement, Valls et Marine Le Pen. Car la cote de confiance de la frontiste progresse de façon constante; elle se situe désormais au même niveau que les politiciens de gouvernement tels Fillon, Juppé et Christine Lagarde.

 

marine-le-pen-a-exprime-tout-son-respect.jpgLa montée du FN doit donc tout à sa présidente qui accélère le processus de «dédiabolisation» de son parti en luttant contre le classement de celui-ci à l’extrême droite de l’échiquier politique. Dans cette démarche, elle doit surmonter un écueil de taille, son père. Celui-ci est resté fidèle aux thèmes traditionnels de l’extrême droite et supporte mal cette banalisation de «son» Front national.

 

Jean-Noël Cuénod

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02/10/2013

La petite Fiona et les leçons de l’émotion

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Pendant quatre mois, le comité de soutien à la mère de la petite Fiona s’est mobilisé pour tenter de retrouver cette fillette de cinq ans portée disparue à Clermont-Ferrand. Des milliers de personnes ont fait part de leur solidarité par le truchement des réseaux sociaux. Une chaîne de compassion s’est ainsi forgée, pour protéger la maman éplorée et l’aider à retrouver sa petite perdue.

 

Et puis, d’un coup, la chaîne se rompt. La mère de famille passe aux aveux. Fiona est morte dans des circonstances encore non élucidées; l’enfant a été enterrée quelque part près d’un lac auvergnat. Selon le quotidien Le Parisien, la mère et son compagnon auraient consulté des documents sur internet afin de bien préparer leur opération «disparition».

 

Inutile d’en rajouter dans l’invective et l’écœurement devant cette manipulation. Nous sommes tous tombés dans le panneau. Tentons plutôt d’en tirer leçon.

 

A tous les niveaux, notre société «médiamercantile» privilégie l’image et l’émotion au détriment du texte et de la raison. Elle est fondée sur l’articulation entre les médias de toute nature et le mercantilisme sous toutes ses formes. L’image d’une maman angoissée fait le tour de la planète en quelques minutes grâce à Twitter et Facebook. Et cette image devient icône gravée dans nos cœurs.

 

Pourtant, en relisant les articles les plus complets parus au moment de l’annonce de la disparition, on se rend compte que des contradictions avaient été relevées dans les déclarations de la mère et de son compagnon. Mais il ne s’agissait que de textes, prudemment rédigés, incapables de rivaliser avec la force d’une larme coulant sur un visage maternel. L’image a interdit le doute suscité par le texte.

 

De telles intoxications, nous en subissons tous les jours sans forcément en être conscients. Rien de tel qu’un bombardement d'émotion pour vous faire acheter un objet inutile. En politique, les mêmes manœuvres manipulatoires sont utilisées avec de moins en moins de retenue. Pourquoi se gêner?

 

Bien entendu, les périodes électorales sont particulièrement propices au déferlement d’images toxiques, excitant les angoisses et flattant les aspects les plus vils de l’âme humaine. Mais en dehors de ces vibrionnantes époques, c’est tout un climat d’hypersensiblerie qui est créé par la société «médiamercantile»; elle nous baigne dans un bruit de fond émotif afin de réduire au maximum l’espace dévolu à la réflexion.

 

Cette société a pour ennemi naturel la raison, cette empêcheuse de consommer et gouverner en rond, cette enquiquineuse qui clame la nudité du roi, cette désenchanteuse qui refuse de prendre les vessies pour des lanternes.

Que la sinistre affaire de Clermont-Ferrand nous rappelle les dangers de l’apparence et les pièges de l’émotion.

 

Jean –Noël Cuénod

 

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