20/10/2013

L'affaire Léonarda illustre l'angoissante fragilité de la présidence Hollande

L’expulsion d’une famille - qui, manifestement, n’avait aucun droit à rester en France - est parvenue à ébranler le gouvernement de notre voisin qui révèle à cette occasion une inquiétante fragilité.

 

-        Déclaration publique du président ;

-        interruption du très important déplacement aux Antilles du ministre de l’Intérieur Manuel Valls ;

-        panique des socialistes au pouvoir devant les manifs des lycéens ;

-        attaques de membres du gouvernement contre leur collègue Valls,

-         lutte entre ce dernier et le premier ministre Ayrault…

 

Voilà ce que le cas d’une adolescente de 15 ans - Léonarda - a provoqué en quelques jours.

 

Alors qu’il s’est toujours refusé d’intervenir «à chaud», contrairement à son prédécesseur Nicolas Sarkozy, le président François Hollande a dû se fendre ce week-end d’une déclaration publique à propos de l’expulsion au Kosovo de la collégienne Léonarda et de sa famille. Déclaration des plus étranges, puisque le chef de l’Etat propose à cette adolescente de 15 ans de revenir en France mais… sans les siens! Il envoie ainsi ce message emberlificoté : la loi d’être appliquée mais bon, pas tout à fait.

 

Hollande faisait ainsi suite au rapport d’enquête administrative diligenté pour jeter la lumière sur les circonstances de l’interpellation de Léonarda le 8 octobre lors d’une course d’école dans le Doubs. Ledit rapport relève qu’aucune faute n’a été commise par les autorités mais regrette le «manque de discernement» qui a présidé à la décision de faire arrêter le car qui transportait Léonarda et ses camarades de collège. Dans le Journal du Dimanche d’hier, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls annonce qu’il fera rédiger une circulaire renforçant la préservation de l’environnement scolaire lors d’expulsions du territoire.

 

Cela dit, Valls reste ferme: pas de retour en France de toute la famille de Léonarda.

Le ministre de l’Intérieur est d’ailleurs l’unique figure socialiste à tirer son épingle de ce jeu de dupes. Sa popularité - déjà bien établie - se renforce encore. Selon un sondage BVA paru samedi dans Le Parisien, 74% des personnes interrogées - et 57% d’électeurs de gauche - soutiennent la position de Manuel Valls.

 

 Ce soutien est d’autant plus résolu que les révélations sur le père de Léonarda donnent de ce dernier l’image d’un homme plus pressé de mentir pour recevoir les aides sociales de la France que de s’y intégrer par son travail.

A l’issue des élections municipales de 2014, les jours du premier ministre Ayrault seront comptés. Pour le remplacer, Manuel Valls part hyperfavori.

 

Le gouvernement français doit d’autant plus se ressaisir qu’une récente note - publiée par le site du Nouvel Observateur - synthétisant les rapports des préfets sur l’état de leurs départements, met en exergue «la colère» qui anime les Français, à tous les niveaux et dans toutes les régions. A l’angoisse née du chômage persistant, s’est ajoutée l’exaspération due à la hausse de la fiscalité. La synthèse des notes des préfets craint même une «désobéissance fiscale». Cahuzac fera-t-il des émules dans les classes moyennes françaises ?

 

Jean-Noël Cuénod

 

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Commentaires

Une affaire qui fait bien trop parlé d'elle en France alors qu'il bien d'autres problèmes plus graves à traiter. Notre président est complétement à coté de la plaque malheureusement...

Écrit par : hotels | 22/10/2013

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