13/10/2013

Le Front national gagne à Brignoles et le "front républicain" est bien malade

 

 Laurent Lopez (48 ans) est désormais conseiller général du Var. Ce candidat du Front national l’a largement emporté, hier soir, au second tour de cette élection cantonale partielle à Brignoles. Il a battu de plus de mille voix, sur une dizaine de milliers, la prétendante de l’UMP Catherine Delzers.

 

La victoire de Lopez est d’autant plus étonnante que sa rivale était soutenue par toutes les autres formations, à savoir les socialistes, les communistes, les verts ainsi que par un ancien frontiste recalé par son parti et qui a été battu au premier tour, comme les deux candidats de la gauche, le communiste Laurent Carratala et la verte Magda Igyarto-Arnoult.

 

Sur pression de leurs états-majors à Paris, les instances socialiste, communiste et verte de Brignoles ont, non sans réticences, appelé à voter en faveur de la candidate de l’UMP, conformément au principe du «front républicain» défendu par le PS. Il consiste à faire barrage systématiquement au Front national, quitte à contribuer à élire le représentant de la droite classique.

 

Ce «front républicain» n’a donc pas fonctionné à Brignoles. Il faut dire que l’UMP fait actuellement tout pour le saborder. Certains de ses dirigeants renvoient dos à dos socialistes et frontistes, tel François Fillon qui multiplie les déclarations ambiguës à propos du FN. Dès lors, le Parti socialiste éprouve de plus en plus de peine à convaincre ses électeurs à voter pour des candidats UMP; maints sympathisants socialistes se rendent bien compte que ce «front républicain» ne fonctionne qu’à sens unique.

 Pourquoi se déplacer aux urnes pour élire un adversaire dont le discours se distingue de moins en moins du Front national et qui voue aux gémonies le PS?

 

A Brignoles, Mme Delzers a payé le prix fort des déclarations émises par son compagnon de parti François Fillon.

 

En outre, le principe du «front républicain» a pour grave inconvénient qu’il conforte la propagande de la patronne du FN, Marine Le Pen, qui, avec sa formule «UMPS» fourre dans le même sac d’opprobre l’UMP et le PS.

 

 Dans cette optique, le soutien de la gauche a peut-être même nuit à la candidate UMP. Une partie de l’électorat traditionnel de la droite aurait alors voté pour le frontiste, par rejet de la gauche, sans que l’électorat de gauche ne se mobilise pour autant en faveur de Mme Delzers. Ce «front républicain» ne va-t-il pas mourir au fil des consultations électorales?

 

La tentation est grande de ne voir dans cette élection d’un frontiste qu’un épisode anecdotique. Certes, il ne s’agit que d’une élection cantonale partielle dans un petit territoire et non d’un scrutin national. Certes, l’abstention est importante - 55,74% - même si elle a diminué de 12% par rapport au premier tour.

Il n’empêche que cette victoire – associée au récent sondage IFOP qui place le Front national en tête des élections européennes – démontre que la montée du parti de Marine Le Pen est, pour le moment, irrésistible.

 

Jean-Noël Cuénod

 

ESPACE VIDEO


Invitée du Grand Jury : Marine Le Pen salue la... par rtl-fr

 

22:21 | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | |

Commentaires

A propos des votations aux résultats parfois surprenants, peut-on savoir si ces votes sont électroniques avec quelles possibilités d'erreurs humaines, d'une part, tricheries déterminées, de l'autre. Chose effarante à notre époque médiatique, on parle d'une chose... et puis on en parle plus, un thème chassant l'autre... Votes électroniques, fiabilité (aujourd`hui, en attendant demain)? Hélène de Koriacis

Écrit par : Hélène de Koriacis | 14/10/2013

Nous sommes très très loin des 82% des élections présidentielles de 2002, par contre, c'était prévisible et les le pen ne faisaient qu'attendre que le fruit tombe, seule chose, lorsque le fruit tombe c'est qu'il est déjà putréfié !

Cela fait depuis 4 ans, que les prédictions vont plus loin en ce qui concerne la France, une guerre civile avec les chemises brunes dans que QG des opérations, comme l'OAS en Algérie !

Maintenant les frontistes viennent de recevoir un visa sans appel, les attaques vont se dupliquer et les répliques vont aussi se dessiner dans les brumes de cette chienlit !

Tout cela sur un fond de luttes de classes, une guerre civile mêlée aux revanches nationalistes, tout un programme, en tout cas, le cocktail explosif est remarquable !

Écrit par : Corto | 14/10/2013

Il faut arrêter avec le Front républicain, le Front de Gauche, et tout ce fatras, ce n'est pas en répondant du tac au tac au Front national et en reprenant à l'envers ses slogans et le nom de son parti qu'on peut le battre, ni non plus en le critiquant, mais en apportant de vraies solutions. Le vrai esprit républicain, c'est la fraternité universelle, il faut être prêt à montrer qu'on est fraternel avec tout le monde, si on veut l'emporter face à un front purement "national". Mais pour le montrer, il faut l'être, aussi.

Écrit par : Rémi Mogenet | 14/10/2013

Rémi, comme vous le dites bien, c'est encore une ruse pour voiler l'acte final, certes nous venons d'assister à cette tragi-comédie le rideau baissé sans que personne ne pipe mot.

Maintenant que tous les "républicains" peuvent se cacher dans les limbes de leur impuissance, soudain, se dessine enfin la fin du parcours.

Cette fois, ce ne sera pas à cause des allemands !

Écrit par : Corto | 14/10/2013

Ca demontre surtout que les electeurs ne sont pas a la botte des partis.

Un "front-republicain" ne veut strictement rien dire si il n'est pas porteurs de vraies propositions qui interressent le quotidien et l'avenir des citoyens moyens.

D'autant que le FN et consors n'ont jamais parlé d'abolire la democratie, (en tout cas pas plus que l'extrême gauche) alors un "front" qui reunirait communiste et ultra-lieraux, pour defendre quoi si ce n'est leurs plans de carrières respectifs...

Écrit par : Eastwood | 15/10/2013

Eastwood, ceci dit, il faudrait encore voir ce que le FN propose de plus que les partis "républicains", c'est la merde et ni les uns ni les autres n'ont vraiment de solution face aux démons de cette Europe corrompue par tous les bords.

Écrit par : Corto | 15/10/2013

Entendu une parole d'espérance, hier, par un notable français, Jean Perrin, le pouvoir achète en cherchant ensuite comment payer (les Français pourvoiront!) alors que souhaitant acquérir quelque chose nous commençons par voir si notre budget nous le permet et c'est dans cette voie, a conclu Jean Perrin, qu'il nous faut désormais, avancer, progresser... Myriam Belakovsky

Écrit par : myriam belakovsky | 16/10/2013

Les commentaires sont fermés.