04/10/2013

François Hollande en enfer ; Marine Le Pen au paradis

 

 

 

hollandepluie.jpgFrançois Hollande vient de battre un triste record: il est désormais le président de la Ve République le plus impopulaire après dix-sept mois de pouvoir. Vendredi, le baromètre mensuel TNS Sofres indique que seuls 23% des Français lui font confiance. Au pire moment de son quinquennat, Nicolas Sarkozy n’était jamais tombé aussi bas.

 

Que le président soit impopulaire, ce n’est pas nouveau. Ce qui l’est plus en revanche, c’est l’étendue des dégâts que cette impopularité provoque sur son socle électoral, soit les 28,6% de suffrages qu’il a remportés lors du premier tour de la présidentielle de 2012. En effet, François Hollande subit ses plus lourdes pertes dans son propre électorat. Il perd ainsi 11 % de confiance en un mois auprès des socialistes. Même chute au sein des classes moyennes qui l’ont conduit à l’Elysée.

 

Le président socialiste ne capte de la confiance que dans une seule couche sociale, la «catégorie aisée» où il gagne 6% entre septembre et octobre. Un comble! Pourquoi une telle performance chez ces riches que Hollande affirmait «ne pas aimer»?

 

Risquons cette hypothèse. Le «ras-le-bol fiscal» des Français, constaté par le ministre des Finances Pierre Moscovici, accable plus les classes moyennes que les catégories supérieures qui, soit se sentent moins touchées compte tenu de leur surface financière, soit ont déjà pris leurs précautions sous forme d’«optimisation fiscale», les deux parties de cette alternative étant cumulables.

 

Cette impopularité chronique qui contamine le propre électorat manuel-valls-portrait-serre_4011545.jpgdu président Hollande entame la légitimité de ce dernier. Il se trouvera de plus en plus mal placé pour imposer sa loi à un gouvernement qui apparaît divisé et, surtout, au ministre de l’Intérieur Manuel Valls qui est le seul socialiste à faire preuve de popularité. Il est même le politicien français qui a la meilleure cote d’avenir. 43% des personnes interrogées lors du Baromètre TNS Sofres souhaitent lui voir jouer un rôle important.

 

 La polémique sur les Roms lui a donc pleinement profité, preuve que pour récolter des points de popularité, il faut aborder - sans forcément y adhérer - les thèmes du Front national. Les récents faits-divers spectaculaires ont profité aux deux figures politiques qui les ont traités médiatiquement, Valls et Marine Le Pen. Car la cote de confiance de la frontiste progresse de façon constante; elle se situe désormais au même niveau que les politiciens de gouvernement tels Fillon, Juppé et Christine Lagarde.

 

marine-le-pen-a-exprime-tout-son-respect.jpgLa montée du FN doit donc tout à sa présidente qui accélère le processus de «dédiabolisation» de son parti en luttant contre le classement de celui-ci à l’extrême droite de l’échiquier politique. Dans cette démarche, elle doit surmonter un écueil de taille, son père. Celui-ci est resté fidèle aux thèmes traditionnels de l’extrême droite et supporte mal cette banalisation de «son» Front national.

 

Jean-Noël Cuénod

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