18/09/2013

Pour une révolte des «petits» Etats européens

 

Les multiples couleuvres bancaires avalées par la Suisse démontrent que l’«Alleingang» des blochériens est, définitivement, une voie sans issue. Notre pays ne peut plus défendre ses intérêts en solitaire dans la nouvelle configuration mondiale. Les nationalistes demeurent les pires ennemis de la nation, tout comme les intégristes sont les plus redoutables adversaires de leur religion.

 

L’entrée de la Suisse dans l’ensemble européen paraît inéluctable, au moins à moyen terme. D’autant plus que nous appliquons d’ores et déjà un grand nombre de lois décidées par Bruxelles sans avoir pris part à leur élaboration. Il est évident que nous défendrons mieux nos intérêts à l’intérieur de l’Union qu’à l’extérieur.

 

Il faudra alors apprendre à se coaliser avec d’autres Etats européens de modestes dimensions géographiques ou démographiques, afin de résister aux tentations hégémoniques des «grands» qui, d’ailleurs, ont rétréci au lavage de la mondialisation. Dans ce contexte, il règne au sein de la classe politique française un climat de rejet des «petits» voisins dont nous, Suisses, devons tenir compte.

 

A cet égard, un livre intitulé «Europe: amour ou chambre à part?» (Flammarion) - rédigé par la centriste (version MoDem) Sylvie Goulard, députée française au Parlement européen - est édifiant. Son propos est de donner un véritable pouvoir à une Union réduite à peu de chose par l’égoïsme des Etats. En ce sens, on ne peut que l’approuver. Mais pour la politicienne, il est d’autres adversaires que les gouvernements nationaux, à savoir les «petits» pays. Il faut voir avec quelle morgue, quel mépris, Mme Goulard évoque la Suisse et les autres Etats de taille semblable!

Selon elle, les «grands», et surtout le couple franco-allemand, geants04.jpgdoivent gouverner l’Europe. Pour le bien de celle-ci, bien sûr. Or, la gouvernance allemande n’est pas de meilleure qualité que celle en vigueur en Suède, au Danemark, aux Pays-Bas, bien au contraire. Et par charité, nous n’évoquerons pas la France, percluse de dettes et de doutes.

 

 

La prétention franco-allemande à régenter l’Europe ne repose donc que sur la quantité - les deux pays forment près du tiers de la population de l’Union - mais en aucun cas sur la qualité. (Photo: l'Europe vue par les partisans de la Françallemagne)

 

 

Devant cette hégémonie, les Etats à l’économie dynamique mais de taille géographique réduite - comme les nations scandinaves, les Pays-Bas, l’Autriche et d’autres dont la Suisse - feraient bien de s’allier, s’ils ne veulent pas subir le diktat d’un duumvirat qui songerait plus aux intérêts de Berlin et de Paris que de l’ensemble du continent.

 

En outre, les «petits» ont aussi des leçons à donner aux «grands», notamment en matière d’organisation du travail et de formation professionnelle.

 

Jean-Noël Cuénod

 

 

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Commentaires

Donc vous reconnaissez l'aspect "diktat" de l'empire européen. C'est un bon début. Avec le temps vous évoluerez aussi sur les moyens d'y répondre, j'allais dire "résister"...

Écrit par : Eastwood | 18/09/2013

Bonsoir,

" La prétention franco-allemande à régenter l’Europe ne repose donc que sur la quantité - les deux pays forment près du tiers de la population de l’Union - mais en aucun cas sur la qualité. "

Cette "prétendue" prétention franco-allemande, n'est en fait qu'une "réelle" prétention franco-française à régenter l'Europe, car si cette vision impérialiste vaut pour la France, elle n'apparaît guère dans une Allemagne économiquement forte, mais politiquement en retrait, essentiellement pour des raisons historiques. Contrairement à la France, l'Allemagne n'a pas vocation à diriger l'Europe.
La France en déclin économique prétend modeler l'Europe à son image, mais n'en a pas les moyens. Elle se tourne donc vers le leader économique et démographique européen, l'Allemagne, laquelle reste sourde à ces appels du pied.

Pour ma part, je n'éprouve aucune crainte de l'Allemagne, politiquement et économiquement beaucoup plus proche de nos valeurs helvétiques et de nos institutions, que de celles d'une France souvent arrogante et méprisante à l'égard de ses "petits voisins".
L'histoire nous le démontre amplement, la France n'a eu de respect que pour plus fort qu'elle et dans ce rapport de forces, la Suisse a toujours été méprisée.
Montrons-nous fermes dans nos rapports avec la France et recherchons des alliances avec des États dont nous partageons les valeurs.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 18/09/2013

D'accord avec vous Jean d'Hôtaux mais si la Suisse a toujours été méprisée n'a-t-elle pas trop longtemps douté d'elle-même? Ne fallait-il pas, par exemple, que, pour reconnaître un artiste, cet artiste soir préalablement allé se faire reconnaître ailleurs, "à l'étranger"!? Myriam Belakovsky

Écrit par : myriam belakovsky | 19/09/2013

"la France n'a eu de respect que pour plus fort qu'elle et dans ce rapport de forces, la Suisse a toujours été méprisée." Cela n'empêche pas les médias suisse romands de copier servilement ce qui se fait et se dit en France...

Écrit par : Géo | 19/09/2013

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