15/09/2013

François Hollande en Syrie, le rétropédaleur de charme (avec vidéo)

 

 Soixante ans après le champion cycliste suisse Hugo Koblet, surnommé le «pédaleur de charme», François Hollande est devenu le «rétropédaleur de charme», à la faveur de sa prestation télévisée de ce dimanche soir. Très en pointe pour en découdre avec le régime syrien, le président français s’est retrouvé dans le rôle du cocu magnifique. Le parlement britannique a interdit au gouvernement Cameron de participer aux frappes anti-Assad après le massacre au gaz de 1500 civils en Syrie; Barack Obama a préféré confier cette question à son Congrès; personne n’imaginait une seconde que la France allait frapper toute seule le gazocrate damascène avec ses petits bras. François Hollande a donc perdu, dans ses tartarinades syriennes, une bonne partie de son capital de confiance amassé lors de sa remarquable campagne au Mali.

 

Mais en tant que rétropédaleur, le président français ne manque ni d’air ni de talent. Devant le micro bronzé de Claire Chazal, il a enfin jeté dans le même panier de crabes, Bachar al-Assad et les djihadistes qui le combattent, en concurrence avec l’opposition démocrate syrienne: «Faisons attention de ne pas installer ceux que nous considérons comme aussi dangereux que Bachar el-Assad puisque tous deux, Bachar el-Assad et les djihadistes, sont des massacreurs. Privilégions la conclusion d’un accord politique afin d’être sûrs que ceux qui vont être chargés de la transition en Syrie soient de vrais démocrates». François Hollande aurait dû se montrer d’emblée plus clair dans cette dénonciation des islamoterroristes anti-Assad; sa position aurait été sans doute mieux comprise par son opinion publique.

 

Peu après, le président Hollande a mis le braquet supérieur à son rétropédalier en expliquant que grâce à sa position ferme – avec celle des Etats-Unis, concède-t-il en passant - la Russie a obligé la Syrie à sacrifier son arsenal criminogazier. Bien entendu, personne ne croit que l’autocrate moscovite a poussé ses pions sur l’échiquier syrien en réponse aux menaces françaises. Mais enfin, dit avec un tranquille aplomb, ce propos a permis Hollande d’éviter un surcroît de ridicule.

 

Le président a ensuite embrayé sur les problèmes intérieurs: les impôts qui augmentent mais sans augmenter, les écologistes qui veulent partir du gouvernement mais sans le quitter et François Fillon qui veut séduire Marine Le Pen mais sans la draguer.

 

Au terme de sa prestation syrienne, François Hollande a parfaitement appliqué la formule chère à Jean Cocteau:

 

«Ces événements nous dépassent. Feignons d’en être les organisateurs».

 

 Jean-Noël Cuénod

 

ESPACE VIDEO

 

Extrait de l'intervention de François Hollande dimanche soir 15 septembre 2013. Séquence consacrée à la position de François Fillon vis-à-vis du Front national.

23:04 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

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