05/09/2013

La Syrie, Obama et l’impuissance du gardien de but

 

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 Campé sur ses jambes, ouvertes – mais pas trop – pliées – mais pas trop –, le corps souple et tendu à la fois, le gardien de but, avale tout le terrain du regard. Rien ne lui échappe. Ni l’ensemble ni le détail. L’attaque adverse s’approche. Les défenseurs se font plus fébriles. L’ennemi rejoint dangereusement les seize mètres. Que faire? Foncer sur le porteur du ballon pour fermer l’angle? Mais alors, le risque est grand de gêner l’arrière ou de laisser le but vide. Rester dans les buts? Le portier sera ipso facto crucifié par un tir à bout portant. Alors, il avance, recule, avance, recule, avance, recule… Tango de l’hésitation. Puis, dépité, ramasse le ballon au fond des filets d’un geste las.

 

Barack Obama ressemble comme deux gouttes de sueur froide à ce gardien de but. Le terrain syrien ne lui convient vraiment pas. D’ailleurs, il ne convient à personne et surtout pas à ses habitants qui se font massacrer, bombarder, gazer, manipuler.

 

Le président américain s’efforce de convaincre le Congrès de l’autoriser à frapper les troupes du dictateur Bachar El Assad «de façon limitée». Qu’est-ce qu’une «frappe limitée»? L’envoi d’un, deux, dix, cent missiles sur des objectifs militaires du camp Bachar? Sera-ce suffisant pour arrêter ses massacres? Le tyran se trouvant acculé, ce n’est pas cette «offensive modérée» qui le fera reculer. Et si l’armée américaine décide une intervention plus musclée? Elle se retrouvera prise dans l’engrenage de la guerre, avec présence de troupes au sol, et le conflit se communiquera à tout le Proche-Orient.

 

Alors ne faisons rien et laissons les Syriens s’entre-tuer. Or, cette inaction serait aussi préjudiciable que l’action. Il semble acquis aujourd’hui que le camp Assad a gazé adultes et enfants. Laisser ce crime impuni, c’est encourager l’Iran à poursuivre la fabrication de sa bombe atomique et c’est montrer aux autres régimes d’oppression qu’ils peuvent massacrer l’âme légère et la main lourde.

 

Il reste encore les démarches diplomatiques envers Poutine. Tant que l’autocrate moscovite soutiendra le gazocrate damascène, la guerre civile poursuivra ses ravages. Certes, le tsar au torse nu vient de lâcher du lest afin de ne pas faire capoter le G20 qui commence à Moscou : si les preuves du gazage sont réunies, le Kremlin ne s’opposera plus au Conseil de sécurité à une intervention des Nations-Unies en Syrie. Toutefois, même si la Russie donne son feu vert ou orange, une nouvelle dictature – islamiste et sunnite cette fois-ci – risque fort de remplacer celle des alaouites du clan Assad. Le camp des rebelles syriens reste marqué par une décourageante désunion et les intégristes les plus rétrogrades tendent à prendre le commandement sur le terrain.

 

Que l’on agisse, tergiverse ou s’abstienne, aucune solution ne s’impose, toutes sont mauvaises et alourdies par moult effets pervers.

 

Le gardien Obama peut bien courir vers le porteur du ballon, plonger à gauche, à droite, au centre ou se claquemurer dans sa cage, il ne réalisera aucun miracle. Et les Syriens «d’en bas» encaisseront.

 

 

Jean-Noël Cuénod

 

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Commentaires

Comme la Tribune de mardi dernier le mentionnait, c'est finalement l'Arabie séoudite qui est parvenue à se procurer les appareils nécessaires à la fabrication du gaz sarin. Pour qui? certainement pas pour Assad, puisqu'il semble avéré qu'ils alimentent en armes les Islamistes de la rébellion! Alors? Ne devrait-on pas retenir les propos de Mme Carla del Ponte mentionnant l'utilisation des armes chimiques par les rebelles?

Écrit par : Capt Nicole | 05/09/2013

Eh oui, Cher Monsieur : autocrate moscovite et gazocrate damascène. Vous distribuez les titres sans même, je le crains, savoir pourquoi. Sauf, peut-être, le plaisir que cela vous procure. Vous le démocrate ultime.
Mais croyez-moi, cela me rassure plutôt. Vous semblez donc, envers et contre tout, faire aveuglément confiance à Obama, Kerry et Flamby. Lesquels n'ont pas, au surplus, présenté la moindre preuve de ce qu'ils avance. Au moins, en son temps, Le général Powell nous a montré une fiole contenant quelques goutes d'un liquide suffisant à détruire la moitié de la planète.
Pour ce qui est de la bombe atomique, que vous semblez tellement craindre, inutile de vous rappeler que les seuls à "LES" avoir utilisées sont "VOS gardiens de but". Mais bon, ce fut certainement pour le bien de l'humanité. Tout comme les millions d'Amérindiens massacrés, les deux millions de Vietnamiens, les centaines de milliers d'Irakien et j'en passe et...pas des meilleurs.
Allez, Cher correspondant de la Tribune à...Paris. Respirons un bon coup et laissons le ronflement d'un doux sommeil bercer la quiétude éternelle de tous les soixante-huitards de cette pauvre planète malade d'un humanisme qui n'en a que le nom.

Écrit par : jean Gowrié | 05/09/2013

La politique de Georges W. continue de déployer ses effets, après que la Russie se fasse arracher de force l'empire irakien, car il n'était pas question pour les pétroliers de la Maison-Blanche de laisser passer une pareille aubaine, ensuite que le destin de l'Amérique ait voulu se fourvoyer dans des sortes d'alliances fraternelles avec le camp des méchants, n'y changera absolument rien, l'axe irano-syrien était brisé et lorsque qu'un axe se brise et qu'entre deux, se mélangent sunnites et chiites, ça ne s'arrête pas tout seul !

Oui les gazoducs russes sont menacés par une concurrence trop loyale, oui c'était une tradition de surarmer ses alliés pour l'ex-encore-empire qui ne savait rien faire d'autre que des montagnes d'acier, (stahl-in), oui le syrien en chef subit les ravages des révolutions en vogues et oui, la Russie est en panne de diplomatie, comme elle en est le témoin depuis l'aube de l'humanité.

Il aurait suffit au tsar de reprendre ses livraisons gênantes et les détruire lui même, mais il voit sous ses yeux disparaître son dernier pion et rien n'y changera rien, la Russie est à nouveau perdante dans ce puzzle laissé par les anglais il y 65 ans.

Les KGBistes du FSB ne cèdent jamais, même lorsqu'ils sont perdants sur toute la ligne, mais ils ne lâcherons pas et il y aura encore des victimes, les russes ne savent pas faire autrement !

Écrit par : Corto | 05/09/2013

Jean Gowrié, en fait vous ne niez pas que votre raïs soit un monstre, mais vous dénoncez vos opposants comme tel, c'est donc ça votre discours !!

Plus fort, vous accuseriez les pro-américains d'être des soixante-huitards, vraiment vous êtes d'une telle bonne foi que je ne peux que m'incliner, peut être cette fois devant des bandes de Baba quarante-nuitards reclus dans les cavernes de leurs banques helvétiques !

Etonnant, car aucun chrétien au Liban n'est, après coup, resté de votre avis, ils connaissent pourtant bien les assad, disons plutôt les nazis-assad, ceux qui fréquentent des aloïs brunner.

Par contre, Jean Gowrié, ce qui nuit le plus à assad, ce sont les planqués qui comme vous restent gentiment planqués en Suisse en espérant récolter quelques mannes de ces massacres sans logique.

Jean Gowrié, depuis le début de ces horreurs, vous avez toujours tenté de justifier les atrocités commises et leurs auteurs ouvertement fascistes, cela vous semble logique et sain de tuer ses concitoyens, étrange, car dans ce jeux de monstres, ce sont les chrétiens comme vous qui en payerons le prix fort, comme ce fut le cas au Liban, alors que déjà quelques chrétiens traitres étaient déjà du coté des assads, il n'en reste presque plus au Liban, ils ont tous été massacrés et cela par d'autres chrétiens !

Au fait saviez-vous que parmi les 800 syriens venus se faire soigner en Israël depuis fin 2012, il y a plus de 500 chrétiens ?

Pour revenir à Obama, alors qu'il devrait déjà voir détruit les facilités nucléaires iraniennes, il fait semblant d'en avoir à battre du Congrès, alors que c'est justement ce même Congrès qui lui a mis les bâtons dans les roues sur l'ensemble de son programme politique ?

Ce Moyen-Orient traversé de lignes rouges devenues invisibles dans le rouge ambiant du sang versé va t-il être sensible aux appels des bien-pensants qui hier soutenaient le hamas d'un coté et les frères musulmans aujourd'hui ?

C'est peu probable !

Écrit par : Corto | 06/09/2013

A propos de la Syrie, ou d'ailleurs, tant qu'on (marchands, acheteurs d'armes ou "laissant faire") ne combattra pas la guerre, à la racine, larmes de crocodiles on versera. Myriam Belakovsky

Écrit par : myriam belakovsky | 07/09/2013

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