03/07/2013

François Hollande, un président vert d'indifférence

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 Il ne fait pas bon devenir ministre de l’Ecologie dans le gouvernement socialiste français. A peine avait-elle été nommée à ce poste périlleux, au début du quinquennat de François Hollande, que Nicole Bricq a été priée de se faire voir au Commerce extérieur. Elle avait suspendu les forages pétroliers au large de la Guyane, ce qui avait fort déplu à Shell. Sitôt l’encombrante casée ailleurs, la compagnie a pu reprendre ses travaux.
 
 
Mardi, c’est au tour de Delphine Batho d’être débarquée de ce ministère, après avoir vitupéré la baisse de 7% du budget qui lui a été alloué. Plus encore que cette coupe claire, le fait qu’aucun investissement d’avenir n’a été prévu pour l’écologie a provoqué la colère de la désormais ex-ministre. Son successeur Philippe Martin doit aujourd’hui partager le même sentiment de précarité qu’un entraîneur engagé par le FC Sion.

 
Arnaud Montebourg a émis moult avis bien plus dissonants aux oreilles présidentielles que ceux qui ont valu le limogeage de Mme Batho. Et il est encore à son poste au gouvernement. Certes, au sein du Parti socialiste, Montebourg pèse bien plus lourd que son ancienne collègue et dispose d’un pouvoir de nuisance qui tient en respect l’Elysée. Toutefois, cette désinvolture envers les ministres de l’Ecologie traduit aussi le désintérêt total de François Hollande pour tout ce qui concerne ce domaine. Les rares fois où il en parle, le président français se montre aussi convainquant qu’un prêtre athée célébrant la messe.

 
Pendant quelques mois, son prédécesseur s’était efforcé de s’intéresser à la chose verte. Après tout, même s’il n’est pas mirobolant, le bilan du Grenelle de l’Environnement créé par Nicolas Sarkozy n’est pas mince. Au moins a-t-il inauguré une nouvelle forme de concertation. Il est vrai qu’après avoir fourni cet effort, l’ancien président avait soupiré: «L’écologie, ça commence à bien faire». François Hollande, lui, n’a même pas fait semblant. Les propositions vertes de son programme n’avaient d’autres buts que capter le vote écolo. Le vert est une couleur qui ne figure pas dans son logiciel d’énarque.

 
Les mauvais esprits établiront peut-être le rapprochement entre l’éviction de Delphine Batho et son refus, réitéré le mois dernier, de modifier la loi interdisant la fracturation hydraulique en vue de l’exploitation du gaz de schiste. Or, de nombreux groupes de pression économiques et pétroliers multiplient les danses du ventre devant le gouvernement français pour autoriser cette pratique qui, aux Etats-Unis, a créé autant de profits que de dégâts à l’environnement.
 
L’exploitation de ce gaz risque fort d’apparaître aux yeux de l’Elysée comme le dopant miracle pour une industrie française en pleine déroute. Cette tentation pourrait bien devenir un jour plus forte que la menace des alliés verts de quitter le gouvernement socialiste. Il faudra donc se montrer attentif aux prises de position du nouveau ministre de l’Ecologie Philippe Martin.
 
 
Jean-Noël Cuénod 

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Commentaires

"Cette tentation pourrait bien devenir un jour plus forte que la menace des alliés verts de quitter le gouvernement socialiste." Tant mieux, ce ne sont pas eux qui ont été sollicité par les électeurs, ces morpions qui ont fait moins de 3% sont surreprésentés dans ce gouvernement. La seules raison de leur présence c'est d'appuyer un gouvernement en manque de liquidités mettant de grands espoirs dans la fiscalité écologique.
Mais surtout, depuis quelques semaines, les dirigeants européens se séparent de certains conseillers ou ministres verts, la farce du RCA ayant du plomb dans l'aile et leurs propos devenant agaçants devant tant de démentis, même de la part des gourous du GIEC, ils ne sont plus en odeur de sainteté et à part NOTRE ministre Doris la verdâtre, tous sont en train de se démarquer des extrémistes catastrophistes écologistes dont le discours lénifiant ne passe plus dans l'opinion, à part pour les esprits simples et crédules, les citoyens en ont marre d'être pris pour des cons.

Écrit par : jojobargeot | 04/07/2013

Les socialistes, pas plus que l'opposition, ne sont prêts à se laisser mener en Batho, fût-il vert.

Écrit par : Michel Sommer | 04/07/2013

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