23/06/2013

L’UMP bat le Front national pour conquérir le siège de Cahuzac : les ambiguités du «Front républicain»

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Le «Front républicain» a permis au candidat de l’UMP Jean-Louis Costes de l’emporter sur le jeune frontiste Etienne Bousquet-Cassagne à l’issue de l’élection partielle de Villeneuve-sur-Lot au parlement français. Dans cette circonscription, détenue jusqu’à maintenant par l’ancien ministre Cahuzac (photo), une part importante de l’électorat socialiste a reporté ses voix sur le représentant de la droite démocratique.

 

 Mais si le pire a été évité, il n’a pas pour autant été écarté, loin de là. Car, même battu, le Front national sort vainqueur de cette confrontation. Qu’un blanc-bec frontiste de 23 ans - sans autre expérience que des études commerciales à peine achevées - parvienne à battre le candidat socialiste au premier tour, à se qualifier pour le second et à talonner un vieux routier de la politique locale, voilà qui relève de l’exploit.

 

Le «Front républicain» n’est pas une alliance conclue entre les partis de la gauche et de la droite de gouvernement, c’est une sorte de réflexe des électeurs démocrates de droite et de gauche pour faire barrage à l’extrême droite. Mais il n’a aucun contenu politique, c’est pourquoi le terme de «Front» pour le qualifier est trompeur.

 

Cette «alliance», qui n’en est pas une, permet à Marine Le Pen de faire son beurre démagogique en réunissant les deux partis de gouvernement en un seul sigle, «UMPS», et de capitaliser sur son thème favori: «Tous pourris, sauf moi!» Même perdue - de justesse - par le Front national, l’élection de Villeneuve-sur-Lot, participe de cette dynamique qui ne cesse de lui profiter. D’ailleurs, les dirigeants frontistes n’ont pas manqué de souligner que leur candidat a recueilli, seul contre tous, plus de 47% des suffrages. Comme lors de la partielle dans l’Oise en mars dernier, le FN a engrangé une forte progression entre les deux tours.

 

Pour éviter que la France ne bascule dans l’extrémisme, il faudra plus qu’un «Front républicain» qui n’a d’autre réalité que celle de sa vacuité.

 

Jean-Noël Cuénod

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Commentaires

Si même les étrangers, les immigrés anciens votent pour la famille Le Pen ... et le Front National , imaginez vous les dégâts de l'immigration dans la population française ...

Longue vie à Jean-Marie ...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 23/06/2013

Ainsi -si Front -Front, d'un système, l'autre: UMPS à côté de chez nous, MCGHI à côté de chez moi , le paysage se redessine selon les saisons , on ne parle que des printemps, je crains plutôt un automne annonciateur d'un hiver avec sa couverture qui ne fait pas un pli mais un repli identitaire , un monde clos dans lequel la bébête immonde...

Écrit par : briand | 24/06/2013

Les "républicains" feraient mieux d'avoir autre chose que la "république" à la bouche, c'est éculé. Et un peu facile. Comme disait Flaubert, on fait vainement de la république un système absolu et infaillible, après avoir fait la même chose pour la monarchie héréditaire. Il s'agit d'autre chose, il ne s'agit pas de rester attaché à un fétiche, un nom! Il faut donner des perspectives. Et mis à part critiquer, on a du mal à voir ce que font les "républicains" - on a du mal à voir de quoi ils parlent, ce qu'ils proposent. Il s'agit de donner de nouvelles perspectives, et comme le centralisme et le communisme sont arrivés à une sorte de limite de ce que la population pouvait accepter, il faut proposer des choses nouvelles qui aillent dans d'autres directions. Mais il y a tellement de fétichisme, à l'égard des vieilles formes, dans la classe politique! Il faut dire qu'elle a atteint le sommet de la société en évoluant précisément dans ces vieilles formes.

Écrit par : Rémi Mogenet | 24/06/2013

Merci Victor mais je n'en attendait pas tant de votre part...

Écrit par : JMC | 24/06/2013

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