16/06/2013

Parlez-vous le politikar?

 

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Voulez-vous mieux connaître nos amis, les politiciens en France ? Pour ce faire, il faut tout d’abord décrypter leur langage, comme avec n’importe quelle autre espèce animale. Ainsi, lorsque le chien remue la queue, cela veut dire « soyez les bienvenus dans ma niche ».  Mais lorsque le chat en fait de même, il signifie : « Tu vas prendre un bon coup de patte griffue sur ton museau ». Il importe donc de bien maîtriser les codes - appelés "éléments de langage" - avant de  s’aventurer dans la jungle parlementaire. Le Plouc se fait un devoir de vous y aider avec son complice le dessinateur Acé.

                                

Première étape : discours inaugural

 

« Françaises, Français », comprendre : « Les autres, je m’en balance, ils ne votent pas ».

 

« Je serai le rassembleur de la Nation », comprendre : « Il ne faut pas que l’opposition m’emmerde ».

 

« Je n’irai pas par quatre chemins », comprendre : « Je vais en prendre un cinquième qui est tellement long que je ne sais pas s’il se terminera un jour ».

 

« J’ai de hautes ambitions pour mon pays », comprendre : « J’ai de très hautes ambitions pour ma pomme ».

 

« Je suis au service des citoyens », comprendre : « Je suis au service de ceux qui ont financé ma campagne électorale ».

                   

Deuxième étape : interviewes et débats

 

« Je vais tout de suite répondre à votre question », comprendre : « Laissez-moi le temps de vous répondre à côté ».

 

« C’est une excellente question et je vous remercie de me l’avoir posée », comprendre : « Ce salaud m’a glissé une peau de banane; noyons le poisson pour ne pas répondre ».

 

« Vous dites une contre-vérité ! », comprendre : « Tu es un sale menteur ! »

 

« Je suis prêt à…», comprendre : « Je suis prêt à dire n’importe quelle connerie ».

 

Troisième étape : ça se gâte

 

« Nous prendrons nos responsabilités », comprendre : « Nous allons nous tirer des flûtes ».

 

« Nous allons passer à la vitesse supérieure », comprendre : « Nous allons ralentir en marche arrière »

 

« Nous allons droit dans le mur ! », comprendre : « Avec moi, on foncera aussi dans le mur mais en klaxonnant ».

 

Quatrième étape : garde à vue

 

« Je reste droit dans mes bottes », comprendre : « Où est la sortie? ».

 

« Il faut savoir raison garder », comprendre : « Je suis en train péter un câble ».

 

« J’ai confiance dans la justice de mon pays », comprendre : « J’ai confiance dans la cupidité de mes avocats que je paie cher pour me sortir du pétrin ».

 

 

Jean-Noël Cuénod

10:33 | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : politique | |  Facebook | | |

Commentaires

Bonnes salutations, Daniel

Écrit par : Daniel | 16/06/2013

"Voulez-vous mieux connaître nos amis, les politiciens en France?"

Mais pourquoi donc vouloir restreindre ce langage aux politiciens français?

La seule raison que je puisse imaginer pour cette restriction est la suivante: C'est que pour des politiciens suisses, il est impossible à nous autres Suisses d'utiliser le terme "amis" pour cette race d'individus. Dès lors, ici on aurait dit:
"Voulez-vous mieux connaître nos nuisibles, les politiciens en Suisse?"

Le reste du texte est directement réutilisable!
Seule adapatation mineure: remplacer "Français, Française" par "Chers Confédérés, Chères Confédérées", par "Vaudois, Vaudoises" ou encore par "Lausannois, Lausannoises" (le canton et la ville sont naturellement modifiables selon l'endroit de Suisse où vous résidez)

Écrit par : Baptiste Kapp | 16/06/2013

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Écrit par : marie | 18/06/2013

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Écrit par : marie | 19/06/2013

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