10/06/2013

A la Galerie ART Aujourd’hui: la sérénité après l’orage

 

La Galerie parisienne ART Aujourd’hui aime le contre-pied. Après l’expression poussée au plus fort de ses feux - avec Bernard Thomas-Roudeix, Bernard Le Nen et Jörg Hermle dont l’exposition s'est terminée dimanche 9 juin (lire aussi dans ce blogue «Trois grands créateurs à la force fragile») -, Marianne Rillon et son équipe ont choisi la sérénité, parfois teintée d’humour. «Ineffables présences», tel est le beau titre choisi pour cette expo qui commence mercredi 12 juin et se terminera, jour de gloire, dimanche 14 juillet. Elle présentera les peintures de Franck Duminil, Pierre Duclou, Yutaka Imaï et les sculptures de Pascale Proffit.

 

La sérénité, donc. La zénitude, comme le disent les médiacrates qui ignorent tout du Zen mais trouvent le mot vachement smart. Et même hypercoule. Mais pour en faire quoi? Si la sérénité consiste à tirer la prise de l’intelligence pour roupiller, les pharmacies offrent toute une gamme d’hypnotiques à même de vous satisfaire. Nul besoin d’œuvre d’art. Si la sérénité est vécue comme un état d’évacuation de tous les parasites qui empêchent de prendre conscience de votre être véritable, alors l’œuvre d’art devient le véhicule qui permet d’entrer dans votre labyrinthe intérieur, d’y évoluer sans vous y perdre. En ce sens, l’œuvre est un mandala. D’ailleurs, chacun à leur façon, les quatre artistes offrent leur mandala que vous transformerez en fonction du paysage propre à votre labyrinthe.

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Né à Paris en 1933, Franck Duminil est un artiste d’envergure internationale. Marianne Rillon le présente ainsi: «Il n’est pas un peintre abstrait au sens le plus commun du terme. Il est bien au-delà. Un peu à la manière des anciens peintres chinois, il saisit le monde hors de ses traits distinctifs (…) L’incomparable présence de son œuvre tient précisément en cette plongée dans l’indéfini qui n’est ni l’imprécis ni l’indécis, mais l’ouverture à tous les possibles.»

Pour sa part, le Plouc est fasciné par un détail de l’œuvre Parallèle de brume choisie comme illustration ci-dessus. Duminil a créé trois petites traces, une de couleur jaune dans la partie supérieure, une autre de même teinte en bas à gauche et une troisième, rouge, en bas à droite. Il se forme ainsi un triangle. Pénétrez à l’intérieur de cette figure. Et tout peut arriver. A vous de faire le travail.

 

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Pierre Duclou, né en 1957 en Seine-Saint-Denis, a été formé par le peintre et céramiste Jean-Marie Guyoton. Marianne Rillon conseille cette approche de l’artiste: «Les œuvres de Pierre Duclou sont rebelles à toute analyse: vouloir les décomposer pour croire en saisir le sens est une erreur. Elles frappent le regard d’un coup et il faut en faire une lecture globale. Ensuite seulement, l’œil sera libre de cheminer où bon lui semblera».

L’artiste (cf. l’illustration ci-dessus d’une de ses œuvres sans titre) utilise plusieurs techniques et s’empare des tons les plus variés sans jamais donner l’impression d’un fouillis. Au contraire, c’est le sentiment d’unité qui domine. Un cheminent du multiple vers l’unique. Duclou accomplit ainsi le célèbre impératif ésotérique: «Réunir ce qui est épars».

 

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Le Japonais Yukata Imaï (1945) a choisi une démarche différente, il part de l’unité pour l’approfondir. Pour Marianne Rillon, «un tableau d’Imaï donne peu à voir. Presque rien. Mais l’étonnement envahit immédiatement celui qui regarde (…) La minutie de la technique picturale, qui procède par petites touches, proscrit toute spontanéité et geste aléatoire (…) Le tumulte et la vanité du monde s’effacent tandis que s’installe le silence».

Le Plouc est aussi saisi par un aspect étonnant de l’œuvre d’Imaï présentée ci-dessus (titre; Refuge): sa sensualité. Certes, la figure fait songer à celle d’un sein. Mais ce n’est pas seulement cet aspect qui provoque la sensation charnelle, c’est l’ensemble des éléments du tableau. L’esprit et la chair ne sont pas séparés mais se fondent sans se confondre. Ils sont deux fonctions d’un seul et même mouvement cosmique

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La Montmartroise Pascale Proffit (1951) est née dans une famille vouée au théâtre. La sculptrice sait donc mettre en scène et créer des personnages issus de son imagination foisonnante et souriante. Explications de Marianne Rillon: «Chez elle, la fantaisie et la poésie dominent la figure. Extravagantes et invraisemblables, ses créatures imposent leur puissance émerveillée qui pulvérisent les conventions. Ces joyeuses gargouilles n’ont de logique que celle des rêves. Elles ont l’air de se moquer de nous comme d’elles-mêmes».

Pour le Plouc, ce Lever de soleil (ci-dessus) est une petite merveille qui dépasse le rire ou le sourire qu’elle provoque. Le Créateur ne se prend pas au sérieux. Mais alors pourquoi ses créatures n’en font elles pas autant? Elles seraient enfin libres. Car toute liberté commence par la fonte des chaînes de son ego dans la forge des éclats de rire.

 

Jean-Noël Cuénod

 

Renseignements pratiques

 

Galerie ART aujourd’hui

 La galerie est ouverte du JEUDI au DIMANCHE inclus, de 15h à 20h

8 rue Alfred Stevens - 75009 Paris

+33 (0) 1 71 37 93 51

contact@galerie-art-aujourdhui.com

 

 

 

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Commentaires

Que ce pass t-il, blocage d'IP de Corto ???

Écrit par : Corto | 10/06/2013

????????

Écrit par : Jean-Noël Cuénod | 10/06/2013

Les commentaires sont fermés.