29/05/2013

Les Bettencourt, une passion franco-suisse

 

 

Les relations entre la France et la Suisse sont d’une rare complexité. Proches par la géographie, l’histoire et même, pour partie, la langue et la culture. Eloignées quant aux modes de gouvernement, à la mentalité sociale et politique. La France ne parvient pas à se repérer dans la foisonnante diversité créée par le fédéralisme. La Suisse reste dubitative devant les «usines à gaz» fabriquées par le centralisme. La France aime le dissensus; la Suisse prône le consensus. Feux de bouche sur une rive du Foron (Pour les non-Genevois, l’étroite rivière qui sépare la Suisse de la France à Genève); robinet d’eau tiède sur l’autre rive.

 

La complexité s’accroît lorsqu’on aborde les relations spécifiques de chaque canton vis-à-vis du grand voisin. Genève - qui a été annexée et asservie par l’ogre gaulois de 1798 à 1813 – ne peut pas voir la France du même œil que le canton de Vaud – qui doit à la Révolution tricolore d’avoir été libéré du joug bernois.

 

HamelBettencourt.jpgLes rapports franco-suisses se sont donc toujours révélés aussi étroits  qu’ambigus. Les affaires politico-financières, qui secouent la France à la manière de hoquets chroniques, en administrent la preuve. Toutes ou presque passent par la Suisse. Un livre remarquable, Les Bettencourt , Derniers secrets» - rédigé par notre confrère Ian Hamel (photo) et publié à L’Archipel – en offre la confirmation sur plusieurs décennies. Il trace le parcours de cette «dynastie L’Oréal», devenue la plus grosse fortune de France, à laquelle Nestlé est intimement lié.

 

Avec le patriarche, Eugène Schueller - créateur du groupe cosmétique et militant d’extrême droite -, sa fille Liliane, qui avait épousé André Bettencourt - proche collaborateur du pater familias et ministre très transparent de l’ère gaulliste - les allers et retours entre la France et la Suisse ont la régularité du métronome. Dans leurs bagages, les secrets d’argent et de politique prennent une place considérable. Ils ne sont pas toujours déclarés en douane.

 

Aujourd’hui, cette époque évoquée par ce livre est en passe d’être révolue. Le secret bancaire suisse, objet de fascination chronique de la part des médias français, sera bientôt réduit à un paragraphe dans les manuels d’Histoire. La fraude fiscale ne sera pas effacée pour autant, mais elle alimentera d’autres paradis; les banques de tous pays sont certainement en train de s’activer en ce sens.

 

Les relations entre la France et la Suisse vont évoluer; l’évasion fiscale et les affaires de fric les avaient corrompues. Ce qu’ils perdront en charmes sulfureux et clandestins, les deux pays le gagneront en relations plus franches, plus transparentes, plus saines. Car la Suisse et la France ont besoin l’une de l’autre, sur tous les plans et dans tous les domaines. Que serait la République française sans le Genevois Rousseau et que serait la Suisse moderne sans l’Acte de Médiation de Napoléon Bonaparte?

 

 

Jean-Noël Cuénod

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Commentaires

En effet ,les diamants sont éternels, selon le Canard Enchainé , le caissier du voyage de Sarko en Israël , Benny Steimetz, habite pas loin de chez moi du côté des Eaux-vives qui s'y j'en crois Mediapart sont plutôt troubles en ce qui concerne l'activité du brut au gout de sang.

Écrit par : briand | 29/05/2013

André Bettencourt :

Étudiant en droit dans les années 1935-1937, résidant à l’internat des pères maristes, situé au 104, rue de Vaugirard à Paris, il fréquente alors des membres de La Cagoule en compagnie de ses amis Pierre Bénouville, Claude Roy et François Mitterrand4. Il rencontre aussi Eugène Schueller, fondateur de L'Oréal. C'est le début d'une longue carrière politique et d'une longue carrière dans le groupe L'Oréal.

Il est élu membre de l'Académie des beaux-arts de l'Institut de France (Section VI, membres libres) le 23 mars 1988,

Il dirige entre 1940 et 1942 l'hebdomadaire collaborationniste La Terre française, dans lequel il rédige la chronique « Ohé! les Jeunes! ». Dans un article intitulé « La dénonciation serait-elle un devoir », il affirme que « les jeunes doivent être, dans chaque village, les agents du Maréchal, la police de la révolution. ». Le 12 avril 1941, il y écrit « Les juifs, les pharisiens hypocrites n’espèrent plus. Pour eux l’affaire est terminée. Ils n’ont pas la foi. Ils ne portent pas en eux la possibilité d’un redressement. Pour l’éternité leur race est souillée par le sang du juste. ».

Alors bien sur qu'il est proche de la Suisse, dans le fond, mis à part avoir balancer et spolier pour s'enrichir, rien ne l'empêchait plus de se faire un cercle d'amis en Suisse !

Heureusement que la dernière de la lignée a compris que sa mère n'était rien d'autre que l'ex-femme d'un ss !

Écrit par : Corto | 31/05/2013

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