22/05/2013

Tactiques parallèles de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon

Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont en commun la véhémence. Aujourd’hui, c’est ainsi que l’on fait de la politique en France et aussi ailleurs, à ouïr nos «grandes gueules» de l’UDC en Suisse et du MCG à Genève. Il est vrai que vociférer des imprécations est un exercice nettement moins épuisant pour les cervelles politiciennes que de réfléchir à une situation sociale et économique diablement compliquée par la société globalisée.

 

Les deux figures françaises des extrêmes de droite et de gauche partagent une autre similitude: elles déploient la même tactique vis-à-vis de leurs grands voisins idéologiques. Leurs objectifs sont parallèles: Marine Le Pen cherche à démolir l’UMP et Jean-Luc Mélenchon veut en faire de même à l’égard du Parti socialiste. S’ils lancent leurs assauts maintenant, c’est que la calamiteuse situation des deux formations de gouvernement les y engage.

 

L’UMP paraît plus divisée que jamais. La récente réconciliation entre François Fillon et Jean-François Copé n’est que de façade. Leurs dévorantes ambitions sont trop concurrentes pour qu’une véritable entente intervienne. A ce conflit s’ajoute une myriade d’autres qui opposent entre eux les seconds couteaux (habiles à se planter dans le dos du voisin). Mais le mal qui ronge l’UMP ne se résume pas qu’à ces fumantes et fumeuses batailles d’ego boursouflés. L’aile droite de cette «Union», qui ne mérite pas son nom, partage bien plus de convictions avec le Front national qu’avec son aile modérée que rien ne sépare des centristes de l’UDI fondée par Jean-Louis Borloo.

 

Cette configuration permet à Marine Le Pen de jouer sur du velours. Avec son mouvement «Bleu marine», elle a créé un sas pour les membres de l’UMP que l’étiquette Front national gênerait encore.

 

L’autre parti de gouvernement, le PS, ne se porte guère mieux. Les socialistes se montrent eux aussi divisés entre sociaux-libéraux et aile gauche. Les uns veulent assouplir le Code du travail et faire avaler d’amères pilules à leur électorat des classes moyennes. Les autres rêvent d’une participation active et centrale de l’Etat dans la réindustrialisation. Plus le temps passe, plus ces divergences s’exacerbent.

 

Le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon attise donc les contradictions internes du PS afin de provoquer une rupture radicale entre les deux grandes tendances qui se déchirent jusqu’au sein du gouvernement. Une partie des troupes du PS serait alors aimantée vers Mélenchon qui se verrait bien en soleil autour duquel graviteraient les communistes, les divers mouvements gauchistes, les socialistes de gauche, sans oublier les Verts.

 

Si les scénarios des deux Fronts se réalisaient, la France aurait pour figures politiques dominantes Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Il faudrait alors débaptiser aussitôt la place de la Concorde*.

 

Jean-Noël Cuénod

 

*Voir la vidéo

ESPACE VIDEO

 

 

 

14:30 | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : front national, front de gauche, vidéo | |  Facebook | | |

Commentaires

Peut-on encore parler "d'extrêmes" alors qu'entre deux, ne subsiste que du vide ?

Écrit par : Corto | 23/05/2013

Et pendant ce temps, François Hollande remet la légion d'honneur à l'ambassadeur de Chine. Quel beau pays, vraiment!
http://www.lepoint.fr/politique/la-ceremonie-que-l-elysee-aurait-voulu-garder-secrete-23-05-2013-1671261_20.php

Écrit par : MM | 23/05/2013

Excellent commentaire de Corto!
Le qualificatif "extrêmes" montre son inanité, autant que la notion de "populisme".
Mr Cuénod pourriez-vous faire preuve de plus d'objectivité ? Le programme du FN/Bleu Marine est inexistant, alors que celui du front de gauche est en librairie avec une centaine de pages....

Écrit par : Rhodine | 23/05/2013

Cette phrase est particulièrement malhonnête : "Il est vrai que vociférer des imprécations est un exercice nettement moins épuisant pour les cervelles politiciennes que de réfléchir à une situation sociale et économique diablement compliquée par la société globalisée."

Une pique facile travestissant la réalité puisque chaque intervention de Mélenchon est l'occasion d'un grand cours de géopolitique ou d'économie, que le programme du FdG est très complet et argumenté. Après on peut ne pas être d'accord avec, mais dire que le FdG n'a pas réfléchi à la situation, posé un diagnostic et proposé des solutions relève de l'aveuglement idéologique le plus pur.

Écrit par : Minsk | 23/05/2013

Oui, le FN, Mélanchon, des copies de copies de copies de faux !!

Des faux, certes, mais des faux mal facturés qui veulent se faire passer pour des originaux ?

Faut être vraiment débile, hitler, staline étaient des faux à la base, les originaux eux, ne se mêlent pas à la meute, quoi que en ce qui concerne hitler certains doutes subsiste, du moins temporellement !

Quelle manque de gout, il n'y a que les imbéciles pour contempler de pareilles preuves de mauvais gout, en plus pour des faux de faux etc......

Écrit par : Corto | 24/05/2013

@ Minsk,

"Mélenchon est l'occasion d'un grand cours de géopolitique ou d'économie" !!

ça dépend pour qui !!

Il ne faudrait pas oublier les camions qui reviennent à vide !!

ça, c'était pour le volet "économique", pour ce qui en est de la géopolitique, personnellement, soutenir l'ex-bloc de l'est comme le fait Mélanchon, ne va pas me réconcilier avec le néolibéralisme à la Poutine !

Minsk, le socialisme a fait d'une critique du capitalisme une idéologie, néanmoins, cette "idéologie" n'a, après un siècle et demi, jamais fait ses preuves, ça se saurait, hormis dans le totalitarisme, la torture, les goulags et la censure !

De plus, une véritable faillite économique, pour fermer le cercle !

Bien à vous

Écrit par : Corto | 24/05/2013

Corto, avez-vous lu leur programme "L'humain d'abord" avant de formuler ces critiques ?
Le monde ne nage-t-il pas en pleine crise économique et écologique grâce au capitalisme financier dérégulé ? Tout va très bien madame la Marquise, ne changeons rien ?
Le FdG propose de remettre le bien-être humain au cœur du projet politique, de mater la finance, d'injecter un peu de bon sens et d’humanisme dans l'économie et de la transformer pour y inclure le paramètre écologique. Qui dit mieux ?

Écrit par : Minsk | 24/05/2013

Les commentaires sont fermés.