03/05/2013

Le 1er Mai parisien le plus déprimant du Plouc

muguet_fane.jpg Un brin de muguet fané à la boutonnière, Le Plouc a donc traîné ses bottes dans tout Paris en ce 1er Mai. Le plus sinistre de toute sa longue carrière. Le moins enthousiasmant. Le plus déprimant. Le moins roboratif. Le plus gris. Le moins ensoleillé. Et surtout, le plus éclaté. Terminé, le grand défilé unitaire des syndicats qui drainait les foules dans la fumée des merguez grillées.

 

Certes, Force Ouvrière a toujours fait défilé à part en célébrant les fusillés de la Commune (1871) au Mur des Fédérés. Mais enfin, la plus grande partie du monde ouvrier battait le pavé de Paris, toutes tendances confondues.

Cette année, FO n’est plus la seule à faire bande à part. La CFDT et les autres syndicats réformistes s’expatrient dans la banlieue de Reims pour bien souligner leur refus de participer au cortège parisien de la CGT et de ses alliés qui accomplit le classique parcours révolutionnaire Bastille-Nation.

 

Pourquoi cette bouderie de la CFDT? Pour troquer le beaujolpif contre du champagne? Ou alors, le nouveau patron cédétiste, Laurent Berger, a-t-il voulu s’y faire sacrer, avec onction de Saint Chrême et de Sainte Ampoule, comme un vulgaire Roi de France? La réalité est moins pétillante et plus prosaïque. La CFDT et les autonomes ont signé avec le patronat le pacte de compétitivité voulu par le président Hollande, alors que la CGT, SUD, Solidaires et d’autres le rejettent en criant à la trahison de classe. Des militants de la CGT ont donc brûlé un drapeau de la CFDT, traitée de «collabo» des patrons. D’où la colère du bon Berger et de son troupeau.

 

Bien d’autres 1er Mai se sont déroulés à Paris. A l’Opéra, par exemple, avec celui du clan Le Pen et sa trinité blonde: le grand-père Jean-Marie, la fille Marine et la petite-fille Marion, la députée. Sous l’impulsion de la patronne du Front national, les fachos sont tenus à l’écart. Pas question de vendre des fanzines racistes ou de distribuer des tracts antisémites. Mais chez ces gens-là, le naturel revient au trot et au galop. Dès que Marine Le Pen sent du mou dans l’assistance – moins nombreuse que l’an passé (3000 au lieu de 10 000 personnes) – hop, elle entonne le couplet sur l’immigration. Le succès est garanti. Même Sarkozy et Hollande sont moins hués. Un slogan fuse: «Du PQ pour les sans-papiers!» Dans les rangs, les blagues racistes se répandent avant d’être réprimées: chut, il faut écouter la cheffe!

 

De l’autre côté de la Seine, à la Fontaine Saint-Michel, les «antifa» manifestent contre le Front national. On retraverse la Seine, vers la Bastille, les climato-complotistes défilent contre la «géoingénierie». Retour rive gauche, pour léviter avec les raéliens, partisans du «paradisme qui annonce la fin du travail». Le Plouc craint fort que cette fin soit déjà décrétée par l’«enférisme» de la finance sauvage.

 

Quant au Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, il n’a guère figuré dans le cortège le plus proche de son idéologie, celui de la CGT, assez peu fourni lui aussi. Toutes les forces mélenchonienne sont mobilisées par la grande manif de la gauche anti-Hollande, dimanche 5 mai. Voilà qui est bien plus important que de participer à un traditionnel défilé syndical.

 

Et nous passons sur les autres micro-défilés. Chacun a donc fait son petit 1er Mai rien qu’à lui, dans son coin, en cultivant un frileux entre-soi. Jambon-beurre chez les frontistes. Brochette hallal chez les cégétistes. Voilà le 1er Mai 2013 : indigeste et pluvieux. Plus vieux, surtout.

 

Jean-Noël Cuénod

16:46 | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : france, paris, politique | |  Facebook | | |

Commentaires

Cela fait des décennies que l'on lit des articles, chroniques ou autres éditos qui nous chantent l'avenir radieux du prolétariat sous la direction de sa glorieuse avant-garde SFIO, mitterandiste, mélenchoniste ou hollandaise. Voilà que commence la fin de la gloire socialiste pour vous, et après l'expérience actuelle, on n'en entendra plus parler jusqu'à la fin de mes jours, ce qui finalement est l'essentiel pour moi. Je vais aller m'acheter du champagne pour fêter votre déprime avec mes amis...

Écrit par : Géo | 03/05/2013

Ce muguet instauré par pétain en 1941 afin de remplacer l’œillet "rouge" !

Comme si la France de gauche était restée profondément pétainiste depuis que l’œillet fut interdit et passible de 5 ans de prison !

C'est l'occasion de se rappeler que la très grande majorité des ministres sous pétain étaient pratiquement tous issus de la gauche et des syndicats !

Écrit par : Corto | 03/05/2013

le 4ème Mai: sur le vif, l'affiche du MCG fait un tabac au Molard, une manif d'une trentaine de citoyens selon les organisateurs; de plusieurs centaines selon la Police.

Écrit par : briand | 04/05/2013

Il faut savoir que moins de 10% des travailleurs français sont syndiqués. A cela s'ajoute le bla-bla-bla politique et la médiocrité des médias de l'hexagone. Personne ne comprend vraiment ce qui se passe. Depuis 2008 nous vivons avec l'éternelle excuse lorsque quelquechose va mal: C'est la faute à la crise.
Hors cette crise a été voulue, sciemment préméditée depuis 1972. Souvenez-vous!
Nixon, Kessinger et plusieurs chefs d'entreprises US sont allés à Pékin. Il se sont soudain aperçu que ce pays d'un milliard d'humains existait et qu'on pouvait le maîtriser en lui procurant du travail. A l'époque j'étais employé de Boeing. Rapidement les chinois sont devenus sous-traitants du grand fabricant d'avions et les licenciements périodiques ont commencé. Il fut facile pour les vrais maîtres du système matérialiste de constater qu'après avoir abuser travailleurs européens et américains pendant un siècle, on pouvait gagner encore plus en exploitant les peuples des pays émergents; jusqu'à ce que ces derniers deviennent eux-mêmes consommateurs obsédés comme nous le sommes actuellement. Que le fabricant-acheteur soit blanc, noirs, jaune, rouge ou vert n'a aucune importance.Il doit produire puis acheter! Alors que allemands(peut-être suisses) et américains se contentaient de sous-traiter; les français prenaient "armes et bagages" et transféraient leurs technologies ainsi que leurs compagnies en Chine, au Brésil etc.(Airbus, Peugeot, Renault et tant d'autres). Pour compléter le fiasco, la Chine faisait du "damping" de ses produits d'utilité courante sur toute l'Europe (surtout en France). Hors sans revendeurs français,il ne peut y avoir de "damping" (exemple: de panneaux solaires). A moins de prendre des mesures draconniennes: rapatriement des délocalisations et taxations appropriées des produits d'origine française fabriqués dans ces pays; on peut dire que l'on a mangé notre "pain blanc" et que le "noir" arrive à toute vitesse. Essayer de faire comprendre celà aux "collabos" de ce matérialisme à outrance n'est pas à ma portée. Je ne peux que tenter d'expliquer ce que mon parcours original m'a permit d'apprendre...
Amis suisses vous n'êtes pas à l'abri des étincelles de cette tragédie... JCM

Écrit par : Jean-Claude Meslin | 09/05/2013

Dans la France actuelle, moins de 10% des travailleurs sont syndiqués. Le marasme économique écoeure tout le monde; d'autant plus que les responsables politiques, économiques et médiatiques ne disent pas la vérité. Cette crise économique qui sert d'excuse pour tout a été voulue et sciemment conçue dans un but précis: Mettre en place une restructuration planétaire des pouvoirs d'achat et des lieux de fabrication: Conséquences d'une mondialisation mal conçue.
Tout a commencé en 1972 quand Nixon, Kessinger et plusieurs gros capitalistes US sont allés découvrir la Chine. Pour maîtriser ce pays, il fallait lui procurer des occupations et le dévier du totalitarisme communiste. Le coût de main d'oeuvre étant si peu élevé, on s'aperçut aussi des énormes bénéfices que l'on pouvait en tirer. A l'époque j'étais un employé de Boeing à Seattle. Rapidement les sous-traitants chinois permirent au grand fabricant d'avions de réduire son personnel et les licenciements périodiques commencèrent. Cette situation s'amplifia lorsque le plus anti-social des présidents US (Reagan) prit ses fonctions en 1981; un gaspillage gigantesque prit son essor pour fabriquer une puissance militaire, jamais égalée dans toute l'histoire de l'Humanité. Vingt ans plus tard en faillite presque totale malgré l'utilisation de dollars fabriqués démesuremment,l'Amérique dû créer un vaste nuage de fumée pour bluffer le monde entier et éviter une implosion comme ce fut le cas pour l'URSS. Ce fut l'avènement du parfait "Oncle Tom" Obama...L'Europe suivit cette nouvelle économie mondialisée et certains pays comme la France firent même mieux que leurs cousins américains. Ils prirent "armes et bagages" et tout bêtement tranfèrèrent technologies et usines en Chine et dans d'autres pays émergents (Airbus, Peugeot, Renault etc.).Pour compléter l'affaire les dirigeants chinois commencèrent un "damping" forcené de leur produits d'utilité courante.
Naturellement, des revendeurs demandaient ces produits (exemple: panneaux solaires). Sans celà ces fabrications (bon marché) seraient restées en Chine. Donc si l'on veut rétablir la croissance et procurer des emplois il va falloir prendre des mesures drastiques: Rapatrier les délocalisations et taxer sévèrement les produits d'origine française fabriqués hors de France vendus dans l'hexagone, pour payer chômage et retraites...Faire comprendre ce que je vous écris aux "ignares" politiques et médiatiques de mon pays m'est impossible (une censure du genre: serveur introuvable, s'applique). J'écris ce qui me parait être proche de la triste réalité parce qu'il me semble que mes amis suisses ne sont pas à l'abri des conséquences de la médiocrité française... JCM

Écrit par : Jean-Claude Meslin | 09/05/2013

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