14/04/2013

Marseille Notre-Dame de la Came


La basilique Notre-Dame de la Garde domine Marseille. Mais dans les quartiers Nord de la métropole portuaire, c’est Notre-Dame de la Came qui dicte sa loi. Maire d’une partie de cette zone, la sénatrice socialiste Samia Ghali ne cesse de sonner le tocsin contre l’emprise que les trafiquants exercent sur la deuxième ville de France et le cinquième port européen. Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a renforcé les dispositifs policiers. Avec un certain succès. Mais la mainmise de la criminalité n’est pas levée pour autant. Car la police n’est qu’une partie de la solution d’un problème qui dépasse le seul aspect criminel.

 

Il y a tout d’abord le poids de l’Histoire. Marseille et le crime organisé ont eu souvent partie liée. Durant l’entre-deux-guerres, le clan Spirito et Carbone a mis l’antique Massalia en coupe réglée. Après la Libération, c’est le clan des frères Antoine et Mémé Guérini qui a repris les affaires. Quant à la drogue, Marseille était l’une des principales plates-formes de la French Connection dans les années 70.

 

Il y a aussi le poids social. La drogue est devenue l’une des principales sources de revenus de certains quartiers, avec l’explosion du chômage et la désindustrialisation massive. Dès lors, espérer éradiquer ce cancer avec un simple renforcement de la répression revient à écoper un paquebot avec une cuillère à soupe.

 

Le coup le plus terrible à porter aux trafiquants serait de légaliser la drogue. Mais dans l’opinion politique française cette solution n’est pas acceptée. D’autant plus qu’elle ne pourrait être efficace que si l’Europe prenait la même décision avec un ensemble de mesures concertées entre les pays.

 

 Pour l’instant, le plus urgent est le réinvestissement de l’Etat - à tous les niveaux et dans tous les domaines - au coeur de ces zones qu’il a désertées. Même en ces temps de disette budgétaire, il faudra que la France «mette le paquet» pour réduire la criminalité. Et cette situation concerne aussi Genève qui n’est située qu’à 462 kilomètres du Vieux-Port.

Jean-Noël Cuénod

 

ESPACE VIDEO

Interview de la sénatrice-maire Samia Ghali qui avait réclamé l'envoi de la troupe dans certains quartiers marseillais.

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Commentaires

Si il n'y avait seulement que la came !

ça fait longtemps que des milliers de tonnes d'armes de guerre débarquent par ce port légendaire !!

Pendant ce temps la république française va faire de l'ordre au Mali, bien moins dangereux !!!

Écrit par : Corto | 15/04/2013

Samhia Ghali, a raison, ça va finir de toute manière avec l'armée !

Mais ce sera comme en Syrie !!

Dans le "pays des droits de l'homme" seules les femmes ont les couilles pour dire que le roi est nu !!!!!

Écrit par : Corto | 15/04/2013

Effectivement il est temps de régler ces problèmes qui ne sont pas QU'A MARSEILLE

Écrit par : Roland | 16/04/2013

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