07/04/2013

Une nouvelle galerie d'art qui préfére le savoir-faire au faire-savoir

La galerie ART Aujourd’hui vient de s’ouvrir à Paris, dans le neuvième arrondissement. Une galerie de plus ouverte par une Gwendoline qui a trouvé une manière sympa, à la fois de claquer le pognon de son mari, meubler son ennui et se faire mousser dans les salons de thé? En aucun cas.

Sculpture de Gisèle Lacroix actuellement présentée

à la Galerie ART Aujourd'hui

Lacroix21.jpg 

L’enseignante en philosophie Marianne Rillon se situe à l’exact opposé des Gwendoline. C’est elle qui dirige cette nouvelle galerie, avec la complicité du peintre Philippe Rillon, son mari, et l’amateur d’art Daniel Chassagne. Son but: exposer des artistes qui défendent et illustrent la notion d’œuvres. Car ce que les merdias appellent «art contemporain» est en fait une entreprise de mercatique (marketing en franglais) destinée à détruire l’œuvre en tant que telle pour ne promouvoir que le concept et, surtout, l’auteur dudit concept qui, cent ans après le premier «ready made» («Roue de Vélo», 1913), continue à se soulager, l’air béat, dans l’urinoir signé Marcel Duchamp.

 

Dans son Manifeste de La Peau de l’Ours (http://lapeaudelours.free.fr/html/page_manifeste2.php) le peintre Philippe Rillon a fort bien résumé la chose:

«Sans œuvre, pas d'émotion ni de jugement esthétique possible! Réinvestir le champ du jugement et du plaisir esthétique, c'est aussi revaloriser la «notion d'œuvre» et l'œuvre elle-même, avilie aujourd'hui jusqu'à ne plus se distinguer des autres produits de la société média-mercantile».

 

Défendre l’œuvre en art, c’est prendre à rebrousse-poil notre époque média-mercantile, mélange wharolien de quart d’heure de célébrité et de comptes bancaires occultés. Elle privilégie systématiquement le faire-savoir sur le savoir-faire. Car à quoi sert le savoir-faire dans cette société où l’apparence est à la fois le fond et la surface? Pire, le savoir-faire est un gêneur car il rappelle la notion de travail dans une société qui n’a de cesse que de le détruire. Or, sans main à la pâte, sans travail patient et obstiné, il n’est point de poésie. L’étymologie grecque de ce mot «poiein» se réfère d’ailleurs directement au verbe «faire». A preuve, on n’écrit pas un poème mais on le compose, on travaille la pâte des mots. Si elles ne s’appuient pas sur cette notion de «faire», la poésie et toutes les disciplines de l’art ne sont que slogans publicitaires. Et un monde sans poésie est, au sens premier du mot, irrespirable. De l’air! De l’air! Eh bien voilà au moins une galerie qui n’en manque pas, d’air!

 

Actuellement et jusqu'au 5 mai, Marianne Rillon présente sa première expo qui a pour thème «l'aquarelle ou l'éloge de la délicatesse»: trois peintres, Gottfried Salzmann, Nicole Bottet, Wolfram et une sculptrice, Gisèle Lacroix, se partagent les quatre espaces de la galerie. Une magnifique galerie de 115 mètres carrés, à un jet de porte-jarretelle de Pigalle.

 Jean-Noël Cuénod

Renseignements pratiques: Galerie ART aujourd’hui

8 rue Alfred Stevens - 75009 Paris +33 (0) 1 71 37 93 51 - contact@galerie-art-aujourdhui.com

 

Aquarelle de Wolfram actuellement exposée à la Galerie ART Aujourd'hui

wolfram.jpg

 

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Commentaires

Merci Jean-Noël pour ce blogue un brin polémique et drôle qui revient à propos sur la notion d’œuvre, au cœur des préoccupations de la "galerie ART aujourd'hui" comme de l'association "la Peau De l'Ours". On comprendra qu'une galerie d'art souhaite plutôt être appréciée pour sa programmation que pour l'affichage de ses intentions esthétiques. Mais je n'oublie pas que vous,(artistes et amateurs d'art membres de la PDO), m'avez encore réélu à la présidence de l'association,...fondée sur un manifeste et donc, vouée à défendre, de manière polémique y compris, sa conception de l'art aujourd'hui... Avec toute mon amitié. Philippe Rillon.

Écrit par : Philippe Rillon | 08/04/2013

Monsieur Cuénod,

Quel dommage!
Si j'ai bien compris vos propos, ce n'est ni Aujourd'hui, ni Demain que, dans cette Galerie, j'aurai le magnifique privilège de comtempler quelques unes des oeuvres de Jeff Koons.
JK, seul à avoir compris que la synthèse de Duchamp, Warhol et... Michael Jackson pouvait catapulté un "artiste" au sommet des coqueluches de la "jet-pète" et de la Fondation Beyeler. Cette dernière a publié le texte suivant pour une des oeuvres des Usines KOONS & Company:

" Bien qu’à l’origine, les aspirateurs aient été conçus comme des objets fonctionnels et commerciaux, Koons ne les met pas simplement en scène comme des articles sans vie dans des vitrines qui relèveraient du cercueil. Au contraire, il souligne la qualité biologique et vivante des aspirateurs en les décrivant comme des « machines qui respirent »."

... "La qualité biologique et vivante des aspirateurs" ?!?!?!
Est-ce qu'ils nous prendraient pas pour des Ko...ons? (Pour l'instant ce n'est encore qu'une question.)

Écrit par : Baptiste Kapp | 09/04/2013

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