03/04/2013

Affaire Jérôme Cahuzac: "Tous pourris", du slogan au lieu commun

«Tous pourris!» Ce n’est plus un slogan des extrémistes de gauche et de droite. C’est devenu, en France, un lieu commun.

 

 Au moment où le patron du socialisme tendance bouillabaisse Jean-Noël Guérini est plongé dans une affaire aux relents mafieux, ce dossier est relégué à l’état de péripétie par l’électrochoc Cahuzac. Pour le président Hollande qui s’était fait de la vertu un drapeau, la trahison de l’ex-ministre des impôts n’est pas une tuile, c’est toute la maison qui tombe sur sa tête.

 

Certes, il est ridicule d’affirmer que le président français connaissait les comptes cachés de Cahuzac à Genève et à Singapour. On imagine mal Hollande le nommer pourfendeur des fraudeurs fiscaux en sachant la vérité.

 

La faute gravissime de Hollande est de ne pas avoir pris au sérieux les informations diffusées par Mediapart dès le 4 décembre dernier. Ce journal numérique fondé par l’ancien directeur du Monde Edwy Plenel a démontré dans les affaires Woerth-Bettencourt et Karachi qu’il menait des enquêtes sérieuses.

 

 L’autre faute impardonnable du président est d’avoir accepté cette rocambolesque démarche du ministre des Finances Moscovici auprès du fisc suisse afin de tenter de blanchir Cahuzac. Dans ces cas-là, on saisit la justice pour mener une enquête et non pas les propres services du suspect!

Et sa troisième faute n'est pas la moins lourde. Au choc de l'affaire Cahuzac, il aurait fallu un contre-choc. La démission du gouvernement Ayrault, par exemple. Au lieu de cela, le président Hollande s'est contenté de mesurettes, la plupart déjà prévues de longue date.

 

Mais à l’UMP le paysage est tout aussi nauséeux, avec les magouilles des élections internes, la mise en examen pour «abus de faiblesse» de Nicolas Sarkozy, les attaques indignes subies par le juge d’instruction Gentil «coupable» d’avoir osé poursuivre l’ex-président, sans oublier les autres dossiers dans lesquels le nom de Sarkozy revient souvent.

 

Bien entendu, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon mènent une course effrénée au populisme. Mais est-on certain que leur placard est dépourvu de tout cadavre? Le discrédit jeté sur la classe politique est tel qu’il atteint tout le monde.

 

En fait, ce n’est même pas d’un changement de gouvernement dont la France a besoin mais d’une refonte complète de ses institutions. Ce système de monarchie élective donne un pouvoir exorbitant au président de la République et, par délégation, à ses ministres; un pouvoir quasi-absolu qui peut rendre fou, comme on le voit avec l’affaire Cahuzac. Pour résister à ce vertige élyséen, il faut avoir la stature d’un de Gaulle. On serait bien en peine de dénicher sa réplique à notre époque. Cette construction pyramidale empêche de faire naître une nouvelle relation entre élus et citoyens.

 

 Aujourd’hui, la Ve République est morte, mais elle ne le sait pas encore.

 

Jean-Noël Cuénod

 

ESPACE VIDEO

Voici la décevante intervention télévisée de François Hollande, mercredi 3 avril.


Hollande: "l'"exemplarité des responsables... par lemondefr

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Commentaires

une fois n'est pas coutume, je partage plutôt votre analyse. La constitution de la Vème république a été 'taillée' sur mesure pour un être d'exception mais n'est plus du tout adaptée aux politiciens de cette époque si trouble et troublée. Mais qui aura l'énergie, la vision, l'envie et le pouvoir de persuasion indispensable à cet ouvrage digne d'un titan ?
Plus adaptée aux hommes, pas satisfaisante à l'aune de l'Europe cette constitution montre de plus en plus ses propres limites en révélant cruellement les limites des politiciens nageant dans l'"aurea mediocritas" qui ne mène nul part, en tout cas pas aux solutions dont ce pays a besoin.

Écrit par : uranus2011 | 03/04/2013

Oui, De Gaulle est le dernier à avoir eu une âme de prince, et la République française reste trop taillée sur le modèle du régime des grands princes de l'ancien temps, dans un monde fait de petits bourgeois, il faut décentraliser, créer un système comme en Suisse, faire descendre le pouvoir vers les instances régionales, départementales et communales. On peut toujours se plaindre du féodalisme, mais quand plus personne ne donne l'impression de pouvoir représenter la fonction, on la supprime.

Écrit par : Rémi Mogenet | 03/04/2013

les Français sont tristes écoeurés droite gauche remaniement ou pas nous allons droit dans le mur ................tous pourris ..n ayons pas peur des mots .................un chat est un chat....

Écrit par : dany lemaitre | 03/04/2013

Rémi, en allant ce cacher dans le dos de la résistance puis en fuyant la France à cause d'une bande d'étudiants en pleine crise de libido !

De Gaulle était certainement le général le plus lâche que le monde n'ait jamais connu !!

Écrit par : Corto | 04/04/2013

Ici Pourris:cela n'arrive qu'aux autres les politcards de gauche de droite et d'ailleurs, attention avant de traverser , les voies du Seigneur, un escroc peut en cacher un autre.
La haute caution morale du Judaisme français le Rabbin Bernheim s'est un peu oublié sur le plagiat, coup de soleil , Jean-François Lyotard rien à voir avec la rue genevoise l'avait précédé en philosphie, de plus il semble que le bon Rabbin peine à produire son certificat d'étude, je l'ai signalé à l'autre éminent philosophe de service à la TDG, Maurice Ruben Hayoun ainsi qu'à l'inestimable écrivain russo russe Hélène Richard Favre qui ont boudé ma contribution à la lutte contre les escrocs de tout poil, fussent-ils à la barbe.

Écrit par : briand | 05/04/2013

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