31/03/2013

LE GRAND IMMOBILE

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Ô Eternel écoute mon silence

Parce que tout te nie je crois en toi

Tu es l’évidence que je ne vois pas

Mais qui éclaire mon chemin nocturne

Au bout de la route tu seras là

Et je te découvrirai sous mes traits

 

Grand Immobile tout autour de toi

S’agite se jette se meut s’émeut

S’étripe se triture se torture

Mais il y a cette musique en nous

Ô Eternel écoute mon silence

Jean-Noël Cuénod

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29/03/2013

Pâque, Pâques et la libération des préjugés

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Pâque juive et Pâques chrétiennes coulent de la même source. Toutes deux célèbrent la libération. Libération du joug de l’esclavage par l’Eternel. Libération du joug de la mort par la Résurrection (illustration: "La Crucifixion Blanche" de Chagall). Libération des préjugés par la réflexion. Eux aussi nous pourrissent la vie et nous obscurcissent la vue. Eux aussi nous enferment dans le prêt-à-penser, cette prison de l’esprit humain. Libération enfin de la Parole divine, trop souvent prise en otages pour des motifs de passions politiciennes, tirées de ci, de là, à gauche, à droite, à hue, à dia. Et à diable.

L’exemple donné par les adversaires du mariage gay est particulièrement illustratif de cette instrumentalisation de Dieu, fomentée non seulement par des politiciens mais aussi par des prêtres. Ni les partisans du «mariage pour tous» ni ses opposants ne trouveront dans les Evangiles un programme idéologique à leurs convenances. Nul ne saurait s’arroger le droit de faire parler Dieu ou Son Fils en faveur ou en défaveur d’un pacte d’union homosexuelle.

 

A l’époque où les Ecrits Saints ont été rédigés, l’homosexualité était, certes, strictement interdite. Mais aucun juif, aucun chrétien ne revendique aujourd’hui la mise à mort des homosexuels, comme le prescrit le Lévitique (chapitre XX, verset 13) qui n’évoque d’ailleurs que l’homosexualité masculine. Et lorsque Paul dans sa première épître aux Corinthiens (VI, 10) les bannit de l’héritage du Royaume de Dieu, ce n’est pas l’Eternel qui parle mais un homme mortel qui s’adresse à d’autres hommes mortels de son temps, avec les images, les mots et les mœurs de son temps. Si on ne remet pas les Ecritures dans leur contexte, on les condamne à devenir lettres mortes. Dieu a créé la vie, donc le mouvement. Le pasteur français Louis Pernot, que l’on peut lire avec fruit sur le site «Evangile et Liberté», a fort bien mis en lumière la nature profonde de la Bible:

«Ce n’est pas un livre qui essaie de nous expliquer gentiment ce que nous devons être, faire et croire, c’est un livre qui véhicule toute la profondeur de l’expérience humaine. Lorsqu’on le lit, on est plongé dans un livre qui vit».

Dans ce mouvement de la vie, les Ecritures nous signalent cet axe qui demeure fixe, l’Amour. Et cela seul importe, comme l’évoque l’Evangile de Marc (XII, 29 et suivants). Le premier commandement est d’aimer «le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force» et le second, d’aimer «ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas d’autre commandement plus grand que ceux-là». Tout est dit. Le reste n’est que propagande.

 

Jean-Noël Cuénod

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28/03/2013

François Hollande sur France 2: une bonne prestation qui vient trop tard

 

Malgré son débit vocal beaucoup plus précipité que d’habitude, le président François Hollande a allongé d’une demi-heure son intervention télévisée, face au téléjournaliste de France 2 David Pujadas, jeudi soir. Pourtant, aucune mesure spectaculaire n’a été annoncée. La plus symbolique: lorsque la rémunération des chefs d’entreprise dépassera un million d’euros, leurs entreprises devront verser à l’Etat une taxe de 75% sur ce montant. Comme un chat, le président français retombe sur ses pattes. Ce taux de 75% avait été refusé par le Conseil constitutionnel dans le contexte de l’impôt sur le revenu payé par les ménages; il était alors considéré comme confiscatoire. Mais dans ce nouvel habillage, il devrait passer la rampe puisque cette taxe ne sera pas acquittée par les ménages mais par les sociétés ou les entreprises. En l’occurrence, Hollande démontre qu’il sait faire preuve de ténacité. Et qu’il sait aussi analyser le résultat de certaine initiative populaire en Suisse.

 

Autre élément intéressant, mais par omission: le chef de l’Etat n’a pas mentionné le nom de son premier ministre Jean-Marc Ayrault, ce qui est rare lors d’une intervention présidentielle. Cela marque sans doute, un certain désaveu devant ce chef du gouvernement qui tient si mal ses ministres, prodigues en couacs. D’ailleurs, ils ont été dûment avertis par un François Hollande souriant mais agacé : la prochaine bévue ministérielle sera punie par une éviction séance tenante.

 

Excellent sur la guerre du Mali, le président s’est montré moins convaincant sur le plan économique. Or, il l’a maintes fois répété, ce n’est qu’à l’aune de l’emploi qu’il sera jugé à la fin de son mandat. Il a présenté les principales mesures – contrat d’emplois  pour les jeunes, pacte de compétitivité, aides diverses à la formation – prises il y a plusieurs mois en affirmant: «La boîte à outils est là. Aux entreprises de s’en servir». Or, les Français n’attendent pas de leur président qu’il détaille l’un après l’autre les outils sortis de leur boîte. Ils veulent connaître le plan général de la maison à bâtir. François Hollande n’a pas comblé cette lacune qui est la sienne depuis le début de sa présidence et se résume ainsi: absence de vision globale des mesures à prendre pour relancer la machine industrielle française.

 

Telle qu’il l’a donnée au téléspectateur jeudi, cette intervention aurait été parfaite il y a dix mois, lorsque François Hollande commençait son mandat. Aujourd’hui, elle risque fort de tomber à plat.

 

Jean-Noël Cuénod

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L'extrait de l'intervention concernant la taxe de 75% sur les rémunérations des grands patrons, dès un million d'euros.


Hollande veut mettre l'entreprise à... par LeNouvelObservateur

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François Hollande, le mauvais non-choix entre chômage et déficit


Président de la France… Quel rude métier! Sitôt le pouvoir atteint, l’impopularité vous assomme au coin d’un sondage. Ce jeudi soir devant les caméras de France 2 (20 h. 15), François Hollande devra se surpasser pour tenter de convaincre ses administrés, plus moroses que jamais, de l’existence d’une lumière au bout de cet interminable tunnel qu’ils traversent depuis plusieurs années. Le président n’a certes pas été servi par ses prédécesseurs, de droite comme de gauche, qui ont laissé filer le déficit public. Celui-ci atteint désormais des sommets himalayens.

 

Mais il est impossible de courir deux lièvres marathoniens en même temps. En bonne politique, on réduit le déficit de l’Etat lorsque l’économie est au beau fixe et on investit l’argent public dans des programmes de relance lorsque le chômage sévit. En choisissant de ne pas choisir, en luttant sur deux fronts à la fois — réduire le déficit en même temps que le chômage — le président français s’est mis dans une situation impossible.

 

Au sein même de son Parti socialiste, des voix s’élèvent pour qu’il donne enfin la priorité à la seule lutte pour l’emploi, quitte à réserver la réduction du déficit à des temps meilleurs. C’est le chômage qui fait souffrir la population et divise la société. Mais avant de lancer un vaste programme de relance, la France doit d’abord convaincre l’Union européenne et, surtout, l’Allemagne de l’ardente nécessité de faire une pause dans les politiques d’austérité. Quitte à ce que François Hollande use de cette attitude qui le répugne: taper du poing sur la table.

 

 

Jean-Noël Cuénod

 

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Parmi les voix qui s'élèvent au sein du Parti socialiste français pour que François Hollande abandonne l'austérité, celle du député du XIVe arrondissement de Paris Pascal Cherki perce les oreilles élyséennes

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27/03/2013

TOUCHE PAS A MES JULIES!!!

Le Plouc faisait part lors de son précédent blogue de sa solidarité avec ses collègues de la Tribune de Genève, 24 Heures, Le Matin et 20 Minutes et évoquait ce slogan "touche pas à ma Julie". En fait, il faudrait plutôt écrire TOUCHE PAS A MES JULIES. Rappelons que le sobriquet de "Julie" était traditionnellement réservé à la Tribune de Genève et la Feuillle d'Avis de Lausanne - qui ne s'appelait pas encore 24 Heures - lorsque ces deux quotidiens paraissaient le soir. Etendons-le à l'ensemble de nos chers canards lémaniques.

Et voici le dessin de Burki, de 24 Heures

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Et voici le texte du tract distribué à Lausanne. Lors du précédent "Plouc" , nous avions publié celui diffusé à Genève.

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19:46 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

TOUCHE PAS A MA JULIE!

Le Plouc est totalement solidaire de ses camarades de la Tribune de Genève, de 24 Heures, du Matin et de 20 Minutes. Amis lecteurs, ce combat est aussi le vôtre. Alors, TOUCHE PAS A MA JULIE! 

 

STOPPONS LES FOSSOYEURS DE LA PRESSE ROMANDE!

 

Le groupe de presse alémanique Tamedia, propriétaire entre autres de la Tribune de Genève, du Matin, de 20 Minutes et de 24 Heures, veut économiser 34 millions en trois ans, dont 17,8 millions rien qu'en Suisse romande.

 

De plus, un rendement de 15% en moyenne est demandé à ces journaux, ce qui semble parfaitement illusoire dans le contexte économique difficile que nous connaissons actuellement. Malgré les dénégations des dirigeants du groupe, il sera impossible d'atteindre ces objectifs sans sabrer lourdement dans les emplois. Certains cadres l'ont d'ailleurs confirmé dans les médias.

 

Même en trouvant de nouvelles et hypothétiques recettes, il faudra supprimer des dizaines de postes dans les journaux, dont le contenu et la qualité baisseront en conséquence. Vu l'ampleur des économies exigées, certains titres pourraient même purement et simplement disparaître! Le coup sera fatal pour la diversité de la presse en Suisse romande, ainsi que pour sa qualité.

 

De telles exigences sont absolument inacceptables! Surtout de la part d'un groupe qui, malgré le contexte économique, arrive encore à dégager 152 millions de bénéfice net en 2012, année dernièrement qualifiée de "bon cru" par le président du conseil d'administration Pietro Supino. Cela lui a permis de redistribuer 47 millions à ses actionnaires, ce qui n'a visiblement pas suffi à calmer leur appétit. Tamedia est d'ailleurs en suffisamment bonne santé pour se permettre de racheter un journal au Danemark.

 

Devons-nous accepter qu'un des deux plus grands groupes de presse du pays sacrifie des emplois en Suisse pour investir à l'étranger? Non!

 

Les employés du secteur de la presse ont déjà fait assez d'efforts ces dernières années, qui ont été marquées par les restructurations, vague de licenciements, baisses de prestations et mesures d’économie en tout genre. Cerise sur le gâteau, en décembre, nous apprenions que la convention collective de travail (CCT) des journalistes romands était résiliée par les éditeurs, qui veulent revoir les salaires à la baisse. Les journalistes suisses alémaniques et tessinois, ainsi que les imprimeurs, sont d’ailleurs déjà privés de CCT.

 

Cela suffit! Nous appelons les citoyens, les lecteurs, les politiques à se mobiliser pour défendre la diversité et la qualité de l'information, essentielles pour la démocratie et le débat d'idées.

 

La Société des rédacteurs et du personnel de la Tribune de Genève

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25/03/2013

Marine Le Pen et l'UMP: la tentation du baiser de la mort

La victoire obtenue de justesse - à 768 voix près - dans l’Oise par l’UMP contre le Front national repose la question d’une éventuelle alliance en France entre la droite et l’extrême droite, à l’occasion des élections municipales de 2014.

 

Même si les dirigeants des deux partis refusent pour l’instant cette perspective, leurs électeurs la souhaitent, comme le confirme un sondage CSA publié, hier, par le site d’information Atlantico (lire le lien ici). 51% des sympathisants de l’UMP et 66% de ceux du Front national se déclarent favorables à un accord électoral entre les deux formations.

 

Poussés par leurs propres électeurs, les futurs candidats UMP aux municipales de l’an prochain risquent de céder à la tentation d’une alliance avec les frontistes, en constatant la perte de vitesse de leur parti.

 

 Ressortiraient-ils requinqués de ce tango avec l’extrême droite? Rien n’est moins sûr. Alors que Marine Le Pen est parvenue à créer l’unité autour d’elle et à mettre sur la touche son principal adversaire interne Bruno Gollnisch, l’UMP apparaît plus divisée que jamais entre les partisans de Jean-François Copé, ceux de François Fillon, sans compter les seconds couteaux prêts à se tailler une place au premier rang. Sur le plan idéologique, le Front national a pris le dessus, puisque l’UMP est tellement à court d’idées qu’il en est réduit à singer celles du FN.

 

Dès lors, pour le parti de la droite classique, un tel accord se transformerait en baiser de la mort. Lorsqu’une formation politique en déclin s’associe à un mouvement en pleine dynamique d’ascension, c’est toujours ce dernier qui avale l’allié en position de régression.

 

 La voie est donc étroite pour l’UMP. Elle ne passe pas par une alliance mortifère mais par l’élaboration d’une nouvelle idéologie libérale et démocratique.

 

Jean-Noël Cuénod

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Marine Le Pen évoque le Front national comme "centre de gravité de la vie politique française"

19:09 | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : front national | |  Facebook | | |

24/03/2013

En France, la tristesse devient très tendance

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Les médias n’ont d’yeux que pour Gérard Depardieu (dessin d'Acé). Lâche-t-il d’une voix pâteuse que la France est triste, que les gens en ont marre, mon bon Monsieur, et que tout ça, c’est la faute au gouvernement? Micros et caméras accourent aussitôt pour se prosterner devant ce prophète déprimé et déprimant.

 

Il faut vraiment que la France soit triste pour que Depardieu préfère à sa superbe maison au cœur de Paris, l’ancienne douane belge de Néchin qui donnerait des envies de suicide au plus joyeux des labradors et la riante Mordovie, capitale des goulags ex-soviétiques et néo-russes.

 

Alors, tristes les Français? Septante-six pour cent des lecteurs du quotidien Le Progrès partagent cette opinion. Les habitants de l’Hexagone le seraient-ils davantage que ceux de la Péninsule qui, désormais, célèbrent plus le «Vaffanculo-Day» que le Carnaval? Jean Cocteau disait des Français qu’ils sont des Italiens de tempérament maussade. Aujourd’hui, les deux sœurs latines sont d’aussi mauvais poil l’une que l’autre. Et ne parlons pas des Espagnols, des Portugais, des Grecs, des Chypriotes, d’humeur carrément massacrante.

 

Le moral se porte donc au ras des chaussettes, selon la dernière mode en France mais aussi dans l’Europe du Sud. Et il n’est pas certain que le Nord reste épargné. Il n’est rien de plus contagieux qu’une dépression. La tristesse se dessine sur un fond européen. Depardieu, tout à sa Sarkolâtrie, l’attribue à sa tête de Turc Hollande. Mais le mal est bien plus profond. Ce n’est pas la crise qui en est la cause. Une crise, ce n’est qu’un sale moment à passer comme chez le dentiste. Ce qui déprime, c’est l’installation d’une permanente précarité et la certitude que notre continent sera rejeté vers la banlieue du monde.

 

Sur cette partition commune, chaque nation décline la tristesse qui lui est propre. En France, elle dirige ses larmes vers l’Etat devenu impuissant. Car rien n’est plus déstabilisant pour les citoyens de ce pays qu’un Pouvoir qui ne peut plus montrer ses muscles. Or, l’Etat n’a plus la taille suffisante pour endiguer le tsunami de la mondialisation. Les Français commencent à s’en rendre compte et regardent tout naturellement vers l’Union européenne. Ils n’y voient qu’usines à gaz et eurocrates assoupis. L’horizon paraît aussi aride que le crâne de Monsieur Van Rompuy et aussi atone que le regard de la baronne Ashton, deux des principaux dirigeants — on ne rit pas! — de l’Union.

 

Comme la notion d’engagement social et politique a été détruite par l’individualisation due aux nouvelles méthodes de travail et aux technologies de la communication, cette tristesse ne peut même pas se muer en colère. Dans son jus, elle marine et profite à… Marine Le Pen. Pour sortir de cette impasse morose, il faudrait que naisse une véritable conscience collective des Européens. Sans elle, il sera impossible de faire bouger les lignes molles de Bruxelles.

 

 

Jean-Noël Cuénod

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22/03/2013

Sarkozy, Cahuzac et les voyages Paris-Genève

«Le poisson pourrit toujours par la tête». Si cet adage de Mao Tsé Toung dit vrai, alors la France a de légitimes raisons de s’inquiéter sur son état de santé. Durant la même semaine, deux scandales judiciaires ébranlent ses deux principaux partis de gouvernement. Le socialiste Jérôme Cahuzac doit démissionner de son poste de ministre du Budget, après l’ouverture d’une information pénale le concernant. Et l’ancien président Nicolas Sarkozy est mis en examen pour abus de faiblesse dans l’affaire Bettencourt, au moment même où il est en train d’orchestrer son retour sur la scène politique.

 

Bien sûr, la présomption d’innocence s’applique à ces deux politiciens, comme nous le serinent les communicants de chaque bord. Mais tout de même, comment ne pas voir le point commun de ces deux dossiers, à savoir les noces diaboliques du fric et de la politique? Quelles que soient les issues judiciaires de ces procédures, c’est ce que retiendront les citoyens français. Et Marine Le Pen ne se fait pas faute de le leur rappeler tous les jours.

 

La politique de l’Hexagone se révèle particulièrement onéreuse car elle se caractérise par l’extrême personnalisation de ses joutes électorales. Ce phénomène est encore renforcé par le scrutin majoritaire qui prévaut outre-Jura. Il faut donc déployer une débauche d’énergie communicante pour parvenir à se faire entendre dans cette foire aux ego. Et cela requiert force appuis financiers. D’où la tentation de recourir à des moyens que le fisc et la justice tolèrent de moins en moins.

 

Autre point commun à ces deux affaires, la lancinante présence des banques genevoises. Comme d’habitude, allez-vous me dire. Certes, mais il est de mauvaises habitudes que la place financière genevoise ferait bien de perdre. Car son image — mais aussi celle de notre canton — ressort chaque fois défigurée de ces grands déballages politico-financiers.

 

Jean-Noël Cuénod

(Editorial pour la Tribune de Genève)

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Sur les ondes de RMC, le député-maire UMP Patrick Balkany, ami très proche de Nicolas Sarkozy, s'est lâché. Voici le son...


Patrick Balkany : "Je vous emmerde" dans... par rmc

 

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20/03/2013

La justice française se prend les pieds dans le voile islamique.

Le Plouc a traîné ses bottes, mardi, dans l’imposante chambre sociale de la Cour de cassation de Paris. Il en est ressorti tout perplexe car les hauts juges ont rendu deux décisions contradictoires concernant le port du voile islamique sur les lieux de travail. Dès lors, l’application quotidienne des principes de la laïcité va s’en trouver perturbée. Examinons d’abord les faits.

 

La première affaire a été très suivie par les médias français. Elle met en scène une crèche appartenant à une association privée sans but lucratif, Baby-Loup, située à Chanteloup-les-Vignes dans une cité déshéritée de la banlieue parisienne. Ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, elle reçoit les enfants de toutes origines et religions. Une directrice-adjointe de cette crèche - qui assurait aussi la charge d’éducatrice auprès des petits enfants - a été licenciée le 19 décembre 2008 pour faute grave: elle avait refusé d’enlever son voile islamique durant son travail, entrant ainsi en contradiction avec le règlement intérieur de Baby-Loup. S’estimant victime d’une discrimination, l’éducatrice avait contesté, en vain, ce licenciement aux Prud’hommes, puis en Cour d’appel. Dans une ultime tentative, l’éducatrice musulmane a saisi la Cour de cassation qui lui a donc finalement donné gain de cause.

 

Deux principes sont à prendre en considération.

 D’une part, l’article 1er de la Constitution française qui proclame la laïcité comme faisant partie des principes fondateurs de la République. Il en découle que tous les agents de l’Etat doivent s’y conformer et ne pas arborer des signes religieux sur les lieux de leurs fonctions.

D’autre part, les articles du Code français du Travail, inspirés par une directive de l’Union européenne, qui interdit les discriminations fondées sur la religion dans le contexte des activités professionnelles.

 

Dans le cas de Baby-Loup, les magistrats de la Cour de cassation ont donc fait pencher la balance vers le second terme de l’alternative. Même s’il s’agit d’une association sans but lucratif, même si elle reçoit des subventions de l’Etat, même si elle remplit une mission d’intérêt général, la crèche Baby-Loup n’est pas un organe de l’Etat ou d’une collectivité territoriale. Elle ne peut pas, non plus, être assimilée à une entité privée qui gère un service public. Dès lors, empêcher l’éducatrice de porter le voile islamique sur son lieu de travail ressortit à une discrimination.

 

Par conséquent, la Cour de cassation annule le licenciement de l’éducatrice. Mais l’affaire n’est pas close pour autant, les hauts magistrats ayant renvoyé le dossier à la Cour d’appel de Paris pour nouvelle décision qui devra, néanmoins, suivre les considérants (explications) de la Cassation.

 

L’ancienne secrétaire d’Etat à la jeunesse UMP Jeannette Bougrab, qui soutient les responsables de Baby-Loup qui avaient ordonné le licenciement, s’insurge contre cet arrêt: «C’est un échec pour la République.»

 

Dans un autre dossier ayant trait à la même problématique, la Cour de cassation a pris une décision diamétralement opposée. En l’occurrence, elle concerne une employée de la Caisse primaire d’assurance-maladie du département de la Seine-Saint-Denis qui jouxte Paris. Elle avait été licenciée pour avoir refusé d’enlever son bonnet-foulard marquant son appartenance à l’islam. Mais dans ce cas, la Cassation a confirmé ce licenciement.

 Pourquoi cette radicale différence de traitement?

 La Caisse primaire d’assurance-maladie, en France, n’est pas directement liée à l’Etat. Cette branche est gérée par un organisme paritaire associant organisations patronales et syndicales. Mais à la différence de la crèche Baby-Loup, les magistrats de la Cassation estiment que la Caisse primaire d’assurance-maladie, même si elle n’appartient pas à l’Etat, assure une mission de service public. Pour la première fois, la plus haute juridiction française juge donc que «les principes de neutralité et de laïcité du service public sont applicables à l’ensemble des services publics, y compris lorsque ceux-ci sont assurés par des organismes de droit privé».

 

En d’autres termes, la crèche Baby-Loup est un organisme privé qui sert l’intérêt général mais qui ne peut pas être assimilé à un service public. Donc, la laïcité ne s’y applique pas. La Caisse primaire d’assurance-maladie est aussi un organisme privé mais qui accomplit, à la place de l’Etat, une mission de service public. Donc, la laïcité s’y applique. C’est ce «à la place de l’Etat» qui, sans doute, fait toute la différence. Mais cette nuance, si elle doit réjouir le juriste, laissera pantois le citoyen qui risque fort de ne pas savoir à quel saint se vouer en matière de laïcité.

 

Le plouc pond son commentaire

 

Le communautarisme continue d’exercer ses ravages en France et ailleurs. La religion devrait être le truchement – qui revêt forcément des formes différentes d’une culture à l’autre - entre les humains et le Créateur, quel que soit son nom. Mais elle remplit aussi une autre fonction qui n’a rien à voir avec Dieu mais tout à voir avec les hommes, celle de marqueur identitaire. Il s’agit moins de s’adresser à Dieu que d’affirmer son appartenance à un groupe humain particulier. Lorsque les tensions sociales sont de moindre intensité, ces marqueurs identitaires se fondent dans l’indifférence. Mais lorsqu’elles s’exacerbent, ils deviennent des signes de ralliement. De ralliement contre l’autre, forcément ennemi.

Lorsqu’il ne vivait qu’en Suisse, chaussant ses lunettes de protestant libéral, Le Plouc avait critiqué la volonté du gouvernement français de réglementer le port du voile islamique avec cet argument: en quoi l’Etat serait-il compétent pour légiférer sur des pièces d’habillement?

Après cinq ans de présence à Paris, Le Plouc a changé de lunettes. Les tensions sociales prennent une telle ampleur en France que les communautés culturelles et cultuelles entrent souvent en conflit. De nombreux jeunes musulmans se déclarent ouvertement antisémites; des prêcheurs salafistes sèment la haine contre tout ce qui ne relève pas de l’islamisme le plus intégriste et vouent aux flammes de l’enfer leurs coreligionnaires qui ne suivraient pas cette voie criminelle; l’islamophobie gagne chaque jour du terrain dans les autres communautés et chacune d’entre elles se replie sur elle-même; chaque fait-divers devient un prétexte à discriminations réciproques.

Dans ces conditions, l’Etat républicain est obligé d’intervenir pour défendre l’espace laïque qui diminue comme peau de chagrin.

Dans ce contexte, les jugements contradictoires pris mardi par la Cour de cassation concernant le port du voile au travail sont particulièrement mal venus. Il aurait été souhaitable que les hauts juges plaçassent la laïcité, principe fondateur de la République française, avant la liberté religieuse en édictant une interdiction générale de porter des signes distinctifs confessionnels sur les lieux de travail non-religieux ouverts au public. Un coup d’arrêt à cette bataille des marqueurs identitaires aurait été ainsi donné.

Défendre la paix entre tous les citoyens, au-delà des choix religieux ou philosophiques, devient une ardente nécessité qui est de nature supérieure à l’affichage provocateur des signes communautaires.

 

Jean-Noël Cuénod

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Il n'est pas - encore - interdit de rire un brin.

 

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19/03/2013

Jérôme Cahuzac démissionne et François Hollande descend aux enfers

Trois heures après l’ouverture, mardi après-midi, d’une information pénale concernant son ministre du Budget, François Hollande a tranché: il s’en sépare. Après l’intervention militaire au Mali, le président français avait déjà montré sa détermination. Désormais, il sera malaisé de lui reprocher son manque de décision.

 

 C’est bien là le seul élément positif que le chef de l’Etat peut retirer de cette journée. Elle a marqué une étape supplémentaire dans sa descente aux enfers, au moment où il est en train de battre tous les records d’impopularité. Certes, Jérôme Cahuzac est présumé innocent. Mais le simple fait qu’il soit accusé d’avoir fraudé le fisc alors qu’il en était, jusqu’à mardi soir, le zélé gardien, noircit encore plus l’image de ce gouvernement. Sa crédibilité est ainsi entamée au moment même où les contribuables français doivent passer à la caisse.

 

Le journal numérique Médiapart et son fondateur Edwy Plenel sortent grands vainqueurs de cette folle soirée. Ils ont révélé plusieurs affaires durant la présidence Sarkozy et avaient déjà fait mordre la poussière à un autre ministre du Budget, l’UMP Eric Woerth. Aujourd’hui, c’est le tour de son homologue socialiste.

Accusés d’avoir roulé pour la gauche lorsque la droite était au pouvoir, Plenel et Médiapart viennent de prouver qu’ils ne portaient aucune casquette de chauffeur de maître.

 

Jean-Noël Cuénod

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16/03/2013

Sauvez la date: samedi 23 mars, Le Plouc lit sa nouvelle à Paris

Amis Parisiens du Plouc et amis de passage dans la capitale hexagonale, ledit Plouc va dire samedi 23 mars une nouvelle qu'il a écrite dans le contexte d'un ouvrage collectif organisé par Alain Miquel. Alors, venez lui tenir compagnie. Vous avez tous les renseignements possibles et même imaginables ci-dessous.

La Librairie du Théâtre du Rond-Point

& les éditions Voix d’encre

vous invitent à une rencontre

avec les auteurs et les illustrateurs de

la maison nous habite

publié aux éditions Voix d’encre

Le samedi 23 mars 2013 à partir de 17 heures 30

Lectures à 17h45 précises

Librairie du Théâtre du Rond-Point

2 bis avenue Franklin D. Roosevelt

75008 Paris

(métro : Franklin Roosevelt lignes 1 et 9

ou Champs-Elysées Clemenceau ligne 13)

Tél : 01 44 95 98 22

rondpointdeslivres@wanadoo.fr

Textes de Pierre Jourde, Jacques Serena,

Jean-Noël Cuénod, Lorette Nobécourt,

Liliane Ravera, Vincent Wackenheim,

Jean-Claude Lalumière, Marie Nicollas,

Geneviève Metge, Pascale Mérode,

Anne-Laure Chanel, Jean-Yves Simon,

Jacques Alvarez-Péreyre, Maïca Sanconie,

Alain Miquel, Florence Issac,

Gérard Gantet, Claude Parent

 

Illustrés par Kristian Desailly, Claude Yvetot,

Philippe Soulas, Christophe Brunnquell,

Elisabeth Walcker, Jörg Hermle,

Denis Pouppeville, Nathalie Le Haret,

Tudor Banus, Joanna Flatau,

Nicolas Canu, Daphné Geisler,

Bernard Thomas-Roudeix, Xavier Bureau,

Daniel Ponsard, Eduardo Zamora,

Béatrice Bröder, Daniel Livartowski

Mise en lecture par Alain Miquel

Lectures par des auteurs et la comédienne

Caroline Breton

Intermèdes musicaux

Claude Alvarez-Péreyre à la guitare

Béatrice

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14/03/2013

Le pape François… un drôle de paroissien et une mauvaise photo

pape,Bergoglio,Videla,Argentine,dicatatureA peine a-t-il été élu que le pape François doit affronter les faces sombres de son passé, mises en lumière, si l’on ose dire par les réseaux sociaux et quelques médias. La photo ci-contre le montre – alors qu’il s’appelle encore Mgr Jorge Mario Bergoglio - en train de donner la communion au sanguinaire dictateur argentin, Jorge Videla, qui avoue avoir ordonné la mort « de 7 000 à 8 000 » opposants politiques durant son règne entre 1976 et 1983. Voilà ce qu'écrivait Le Plouc ce matin.

Eh  bien non! Mea culpa, mea maxima culpa le prêtre qui donne l'hostie n'est pas Jorge Mario Bergoglio mais un autre prêtre argentin, contrairement à ce que nombre de médias ont diffusé. Le Plouc s'est fait avoir et présente ses excuses les plus plates à ses lecteurs. Le Plouc prouve qu'il en est un, de plouc. Toutefois, cela ne change pas le reste du texte.

 

Pendant cette période, le silence de l’archevêque de Buenos-Aires Bergoglio fut assourdissant. La dictature tombée, il a préféré réserver ses critiques acerbes aux présidents argentins démocratiquement élus et aux gays (« l’homosexualité est un démon infiltré dans les âmes » a-t-il déclaré en 2010). C’est nettement moins risqué.

  Voilà donc l’Eglise romaine encheffée d’un drôle de paroissien.

 Pour l’instant, la plupart des médias s’extasient parce que ce pape se déplaçait en métro dans la capitale argentine, par humilité. Pendant ces derniers jours de conclave au Vatican, ce n’est certes pas l’humilité qui a prévalu. La foire aux vanités cléricales y avait installé ses tréteaux. Débauche de dentelles cardinalices, de vestitures chamarrées, de fastes déroulés par la sainte Église cathodique. Une cure de simplicité chrétienne s'impose. Là vit la vraie Parole, dans les Evangiles, pas dans les twitts papaux.

  

Mathieu XVIII .1-5

 En cette heure-là les disciples vinrent à Jésus, disant : Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux ? Et Jésus, ayant appelé auprès de lui un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, et dit : En vérité, je vous dis : si vous ne vous convertissez et ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. Quiconque donc s’abaissera comme ce petit enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des cieux ; et quiconque reçoit un seul petit enfant tel que celui-ci en mon nom, me reçoit.

  

Luc XIV.8-10

Lorsque tu seras invité par quelqu'un à des noces, ne te mets pas à la première place ... Mais, lorsque tu seras invité, va te mettre à la dernière place ... »

  Philippiens II.3


Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire, mais que l'humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes.

 

Romains XII.6

N'aspirez pas à ce qui est élevé, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble.

 

 Jean-Noël Cuénod

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13/03/2013

Déplaçons l’Académie française à Dakar!

 

A Paris, le franglais a désormais acquis son droit de cité, à défaut de recevoir ses lettres de noblesse. Métro, bistrots, salles de rédaction bruissent de ces termes anglo-mollassons tels que l’omniprésent «cool», le flasque «just (prononcez: «djeuste») pour le fun», le sciant «you see?» le tendance «brainstormer», l’ambigu «le pipe» (prononcez: «païpe»; il se rapporte à un projet dans le «païpe-laïne»), l’agaçant «surbooké», l’angoissant «outplacement» (reclassement professionnel), le couple festif «after work» et «happy-hour» (il s’agit des «drinks» proposés à bon marché par les bars à certaines heures lorsque les cadres mal rasés s’imbibent après le travail). Et la ville de Toulouse a choisi pour slogan « So Toulouse » (« to loose » ?)

 

Lorsque la ministre Christine Lagarde régnait sur Bercy, le signataire de ses lignes recevait des communiqués en anglais. Les banques françaises continuent d’en faire de même. Dans les deux cas, le but serait de satisfaire les correspondants étrangers. Merci, pour les journalistes africains, québécois, belges, suisses et autres francophones! Un grognon réclame-t-il des Français qu’ils parlent français? Le voilà aussitôt rangé au rayon «ringards», pardon, «has been».

 

Que fait la gardienne de la langue, l’Académie française? Elle roupille dans ses habits verts, au lieu de monter au créneau et de proposer des mots nouveaux pour franciser les termes issus des nouvelles technologies. Les Québécois, eux au moins, ont pris des mesures énergiques en imposant le français sur leur territoire, ce qui a permis à une île francophone de subsister dans un océan anglo-saxon.

 

Délocalisons donc l’Académie à Québec ou, mieux, à Dakar ou dans une autre grande capitale de l’Afrique francophone puisque l’avenir de notre culture se joue dans ces métropoles émergentes. On y parle un français vivant, chatoyant, vibrant et qui se révèle d’une bien plus grande richesse que le lamentable sabir des Parisiens du XXIe siècle. Les Africains savent adapter la langue aux usages actuels en choisissant des formules à la fois efficaces, drôles et poétiques. Ainsi, un «digaule» désigne-t-il un homme de grande taille, en référence au général de Gaulle. Le «smartphone» est appelé «le circulaire» (on peut circuler partout grâce à lui), une «station-service» devient une «essencerie», les «tongs» sont des «sans-confiance» ou des «en-attendant» (en attendant d’acheter de véritables chaussures). Et un Africain ne soigne pas son «look», il «fait la beauté».

 

Contrairement au français des Africains, le franglais n’a rien d’inventif, il n’est qu’une copie servile de l’idiome dominant. Pour s’enrichir, le français doit certes se frotter à d’autres langues, mais tout en restant lui-même. Amis du Québec et de l’Afrique, sauvez notre langue!

 

Jean-Noël Cuénod

 

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Premier président du Sénégal, le poète Léopold Sedar Senghor a siégé à l’Académie française.


Léopold Sedar Senghor lit deux Poèmes par mouche45

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11/03/2013

Vasella, Depardieu et les Intouchables d’en haut

 

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En Inde, les Intouchables forment un groupe humain placé tellement bas dans l’échelle sociale-religieuse de ce sous-continent, qu’il se situe hors du système des castes. En d’autres termes, ils n’ont même pas accès à ladite échelle. Les tâches les plus rebutantes et les emplois les plus mal rémunérés leur sont le plus souvent réservés.

 

A son tour, la société mondialisée produit ses Intouchables, membres de la caste hors-caste, voire hors-sol. Eux aussi, ne figurent pas sur l’échelle sociale. Mais ce n’est pas en raison de leur situation inférieure. Au contraire, ils sont désormais parvenus au sommet de cette échelle et l’ont quittée, n’ayant plus besoin d’elle. Ce sont les Intouchables d’en haut.

 

Parvenus par leur extrême richesse ou leur statut médiatique à s’extirper du pays qui les a formés, ils secouent sur lui la poussière d’or de leurs sandales Kenzo. Les Intouchables d’en haut n’ont pas la reconnaissance du ventre, même s’ils ont l’abdomen imposant de Gérard Depardieu, ancien acteur devenu guignol au Poutine’s Circus.

 

La Suisse en reçoit de régulières livraisons. Les joueurs de tennis français, par exemple ou hommes d’affaires d’origines indéterminées. Mais des Intouchables ex-helvètes, comme Daniel Vasella, quittent également la Confédération lorsque le cadre national ne se plie plus à leur volonté. Vasella offre d’ailleurs la caricature d’un nomade de la cupidité. Installé à Bâle, il déménage à Zoug pour cause de fiscalité plus sympathique. Après le succès de l’initiative Minder contre les parachutes dorés, il délaisse Zoug pour les Etats-Unis.

 

Les Intouchable d’en haut ont inventé l’«acitoyenneté». Ils ne se sentent plus liés à ce tissu formé de mille choses disparates que l’on nomme un pays: odeur des rues, courbes des paysages, cris d’enfants dans les préaux, campagnes électorales, destin collectif, souvenirs d’armée, passions sportives. Et sont les seuls contemporains à épouser pleinement la cause de la société mondialisée. Elle est faite pour eux.

 

 Par eux? Pas tout à fait. Car, la mondialisation ne serait rien sans les richesses que chaque pays produit. Et ces producteurs de richesse, dans leur écrasante majorité, ne peuvent s’extraire du cadre national, faute de moyens financiers le plus souvent, mais aussi faute d’envie, parfois. Car est-elle vraiment désirable, l’existence d’un humain qui n’a d’autre horizon que celui de sa cupidité? Un jour ou l’autre, il sentira la vacuité de son être. L’ennui le guettera comme au coin d’une palmeraie. L’Intouchable d’en haut pourra toujours sauter de piscine en paradis fiscal, de mannequin en actrice, il sonnera toujours aussi creux.

 

Les Intouchables d’en bas sont de pauvres gens. Les Intouchables d’en haut sont de pauvres types.

 

 

Jean-Noël Cuénod

 

 

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09/03/2013

EXODE

chevaux.jpgphoto Océane1989

Altière haleine alezane

Cuir de ciel et d’herbe

Sabots aux langues de flammes

Prairies au ventre de tambour

Vers quel horizon ce galop

De la folie multitude ?

 

Expulsé de la matrice

De l’Androgyne premier

Le troupeau va glorifier

Le nombre et fêter la horde

Il cavalcade et se répand

A en noircir monts et plaines

Aveugle destin conquérant

Je perçois dans ma poitrine

Le souffle animal des vainqueurs

 

Sans ordre donné le troupeau

S’éloigne de toutes sources

Croyant atteindre l’avenir

Il rejoindra l’origine

 

Jean-Noël Cuénod

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06/03/2013

Hollande, Sarkozy et les autres : pourquoi disent-ils n’importe quoi?

 

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Les Français vus par leurs dirigeants

Pourquoi les dirigeants de la France, de droite comme de gauche, racontent-ils régulièrement n’importe quoi?

 

Sans remonter aux incantations du sorcier agité Nicolas Sarkozy sur la croissance qui va bondir et le chômage qui va fléchir, l’actualité récente a démontré que François Hollande, tel un chaman replet, récite de semblables mantras, avec le même insuccès.

 

Fixant la croissance droit dans les yeux pour l’hypnotiser, Hollande lui intimait l’ordre d’atteindre 0,8%. Elle sera à peine de 0,1% en 2013. Le président ordonnait aux astres d’arrêter le déficit public à 3%. Il atteindra 3,7% à la fin de cette année. Le mage élyséen multipliait les passes magnétiques sur le dos du chômage pour que sa courbe se dirige enfin vers le sol. Avec une croissance quasi nulle, comment, diable, créer des emplois? Mais François Hollande n’en a cure: la courbe du chômage fléchira, je le veux!

 

Bien entendu, personne ne croit à l’efficacité de ces moulins à prière. Mais cela n’empêche nullement président et ministres de poursuivre la pratique de cette pensée magique, avec l’aide complaisante de la machine médiatique. Le résultat se révèle navrant: la parole politique ne vaut plus rien, la méfiance s’installe, la déprime s’étend. La répétition de ces discours démonétisés n’est pas pour rien dans la dépression nerveuse collective qui atteint la France.

 

En disant n’importe quoi, les dirigeants de ce pays veulent sans doute paraître «volontariste», le grand mot à la mode. Ils pensent, à tort, que cet étalage de volonté redonnera un brin de confiance à ceux qui l’ont perdue depuis belle (ou triste) lurette. Ils espèrent aussi gagner du temps jusqu’à ce que la conjoncture se retourne. Mais elle est de mauvaise composition, la conjoncture, et ne se retourne pas au gré des désirs gouvernementaux.

 

L’usage du «n’importe quoi» révèle surtout un mépris d’airain envers le peuple qui serait incapable de supporter qu’on lui dise la vérité.

 

François Hollande n’a pas changé la façon de gouverner la France et se contente de suivre docilement les traces de ses prédécesseurs. Or, les temps sont bouleversés. Les échanges via les réseaux sociaux et le développement des données disponibles sur l’Internet sont en train de modifier en profondeur les relations entre le pouvoir et ses administrés.

 

Les affirmations mensongères ne tiennent pas un jour. Les statistiques trompeuses sont dénoncées aussitôt. Ce qui devait rester secret apparaît au grand jour. On ne peut donc plus gouverner la France comme à l’époque de Mitterrand, Chirac et même Sarkozy.

 

A l’occasion de la guerre du Mali, François Hollande a démontré qu’il savait prendre des décisions lourdes de conséquence. Il serait donc capable d’abandonner la pensée magique pour revenir au réel. Ses concitoyens n’en seront pas plus déprimés. Ils seraient même satisfaits de constater que, pour une fois, leur plus haut responsable ne les prend plus pour des truffes.

 

 

Jean-Noël Cuénod

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04/03/2013

Oskar Freysinger, victoire électorale ou mort politique?

 

Chantre de la nouvelle pensée unique et national-conservateur tendance catogan, Oskar Freysinger sera peut-être élu conseiller d’Etat en Valais. Serait-ce une catastrophe annoncée? Le risque existe mais surtout pour le porteur de queue-de-cheval.

 

La magistrature politique en Suisse est une mangeuse de chefaillons charismatiques. Dès qu’une grande gueule est investie d’une fonction exécutive, la voilà qui se ferme. Les crocs sont limés et les griffes, rentrées. Christoph Blocher a connu pareille métamorphose au Conseil fédéral avant d’en être éjecté. Que reste-t-il de son passage ministériel? Rien ou si peu. Passées à la moulinette gouvernementale, ses idées délétères ont été transformées en bouillie. La démocratie helvétique est profondément anti-idéologique. Certes, le vieux doberman zurichois aboie encore mais sa voix est bien éraillée.

 

Il en ira de même pour Freysinger. Dès son arrivée au Conseil d’Etat, il devra composer avec les fonctionnaires de son département qui vont se faire un devoir de mettre des bâtons dans ses roues, composer avec ses collègues du gouvernement et leurs couteaux prêts à frapper son dos, composer avec les députés du Grand Conseil qui l’attendent au tournant avec une belle réserve de peaux de bananes, composer avec la presse qui va en faire sa tête de Turc puisque sa renommée, plus ou moins sulfureuse, fait vendre.

 

S’il s’attaque à ce système, le sémillant Oskar sera aussitôt rejeté, d’une façon ou d’une autre. S’il s’y plie, il deviendra un politicien qui ne fera rêver personne. De compromis en compromis, le catogan de Freysinger se déplumera. Dans les deux cas, sa mort politique est programmée.

 

 

Jean-Noël Cuénod

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01/03/2013

Dominique Strauss-Kahn, possédé et dépossédé

 

On savait certains éditeurs prêts à tout pour vendre leurs livres. Mais là, Stock — avec son «Belle et Bête» pondu par Marcela Iacub — a fait vraiment très fort.

 

Publier d’abord un livre défendant Dominique Strauss-Kahn au moment où toute la France crache sur lui afin d’appâter l’ancien patron du Fonds monétaire international, jouer les amoureuses pour se glisser dans son intimité, devenir sa maîtresse pendant sept mois, puis écrire un second bouquin pour étaler tous les petits secrets de celui que Marcela Iacub appelle «le cochon», peut-on imaginer stratégie de mercatique plus tordue?

 

Certes, nous n’allons pas plaindre DSK qui est l’artisan principal de sa propre déchéance. Mais ce dernier épisode fascine en ce qu’il illustre le phénomène de possession-dépossession dont Dominique Strauss-Kahn est à la fois l’auteur et la victime.

 

Possédé, il l’a été dès le début de sa carrière politique. Possédé par une ambition que sa vive intelligence des mécanismes politico-économiques et sa maîtrise des langues, don rarissime chez les politiciens français, ont rendue légitime.

 

 Possédé par la mise en scène du couple qu’il a formé avec Anne Sinclair, journaliste vedette de l’arme médiatique la plus puissante, TF1, et héritière de l’immense fortune de la famille Rosenberg.

 

Tous les projecteurs se sont braqués sur ces époux en or massif puisqu’ils réunissaient à eux deux tous les pouvoirs - politique, économique, financier, médiatique. L’Elysée leur était dû. Et chacun d’imaginer Strauss-Kahn dictant son agenda à la planète avec, à ses côtés, sa directrice de communication maîtrisant la meute servile des médiacrates, pendue à ses escarpins Louboutin.

 

Comment ne pas se prendre les pieds dans un tel tapis rouge? Comment le possédé ne peut-il pas se sentir dépossédé de lui-même? Dans cette course effrénée au pouvoir suprême, la raison s’essouffle. Le possédé-dépossédé ne voit plus le monde puisqu’il croit l’incarner.

 

Même après la chute et l’avalanche d’affaires qui ont toutes le sexe pour pivot, Dominique Strauss-Kahn est possédé ou plutôt a été possédé. Par les éditeurs pressés de faire un coup financier, par Marcela Iacub, avide de reconnaissance.

DSK peut bien faire profil bas, tenter de se faire oublier. Rien n’y fait. Il était, naguère encore, une personnalité. Il est devenu un personnage dont on cite plus les initiales que le nom de famille, comme si les médias avaient dévoré son patronyme.

 

Auparavant, il appartenait à son ambition. Désormais, il appartient à la littérature, bonne ou mauvaise, bonne et mauvaise. Sa vie faisait rêver. Sa vie aujourd’hui envoûte. Quelle pâture pour les romanciers et les scénaristes! Aucune décision de justice ne pourra s’opposer au jaillissement de cette source d’inspiration. DSK est devenu un monument, pour le meilleur et, surtout, le pire.

 

Jean-Noël Cuénod

ESPACE VIDEO

Débat arbitré par Christophe Hondelatte entre Elisabeth Lévy et Clémentine Autain.

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