28/03/2013

François Hollande sur France 2: une bonne prestation qui vient trop tard

 

Malgré son débit vocal beaucoup plus précipité que d’habitude, le président François Hollande a allongé d’une demi-heure son intervention télévisée, face au téléjournaliste de France 2 David Pujadas, jeudi soir. Pourtant, aucune mesure spectaculaire n’a été annoncée. La plus symbolique: lorsque la rémunération des chefs d’entreprise dépassera un million d’euros, leurs entreprises devront verser à l’Etat une taxe de 75% sur ce montant. Comme un chat, le président français retombe sur ses pattes. Ce taux de 75% avait été refusé par le Conseil constitutionnel dans le contexte de l’impôt sur le revenu payé par les ménages; il était alors considéré comme confiscatoire. Mais dans ce nouvel habillage, il devrait passer la rampe puisque cette taxe ne sera pas acquittée par les ménages mais par les sociétés ou les entreprises. En l’occurrence, Hollande démontre qu’il sait faire preuve de ténacité. Et qu’il sait aussi analyser le résultat de certaine initiative populaire en Suisse.

 

Autre élément intéressant, mais par omission: le chef de l’Etat n’a pas mentionné le nom de son premier ministre Jean-Marc Ayrault, ce qui est rare lors d’une intervention présidentielle. Cela marque sans doute, un certain désaveu devant ce chef du gouvernement qui tient si mal ses ministres, prodigues en couacs. D’ailleurs, ils ont été dûment avertis par un François Hollande souriant mais agacé : la prochaine bévue ministérielle sera punie par une éviction séance tenante.

 

Excellent sur la guerre du Mali, le président s’est montré moins convaincant sur le plan économique. Or, il l’a maintes fois répété, ce n’est qu’à l’aune de l’emploi qu’il sera jugé à la fin de son mandat. Il a présenté les principales mesures – contrat d’emplois  pour les jeunes, pacte de compétitivité, aides diverses à la formation – prises il y a plusieurs mois en affirmant: «La boîte à outils est là. Aux entreprises de s’en servir». Or, les Français n’attendent pas de leur président qu’il détaille l’un après l’autre les outils sortis de leur boîte. Ils veulent connaître le plan général de la maison à bâtir. François Hollande n’a pas comblé cette lacune qui est la sienne depuis le début de sa présidence et se résume ainsi: absence de vision globale des mesures à prendre pour relancer la machine industrielle française.

 

Telle qu’il l’a donnée au téléspectateur jeudi, cette intervention aurait été parfaite il y a dix mois, lorsque François Hollande commençait son mandat. Aujourd’hui, elle risque fort de tomber à plat.

 

Jean-Noël Cuénod

ESPACE VIDEO

L'extrait de l'intervention concernant la taxe de 75% sur les rémunérations des grands patrons, dès un million d'euros.


Hollande veut mettre l'entreprise à... par LeNouvelObservateur

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Commentaires

Comment se crée la valeur ajoutée, cela reste un mystère, pour les socialistes.

Écrit par : Rémi Mogenet | 29/03/2013

Je n'ai suivi jusqu'au bout, soporifique et d'une banalité presque obscène, voilà ce que vous appelez "une bonne prestation" !

Vous deviez l'avoir à la bonne !

Le problème, ce n'est pas Hollande à lui seule, le problème est bien plus vaste et par apport à ça, il n'a répondu à rien, comme le fait la presse d'ailleurs !

C'est un sale jeu de cache-cache que les politiques et certains médias entretiennent dans cette crise qui ne touche que les couches les moins favorisées, ce citron que l'oligarchie écrase à nouveau !

L'économie n'a jamais autant bien marché, en fait c'est la grande récolte, mais bien sur, pas pour tout le monde, nous l'avons vu avec la mère de ce socialiste grec qui avait amassé plus de 550 millions d'euros sur un compte en Suisse, madame Papandréou, alors ne me dite pas que c'est la crise, c'est simplement le holdup du siècle, un holdup organisé par les technocrates européens !

Sur les 300 milliards faisant couler la Grèce, près de 200 reposent sur des comptes à numéros, dixit Françoise Lagarde qui ne pouvait plus retenir cette info lâchée par DSK !

Écrit par : Corto | 29/03/2013

C'est comme pour Chypre, que quelqu'un m'explique ;

Ce petit pays dans lequel des centaines de milliers de Russes viennent déposer leurs bas de laine, je ne parle pas des gros mafieux qui eux, viennent en Suisse, mais, de ces couches sociales russes juste en dessus du niveau moyen, ce n'est pas rien en milliards de dollars ?

Donc, des centaines de milliers de russes en dessus de la moyennes viennent dans ce petit Chypre pour y déposer leurs magots et ce petit pays souffrirait de manque de liquidité, ça voudrait dire, que plus un état accueille de l'argent, plus il serait pauvre ?

Les banques chypriotes auraient investi 3 milliards d'euros en Grèce, est la raison pour laquelle elles auraient perdu plus de 50 milliards en 3 ans ?

Heureusement que Merkel a stoppé ce sale petit manège dans lequel mouillent les technocrates de la banque centrale européenne, c'est ça la crise ?????

Écrit par : Corto | 29/03/2013

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